‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 35 sur 55 · LES AMITIÉS DE JEAIS-JACQUES · texte numérisé non relu

LES AMITIÉS DE JEAIS-JACQUES

était simple dans le monde, comme le serait une jeune fille avec ses couleurs naturelles au milieu de femmes enduites de blanc et de rouge; qu'il laissait parler chacun et parlait à son tour du ton le plus naturel sans viser à l'effet et sans prétendre éclipser les autres.

Sa bonté était égale à sa modestie. Ses conversations avec ses amis roulaient principalement sur les moyens d'éclairer l'humanité et d'améliorer le sort des hommes, non point par des largesses de gouvernement, mais par une meilleure répartition des richesses sociales et par des institutions civiles plus conformes à l'équité et à la justice. C'est encore Bernardin de Saint-Pierre qui nous apprend que Jean- Jacques trouvait la probité supérieure au génie, et qu'il était du petit nombre de ceux à qui l'on pouvait sans risque communiquer ses pensées les plus intimes, et dont on n'avait à craindre ni la malignité, s'ils les trouvaient mauvaises, ni l'infidélité, s'ils les jugeaient bonnes. Citez donc beaucoup d'hommes, beaucoup d'écrivains de qui l'on puisse tracer un semblable éloge !

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