‹ La statue de J.-J. RousseauChapitre 51 sur 55 · RETOUR EN FRANCE · texte numérisé non relu

RETOUR EN FRANCE

et de confortable, quelque chose comme les Charmettes; mais, hélas ! moins l'azur et le soleil du Midi, moins la jeunesse, moins M'"*^ de Warens. Le rossignol n'y chantait pas, comme à l'Ermitage ou à Montmorency, et Rousseau se plaignait du silence de ce chantre ailé des forêts.

Sa querelle avec Hume lui fit trouver le ciel plus sombre encore, les brouillards plus épais. S'imaginant qu'on l'avait attiré en Angleterre pour mieux le diffamer, il résolut d'en sortir en toute hâte. Il écrivit à ce sujet à lord Gonway une lettre qui n'est point un monument de déraison, comme on l'a dit, mais qui prouve combien ce grand homme prenait les choses à cœur, et comme il était prompt à supposer qu'on pouvait aisément le noircir aux yeux des hommes. « Le découragement m'a gagné, disait-il, la douce amitié, l'amour du repos, sont les seules passions qui me restent, et je n'aspire qu'à finir paisiblement mes jours dans le sein d'un ami. » Il est des cœurs sensibles à ce point qu'on ne les froisse pas impunément, et Rousseau était de ceuxlà. En se jouant de lui. Hume brisa de ses mains une amitié qui eiàt pu être immortelle.

Jean-Jacques quitta Wootton dans les premiers

jours de mai, laissant pour sûreté des frais faits par

. lui pour sa dépense depuis Noël le produit de ses

livres et de ses estampes, dont quelques-unes

étaient d'un grand prix. Son hôte, avec lequel il

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