JULIEN, LUCILE
LUCILE, il part, regardant sortir son père ; elle est rêveuse .
Je comprends ? v
JULIEN, à part.
C’est étrange ! 'Monsieur Morand m’assure que je suis aimé ; je n’ai plus qu’à me déclarer, et cependant j’hésite, je n’ose ! Elle ne peut pourtant pas me demander ma main, comme l’a fait son père tout à l’heure ! Allons, et puisqu’elle sait ce que je vais lui dire..
LUCILE, à part.
Je ne comprends pas du tout !...
JULIEN
Mademoiselle...
LUCILE
Monsieur Daubrée, vous avez à me parler ?
LA STATUETTE D’UN GRAND HOMME
JULIEN
Dois-je espérer que vous nie permettrez une confidence ?. . .
LUCILE
Comment donc! ne suis-je pas votre amie? Parlez.
Elle s'assied il droite.)
JULIEN
Oui, mademoiselle, une confidence... un aveu que votre père autorise...
LUCILE
Ali ! un aveu ?
JULIEN
Et que depuis longtemps déjà je renfermais au fond de mon cœur ?
• I.UCILE.
Depuis longtemps ?...
JULIEN
Rien n’est plus vrai ! 11 y a un an, peu après la mort de notre cher Leon, je venais pour la première fois chez votre père... 'Je m’étais mis en route... comme le jour baissait, je marchais sans trouver votre demeure, lorsqu’à l’entrée du village, dans une pauvre cabane, j’aperçus une lumière qui brillait dans la nuit comme une étoile.
LUCILE
L’étoile du berger?...
JULIEN
Oui, ce fut pour moi l’étoile du berger, car au seuil de la chaumière que je venais de franchir, il y avait un ange, l’ange de la charité!... vous étiez là, mademoiselle, essuyant les larmes d’une mère qui voulait prier, et qui ne pouvait que pleurer près du berceau de son enfant.
LUCILE, vivement.
Oui... oui... je me souviens... c’était Fanchette, l'enfant d’une pauvre voisine.
JULIEN
Vous le voyez, mademoiselle, ce n’est pas au milieu d’une fête que vous m'êtes apparue, avec des colliers et des perles ! Eh ! quelles perles, quels joyaux auraient pu vous rendre plus