‹ La statuette d'un grand homme comedie en un acteChapitre 26 sur 37 · MORAND, JULIEN · texte numérisé non relu

MORAND, JULIEN

vu K A N D, assis h gauche, gaiement.

Eh bien , Daubrée ?

JULIEN

Eh bien, monsieur ?

MORAND

Je sais tout : vous avez un rival, mon ami !

JULIEN

J’avais donc raison de partir.

MORAND

Partir sans combattre ? allons donc ! J'entends que vous et le bon sens vous l’emportiez, et vous l’emporterez... (Sc levant.) Toutes les chances ne sont pas contre vous... d’abord, vous me convenez, et c’est déjà un grand point...

JULIEN

C’est vous qui donnez la main, je le sais; mais c’est votre tille qui donne le cœur, et ce cœur est déjà donné !

MORAND

Bah ! elle le reprendra.

Monsieur...

MORAND

Elle le reprendra, vous dis-je! Vous êtes plus heureux que vous ne pensez? Vous, vous êtes bien, très-bien ! tandis que lui, l’autre, il est laid, mais très-laid, je vous assure.

JULIEN

Vous l’avez vu ?

MORAND

Parfaitement.

' JULIEN

Il est donc ici?

MORAND

Tout près... OU ue peut pas plus près... (U va preudre la statuette et ta déposé sur te guéridon adroite;) Et VOÎlà !

JULIEN

Voilà... quoi?

MOKAND.

Monsieur votre rival que j’ai l'honneur de vous présenter.

JULIEN

Ca?

MORAND

Oui, ça...

JULIEN

Et votre fille...

MORAND

Oui , un amour éthéré , vaporeux , romanesque, pour un monsieur qu’elle ne connaît pas, qu’elle n'a vu qu’en plâtre. . . Monsieur Julien de Valneige...

JULIEN

Valneige ?. . . Que dites- vous ?

MORAND

Je dis Julien de Valneige.

(Il va auprès du guéridon.)

J UL l EN, s'approchant et regardant la statuette .

Oh ! c’est inouï... incroyable !

MORAND

N’est-ce pas qu’il est trop laid pour l’emporter sur vous ?

JULIEN j assis tic \ ail l lu sta luette.

Oui, c’est bien lui qu’on a voulu taire.

MORAND, assis à l'extrême droite.

Vous le connaîtriez?

JULIEN

Beaucoup... autrefois...

Page 1