MORAND, JULIEN
vu K A N D, assis h gauche, gaiement.
Eh bien , Daubrée ?
JULIEN
Eh bien, monsieur ?
MORAND
Je sais tout : vous avez un rival, mon ami !
JULIEN
J’avais donc raison de partir.
MORAND
Partir sans combattre ? allons donc ! J'entends que vous et le bon sens vous l’emportiez, et vous l’emporterez... (Sc levant.) Toutes les chances ne sont pas contre vous... d’abord, vous me convenez, et c’est déjà un grand point...
JULIEN
C’est vous qui donnez la main, je le sais; mais c’est votre tille qui donne le cœur, et ce cœur est déjà donné !
MORAND
Bah ! elle le reprendra.
Monsieur...
MORAND
Elle le reprendra, vous dis-je! Vous êtes plus heureux que vous ne pensez? Vous, vous êtes bien, très-bien ! tandis que lui, l’autre, il est laid, mais très-laid, je vous assure.
JULIEN
Vous l’avez vu ?
MORAND
Parfaitement.
' JULIEN
Il est donc ici?
MORAND
Tout près... OU ue peut pas plus près... (U va preudre la statuette et ta déposé sur te guéridon adroite;) Et VOÎlà !
JULIEN
Voilà... quoi?
MOKAND.
Monsieur votre rival que j’ai l'honneur de vous présenter.
JULIEN
Ca?
MORAND
Oui, ça...
JULIEN
Et votre fille...
MORAND
Oui , un amour éthéré , vaporeux , romanesque, pour un monsieur qu’elle ne connaît pas, qu’elle n'a vu qu’en plâtre. . . Monsieur Julien de Valneige...
JULIEN
Valneige ?. . . Que dites- vous ?
MORAND
Je dis Julien de Valneige.
(Il va auprès du guéridon.)
J UL l EN, s'approchant et regardant la statuette .
Oh ! c’est inouï... incroyable !
MORAND
N’est-ce pas qu’il est trop laid pour l’emporter sur vous ?
JULIEN j assis tic \ ail l lu sta luette.
Oui, c’est bien lui qu’on a voulu taire.
MORAND, assis à l'extrême droite.
Vous le connaîtriez?
JULIEN
Beaucoup... autrefois...