La stèle de Mésa: examen critique du texte
La série, déjà considérable, des dissertations sur la stèle de Mésa vient de s'augmenter d'un nouveau travail , dont je voudrais discuter dès maintenant certaines conclusions , afin de n'avoir plus à y revenir que succinctement dans l'édition définitive et trop longtemps différée où , en publiant de ce texte précieux des reproductions conformes aux légitimes exigences de la science , je me réservais de reprendre , de coordonner et de rectifier mes lectures successives.
MM. Smend et Socin , après avoir consacré une douzaine de jours à l'étude épigraphique du monument exposé au Louvre depuis i SyS , nous livrent le résultat de cette étude faite en commun, dans une brochure accoïnpagnée d'une planche lithographiée et destinée particulièrement à l'usage des course
* Die Inschriji des Kônigs Mesa von Moab,Jàr akademische Vorlesungen kerausgegeben von Rudolf Smend nnd Alberc Socin. Text, 35 p. iii-S"; TafeL — Freiburg i. B. j886, akad. Verlagsbuchh. von J. C. B. Mohr (Paul Siebeck).
J. As. Extrait n" i. (1887.) 1.
Les matériaux sur lesquels MM. omend et Socin ont travaillé sont, en dehors du monument restauré et de l'estampage primitif visibles dans le « Musée judaïque » du Louvre :
1** une photographie de ce monument mise h leur disposition par M. Gildemeister ^ ;
2"* une autre photographie exécutée pour M. H. Derenbourg, qui leur en a transmis un exemplaire;
3"* l'estampage, ceoservé à la bibliothèque de Baie, de trois des grands fragments^.
Constatons tout de suite que MM. Smend et Socin ont négligé d'utiliser un document essentiel qui, cependant, était, conîme les autres, à leur entière disposition, et dont j'avais moi-même, à plusieurs reprises, "signalé l'existence et l'intérêt. C'est la copié faite par l'Arabe Selîm el-Qâri de sept lignes consécaiires de V original avant sa mutilation. Il est regrettable que cette copie, exposée à titre de pièce justificative, à côté de la stèle et de l'estampage primitif, ait échap-
' Cette photographie aurait été publiée en 1 875 et presque aussitôt retirée du commerce , disent les auteurs. J en ignore , pour nia part , Texistence.
* Estampage remontant à une époque « où , disent les auteurs , Ton avait à Bâle Tespoir d'acquéx-ir les fragments». Cette assertion laconique demande une explication. ' Les fragments en question avaient été, en 1870, mis en gage par moi chez M. Spittler, Suisse» banquier du consulat de France à Jérusalem, contre l'avance des sommes nécessaires pour payer les Bédouins avec qui j'étais aux prises , sans autres ressources que mon maigre traitement d'employé au consulat. M. Spittler me Ht, en effet, des offres d'acquisition que je déclinai. C'est à ce moment qu'on a probablement pris et envoyé à Bâle des estampages des fragments confiés en dépôt.
pé à Tœil si attentif dé ces Messieurs, car elle aurait probablement modifié sur plus d'un point les lectures nouvelles qu'ils proposent et que nous allons examinera
Mais, auparavant, il me faut répondre à quelques critiques générales que les auteurs adressent à la restauration du monument.
L'on sait dans quel état déplorable il nous est parvenu. La stèle a été littéralement mise en pièces par les Bédouins , et malheureusement beaucoup de morceaux ont totalement disparu. Le texte présenterait donc d'irréparables lacunes, si, par bonheur, nous n avions pas un estampage complet pris sur le monument avant sa mutilation ^. Seulement cet estampage, lui aussi, a beaucoup soufiFert. Arraché de la pierre encore mouillé , déchiré , froissé , chiffonné , il nous est par>enu en lambeaux. Ces lambeaux rapprochés les uns des autres ont été placés par
* Au moment de domier le bon-à-drer de cet article, je reçoi.s, de M. Noeldekc, une c:>uite mais substantielle notice sur le travail de ces Messieurs ( Literarisches Centralblatt, 8 janv. 1887). Tje savant hébi^ïsaut y fait de sërieuics réserves sur plus d'un des points avancés comme certains et acceptés un peu vite comme tels (en France même, par des critiques plus ou moins autorisés qui auraient dû au moins prendre la peine de vérifier les documents controversés avant de se faire Técbo complaisant d^allégations contestab'es; cf., par exemple , Revue de l'histoire des religions , 1 886 , sept.-oct. , p. 2 ^ ). J'indiquerai en note, à l'occasion , 1rs doutes qu'inspirent à M. Noeldeke, diverses lectures de MJVt. Smend et Socin.
* Nmi pas par Selim el-Qâri, comme le disent les auteurs (p. 5), mais par Yaqoub Karavaca que j'avais envoyé spécialement à cet effet. Seilm el-Qâri avait pris antérieurement ia copie dont je parle plus haut.
les soins de la Conservation du Louvre entre deux glaces, qui permettent d'étudier le texte en regardant l'estampage par transparence. Ce travail de juxtaposition était fort délicat et présentait de grandes difïicultées matérielles d'exécution. Il a été accompli avec tout le soin possible; mais Ton na pu et Ton ne pouvait éviter des défauts de coïncidence sur les bords déchirés de ces lambeaux, fripés , séchés isolément , et n'ayant plus les mêmes superficies proportionnelles. L'on s'est interdit absolument , et avec raison, d'essayer de corriger ces irrégularités par des moyens mécaniques ou autres qui auraient pu amener une altération du texte. L'estampage a été laissé dans l'état même où il se trouvait ; il n'est maintenu que par la pression des deux glaces, et ck et là par quelques petites agrafes de baudruche gommée et transparente qui ont leur point d'attache en dehors des lettres. MM. Smend et Socin ont donc tort de supposer que dans sa partie inférieure , et ailleurs encore ^ les feuilles superposées de festampage auraient été collées après coup l'une sur Vautre^, et d'attribuer à un artifice qui, en effet, serait inexcusable s'il était réel, les obscurités particulières qu'offre le déchiffrement dans ces régions.
L'estampage a été religieusement respecté.
^ Nachtràglich ûberklebt [p. 8). Ils reviennent plus loin d'une façon positive sur cette accusation toute gratuite : derAbklatsck ist an dieser Stelle leider ûberklebt (p. 28).
* Leider ist das letztcre anch sonst noch an einigen Sielten geschehen p. 8 et passim).
C'est lui qui a servi de base à la restauration de 1 original, opération épineuse dont MM. Smend et Socin ne paraiî^sent pas soupçonner les complications. Le monument consistant en une stèle épaisse de basalte arrondie par le haut^ dont les côtés allaient s élargissant par en bas, présente de nombreuses irrégularités : la surface écrite est inégalement dressée , ici plane , là convexe ou concave ; les lignes sont tantôt droites , tantôt courbes , tantôt obliques entre elles, rarement équidistantes; les lettres, variables dans leur forme, leur inclinaison, leur écartement. L'original a été recueilli en fragments de grandeur très différente, dont les plus petits ne contiennent parfois qu'une seule lettre , et encore incomplète ^^ Une notable partie de l'original manque. Il a fallu ^ pour arriver à rapprocher tous ces fragments, de longues et pénibles manipulations. Car il ne s'agissait pas d'un simple jeu de patience aboutissant à la reconstitution d'une surface donnée; il fallait tenir compte du corps même du monument et de la juxta^ position de morceaux souvent anépigraphes , ayant
* Je constate avec pîaisir, en passan' , que MM. Smend et Socin sont d'accord avec moi sur la forme originale du monumen* , et n'admettent pas qu'il ait été, ainsi qu'on l'a prétendu quelquefois, arrondi par en bas compae par en haut. (Cf. ce que je dis plus loin, p. 112.)
* Si soigneusement que ces Messieurs aient examiné le monument ils n'ont pas vu que certains morceaux qu'ils donnent sur leur planche comme étant d'une seule pièce sont en réalité constitué^ par la réunion de plusieurs fragments. Par exemple l'îlot de basalte comprenant des portions des lignes 26 , 27, 28, vers la fin, n'est pas d'un seul tenant, comme ils l'indiquent, mais a été reconstruite
'l'aide de trois morceaux.
J. As. Extrait n" 1. (1887.) 2
leurs contacts dans les profondeurs de la masse du bloc primitif. A cela sont venus s'ajouter quelques . légers déplacements produits par le travail du plâtre au moment où il faisait prise. Dans ces conditions, Ton comprend aisément que l'on ne pouvait obtenir une restitution absolue de loriginal à un millimètre près. Parfois les indications superficielles du basalte et celles de lestampage se trouvaient en léger désaccord, et il a fallu admettre une tolérance que Ton accorde même à des opérations techniques visant à l'exactitude mathématique. Cette tolérance a été enfermée dons les limites les plus étroites qu'il était possible, et Ton s'est fait une loi de respecter avant tout les contacts forcés du basalte. Il en est résulté qu'en reportant sur ie plâtre , qui comble les lacunes du texte, les données souvent incertaines de l'estampage, plusieurs lettres se sont trouvées à quelques millimètres de leurs positions réelles. C'était inévi- • table. D'autre part. Ton n'a pas prétendu dans les parties restituées faire un fac-similé des lettres disparues, mais seulement les rappeler d'après l'estampage pour faciliter le collationnement de ces deux documents qui seuls font foi, et qui se complètent et se contrôlent l'un par l'autre. Aussi , les planches héliographiques gravées depuis plusieurs années et * destinées à l'édition définitive comprennent-elles, à côté d'une reproduction des fragments de basalte remis en place, une reproduction de l'estampage lui-même , le tout à une échelle suffisante pour l'étude. Malgré quelques critiques de détail et sans portée
sérieuse , concernant les caractères figurés sur le plâtre, à titre de mémento , par un praticien qui est responsable de leur exécution plus ou moins heureuse » MM. Smend et Socin veulent bie.n reconnaître ijœ, yérifieation faite, la juxtaposition des fragments et la restauration sont en général bien réussies ^ Cétait là le point essentiel, et ma part de responsabilité dans la réfection du monument sarrête là. L'on a eu soin autant que possible de déchausser les bords des fragments encastrés, pour que le plâtre ne vînt pas masquer, en les affleurant , les points précis où les lettres originales sont cassées. Ces Messieurs (p. 1 1 ) critiquent cette disposition, dont le but était cependant de répondre aux légitimes exigences du contrôle scientifique; je doute qu'on leur donne raison et je soupçonne que si Ton avait procédé diflféremment, ils auraient été les premiers à blâmer ce qu'ils proposent, et à proposer ce qu'ils blâment. Quant à laisser le monument tel quel, brisé en cent morceaux, sans le remonter, en se contentant d'as-
^ Die Restauration muss ini allgemeinen als wohigelungen
bezcichnet xiyerden (p. lo). Ces Messieurs Font seulement une réserve (p. 8). Ayant cons'até que la distance, mesurée sur Testampage, entre la ligne i et la ligne 32, était de o'^^giS, tandis que, sur le monument restauré , elle n'est que de o^^Sgo , ils en concluent qu'on a dû trop rapprocher le grand fragment supérieur du grand fragment inférieur. Tout ce que je puis dira c'est que la mise en contact des fragments de basalte , non pas seulement à leur surface , mais dans les parties profondes Je la masse, ont matériellement imposé ce résultat. Ces Messieurs sont-ils, d'ailleurs, bien sûrs d'avoir tenu compte des espaces vides qui séparent les morceaux d^estampages le long de cette base verticale mesurée par eux ?
sembler les moulages de ces morceaux , je crois que cela n aurait fait l'affaire ni du public, ni des savants, y compris MM. Smend et Socin, d'autant plus que cest justement grâce aux tâtonnements de la restauration que la position exacte de plus d'un morceau a pu être déteniïinée, et par suite, la lecture de plus d'un passage assurée.
Mais j'ai hâte d'arriver à la partie vraiment intéressante du travail de ces Messieurs , c'est-à-dire aux progrès qu'ils pensent avoir réussi à faire faire à la lecture du texte; ils auraient retrouvé , disent-ils euxmêmes (p. 3), plus de quatrcrvingts lettres «plus ou moins sûres » , de façon à obtenir un texte presque continu jusqu'à la ligne 27^.
^ Bien que je me sois , à dessein , renfermé dans Texamea mtique des lectures mises en cause par le travail de MM. Smend et Socin , en m'interdisant autant que possible de toucher à des questions d'interprétation qui seront traitées dans l'édition définitive, je ne puis m'empécher de consigner ici , par anticipation et très sommairement , deux ou trois réflexions touchant des points de chronologie et d'histoii'e en dehors de la présente discussion.
J*ai toujours été frappé de voir que Mcsa ne parle que de son père et prédécesseur et ne remonte pas plus haut dans sa généalogie. J'en conclus que s il s'arrête là , c'est qu'il n'avait pas d'autres rois à citer dans sa lignée, sans quoi il n'eût pas manqué de le faire, et de mentionner au moins son grand-père, si celui-ci avait régné. Le père de Mésa doit, par consécjuent, être le fondateur d'une nouvelle dynastie moabite qui a pris naissance à la faveur d'un événement ayant sensiblement affaibli la puissance du royaume d'Israèl; les trente ans de règne attribués au père de Mésa nous permettent de remonter assez haut pour chercher cet événement (vers l'époque d'Omri?). D'autre part, il faut admettre pour trouver la place de la série de hauts faits et de travaux d'utilité publique
Tout d'abord, je dois faire remarquer que plusieurs de ces lectures « nouvelles » ont été données ou indiquées par moi, il y a plus de dix ans, dans un travail ^ que ces Messieurs citent bien à Toccasion , mais dont on croirait qu'ils n ont eu qu'une connaissance tardive, après avoir entrepris leur revision. Reste à examiner ce que valent les autres.
Le principal effort de ces Messieurs a porté sur festampage et spécialement sur la région gauche de l'estampage , c'est-à-dire sur la fin des lignes , du haut en bas de la stèle, région pour laquelle le basalte nous fait totalement défaut^. J'avais cru constater que festampage lui-même ne nous donnait pas en gé-
rdatés par Mésa, que celui-ci n'a fait exécuter la stè!e qu'après quelques années de règne. Le moment précis où a eu lieu Térection dé ce monument commémoratif a été fort discuté. Parmi les solutions possibles de ce problème que j'aurai à aborder dans l'édition définitive, il en est une que l'on a trop négligée et que je livre aux réflexions des savants en attendant que j'y revienne moi-même, sans prétendre cependant encore qu'elle est la vraie. La stèle de Mésa ne pourrait-dle pas être postérieure aux règnes des deux fils d'Acbab , Âchazîab et Joram ? Cette hypothèse , qui ramènerait la stèle de Mésa aux environs de l'année 884 (d'après la chronologie reçue), c'est-à-dire postérieurement à la tragédie de Jéhu, rendrait bien compte de la phrase de Mésa nriDST HD • îClNI (cf. pour la ruine du ^^3 d'Âchab à propos de la mort de Joram , II Rois , IX, 89 et passim, et, pour les pertes de territoire moabite au moment de l'intronisation de Jéhu, II Rois, x, 32 et 33). Mésa aurait donc été , dans ce système , successivement contemporain d'Achab ( • • OODN-^D^D) , d'Achaziah , de Joram et de Jéhu. Ce n'est là , je le répète , qu'une hypothèse , que je me borne à mettre en ligne et que je me réserve de discuter en temps et lieu.
* La SlUe de Mésa, observaiions et lectijLres nouvelles. Revue critique, 11 septembre 1875, p. 166 et sûiv.
' Sauf pour les lignes 1 , 2 et 2 5.
néral les dernières lettres des lignes; comme il est incontestable que la feuille de papier était plus large que la pierre, jen avais conclu que si ces lettres; n étaient pas venues ou étaient insi^samment venues sur l'estampage, cela tenait à Tétat même de roriginal. ^
Il parait que je me trompais; tel est, du moins, lavis de ces Messieurs (p. 7). Suivant eux, ces manques proviennent de ce que TArabe a mal exécuté Testampage. Les caractères dont nous déplorons Tabsence ou l'imperfection étaient aussi bien conservés que les autres, mais, n ayant pas été suffisamment frappés par |a brosse, ils n auraient pas laissé de traces sur le papier , ou ils y auraient laissé des traces peu visibles, le plus souvent même tout à fait invisibles, pour mes yeux du moins ^ La vue de ces Messieurs doit être douée d'une acuité particulière,
^ Ces Messieurs vont même ju<:qu'à révoquer en doute (p* 7) que Tangle inférieur de droite de la stèle n'existât plus comme je lai dit , au moment où a clé pris Testampage. Ils ne seraient pas éloignés de supposer que , si dans cette région l'estampage est muet , même pour eux qui s'entendent cependant si bien à le faire parler, c'est qu'il a été également mal exécuté par l'Arabe chargé de cette opération. Ils se demandent comment il se fait qu'on ait pu ultéiieurement retrouver un fragment de basalte appartenant à cet angle manquant. La réponse cependant est bien simple : l'ange détaché de la stèle, et par conséquent non venu dans l'estampage, n'avait pas pour cela nécessairement disparu. Dans un autre croquis de Selim fait avant l'estampage et la mise en pièces de la stèle, croquis dont je donnerai la reproduction , celle-ci est représentée avec un de ses angles inf'érieurs absent; il est vrai que c'est l'angle gauche et non l'ange droit; la confusion sur ce point provient de ce que ce second croquis a été , comme je le prouverai , fait après coup.
car là où je nai rien vu, ils affirment avoir vu, et ils transcrivent. Le fait est d'autant plus frappant que parfois nous sommes d accord sur le résultat même : plusieurs restitutions de lettres s'imposent à la fin des lignes avec un caractère d entière certitude à cause des mots ou des parties de mots par lesquds commence la ligne suivante; ces lettres je les ai données comme restituées; MM. Smend et Socin les donnent comme vues. Ils donnent aussi comme vues intégralement , là et ailleurs, d autres lettres incomplètes ou incertaines dont j'ai dit : je crois voir. Evidemment notre coefficient de visibilité n'est pas le même. Il y a là une question d'équation personnelle qui ne peut être tranchée que par l'intervention d'un ou de plusieurs tiers qui décideront.
11 est à remarquer, d'ailleurs^ que MM. Smend et Socin ne sont pas toujours d'accord même entre eux sur ces lectures hyporiiétiques. Ils avouent aussi que tdi ou tel caractère leur apparaissait plus ou moins nettement suivant la lumière et l'heure de la journée (p. 1 5). Ce sont autant d'éléments d'incertitude subjective et objective, dont ils n'ont peut-être pas toujours tenu suffisamment compte dans leurs conclusions ^
^ Hs font cependant , une fois , un aveu général qui est bon à retenir, et qui tend à frapper de suspicion plusieurs des affirmations catégoriques auxquelles ils aboutissent dans le détail : « Die linkâ oft iiur in schwacben Abdrûcken erkennbaren nnd tfelegentlich auch nur tmch Vermnthung angenommenen Characiere (p. g).» Il arrive même paifois qu*un caractère donné comme certain dans leur transcription Test comme indistinct sur leur lithographie (par exemple 11. i6 , a3t a4* 26, 3o].
Il y a eu, en outre, entre eux un sentiment visible d'éniulation qui les poussait dans celte sorte de steeple-chase paléographique, à renchérir Tun sur Tautre, et tendait, Timagination aidant, à forcer leurs observations dans le sens affirmatif et, par suite, à en fausser le résultat.
En attendant, je crois pouvoir établir, par des arguments d'une nature plus objective et, dès lors, moins sujets à controverse, un fait sur la portée duquel il est inutile d'insister, à savoir que les deux, ou trois derniers caractères des lignes étaient déjà oblitérés sur foriginal avant l'exécution de l'estampage, au point de n'y être plus discernables, et que, par conséquent, les lire sur un estampage qu'on déclare lui-même défectueux, est un tour de force qu'il est donné à peu de personnes d'accomplir,
Cette preuve, je l'emprunte à la copie dont j'ai parlé plus haut et que je reproduis ci-contre en facsimilé; nous aurons, d'ailleurs, pour d'autres questions non moins importantes , à tirer parti de ce document versé pour la première fois au débat.
La copie reproduite à la page suivante a été exécutée par Selîm el-Qâri avec une habileté vraiment remarquable pour un Arabe, et avec une sincérité dont témoignent ses imperfections mêmes et ses erreurs.
COPIE PARTIELLE DE hk STELE DE MES!
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PRISE PAR SelÎH SL-QArI, AVANT LE BRIS DU MONUMENT.
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