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J. As. Extrait n" i. (1887.) 3
Le copiste , ignorant la nature de récriture et de la langue à laquelle i\ avait affaire , et supposant probablement que Tinscription était grecque, ou occidentale, méprise fort excusable pour lui, vu laspect de cette inscription, a transcrit les caractères de fjaache à droite , c'est-à-dire en commençant par lajin des lignes, 11 a attaqué le texte à peu près au milieu, à la fin de la ligne 1 3 , et en a poursuivi la transcription sans désemparer jusqu'au commencement (à son point de vue jusqu'à la fin) de la ligne 20 inclusivement.
Je ne puis entrer ici dans une discussion détaillée de la transcription de cette copie que je donne ci-dessous, des bourdons, doublons et autres méprises qui y foisonnent, etc.; on la trouvera avec les explications nécessaires dans l'édition définitive de la stèle de Mésa.
IJ suffît d'y jeter un coup d'œil pour constater que Selîm a justement omis à la fin de ces lignes les caractères que ces Messieurs déclarent avoir réussi à distinguer sur l'estampage et que moi je déclare n'y avoir pas vus et n'y pas voir aujourd'hui avec la meilleure volonté du monde ^. Il est difficile d'attribuer ces omissions initiales à une inadvertance analogue à celle dont le copiste fait plusieurs fois preuve dans l'intérieur des lignes; ce n'est pas au moment oii il attaquait la ligne que ces bourdons
^ Le fait est d*autaiit plus frappant que Selîm ne commet pas nne seule omission dans les caractères par lesquels les lignes débutent (ou, à son point de vue, se terminent).
î>ystématiques et répété§ pouvaient se produire ^ Il devait y avoir ib. un obstacle matériel empêchant de discerner les caractères sur l'original , soit quils fussent frustes, soit qu'ils fussent empâtés de terre ou de mortier^. C'est ce même obstacle qui a produit les manques de l'estampage^.
Autre remarque d'une portée générale. MM. Smend et Socin ont une tendance , dans les parties vides ou douteuses, à forcer le nombre des lettres en dépas- 3ant la mesure possible. La chose est tout à fait sensible dans deux cas; à la fm de la ligne 6, après le mot ?D*!DK, il a dit ainsi, ils donnent comme vues deux lettres en plus : 12 (=")31d), et, à la fin de la ligne 7, après riK, ils donnent comme vues et entrevues les quatre lettres "iS-bD. Moi, j'avoue ne pas v(rir traces de ces lettres. Si l'on en admet l'existence, l'on obtient deux lignes de 4 2 et de lu signes; or les lignes les plus loiigues de l'inscription ne dépassent pas 38 signes*. Ce maximum anormal est déjà bien fait à lui seul pour éveiller des doutes.
^ A la ligne 7 seulement, la copie de Selim omet les djux dernières lettres -HT du mot «riTnKI, portées nettement par l'estampage Gonime je Tavais constaté dès Torigine.
* La région illisible de l'estampage comprenant Textrême (in des lignes est délimitée pai' une sorte de frange opaque, sinueuse, allant du haut en bas de Tinsciiption , tout le long du côté gauche.
' Je serais porté à croire que la stèle , quand elle a été copiée et , jdus tard, estampée, était couchée à terre sur le côté gauche. C'e^t dans cette, position que la représente le croquis de Sdîm. Il est pi*obable que le bloc avait été réemployé dans quelque construc lion ultérieure.
* Les lignes, j'enîends les lignes normales en dehors de celles,
Ligne i.. Le nom du père de Mésa est un nom ihéophore composé avec celui du dieu Ghamos et un second élément conservé seulement sur Testaropage , qui est là très obscur. Je lavais ^ lors de mon essai, reconstitué provisoirement et par pure hypothèse d'après un document assyrien : 3i:t!;D:. Plus tard, influencé par Texistence du nom ^SD^3, sur une intaille réputée ammonite par M. de Vogué, j'avais cru pouvoir lire : 12WD ^ tout en avouant que le a n'avait laissé que des traces inappréciables; je dois ajouter que les traits constitutifs du 1 seraient bien haut placés. Ces Messieurs lisent "jVdc^DD . Il y a, en effet, des vestiges de traits favorables à cette lecture, pour le "] et surtout pour le b; quant au D, je ne le vois pas. Ces Messieurs reconnaissent eux-mêmes que les trois caractères proposés par eux sont un peu petits (il semble, en effet, au premier abord , qu'il n'y a place que pour deux). Je suis prêt nonobstant à me rallifer à cette lecture , plausible mais non pas « vôUig sicher » , si elle obtient l'approbation des savants compétents dont l'intervention ne manquera pas, je l'espère, de se produire; je dois faire remarquer toutefois que le passage présente encore
beaucoup plus courtes, comprises dans le cintre de la stèle, sont de 33, 3d> 35, 36, 37 et 38 signes. Une seule ligne (11), en admettant la lecture D-D^n, en am*ait 39. En tout cas la tendance à se tenir au-dessous du chiffre 4o est bien accusée. Je compte comme signes les barres séparatives; je fais abstraction des points disjonctif*.
* Le point que porte le plâtre après tî?DD est une méprise du jM^a- 4΀ien chargé de la gravure.
assez d*inceriitu<le pour laisser le champ libre à d'autres combinaisons. Par exemple» étant donnée Tambiguité de la première lettre du groupe, Ton pourrait songer aussi à la lecture ^^t?CD^^ en s appuyant sur l'existence des noms propres théophores phéniciens où Félément verbal ^^t2; enlre en composition; il ne faut pas perdre de vue cependant que» si ma lecture de la ligne 4 doit être maintenue, comme je le pense , le verbe 1^7^ aurait eu en moabite une acception péjorative difficilement conciliable avec le rôle qu il jouerait ici.
• . L. 3. A la fin, la lecture D^troa, donnée comme certaine, n'est satisfaisante ni paléographiquement, ni philologiquement^. Il n'y a pas place matérielle pour toutes ces lettres, que ces Messieurs auraient dû au moins figurer comme incertaines, puisqu'ils ne sont pas eux-mêmes d'accord sur la visibilité de deux d'entre elles. Je crois, pour ma part, qu'ils se sont laissé égarer par des plis et des empâtements de l'eS' tampage., mirage dont leur œil sera plus d'une fois dupe. Tout ce que l'on peut dire c'est que la lettre suivant le O de D3 n'était pas une lettre à queue. Si je voulais m'aventurer sur ce terrain mouvant où ils se meuvent avec tant d'aisance, je serais plutôt tenté de voir, après le premier D, dont déjà la tête n'est
* Ou encore D*7C wDD , du même type que le nom phénicien D/C?3Dt?K (C. /. S., ni" 119); la queue, ou apparence de queue de la dernière lettre , dont ces Messieurs n'hésitent pas à faire un ") et dont la tête est fruste» pourrait appartenir à un D (et auisi à un I ou un V\).
' M. Noeldeke (/. r.) répugne à l'admettre.
pas nette, des traces des caractères >n, qu implique la restitution : y t2;"[^n]03, admise et, jusqu*à nouvel ordre, maintenue par moi ^
L. 4. Ces Messieurs se prononcent résolument pour la lecture pbl^n -, que j'ai déjà combattue, au lieu de celle p^cn , que j*ai proposée. Je ne vois absolument pas, aujourd'hui plus qu'auparavant, la queue du D , soit sur l'estampage , soit sur le basalte qui est , du reste , s^ir ce point en trop mauvais état pour permettre de supposer, si nous n'avions que lui , une autre lettre qui ne serait ni t^ , ni D . D'ailleurs , p^Dn serait peu en accord avec le contexte : tous les rois n'étaient pas nécessairement les ennemis de Mésa; d'une part, le sens énergique du verbe yt:;n , « sauver », et, d'autre part, le parallélisme avec '»Kit^ impliquent un mot marquant expressément l'hostilité.
A la fin , je crois distinguer une dent de la tête du D ,et des traces de la tête du i appartenant au nom d'O/nn, qui est, bien entendu, depuis longtemps acquis à la transcription.
L. 5. La lecture du mot p^ n'a jamais fait de douter si j'ai signalé le J, empâté à sa partie supérieure, comme pouvant prêter à ia confusion avec le D , c'est par excès de scrupule paléographique ,
* Concurremment avec la restitution yC^"[tD-n]D3, qui, a priori, me semblerait encore la plus plausible en même temps que la plus simple.
* Mise en doute par M. Nôelcleke ( /. c.) .
.^^( 21 ).^^ pour mieux faire comprendre Tétat actuel de la lettre.
J'ai proposé les lectures r|3x^ et rj^xn . Ces Messieurs opinent pour la première ; j'ai penché en dernier lieu pour la seconde. Le ^ n'est pas si « deutlich » que pourraient le faire croire la copie et la transcription de ces Messieurs , et il conviendrait de le marquer au moins d'un signe de doutée Quant au sens, ii est hors de conteste.
L. 6. L'omission sur le plâtre du point après dk, point donné par mes anciennes transcriptions et copies , est comme plusieurs menues erreurs de ce genre , le fait du praticien.
 la fin , 131D est une lecture , à mon sens tout à fait arbitraire ; il est singulier qu'après les aveux de leur commentaire, ces Messieurs n'aient pas hésité à dessiner et à transcrire ces caractères comme entièrement vus. Pour moi je ne discerne, et encore en partie, qu'un D; ensuite vient le bord de cette frange nébuleuse limitant le champ lisible de l'estampage, bord avec lequel peut se confondre la queue d'un ] ou d'un D ; au delà , rien ; d'ailleurs , la lecture que je repousse, outre qu'elle n'est pas justifiée paléographiquement donnerait à cette ligne ^2 signes, ce qui est excessif, ainsi que je l'ai fait observer plus haut.
L. 7. A la fin ; Sx ^d dn; Vd est donné comme indubitable; il devrait, d'après les aveux mêmes du
* M. Noeldeke (/. c.) nesl pas absolument rassuré sur le ^^H^ de ces Messieurs , et se demande si nous n'aurions pas là tout simplement un niphal ^ZH2 {j est paléographiquement difficile).
cbmmentaire , être dessiné au moins en pointillé et transcrit avec des points de doute. Je ne vois rien dç tout cela et je ne puis que maintenir ma transcription : y"[")K- ]nK , qui me semble répondre bien mieux à la place disponible.
L. 8. J'avais ainsi comblé dans la Revue criiùitie^ la lacune du passage important : -^snMD'-na-^tsr^i nt^]3?3iK'n:3 T"»; ces Messieurs sont d'accord avec moi, sauf pour la dernière lettre du troisième mot, où ils voient un n et non un i. Jai eu le tort, je le reconnais , de ne pas discuter dans cette notice , forcément très sommaire, l'identité de cette lettre qui prête, en effet, à Téquivoque, et de ne pas dpnner les motifs qui m'avaient fait écarter la lecture n , lecture qui se présente tout d'abord à l'esprit^, plus encore qu'à l'œil , et à laquelle ces Messieurs se sont arrêtés. Ces motifs sont d'ordre paléograpbique et philologique. La lettre est compliquée de traits accidentels; j'ai considéré comme accidentels ceux que ces Messieurs considèrent comme réels et réciproquement. En admettant, avec ces Messieurs, que le trait où ils voient la hampe d'un n ne soit pas du a Schmutz » , ainsi qu'ils qualifient le triangle où j'ai vu un " , il est permis d'hésiter, ils le reconnaissent eux-mêmes, sur le tracé des trois barres parallèles; la plus inférieure de ces barres formerait, en outre , un angle bien droit avec la hampe ; enfin le
^ Lulée en est très tentante à cause du parallélisme avec le mot ^D^ qui suit inimédiatement.
— M.( 23 )•« — point disjonclif qui suit la lettre controversée serait placé bien à l'intérieur de cette lettre. D'autre part, no^ , comme l'exige le parallélisme, serait pour n^D^, (= VD^), ses jours; or, l'on s'attendrait dans ce cas,d'après les habitudes orthographiques de la stèle, à ce que le ^ de l'état construit du pluriel fût exprimé graphiquement au contact du suffixe pronominal; c'est ainsi que, plus loin (1. 22), nous avons, dans des conditions analogues , nn:?t:; et non mvtr , ses portes ^ U est possible qu'on puisse répondre à ces objections , mais il eût été désirable que ces Messieurs les eussent prévues et réfutées. ID^ est peut-être plus difficile à expliquer que HD^ = iW"^ , mais ce ne serait pas une raison pour le proscrire si la lecture était certaine. C'est affaire à d'autres savants de nous départager^. Puisque j'en suis sur cette question, je dois consigner ici, sans y insister autrement, quelques
* On peut dire , il est vrai , qu'ici le H est le suffixe féminin et non le masculin comme dans notre passage. Mais si cette distinction peut être invoquée pour atténuer une difficulté à laquelle ces Messieurs ne paraissent pas , d'ailleurs , avoir songé , je ne crois pas qu'elle suffise pour la lever. Je fais la même réserve pour l'explicaiion de ViVl par H^D") (ligne 20, note 2 de la p. i4). La stèle porte bien T)2 à côté de n^3 , mais ces deux formes sont prises dans des acceptions sensiblement différentes.
* M. Noeldeke ( /. c. ) estime que il n'est pas , d'après ce (jue disent ces Messieurs eux-mêmes , tellement hors de doute , que l'on doive dores et déjà accepter la forme surprenante IID^ = VÎD^. Je raj^Uerai, cependant, à la décharge de ces Messieurs, le Qeriketib de Jérémie (17, 11) 1D^ = VD^, qui, par une coïncidence curieuse se trouve justement combiné avec le mot ^211 ; mais que vaut cette variante? Quant à ^D^ = ^^D^, mes jours (1. 6), Ton
. conçoit que l'un des deux ^ consécutifs disparaisse comme en hébreu.
doutes qui m'ont traverse l'esprit. Faut-il lire ID'»? Faudrait-il rattacher à ce groupe ''sm de manière à n'en former qu'un seul mot?? Faudrait-il chercher là un nom propre qui serait le véritable sujet de 3t?^ ??? En tout cas, ma première lecture et celle de ces Messieurs reviennent à peu près au même pour le sens : « seine Tage » et « tout le temps , sa vie durant» ne différent guère. Je dois faire remarquer, en terminant, que la lecture nD^ introduit dans la construction de la phrase une forte anacoluthe qui les a eux-mêmes frappés. Quant à la question de savoir s'il convient de prendre ''Sn dans le sens de moitié ou départ, portion indéterminée, il serait trop long de la traiter ici ; elle trouvera place dans mon commentaire.
L. 9. Les points que j'ai signalés dans le mot mi^K sont , bien entendu , des apparences accidentelles.
A la fin , il m'est impossible de « sicher erkennen » les lettres p , dont la restitution n'a , d'ailleurs , jamais fait question ; l'indication au crayon que j'en avais tracée sur le bord de l'estampage est un simple mémento de restitution et n'avait nullement la prétention de marquer la place de ces lettres que je n'ai pas vues et ne vois pas encore; j'ai trop le respect des estampages en général, et de celui-ci en particulier, pour me permettre d'accentuer au crayon des linéaments que je croirais distinguer.
L. 10. J'ai déjà décrit l'aspect du û, dans la fî^vae critùjue, comme grand cercle; quant au croisillon central , il est très probable , mais l'estampage , fort
mal conservé ici, ne le donne certainement pas avec la netteté que lui attribue la copie de ces Messieurs.
A la fin , le > initial de ^K"itr"'* , qui se restituait forcément, est matériellement invisible pour moi, bien que la copie et la transcription de ces Messieurs le figurent sans une ombre de doute.
L. 11. Le tD de mtDV est ici un peu plus clair; la forme que lui donnent ces Messieurs répond assez bien à ma description de la Revae critique, et le croisillon central dont j'ai eu tort de ne pas parier s'entrevoit sur le basalte. J'ai, du reste, fintention d'en faire dans l'édition définitive, un fac-similé y à la grandeur d'exécution.
A la fin : Doyn; après le n, il pourrait, à la rigueur, y avoir les traces d'un y , mais il serait très petit et bien près de la lettre précédente; au delà je ne distingue plus rien\ si ce n'est des accidents et des plis du papier qui peuvent prêter à plus d'une illusion; et cependant ces trois dernières lettres sont figurées comme certaines et totalement Aoies. [dvJh constituerait une conjecture plausible , déjà proposée , du reste , et acceptable à titre de restitution , mais non de lecture. Quant au dernier D, je le tiens pour entièrement gratuit, et le repousse jusqu'à plus ample informé; ces Messieurs y ont été certainement entraînés par le désir de retrouver un nouvel exemple de cette construction du génitif exprimé par la pré-
* Peut-être un point après la deuxième lettre qui suit le îl.
position ID, construction dont ils croient avoir découvert Texistence dans d'autres passages de Tinscription qui seront discutés plus bas.. On peut toujours chercher ici un' substantif commençant par n, ou même, si ce n est rarticlé, admettre une construction npn"pDy]n ^d, avec deux articles; cette construction, bien que peu fréquente en hébreu , n y est pas inconnue^, et je l'ai constatée récemment en phénicien^.
L. 12. Le point après nn, signalé comme omis, figure sur la planche de la Revae archéologique et dans mes transcriptions.
A la fin , le D tracé au crayon sur le bord de l'estampage, en dehors du champ de l'inscription, Test (comme le p de la 1. 9) pour mémoire, et nullement pour marquer la place réelle de cette lettre qui, bien qu'indistincte, se restitue avec certitude,
L. i3. Le point que j'ai cru voir un moment avant le n , dans le groupe nan , fin du mot n3n("DK) , ne doit pas être réel, en effet; il me paraît trop haut et trop petit. Préoccupé par l'aspect sous lequel ce mot se représente à la ligne 1 8 , j'ai eu le tort, dans la Revae criticjae, de prendre cet accident trop au sérieux, et il vaut mieux revenir à mes premières transcriptions qui n'en tenaient pas compte.
Le ;:r de nt:?N est donné comme sûr dans ma transcription , ce qui annule naturellement les points de
^ Ou tel autre mot appartenant au même ordre d'idées. ' Psaumes, cxxrv, 4; lï Bow, xvi, 4, et surtout Jérèmie, xlv, 16 : Y"îNn DVn 'jD.
' Voir mon Becaeil d'archéologie orientale , p. 9 1 .
— 1-^ 27 )•€< — cloute dont la lettre était encore surmontée cian& Ja planche de la Revae archéologiqae.
 la fin, la lecture "♦ÏD^ÏK est, pour moi, entièrement imaginaire; au delà du H je ne vois rien, et, si je voulais forcer, je pencherais de préférence pour les traces d*un t?; remarquer, d ailleurs, que le parallélisme fait plutôt attendre c;n que •»«;:». -
L. i/i. Ma deuxième planche portait déjà, ainsi que ma transcription, nOK'» et non ■»D\
A la fin , la lecture Kll a déjà été donnée par moi, avec cette différence que je ne vois le t qu en partie et que je ne discerne pas le K, dont, d'ailleurs, la restitution s'impose.
L. i5. n^ba était déjà correctement transcrit dans ma deuxième planche; quant à yp3, la Revae critique le donne (comme veulent bien le reconnaître ces Messieurs) ^
A la fin, il y avait certainement un n, dont on peut voir peut-être des vestiges avec un peu de bonne volonté , mais dont la restitution , en tout cas , n a jamais fait de doute.
L. 16. Au lieu de nSs, ces Messieurs lisent nbo (ce qui, du reste, ne change pas sensiblement le sens); bien que sur leur planche ils dessinent le D comme incertain , ils le marquent comme sûr dans leur transcription. Je ne vois pas de D sur l'estampage, qui est là fort nébuleux; sur le basalte, égale-
* Pour ce qui est de la coquille (l*impfimeur qui a fait substita«r nnC^ à DIDS , et à laquelle personne , même ces Messieurs , 4ie s*est mépris , je passe condamnation.
ment très fruste, je verrais plutôt, si Ton pouvait dire que Ton voit réellement quelque chose, un bas de n avec un point; Selim a copié un ^, ce qui se rapproche plus de ^ que de ^^. Je crois pouvoir, jusqu'à meilleur avis, maintenir la possibilité d*un n , tout en reconnaissant qu'il n'est pas d une lecture certaine.
Au lieu de |D^n , ces Messieurs lisent D • ^Vk . Il y a, en effet, sur le basalte, après le »), un point ou un trou, que j'ai moi-même signalé dans la Revp.e critique; mais est-ce un point réel ou un accident analogue à celui qu'on remarque, par exemple, dans le même mot, après le K? Il fout avouer que, cbmsce cas , la construction du singulier ^ Vx après nvacr = s^t mille, serait des plus surprenantes et en contradiction avec tout ce que nous connaissons jusqu'ici sur la loi générale qui régit les noms de nombre dans les langues sémitiques. Ces Messieurs ne soulèvent même pas cette question capitale ; elle m'aiTête net et m'empêche de les suivre dans cette nouvelle voie. La lettre que j'ai considérée et que je considère encore comme un f devient pour eux un D ; malheureusement l'estampage et le basalte ne sont pas explicites sur ce point, bien que, suivant moi, l'estampage montre plutôt l'apparence d'un } ^. Evidemment , ces Mes-
* Cependant , je n'attache pa^ à ce fait une valeur absolue , Selîm ayant une fois rendu ainsi un D notoire (L 7 de la copie, caract. i4).
* La copie de Selîm semblerait donner ici raison à ces Messieurs, car une fois il figure de même un D certain (1. 3 de sa copie, caractère 22 , ligne XIV de l'original). Mais Ton peut toujours dire que c'est ici une interprétation arbitraire d'une lettre douteuse.
sieurs ont été entraînés dans ce sens par le désir de retrouver un nouvel exemple de cette fameuse construction avec }D qui paraît leur tenir à cœur, mais que, pour ma part, je ne crois justifiée par aucun des passages de notre texte.
Ce qui suit jusquà m33i| est très difficile à distinguer. Dans la Revue critique je m'étais borné a décrire les vestiges ou apparences de lettres que je croyais voir sur l'estampage et le basalte , me proposant de discuter ailleurs , avec l'aide de la copie de Selîm, les mots qui pouvaient s'adapter à ces traces. Ces Messieurs m'ont devancé ; c'était leur droit. Ils n'éprouvent aucune difficulté à lire : p3DVp3a(D). La seule lettre pour laquelle ils marquent un doute est la dernière (du deuxième mot), qui « doit, disent-ils, se cacber dans un pli de l'estampage ». Cette assertion est toute gratuite ^; il n'y a certainement jamais rien eu sur l'estampage entre la barre séparative et la lettre à queue que j'ai déjà indiquée comme | ou o , et qui correspond à leur avant-dernière lettre : . La copie de Selîm est pour tout ce passage particulièrement précieuse, et c'est surtout ici qu'il est regrettable que ces Messieurs aient négligé d'en faire usage; cette copie ne donne qu'un seul } et non deux^. Ensuite, en remontant , il y avait certainement une lettre à tête triangulaire ; il est possible que ce soit un 3 *,
* C'est la barre séparative qui est traversée par le pli.
* On pourrait dire , il est vrai , que Selîm eu a sauté un , mais Testampage me semble très catégorique sur ce point.
^ Possibilité que j'avais déjà indiquée dans la Revue critiqne , ainsi que celle d'un D .
mai$ il est très possible aussi que ce soit un "î , comme le montre la copie de Selîm. Puis vient, toujours en remontant, une lettre qui, sur l'estampage , et sur la copie de Selîm» apparaît à cet état: ^; est-ce n \ ou même 3 (avec addition d'un trait parasitaire accidentel)? En tout cas ce ne peut pas être un D^, bien que ces Messieurs l'affirment sans hésiter. Puis vient un 1» dont on entrevoit encore la haste horizontale et que Selîm donne à Tétat parfait. Nous voilà loin de la lecture proposée avec tant d assurance par ces Messieurs : ]22D^ .
Le mot qui précède et qui semble séparé de celuici par un point, doit bien être paa; cette fois, la lecture de ces Messieurs me paraît excellente, quoique les lettres soient loin d'être conservées sur lestampage avec l'intégrité que leur prête leur dessin et qu'ils aient été visiblement gm'dés par le parallélisme du passage indiquant clairement que la mention des yi?mme5 prises à Nebo doit être précédée de la mention des hommes^ -^ elle est indirectement confirmée par la copie de Selîm, malgré la perturbation qu*on y remarque, perturbation venant de ce que le copiste, arrivé à ce mot, avait justement à passer d'une ligne à l'autre : en effet , on y retrouve très net-
* L'on pourrait objecter qu'une fois Selîm a figuré par H un'D certain dans le mot nnD"inn (copie, ligne 7, caractère i4); mab, dans le cas qui nous occupe, l'aspect même de l'estampage est tout à fait contraire de Thypothèse d'un D .
* La chose est déjà expressément formulée dans mes premières traductions : cet je tuai tout, sept mille [hommes ».
lement , bien qu intervertis , le | et le i ; le 3 a été sauté ^; le signe ^ doit représenter le 3. Ce dernier fait, si Ton pouvait se fier à la constance du copiste, tendrait à faire croire que, dans le mot suivant, que nous venons d'examiner, son ^ est également un : , oe qui conduirait pour ce mot à la lecture p3.
Tout à fait à la fin de la ligne , Selîm , après •m3:nl , a copié ^Y» ^^ V^\^ î^î encore, tend à exclure le prétendu 3 sur lequel ces Messieurs ont reconstruit leur mot : n^a^. Il semble bien, en tout cas, que ce mot, quel qu'il soit, correspond au mot douteux qui suit p22, comme pa: lui-m^mq correspond à ma:; ces deux mots commençant par la même lettre , lettre qui, selon toute vraisemblance, n'était pas un 3, doivent être le même mot au masculin et au féminin. Tout en repoussant ]22 et, par suite, n:3, je nose encore me prononcer sur l'identité de ce mot; tout dépend de la lettre que représente ici dans la copie de Selîm le signe ^; dans le reste de sa copie il rend ainsi i8 fois le ^, 6 fois le ^, 2 fois le /\, 1 fois le ^ , 1 fois le ^ ou le Y , 1 fois le ^ . Cette statistique nous mènerait aux combinaisons ]in et mn , p3 et ni: , p^ et ht" , ]iv et nnD , pD et n"iD, dont quelques-unes fourniraient à la rigueur des sens plausibles que je nai pas le loisir de discuter ici^.
* Probablement à cause de sa ressemblance avec le *l .
* Seiîm ne donne pas le 2 que ces Messieurs dessinent comme sûr, et dont , pour ma part , je ne vois pas trace sur Testampage.
^ Il ne faut pas perdre de vue, en outre, que la deuxième lettre du mot prête également au doute : "1 , T ou 3 (comparer la façon dont Selim a figuré le 3 dans 0*^32 et ailleurs).
L. 17. iDDnivn a été intégralement donné dans la Revue critique. Le point que j'ai cru voir avant le deuxième n dans nnO'înn est très douteux (Selîm ne le donne pas); je ne ferais pas difficulté dy renoncer,
A la fin, après u^t, je ne distingue qu'un H^ faible mais reconnaissable , et peut-être les traces d une haste pouvant appartenir h différentes lettres. Ces Messieurs n'hésitent pas à lire îinK , ce qui , combiné avec le commencement de la ligne suivante, donnerait la leçon iTjn v'•''?-^f^^< , les ArieU de Jehovah. J'avais déjà, comme ils le font remarquer, mi» en avant cette leçon, avec d'autres, mais à titre de restitution ; je crois prudent de lui maintenir ce caractère, et de ne pas perdre de vue la possibilité des leçons >^nK ou même >Vdpk. Si ce passage était réellement parallèle à celui de la ligne i a, mnVN"iK hk, l'on s'attendrait également ici à la présence de la particule r\H et à la répétition du verbe 3t?*c, au lieu de np5<; il faudrait aussi rendre compte de l'emploi du singulier dans le premier cas et du pluriel dans le second. Ces points une fois fixés et le parallélisme admis, il en résulterait assurément la tentation que j'ai eue moi-même, de faire de mn le pendant de nvT» et d'y chercher le nom d'une divinité ^ ; c'est une question que j'ai déjà soulevée dans le mémoire spécial que j'ai consacré à l'interprétation de cet important passage , et que j'ai eu fhonneur de
* Divinité mâle pu femelle.
lire, il y a ime quinzaine d'années, devant TAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Je ne puis la traiter ici; elle trouvera sa place dans l'édition définitive de la stèle. Jusque-là , Ton fera bien de n'accepter que sous bénéfice d'inventaire des conclusions s'appuyant sur une base paléographique beaucoup plus précaire que ne pourrait le faire croire la lecture problématique donnée comme certaine par ces Messieurs.
L. 18. Au lieu de DnsnDK, ces Messieurs lisent nn^anDK. J'avoue que le point séparant le verbe de son suffixe n'est pas sans causer quelque surprise, bien qu'il se puisse expliquer logiquement; mais Ton reconnaîtra que le ^ serait autrement surprenant et cju'il feut y regarder à deux fois avant d'enrichir la grammaire sémitique de ce « merkwûrdiges Verbal- Suffîx». Vérification faite, je ne vois pas ce ^dessiné par ces Messieurs à l'état parfait; je crois que, l'imagination aidant, ils l'ont reconstruit de toutes pièces sur un petit coup de ciseau sans conséquence. Je tiens toujours pour un point ^.
L. 19. A la fin, malgré les doutes exprimés dans le commentaire sur le \ le mot '•:d est dessiné et transcrit comme sûr; cette lecture n'a que la valeur d'une restitution, que je trouve, d'ailleurs, aujourd'hui préférable à celle de nuD.
^ M. Noeldeke (/. c.) également; il fait remarquer avec raison que la séparation du suffixe lourd a au moins des analogies en ai'améen, tandis que le prétendu ^ «sprachlich und orthographisch grosses Anstoss giebt».
L, 2 I . Malgré l'empâtement qui masque la tète de la dernière lettre du mot p:?'» et sur lequel j avais appelé Tattention, il vaut mieux, ainsi qu'on la fait depuis longtemps (M. Renan) , interpréter cette lettre comme un | que comme un □.
A la fin, le n de non, qui na, d'ailleurs, jamais fait de doute pour la lecture, bien que faible, se distingue mieux que je ne Tai dit et, cette fois, ces Messieurs sont fondés à le marquer comme visible.
L. 2 2. Le V de Vsy, bien que maltraité est probable, et, malgré les réserves que j'ai cru devoir faire, je penche de plus en plus pour cette lecture donnée dans mes premiers essais et due à M. de Vogué. Quant au n qui le précède, il est correctement marqué dans ma troisième reproduction , confirmée sur ce point par mes transcriptions. Dans nnyc;, je n ai parlé que d une apparence de petit point entre le •» et le n , sans en faire état dans la lecture.
L. 2 3. p[c^.]n]iC?N'n; le i devrait être donné comme restitué; mais, cette réserve faite, ces. Mes- •sieurs me paraissent avoir été cette fois bien inspirés, car les traces qui restent sur le basalte et l'estampage sont, en effet, plus favorables à la conjecture d'un l qu'à celle d'un v , pour laquelle je. penchais autrefois. La restitution ....mcrxn qu'ils obtiennent ainsi, et qui, du reste, non plus que celle de pD, n'est proposée pour la première fois, est très tentante. Je crois seulement qu'entre .."iJs^Nn et ]^ il n'y a pas l'espace matériel pour loger les quatre lettres : bV-în; il n'y a place que pour deux lettres, trois au plus. Rien
.-iiârJ
—*-§•( 35 )#«- — n'oblige à supposer ici le pluriel de ce mot qui apparaît au singulier à la ligne 9 ; peut-être y avait-il simplement p[DVn"i]e?xn? En tous cas,D^ est une pure conjecture , et il reste encore à voir si c est le dernier mot des combinaisons possibles.
A la fin, la tête du 1 est encore visible; quant aux traces du 3, elles sont tellement légères quil serait difficile d'identifier la lettre si la restitution n'en était pas indiquée surabondamment par le contexte,
L. 24. Le n par lequel débute la ligne est expressément donné comme sûr dans la Revue critique, et le point après Vd^ est marqué dans mes transcriptions et copies* Après luy [ib^^ est une coquille à laquelle personne ne pouvait se tromper) il y avait certainement, comme je l'ai admis, un h, mais il faut les yeux de la foi pour le voir sur l'estampage ' .
L. 26. Ces Messieurs reconnaissent comme moi, à la fin de la ligne , dans les traces visibles sur l'estampage et leî)asalte, le mot "îdn, dont le reste est rejeté au commencement de la ligne 26-
L. 26. Ici, nous sommes en complet désaccord. Au commencement de la ligne , également fi'uste ^r l'estampage et le basalte , ces Messieurs lisent *?K"it2;"»D- J , au lieu de 7X'it7'»[t^], ce qui, combiné avec le. mot ")DK de la fin de la ligne précédente, leur fournit un il^uvel exemple de la prétendue construction avec la préposition p, qui semble être chez eux une idée fixe. Je ne vois aucune trace de Dj; bien plus, il n'y
* Je l'ai donné dans ma transcription , mais j'aurais du l'indiqnpr «^mame institué.
a pas, du moins à mon estime, place poiu^ étax lettres et un point avant le mot ^«n«P. Je m'en tiens à la restitution d'un \ dotit je pourrais même, si j'avais les. hardiesses de ces Messieurs, prétendre retrouver un vestige dans un petit trait angulaire existant sur le basalte.
A la fin, ces Messieurs lisent Y |:iK, en avouant qu ils n ont pas vu le point disjonctif auquel on s'attendrait après le j , et en reconnaissant que le 1 n est pas « deutlich » ; il faut qu'il le soit vraiment bien peu pour quils le déclarent; aussi sommes-nous en droit de nous demander si la vraie leçon n'était pas I ^:^K^ coupe de verset qui irait peut-être mieux pour le balancement du parallélisme.
L. 27. Je ne comprends pas les critiques de ces Messieurs au sujet du mot onn après ce que j'en ai dit si nettement dans la Revue critique,
A la fin, ils voient un j «ziemlich grosses»; par riioment, on croirait, en effet, en saisir la tête, mais il se peut que ce soit une apparence due à un pli de l'estampage; d'ailleurs, cette dernière lettre ne changerait pas le sens que j'ai attribué au mot, être ruiné, sens (fue ces Messieurs adoptent.
L. 28. Ces Messieurs ayant laissé en blanc la lacune initiale et ne proposant à ce sujet rien de ferme dans leur commentaire, je ne m'en occuperai pas ici , me réservant de reprendre en temps et lieu cette question , qui n'est pas épuisée.
^ Pour moi le deuxième } n'offre plus que des ti*aces , et je ne l'ai donné que comme visible en partie.
A la fin, je ne vois pas le d\ quils ne reconnaissent qu avec « Wahrscheinlichkeit ».
L. 29. Au début de la ligne, après avoir hésité entre >n et ? K , j avais cru devoir écarter la première lecture. Ces Messieurs la reprennent pour leur compte; ils ont peut-être bien raison et j'inclinerais à y revenir; la lettre douteuse serait bien courte pour un K. Le D de r^HD est formellement donné dans la Stèle de Dhibân et dans la Revue critique.
Jai la satisfaction de constater, chemin faisant, que ces Messieurs se sont franchement ralliés à mon explication de ]ip par villes, explication que je n'avais pu réussir jusqu ici à faire admettre par la plupart des critiques qui se sont occupés de notre inscription.
A la fin , j'ai déjà donné par conjecture le n que ces Messieurs assurent avoir réussi à distinguer.
L. âo. Ces Messieurs admettent ma restitution •KmnD-nK-^; nous ne différons que sur le nombre des traces de lettres encore reconnaissables.
A la fin , il ne serait pas impossible que ce que j ai pris pour un D fût un :, et j'ai eu tort de me prononcer trop catégoriquement entre ces deux lettres si faciles à confondre, pour peu que leur tête ne soit pas très nette; ïp n'est rien moins que certain et, ces Messieurs eux-mêmes n'étant pas d'accord sur ce qu'ils croient voir l'un et fautre, l'on me permettra de bénéficier de ce doute avoué et de réserver mon jugement jusqu'à plus ample informé.
* Auquel j'avais , d ailleurs , pensé en proposant , dès le début , la restitution pH-D]*?© (Stèle de Dhibân, p. hi).
L. 3i. IH'^ (= troupeaux??) est inscrit en toutes leltres dans la Revue critique.
Dans la région si maltraitée , vers la fin , ces Messieurs proposent de lire V'^^^p^•î2. Cette mention des Dedanites à propos de Horonaïm serait assurérhent d*un haut intérêt historique. Mais bien que ces Messieurs, dans leur préambule et leur traduction ^ la considèrent comme définitivement acquise, je la tiens pour plus que douteuse^; ]2 paraît, à première vue assez tentant, et j avais moi-même consigné la possibilité de cette lecture dans la Revue critique, en disant : « le 3 indiquerait-il un patronymique »; mais il faut reconnaître que le j est problématique et que cette seconde lettre pourrait être soit n» soit V, soit quelque autre caractère. En tout cas entre le 3 et le 1, qui sont sûrs, il est matériellement impossible de loger les caractères pi-î que ces Messieurs prétendent avoir réussi à déchiffrer; il y a place tout au plus pour deux lettres de dimensions normales.
Pour moi, voici fétat du passage : .^^mô??3n2 Dt?"»; il faut très probablement y chercher un ou deux noms propres d'homme, suivant qu on admet ou non la réalité du point avant le ^.
I^H que j*ai essayé de retrouver dans les traces de
^ Dans leur commentaire, les deux collaborateurs ne sont pas aussi affirmatifs et trahissent des divergences sur le degré de crrti* tude de cette lecture.
' Die Deilaniter am Schluss sind wohl ziemlich unsicher, dil M. Noeldeke (/. c); s'il pouvait voir l'estampage et le basalte, il se prononcerait encore plus catôgonquemenl contre cette lecliu'e.
la fin de la ligne est douteux; mais le n!:x de ces Messieurs n est pas plus sûr.
L. 32. Au commencement, ^l a du èti'e vu par moi sur l'estampage, quand je pouvais encore le manier plus commodément qu'il n est possible de le faire aujourd'hui qu'il est monté entre les deux glaces; il est probable que ce sont les sommités de ces lettres qui y sont conservées.
A la fin, je crois voir la tête très faible d'un i, après Kl, ce (jui confirmerait ma conjecture lm^;
quant à nSx qui « w ohl steckt » ensuite , il « steckt so wohl» que je n'en vois pas trace; d'ailleurs, il n'y a plus de place disponible pour ces lettres, qui n'en sont pas moins dessinées en pointillé.
L. 33, Les deux premières lettres de nac?'», au corhmencement , sont dessinées et transcrites en pointillé. Or, il est matériellement impossible que ces Messieurs les aient vues , peu ou prou , attendu que l'estampage ne commence incontestablement qu'au 3 , et que le basalte manquait à partir de cet endroit. Interprétant mal un rapprochement très naturel que j'avais fait avec un passage similaire de la ligne 9 , ils ont cru apparemment que j'avais pu entrevoir sur festampage des traces de D'i et, tout en disant qu'ils n'osent pas affirmer d'après l'estampage l'existence de ces trois lettres , ils n'hésitent pas , pour ne point demeurer en reste, à en figurer deux! Le délit d'arbitraire est flagrant, cette fois.
Au heu de ^[n]Syi, ils lisent niN'jyi, qui serait un nom de lieu. Sans chercher à atténuer les doutes
auxquels eJle peut prêter et que je n'ai pas dissiraulés, je crois pouvoir maintenir ma lecture à côté de la leur qui prête à bien plus de doutes encore; plus satisfaisante, à mon avis du moins, comme paléographie, elle a, en outre, l'avantage de bien cadrer avec le contexte et de ne pas donner naissance à un nom de lieu tout à fait inconnu dont ces Messieurs eux-mêmes sont fort embarrassés.
L. 34. Un 3 au lieu de l dans plV, n'est pas possible; quant à D au lieu de v dans nu, il reste si peu de chose de la lettre, que cette opinion peut se soutenir; ce qui m'a conduit, et m'engage encore à opter pour.tr , c'est que pour un D les angles seraient bien écartés. Quant au \ ou autre lettre similaire, dont ces Messieurs croient retrouver des traces auparavant, c*est une pure hypothèse sur laquelle ils paraissent eux-mêmes si hésitants et le basalte me semble si peu concluant, qu'il me sera permis, j'espère , de la négliger.
Bien que ces Messieurs disent qu'il y a peut-être encore beaucoup à tirer, même après eux, de l'estampage et des fragments actuellement existants, je doute que la « vendange d'Abi-Elzer » qu'ils estiment avoir faite, et que je crois avoir réduite à sa juste valeur, laisse grand chose « au grapillage d'Ephraïm », Est-ce à dire qu'il faille renoncer à tout espoir de voir quelque lumière inattendue venir éclairer les parties encore obscures de cette grande page d'épigraphîe sémitique si malheureusement déchirée? Je ne le
pense pas; mais, c est dun autre côté que je fattends. II se peut qu'on en recueille encore de.s lambeaux restés aux griffes des Bédouins. Plusieurs années après mon. départ de Palestine , un fragment de la stèle contenant cinq ou six lettres a été apporté de Dhîbân à Jérusalem et a passé de là en Allemagne*. Ce morceau, dont la position se détermine sans difficulté (vers la fin des lignes 3-4) , ne nous a appris malheureusement rien de nouveau, parce qu'il appartient à une région pour laquelle l'estampage était suffisant; mais le fait même de son apparition nous indique qu'il doit exister encore sur place d'autres fragments, appartenant peut-être, ceux-là, à des régions du texte pour lesquelles l'estampage est en défaut et nous laisse dans l'embarras, par exemple, à tout le côté gauche de la stèle avec les fins de lignes controversées pour lesquelles nous n'avons proprement rien et où s'est exercée si librement l'imagination de MM. Smend et Socin. Il n'est pas possible que toutes les parties manquantes de l'original aient été anéanties et, pour ainsi dire, pulvérisées par les Bédouins; elles doivent, pour une bonne part, se retrouver entre leurs mains à l'état de fragments , d'éclats plus
* MM. Smend et Socin expriment le vœu que la Société orientale allemande, s'inspirant de l'exemple du Palestine exploration fund , qui a gracieusement offert au Louvre les quelques fragments en sa possession , veuille bien se dessaisir en notre faveur de cet autre fragment devenu sa propriété , afin que tout ce qui reste du monument soit réuni. Il ne m'appartient pas d'insister sur ce vœu courtois, mais Ton me permettra tout au moins de mtérer publiquement une demande que j'ai à diverses reprises adressée en Allemagne sans succès; serait-il possible d'obtenir un moulage du fragment pour l'encastrer, en attendant mieux , dans la restauration du monument ?
ou moins grands. Nous savons pertinemment qu après la mise en pièces de la stèle, les Bédouins s'en sont partagé les morceaux, à la possession desquels ils attribuaient une vertu magique. Une enquête menée adroitement sur les lieux ne saurait manquer de faire sortir de leurs cachettes nombre d'épaves plus ou moins importantes de ce lamentable naufrage. Il serait vivement à souhaiter, dans fintérêt de la science , que cette enquête , qui certes aurait ses difficultés, et même ses périls, fût entreprise un jour; quant à moi, je m'en chargerais bien volontiers si r Ton daignait me la confier, heureux d'avoir enfin }es moyens d'entrer dans cette terre promise de Moab , que je n'ai pu apercevoir, hélas! que de Join, et où il ne m'a pas été jusqu'ici donné de mettre le pied.
Celui, quel qu'il soit, qui se dévouera à cette recherche devra, en outre, ne pas perdre de vue un objectif qu'il m^ suffit d'énoncer pour en faire comprendre l'importance capitale. J'ai dit dans le temps que la stèle qui, dans l'état où nous la possédons, compte trente-quatre lignes, devait avoir aa moins une trehte-cinqnième ligne y-h en juger par le commencement de phrase ["] JJXll, que je crois avoir déchiffré à la fin de la ligne 3/i.
Il se pourrait fort bien que la stèle ainsi notoirement incomplète par le bas ^ le fût dans des proportions tout à fait inattendues. Je m'explique. Ce que nous en avons mesure environ io5 centimètres de
' Il est à noter que nous n'avons pas retrouvé trace, sur un seul Iragment, de la partie inférieure du rebord qui devait encadrer toute ^a stèle.
hauteur. Qui nous dit que la stèle primitive n'avait pas, par exemple, le double de cette hauteur? Nous connaissons des stèles égyptiennes et assyriennes de même forme , dont les dimensions sn hauteur dépassent de beaucoup celle-là ; il serait intéressant de comparer à ce point de vue ces monuments congénères avec le nôtre , et de voir dans quelles proportions la hauteur se trouve ordinairement par rapport à la largeur moyenne et à l'épaisseur. S'il en était ainsi, l'on serait autorisé à supposer que la stèle primitive, contenant une inscription detix ou trois fois plus longue que celle qui nous est parvenue , a pu être, à un moment donné, soit rompue par le milieu, soit débitée en deux ou trois blocs, et engagée à Cet état dans les matériaux de quelque construction postérieure. Il resterait alors à chercher si , par hasard , les ruines de Dhîbân ne nous auraient pas conservé, noyés dans quelque vieille muraille, ces tronçons qui réunis à celui que nous possédons déjà, constitueraient un texte véritablement impo- ► sant, dont le texte possédé par nous ne nous aurait donné jusqu'ici qu'une faible idée. L'aventure vaut bien la peine d'être tentée ^
* Sans compter la chance de trouver quelque pendant de la stèle de Mésa. A ce propos, un mot. Je me suis toujours demandé si le curieux bas-relief de Chîhân ne pourrait pas représenter par hasard îe roi Mésa en personne . dans son rôle de vainqueur, assisté par Chamos; nous aurions alors Va l'illustration plastique de la stèle. Dans ce cas, ce serait peut-être aux environs de Chîhân et Fouqou qu'il conviendrait de chercher remplacement du vieux sanctuaire niouhtc de Q.rioth.
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