‹ La stèle de Palenqué du Musée national des Etats-Unis, a WashingtonChapitre 14 sur 29 · BK · texte numérisé non relu

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senté, mais pas très correctement, dans la planche de Del-Rio, planche IV. On aperçoit une partie de l’ornement placé derrière les jambes du prêtre dans le dessin de Gatherwood et dans celui de Waldeck (fig. 5) ; il manque presque entièrement dans la planche IV (Del-Rio), mais il est visible dans la planche V (à gauche). Le complément de rornement placé derrière les pieds du prêtre se voit très distinctement dans les dessins de Gatherwood et de Waldeck. Dans la planche de Del-Rio il est mal figuré et placé trop haut. L’assemblage de ses parties n’est pas mauvais dans la planche V.

Je dois observer qu’il n’était pas facile de tracer, d’après la photographie de Gharnay, les contours de la partie des ornements qui touchent au bord, vu que la photographie a un aspect rugueux qui empêche de bien distinguer les sculptures marginales. Néanmoins l’artiste a fait tous ses efforts pour les rendre aussi fidèlement que possible.

Quiconque examine le dessin de la Stèle de la Smithsonian est frappé du défaut de symétrie de ses sculptures et de l’incorrection du trait. Les lignes verticales d’hiéroglyphes penchent toutes à droite et la pierre elle-même affecte la forme d’un rectangle irrégulier. Gette irrégularité ne dépend pas de la restauration, comme on pourrait le croire à première vue, mais simplement d’un défaut de précision de la part du sculpteur. La photographie de Gharnay, aussi fidèle assurément qu’il soit possible, révèle les mêmes imperfections dans la pierre centrale; les deux petits côtés convergent vers la droite et par conséquent les angles ne sont pas égaux. Si les figures en basrelief présentent un fini satisfaisant, l’aspect total de la sculpture n’est pas d’un travail parfait, du moins à notre avis. La Groix n’est pas bien proportionnée dans ses parties, les signes hiéroglyphiques et les ornements ne sont pas disposés dans un ordre complètement harmonieux. Ges défauts sont peu sensibles dans les dessins des prédécesseurs de Gharnay, qui sans doute cédèrent tous plus ou moins à cette tendance, peut-être inconsciente, des artistes de représenter les objets sous une forme plus parfaite qu’ils ne l’ont en réalité.

Ge manque d’habileté dans l’exécution des détails qui s’observe à Palenqué n’échappa pas à l’esprit critique de Morelet. « Les ruines de Palenqué, dit-il, ont peut-être reçu trop d’éloges. Elles sont certainement magnifiques dans leur antique hardiesse et leur force; la solitude qui les environne leur donne

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un air de grandeur indescriptible, mais imposante; pourtant sans contester leur mérite architectural, je dois dire que dans les détails, elles ne justifient pas l’enthousiasme des archéologues. Les lignes ornementales manquent de régularité, le dessin de symétrie, la sculpture de fini. Je dois cependant faire une exception en faveur des tables symboliques dont la sculpture m’a frappé par sa remarquable habileté. Quant aux figures, leur exécution grossière indique qu’elles étaient les premiers essais d’un art encore en enfance *. » J’ai devant moi une sculpture de Palenqué, et je ne puis entièrement partager les appréciations de M. Morelet au sujet du bas-relief des Stèles. Mes raisons je les ai exposées dans mes précédents rapports sur la Stèle de la Smithsonian, laquelle, à mon avis, est un magnifique échantillon de la sculpture en bas relief de Palenqué.

Les hiéroglyphes de cette stèle représentent, pour ainsi dire, des figures en carré, dont les côtés mesurent trois pouces et demi à quatre pouces environ, et saillant hors de la pierre de trois seizièmes de pouce (ou 5 millimètres). Ceux qui ont échappé aux injures du temps sont francs et bien finis; ils montrent également, d’une façon tout à fait nette, les détails de sculpture les plus minutieux, tels que pointillés, boucles, etc. La photo -lithographie ci-jointe PI. I représente, si bien le travail de sculpture, que tout essai déplus ample description semblerait superflu.

Après avoir décrit la Stèle Smithsonian dans son état, je ne dois pas oublier de donner de justes éloges aux sculpteurs de Palenqué, qui ont si bien réussi à produire un tel travail avec des instruments de qualité inférieure, probablement avec des outils de silex. Les constructeurs de Palenqué possédaient peut-être des instruments de cuivre ou de bronze, mais ils n’auraient assurément pu s’en servir pour travailler une matière aussi dure que celle dont est formée la Stèle de la Smithsonian. Les instruments en silex ou autre pierre résistante étaient beaucoup plus propres en cette occasion. Des expériences modernes ont prouvé que la pierre peut se travailler sans faire usage d’outils en métaP.

1 Morelet, Voyages, etc., p. 97.

2 « Les Yucatèques avaient de petites haches d'un métal particulier (du bronze sans doute) qui étaient fixées à des manches en bois. A la guerre, elles leur servaient d’armes; au logis, elles fendaient le bois. Comme ce métal n’était pas très dur; ils les aiguisaient en les battant avec des pierres. » Diego de

Dans les pages précédentes, nous avons donné différents extraits relatifs au bas-relief de la Croix, dans la limite que comportait une simple description, mais nous devons y ajouter quelques détails. Bien indiquer la signilication des groupes, voiLà ce qui doit surtout nous occuper.

Je dois dire avant tout que je penche à attribuer l’œuvre de Palenqué aux Tzendals ou à quelque autre branche de la famille Maya : Les raisons qui m’ont amené à cette opinion sont fondées sur le caractère même des biéro glyphes dont je parlerai au chapitre suivant. Evidemment le groupe représente une cérémonie religieuse célébrée près d’une croix dont la base représente une tête hideuse et surmontée d’un oiseau figurant sans doute le Quetzal (le Trogon resplendens, Gould; le Pharomacrus Mocimo, de la Glave), oiseau de grande valeur chez les anciens habitants de ces régions, à cause des longues plumes de sa queue, d’un vert doré, qui servait à orner la coiffure des personnes de distinction L La figure à droite de la croix est, selon moi.

Landa. Relation des choses du Yucatan; Paris, 1864, p. 17!. Le cuivre ne se trouvant pas au Yucatan, on suppose qu’ils le tiraient par voie d échange des régions plus septentrionales. Le grand canot, dont il a été si souvent parlé lors du quatrième voyage de Colomb (1502), et que l'on vit toucher à l'île de Granaja (ou Bonacca), dans la baie de Honduras, venait, supposait-on du Yucatan, et contenait entre autres choses, des haches, des cloches et autres objets en cuivre, ainsi qu’un creuset gi’ossier pour fondre le métal. Les antiquités de cuivre ou de bronze sont relativement assez rares au Yucatan. Il y a quelques années, j’eus l’occasion d’examiner une collection considérable d’antiquités Yucateques envoyées à New- York, pour y êire vendues, par Don Florentino Gimeno, de Campêche. Il ne s’y trouvait ni cuivre ni bronze.

Cette question fut pratiquement résolue au Congrès International .Anthropologique, tenu à Paris en 1867. 11 y a au Musée de Saint-Germain, des moulages de figures de pierre sculptée, représentant des parties d’un dolmen de l'île de Gavr’Innis, dans la baie de Morbihan, en Bretagne. Ces pierres présentent des surfaces toutes couvertes de spirales entre-mêlées, et sur l’une des tables, en granit gris compact, on voit également de grossières ébauches de haches en pierre, dont les dessins sont réguliers et profondément sculptés (voir les fig. 152 et 153 dans les Monuments C7i pierre grossières de Fergusson). Les savants présents dirent que ces sculptures n’avaient pu être exécutées sans l’emploi d’outils en acier ou en bronze durci. Mais M. Alexandre, directeur du Musée, était d’opinion tout autre; il voulut faire un essai Un morceau du même granit fut travaillé avec des hachettes et des ciseaux en pierre, et l’expérience réussit au mieux Après un jour de travail, un cercle et quelques lignes étaient gravées. Un ciseau de silex poli, dont on fit tout le temps usage, fut à peine endommagé; un ciseau de métal avait été passablement endommagé, et un semblable 'instrument de diorite l’avait été encore davantage, mais le taillant d’une hache de bronze tut faussé en un instant. Il était évident que ces sculptures avaient été faites non avec le bronze, mais avec la pierre. Toutefois, il fallut probablement des années de travail pour réussir à tracer toutes ces figures sur la surface de ces pierres. Le professeur Cari Vogt nous a donné ces détails dans une série de lettres adressées de Paris à la Gazette de Cologne en 1867.

i « Le plumage du Quetzal est très brillant au mois de rhai’s. C’est alors que les chasseurs le traquent dans les bois, et ils le font jusqu'à l’époque de l’accouplement, c'est-à-dire lorsque le mâle perd les plumes de sa queue. On expédie chaque année deux à trois cents de ces oiseaux de Coban, où ils valent à peu prés un demi-dollar, au Guatémala cù ils montent à trois dollars. Mais la plupart sont envoyés en Europe où ils sont mal empaillés, et livrés comme spécimens du genre. Les anciens habitants, si l’histoire est digne de foi, prenaient ces oiseaux au lacet, et, après avoir enlevé leurs queues

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celle d’un prêtre; celle de gauche, à en juger par les dimensions représente un jeune homme. Gcs deux figures ont le front quelque peu déprimé, ce qui indiquerait l’aplatissement artificiel de la tête chez ces peuples h

La petite figure présentée à l’oiseau par le prêtre doit, croit- on, représenter un enfant; toutefois l’imagination s’y prêterait un peu. Ainsi qu’il a été établi dans une note, page 33, les figures du prêtre et du jeune homme se trouvent également, selon toute apparence, sur la Stèle du 'Feniple du Soleil, et ici, chacune d’elles tient un enfant à visage grotesque, mais en somme elles sont beaucoup plus finies que dans la Stèle de la Croix De plus, quelques bas- reliefs en stuc, en fort mauvais état maintenant, offrent encore à nos regards des personnages avec des enfants dans leurs bras.

Bien qu’on ait cru que le G-roupe de la Croix put rappeler quelque céré monie baptismale, il y a peut-être plus de raison de penser qu’il a pour but d’entretenir d’un fait beaucoup moins innocent : je veux dire le sacrifice d’un enfant. L’évêque Diego de Landa qui, pendant la seconde partie du seizième siècle, habita le Yucatan, consacre tout un chapitre à ces cérémonies baptismales assez compliquées en usage chez les Mayas. Ces peuplades appelaient cette cérémonie d’un nom significatif : Renaître, comme le Renasci des Latins. Toutefois il semble que cette cérémonie ne s’appliijuait pas aux nouveaux-nés, mais à tel ou tel individu assez âgé pour en comprendre la portée Le même auteur donne un récit assez révoltant des sacrifices humains pratiqués chez les Mayas, et ceux-ci étaient cependant bien moins barbares sous ce rapport que les Aztèques à l’époque, où Fernand Cortès et ses compagnons envahirent la vallée d’Anàhuac. « A l’occasion d’un grand malheur ou de nécessité publique, les prêtres ordonnaient parfois des sacrifices humains,

magnifiques, leur donnaient de nouveau la liberté. La loi punissait celui qui tuait ces oiseaux. A cette époque reculée, on dU que les plumes du Quetzal constituaient le seul article d'exportation de Vera- Paz, pauvre pays couvert de forêts, et de difficile accès. Grand nombre sont recherchés par les artistes, et servent à rehausser les curieuses et splendides mosaïques en plumes, qui ont si vivement excile l'admiration des conquérants. » Morelet, Voyages, etc., p. 335, Qmtzalli, d'après Clavigero, signifié « plume verte ».

1 Selon quelques anciens historiens espagnols (Landa, Herrera), cette coutume était en usage chez les Mayas, au temps de la conquête.

2 Dans le dessin de Del Rio, l’enfant, ainsi que nous le verrons, est très distinctement représenté; mais les dessins de Waldeck et de Catherwood et surtout la jihotographie de Charnay lui donnent un aspect beaucoup plus fantasfque.

3 Landa, Uelation des choses du Yucatan, texte espagnol et français ; ouvrage édité par l'abbé Brasseur de Bourbourg. Pai’is, 1864, § XXVI.

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