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pour réaliser une contenance totale à peine supérieure à 30°", sont remplis d'eau distillée rigoureusement neutre, après avoir été lavés comme il a été dit précédemment ; puis on les chauffe une heure à l'autoclave à 120°. Après refroidissement on prélève exactement 50% de cette ean qu’on additionne de III ou IV gouttes du réactif indiqué (alizarine sulfoconjuguée), et l’on ütre avec une solution de HClcentinormale jusqu’à l'apparition de la teinte chamois (neutralité).
En rapportant à 100%, c'est-à-dire en multipliant par 2 le chiffre obtenu, on constate ainsi qu'un très bon verre exige moins de 1% de réactif; j'ai trouvé quelques récipients remplissant ces conditions : avec un verre d’Iéxa j'ai trouvé 0°"°,6, et avec un verre marque Serax à peine 1°", Un bon verre exige moins de 5°, un verre moyen moins de 10°"; enfin on trouve dans le commerce des verres défectueux qui cèdent des quantités d'alcali très supérieures quand on les chauffe à l’autoclave: Durrour (1) en à trouvé dont l’alcalinité cédée à l’eau atteignait après 2 heures de chauffage à 131° : 40° de soude décinormale pour 100% d'eau. Ce cas, il est vrai, paraît exceptionnel.
Ce procédé qui permet de mesurer assez exactement l’alcalinité soluble d'un verre, et par suite ses qualités de résistance à l’eau, me semble supérieur aux moyens employés par BerLioz et par Baronr, moyens que j'aurai l’occasion de décrire dans le chapitre spécial que je réserverai à l’altérabilité du verre.
Pour le bouchage des flacons, on devra écarter le liège. Borpas (2) a étudié spécialement la question de la stérilisation du liège, et il a constaté que l’on ne peut avoir de résultats suffisants que par une stérilisation dans le vide entre 120 et 130°. Dans un bouchon sain d’aspect, des filaments mycéliens ou des spores peuvent exister dans la profondeur du tissu, et les champignons ou moisissures se développer ensuite aisément, pour peu que le milieu soit favorable.
Le remplissage des flacons (à fermeture canette ou à fermeture émeri) ne présente aucune particularité. Les flacons pleins seront introduits dans l’autoclave incomplètement fermés (en interposant un fil entre le goulot et le bouchon de
(4) Thèse citée, p. 53.
(2) De la stérilisation du liège. C. R. Ac. Sc, CXXXVIIT, 1287; 1904. On met les bouchons dans une enceinte chauffée à 120° pendant 10', on fait
ensuite le vide, puis on rétablit la pression en laissant pénétrer de la vapeur d’eau qu’on porte ensuite à 130° pendant 10.
verre, où en abaissant sans pression la fermeture canette) pour des raïsons que J’indiquerai plus loin.
Les grosses ampoules (supérieures à 25°*°) pourront être remplies directement au moyen d'un tube de verre et d'un tube de caoutchouc, en s'aidant d’une certaine pression; ou bien, au contraire, par aspiration au moyen de la trompe à eau, en reliant une extrémité de l'ampoule à la trompe, et l’autre au récipient contenant la solution injectable. On aura soin évidemment d'interrompre la communication avec la trompe avant d’arrèter celle-ci et dès que l'ampoule sera pleine. Ces ampoules ne seront fermées qu'à un bout, l'autre sera recouvert simplement d’un petit tube à essai au moment de la stérilisation.
Quand il s’agit des petites ampoules, deux cas se présentent pour le remplissage :
1° Les ampoules sont ouvertes à leurs deux extrémités : on pourra dans ce cas les remplir par aspiration, au moyen de la bouche ou d’une petite poire en caoutchouc, et par l'intermédiaire d'un tube en caoutchouc également (les ampoules d'huiles peuvent être remplies par ce procédé).
2° Les ampoules, à une ou deux pointes, n'étant ouvertes qu'à une extrémité, un moyen pratique pour remplir assez rapidement plusieurs centaines d'ampoules, et n'exigeant aucun matériel spécial, est le suivant : On porte successivement le corps seulement de chaque ampoule dans la flamme du Bunsen pendant quelques secondes et on plonge cette ampoule dans un récipient contenant de l'eau distillée filtrée (à une hauteur inférieure à celle de la pointe de l'ampoule). On plonge ainsi dans un ou plusieurs récipients toutes les ampoules qu’on veutremplir. La contraction de l'air pendant le refroidissement produit une diminution de pression à l'intérieur de l'ampoule, et une petite quantité d'eau y pénètre. On retire les ampoules en les renversant, de façon à ce qu'une partie du liquide vienne mouiller la pointe fermée: puis on chauffe de nouveau l'ampoule, d’abord dans sa partie médiane, ce qui produit l'ébullition de l’eau ; la vapeur émise chasse le liquide voisin de l'ouverture; à ce moment, en imprimant une légère secousse, ou encore en chauffant la pointe fermée, la petite quantité d'eau qui y restait adhérente s'échappe, et arrivant au contact de la paroi chaude, se vaporise et sort en fusant hors de l’ampoule. C'est à ce moment précis que celle-ci doit être plongée
dans la solution par sa pointe ouverte; pendant le refroidissement qui s'ensuit, le remplissage de l’ampoule se fait immédiatement. Il ne reste plus, et c’est d'ailleurs une opération assez délicate, qu'à fermer soigneusement la pointe ouverte; car, ainsi que nous le verrons, la stérilisation se fera de préférence en ampoules complètement scellées. |
Ce mode de remplissage, bien réglé et exécuté méthodiquement, est en somme assez rapide et très commode.
Certains praticiens indiquent d'opérer à la fois sur plusieurs ampoules dont on fait tremper les pointes ouvertes dans l’eau d’abord, puis au moment du remplissage, dans la solution, en promenant la flamme sur toutes les ampoules à la fois; le procédé est peu pratique à mon avis, et n’abrège pas sensiblement la durée de l'opération.
Avant de fermer l'extrémité ouverte, on doit chasser la petite colonne de liquide qui reste dans cette pointe, soit en chauffant la pointe opposée, qui est fermée, dans la flamme du Bunsen, — soiten opérant à la fois sur plusieurs ampoules, au moyen de la cloche à vide reliée à la trompe à eau; on aura soin d'interrompre l’opération en faisant rentrer ue dès que sera sortie la petite colonne de liquide.
Celle-ci aurait l’inconvénient de provoquer la casse au moment de la fermeture de la pointe, ou encore, quand il s’agit de composés organiques, de provoquer, par décomposition pyrogénée, un dépôt de charbon.
Pour le remplissage d'un grand nombre d’ampoules, on peut faire usage d'appareils spéciaux.
Le procédé le plus répandu consiste à utiliser la eh à vide; on dispose sous celle-ci les ampoules, la pointe ouverte en bas et plongeant dans un petit cristallisoir, ou encore on les place de la même facon, mais sur un disque de porcelaine percé de trous à cet effet, au-dessus du dit cristallisoir.
Le bouchon de caoutchouc qui obture la cloche est percé de trois trous, l’un donne passage au tube qui est relié à la trompe, le deuxième à un autre tube qui communique avec Pair extérieur, par le troisième enfin on introduira le liquide à mettre en ampoules, au moyen d’un entonnoir.
On fait le vide; quand la trompe commence à chanter et que le mercure du manomètre est monté à 70°" environ, on interrompt par un robinet la communication ; puis on laisse tomber
la solution dans le cristallisoir disposé à cet effet, on ouvre | \
enfin doucement le robinet de communication avec l'air extérieur dont la rentrée dans la cloche produit la pression nécessaire à la rentrée du liquide dans les ampoules.
L'appareil d'Eury, pour les substances altérables par la chaleur, est une simple modification de cet appareil qui permet l'introduction d'un liquide stérile obtenu par filtration à la bougie. J'en reparlerai ultérieurement. Le dispositif Berrioz et DurLoco (1) consiste en un récipient de métal nickelé où l’on introduit le liquide; par-dessus est disposé un diaphragme métallique, percé de trous, par où s'engagent les pointes ouvertes des ampoules qui, tournées en bas, plongent dans le liquide. Le couvercle, percé d’un trou, laisse passer une tige munie d'un anneau; on laisse 20 minutes à 120° à l’autoclave ; après refroidissement l’appareil est placé sous une cloche à vide, en 5 minutes le vide est réalisé par la trompe; on ferme le robinet de communication, on laisse rentrer l’air filtré sur de la ouate stérile, et les ampoules se remplissent.
Cazaux (2) introduit dans l’autoclave les ampoules, la pointe ouverte plongeant dans la solution. On laisse le robinet d'échappement ouvert jusqu’après le premier jet de vapeur, on chauffe à la température et pendant le temps nécessaires à la stérilisation. On laisse alors refroidir l'appareil, le vide s’est produit dans l’autoclave et dans les ampoules, il suffit d'ouvrir peu à peu le robinet, pour que, l’air pénétrant et faisant pression sur le liquide, les ampoules se remplissent.
Le dispositif Cazaux a deux inconvénients : la condensation de la vapeur d’eau dans l’autoclave vient modifier la composition du liquide injectable, et d’autre part la rentrée d’air non stérile risque de contaminer la solution ; aussi aura-t-on avantage, ainsi que le recommande Gérar» (3), à placer les ampoules dans un flacon à large ouverture qu'on recouvrira d'un entonnoir. La douille de ce dernier sera obstruée par un tampon de coton; quant à la rentrée d'air dans l’autoclave, elle se fera au moyen d'un tube de verre garni de coton aseptique. Avec l'autoclave SoreL, qui possède un tube de platine pouvant être chauffé au rouge, la rentrée d'air stérile sera encore mieux assurée.
Cette rentrée d'air stérile peut d’ailleurs être appliquée utile-
(4) Voir .GÉRARD, ouvrage cité, p. 78.
(2) G. Cazaux. Stérilisation et remplissage des ampoules. Bull, Comm., P. C., 33° année, n° 4, p. 33; 1905.
ment à la stérilisation des flacons ou canettes qu’on place non fermés à l’autoclave.
Je ne m'étendrai pas davantage sur les appareils de remplissage d’ampoules, je citerai seulement le remplisso-doseur de PaircarD dans lequel le liquide passe par une série de petits tubes gradués munis de robinets et auxquels sont adaptés les ampoules, et l'appareil de BariLré.
Je ne décrirai pas non plus les autres procédés de remplissage (appareil à soufflerie et aiguille de platine, pour ampoules d’éther, de nitrite d’amyle, et en général pour les liquides volatils ou inflammables; ces catégories d’ampoules ne rentrant pas absolument dans le cadre que je me suis imposé, je renverrai à leur sujet aux ouvrages spéciaux (1). Dans tous les cas, il sera utile d'introduire dans l’ampoule une quantité de liquide un peu supérieure à celle qui doit être injectée (11/4 au lieu de 1°") afin de compenser les pertes inévitables qui se produisent au moment du remplissage de la seringue.
Dans le cas des ampoules auto-injectables au contraire, on ne devra introduire que la quantité strictement nécessaire, et il sera préférable alors d'utiliser pour le remplissage les appareils doseurs indiqués plus haut. Quand les liquides injectables ne devront subir qu'une stérilisation relative, la stérilisation préalable de la verrerie sera indispensable. Celle-ci se fera à l’autoclave; dans le cas des corps gras ou des huiles : à l’étuve sèche, ou mieux encore à l’autoclave, mais en-récipients bien clos ou scellés.
J'ai dit précédemment que les solutions devaient toujours être filtrées ; est-ce à dire que l’on ne puisse injecter que des liquides parfaitement limpides? Assurément non; on injecte couramment et avec succès, par voie hypodermique ou intraveineuse, des préparations colloidales (collargol, métaux colloïdaux obtenus par électrolyse).
L'huile grise n’est qu'une émulsion de mercure; l'huile au calomel, une simple suspension de poudre fine dans l'huile de vaseline ; or, ces deux préparations servent journellement aux injections intramusculaires. J'ai préparé, pour ma part, un amalgame de platine liquide (1 p. 10 de Pt et 9 p. 10 de Hg }), que j'ai mêlé aux excipients indiqués par le Codex pour l'huile grise, et un amalgame d'argent solide, que j'ai pulvérisé très
(4) Voir en particulier : Formulaire des principales spécialités, par R. CER- BELAUD. Paris, 1909. |
me
pur
finement, passé au tamis de soie n° 150, et réparti dans l’excipient indiqué ci-dessus. Les docteurs Decuy et Queyrar ont employé avec succès ces préparations et ce dernier les a présentées à la Société médicale des hopitaux (1). J'ai préparé récemment aussi, à la demande du D' Decuy, des suspensions huileuses d'argent métallique, de magnésium, de calcium, destinées aux injections.
Si l'on a observé consécutivement à des injections de corps insolubles, le plus souvent mercuriels, un certain nombre d’accidents, il faut en rendre responsable soit l'exagération de la dose, soit l’imperfection de la technique suivie par l'opérateur, (j'ai insisté précédemment sur la nécessité d’une asepsie rigoureuse pour ce genre d'injection), soit même la toxicité du mercure ; mais il reste démontré que des préparations :nsolubles sont parfaitement injectables. Encore ne s’agissait-il dans mes expériences personnelles que d'injections intramusculaires, mais C. FLeiG (2) a observé que les sérums artificiels pouvaient être additionnés de sels de fer. La liqueur précipite dans ces conditions. On peut cependant sans inconvénient employer ce liquide trouble à dose massive, même en injections ntraverneuses, après stérilisation à 110° à l’autoclave, (en ampoules scellées pour éviter la décomposition des bicarbonates).
Cela s’explique, dit l’auteur, par l’état physique spécial de l'hydrate ferrique : corps gélatineux dont les particules doivent s'écraser facilement dans les capillaires ; elles ne pourraient produire d’embolies qu'en masse énorme ou en émulsion trop épaisse.
Avec d’autres substances gélatineuses : silice, hydrocarbonate de cobalt, oxyde de nickel, sesquioxyde de chrome hydraté, ou avec certaines substances très fines et très divisées: carbonate de chaux, oxyde mercurique, utilisées en suspensions étendues, l’auteur a obtenu des résultats analogues. Je décrirai en détail le mode opératoire à suivre pour la préparation des injections insolubles dans la seconde partie de ce travail.
Il me reste à dire quelques mots des opérations préalables à la stérilisation des corps gras.
La lanoline devra évidemment répondre aux essais du Codex;
(1) Deux nouvelles préparations mercurielles, Bull. et. Mém. Soc. méd. des hôp., [3], XX VI, 189; 1909.
(2) Les-sérums artificiels à minéralisation complexe et à sels insolubles injectables dans les veines. C. R, Ac. Sc. t. CXLV, p. 286; 1907: