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I. — OPÉRATIONS PRÉALABLES A LA STÉRILISATION

Je grouperai dans ce chapitre les précautions indispensables que le pharmacien est obligé de prendre, ainsi que les opérations préliminaires qu'il doit effectuer, avant la stérilisation proprement dite.

Tout d’abord, il devra naturellement faire usage de produits rigoureusement purs; l’eau distillée devra être également vérifiée au point de vue de l'absence de sels minéraux, de matières organiques, etc..…., et aussi au point de vue de sa réaction. Nous verrons l'importance que peuvent avoir de simples traces d’alcali dans la décomposition de certaines substances à l’autoclave. Comme réactif indicateur je me suis servi généralement d’un colorant beaucoup plus sensible que la phtaléine et le tournesol : l'alizarine sulfoconjuguée (alizarine-sulfonate de soude Poulenc en solution aqueuse saturée). Cet indicateur, en outre de son extrême sensibilité, a encore l'avantage de marquer la neutralité par une teinte spéciale (chamois), qui vire au rouge en milieu alcalin et au jaune en milieu acide. Cette vérification de l’eau distillée est d'autant plus nécessaire que très souvent les eaux distillées du commerce ne sont pas rigoureusement neutres.

La solution sera faite le plus proprement et le plus aseptiquement possible (1), à froid, ou en s’aidant de la chaleur si c'est nécessaire, mais il sera prudent de ne pas faire bouillir le liquide, d’abord parce qu’il pourrait en résulter une concentration de la solution, et ensuite parce que dans certains cas, que nous indiquerons ultérieurement, l’ébullition serait susceptible de provoquer une lègère altération.

(1) Le principe suivant devra toujours être observé : il faut effectuer la préparation à stériliser de façon à y introduire le moins de germes possible.

La solution sera ensuite filtrée au coton hydrophile ou au papier-filtre ; le coton devra être vérifié, car il est souvent notablement acide. Quant au papier-filtre, j'en ai trouvé de si nettementalcalin, qu'une solution de chlorhydrate de morphine devenait trouble après filtration, par suite de la précipitation de la morphine.

Les récipients : ampoules, flacons-canettes, flacons-émert (à large ouverture pour permettre l'introduction de la seringue), devront être non seulement lavés, ainsi que le recommande la Pharmacopée suisse,avec une solution de HCI à 1 p. 100, puis avec de l’eau distillée renouvelée à plusieurs reprises; mais encore éprouvés au point de vue de leur résistance à l’action de l’eau, à 120°, à l'autoclave.

Pour le lavage des ampoules, Tnomaxx (1) recommande le procédé suivant : on les fait bouillir, ouvertes, dans un vase émaillé contenant de l’eau distillée; pendant l’ébullition les ampoules surnagent, on éteint Le feu et on verse au milieu sur les ampoules surnageantes de l'eau distillée froide; par le refroidissement l’eau est, aspirée dans les ampoules; on fait bouillir à nouveau, ce qui a pour effet de chasser la plus grande partie de l’eau ‘des ampoules; l’eau restant est chassée par des secousses, ou, si on fait le remplissage immédiatement, en exposant les ampoules dans la flamme d’un Bunsen pour expulser à la fois l'air et l’eau. Les ampoules sont plongées de suite dans la solution dont elles se remplissent. Si l’on veut au contraire conserver les ampoules lavées, on achèvera leur dessication en les exposant dans une étuve à 160° pendant une heure, puis on les conservera dans une boîte métallique stérilisée, jusqu’au moment de l'emploi. Ce procédé, on le voit, permet d'obtenir des ampoules à la fois lavées et stériles.

L'épreuve du verre des ampoules est aussi nécessaire que celle du verre des flacons.

Je reviendrai longuement sur cette question de l’altérabilité du verre; pour l'instant, je me contenterai de rappeler que tous les verres cèdent à l’eau, à chaud et même à froid, une certaine quantité d’alcali. Ils en cèdent plus ou moins, et plus ou moins rapidement, suivant ce qu'on peut appeler leur résistance ou leur qualité. Celle-ci pourra être appréciée de la manière suivante : des ballons, flacons ou ampoules, en nombre suffisant

‘ (4) Article cité, p.286.

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