‹ La Stérilisation des Liquides InjectablesChapitre 21 sur 49 · EYE · texte numérisé non relu

EYE

dans l’électrolyse. Un appareil de ee type sera constitué schématiquement par 2 électrodes métalliques EE’, fixées sur deux lames diélectriques V V’ séparées par un intervalle suffisant a; on pourra imaginer aussi un autre appareil dans lequel un seul diélectrique séparera les deux électrodes, à égale distance de chacune 1).

Le plus souvent, l'énergie électrique est partiellement absorbée par des influences étrangères à la production de l'ozone, ce qui diminue un peu le rendement.

Parmi ces facteurs étrangers, on peut citer l'élévation de température; aussi l'air à ozoniser doit-il être laissé un temps relativement court au contact des électrodes.

Pour éviter les diminutions de rendement,on cherche aujourd’hui: 1° à obtenir une grande surface électrique, malgré les dimensions réduites des électrodes; 2° à supprimer l'élévation de température ; 3° à éliminer les poussières et l'humidité de l'air, en le filtrant d’abord, et en le dirigeant ensuite dans un dessiccateur ; 4° à éviter toute oxydation des électrodes, en les recouvrant d’un vernis.

C’est dans cet esprit qu'ont été construits les ozoneurs Douzar. Je ne décrirai pas ici ces divers appareils (2), dont les applications sont multiples, mais dont je ne retiendrai que ce qui a trait à la stérilisation de l’eau. Le fonctionnement des modèles domestiques est très simple : le robinet de canalisation de l’eau est réuni à l’'ozoneur; si l’on ouvre ce robinet, l’eau qui s'écoule fait appel d'air, et celui-ci se trouve conduit sur le trajet des décharges électriques engendrées par un circuit fermé automatiquement par la manœuvre d'ouverture du robinet d'eau.

Il est transformé en ozone et se mélange à l’eau dont il assure ainsi la stérilisation. De même qu’en ouvrant le robinet d’eau le courant a été établi, de même en fermantle robinet le courant se trouve supprimé.

Si l’on possède le courant électrique du secteur d'éclairage, on branche directement l'appareil sur le conducteur en intercalantune résistance n'absorbant qu'un dixième d’ampère. Dans ces conditions, l'eau reviendrait à une somme assez modique (3). Faute de cette source électrique, on peut employer de petits

(1) Ces appareils sont décrits en détail dans l'ouvrage de Er. Douzar : Production électrique de l'Ozone et applications. Ed. Béranger ; Paris, 1909.

(2) Ouvrage cité, p. 39.

(3) Environ à 1 centime le litre.

te accumulateurs ou une batterie de piles alimentant une bobine. Il faut 4 volts et 2ampères.

Quelle est la valeur d’une stérilisation ainsi pratiquée ?

Rép (1) a écrit que la stérilisation des eaux par l'ozone vient de recevoir une consécration définitive à la suite des expériences de Vax Eruexcex en Belgique, et de Marwier en France (à l’Institut Pasteur).

D’après E. Bonseax et Oier (2), aucun antiseptique . n’est comparable à l'ozone pour assurer la destruction des germes dans l’eau ; cette puissance d'action, chose curieuse, s'exerce seulement dans l’eau, il suffit de 0,60 d’ozone pour stériliser 4 mètre cube d’eau de source. L’ozone n'y introduit aucun élément étranger nuisible, au contraire; l'oxygène qui résulte dela dissociation de ce gaz après son action d'épuration rend l’eau plus légère et plus digestible.

Douzar rapporte (3) qu'une commission composée de Car- METTE, STAES, BRAME, Buisxe et Bourier a conclu que l’ozonisation de l’eau présentait de grands avantages.

L'eau souillée se trouve notablement épurée ; non seulement les germes y sont détruits, mais les matières organiques et les toxines y sont oxydées, l'acide sulfhydrique ou l’ammoniaque, quand ils existent, sont transformés en sulfates et en nitrates, les carbonates et sulfates alcalino-terreux sont partiellement précipités.

L'ozone détruisant le ferment lactique, on a essayé aussi de l’'employer à la stérilisation et à la conservation du lait.

D’après DouzaL, il y aurait seulement dissociation du gaz oxydant et formation d'oxygène, mais les principes gras ne seraient pas modifiés (?)

Il existe des ozoneurs pour stériliserle lait; maisà mon avis la question a besoin d’être étudiée davantage.

Pour lesliquides médicamenteux, dans tous lescas, on ne peut guère songer à les stériliser par l'ozone, qui les modifierait trop notablement.

En résumé, l'ozone ne paraît guère être applicable à l'heure actuelle qu'à la stérilisation de l’eau (4).

(1) Revue gén. des Sc. pures et appl., 15 juillet 1896.

(2) La Nature, 8 avril 1905.

(3) Ouvrage cité, p. 95.

(4) Pour la bibliographie de la question, outre les ouvrages de Ducraux et

de DouzAL mentionnés, on pourra consulter celui de H, De LA Coux : L'Ozone et ses applications industrielles. Paris, 1910.

— res

Stérilisation par la lumière.

L'étude de l’action microbicide de la lumière, comme celle de l’électricité, est très complexe.

En effet, d’autres facteurs que la lumière elle-même sont susceptibles d'intervenir: l'élévation de température, les modifications chimiques du milieu, par exemple.

On peut éliminer le premier de ces facteurs secondaires en séparant dans le spectre, au moyen d’écrans colorés, les rayons calorifiques des rayons lumineux, mais il en résulte une diminution notable d'intensité. Il subsiste d’ailleurs encore d’autres causes d'erreur : par exemple l'influence du verre desrécipients utilisés, qui absorbe les rayons ultra-violets, phénomène qui avait déjà conduit Marsnazz Warp à remplacer le verre par du quartz dans ses expériences.

Quant aux modifications chimiques du milieu où se trouvent les germes, elles exercent aussi une influence notable; on sait que la lumière solaire détruit les matières organiques avec production intérimaire d'acide formique; qu’ilse forme souvent aussi de l’ozone, de l’eau oxygénée, autant de substances dont le pouvoir antiseptique n’est pas négligeable.

Ducraux a relaté les recherches principales effectuées sur l'action stérilisante de la lumière (1), recherches qui sont dues notamment à Dowxes et Brunxr (1877), à Tyxoarz (1878), Ducraux (1885), ArLonc (1885), Roux (1887), Bücuner (1892), Marsnazz Warp (1893). Il résulte de cet ensemble de travaux que l'action nocive de la lumière solaire sur les microorgänismes est hors de doute (mème en dehors de toute élévation de température), mais qu'il faut distinguer dans cette action deux degrés, suivant qu’elle aboutit à la destruction complète des germes, ou simplement à l'arrêt de leur développement. La stérilisation exige un temps d’action très prolongé, des semaines ou des mois; tandis que l’action simplement retardatrice est assez rapide; toutefois l’action bactéricide de la lumière en général est très complexe; un grand nombre de facteurs étrangers interviennent, dont je n'ai dit que quelques mots, et qu'il me reste maintenant à passer rapidement en revue.

4° Jnfluence des diverses radiations du spectre : Dowxes et BLunr, puis Jaxowskr, Korciar, Gazkort, Dieuponé, GEISLER

(1) Ouvrage cité, p. 330.

(qui remplaçait la lumière solaire par celle d’un arc électrique de 1000 bougies environ, placé à 1 mètre de la culture), Kruse, etc..., sont tous d’accord sur ce point que ce sont les rayons violets qui agissent à l'exclusion des. autres.

2 Influence de l'intensité : Elle est évidente, mais elle a été peu étudiée. Dreunonxé a comparé l’action de la lumière en différentes saisons, à différentes heures, et par des temps différents. Il à constaté l’action très faible de la lumière diffuse (1893).

3° Influence de la résistance individuelle : Elle a été étudiée par Ducraux, Roux et Paxsixi. Ce dernier, en effectuant les numérations au microscope, a constaté que la destruction des germes exposés au soleil (spores et bactéries charbonneuses), est rapide surtout pendant les premières minutes, mais qu'un petit nombre d'individus plus résistants mettent trois ou quatre fois plus de temps à éprouver les effets de l’action solaire. A plus forte raison, observe-t-on des différences de résistance quand on compare entre elles diverses espèces microbiennes.

4° Influence de la dessiccation : Momoxr a constaté que les spores charbonneuses supportent plus de cent heures d'insolation à l'état sec, mais périssent après quarante-quatre heures, si elles sont en suspension dans l’eau.

5° Influence du milieu : Si au lieu d’eau, on utilise un autre milieu liquide, la résistance peut devenir égale, ou même supérieure (suivant le milieu considéré), à celle qu’on observe à l’état sec, car l’action de l’air se fait sentir aussi sur le milieu, ainsi que nous allons le voir.

6° JZnfluence de l'air : L'oxydation s'exerce à la fois sur les microbes et sur leur milieu de culture; les modifications chimiques subies par celui-ci peuvent être Eee oxydation et saponification des corps gras, oxydation des sucres. Il peut se former aussi certaines substances antiseptiques (acide formique, eau oxygénée) (1). Toutefois, l’action de la lumière, s’exerçant même dans le vide, il est certain que son effet stérilisant n’est pas sous la dépendance exclusive des changements survenus dans le milieu de culture. Les rayons chimiques, en particulier, exercent sur les germes eux-mêmes une action protoplasmique, ainsi que l'ont établi d’abord .

(1) On sait que RICHARDSON, MarsHALL WARD, BERTHELOT, ont constaté la production d’eau oxygénée dans la décomposition des substances organiques par la lumière.

les recherches de Laurexr (1), de d'Arsonvaz et Crrarmin (2); et plus récemment, celles de Maouexne, Demoussv et RaysauD (3).

L'action de la lumière sur le milieu nous intéresse d’ailleurs particulièrement, puisqu'elle explique pourquoi la lumière solaire ne saurait être utilisée pratiquement à la stérilisation.

Hérissey (4) a rappelé dans un travail récent les nombreuses recherches faites notamment par P. Cnasranx, G. Ciamicrax et P. Srzser, sur l’action décomposante de la lumière.

Stérilisation par les rayons ultra-violets.

J'ai dit dans le chapitre précédent que la lumière solaire avait un pouvoir bactéricide certain, mais que son action était trop lente et trop complexe pour qu’elle püt être utilisée à la stérilisation avec autant de sûreté que la chaleur; d'autant plus que l’action prolongée, s'exerçant aussi sur le milieu, altérerait celui-ci trop profondément.

Mais on peut renforcer (et par suite abréger) l’action de la lumière, en en éliminant les radiationsles moins actives, pour conserver seulement celles dont le pouvoir bactéricide est le plus accentué, c’est-à-dire les rayons chimiques ; ou plutôt : on peut utiliser, au lieu de la lumière solaire, d’autres sources lumineuses très riches en radiations actives, ainsi que nous le verrons plus loin.On sait que Scueece (1770), observa la décomposition du chlorure d'argent par les rayons violets du spectre solaire, et que Worrasron, un peu plus tard, constatant que cette action s’étendait bien au delà du spectre visible, en conclut qu'’outre les rayons qui agissent sur notre rétine, il existe des rayons plus réfrangibles, invisibles pour nous, qui furent appelés ultra-violets.

On observa que cette région ultra-violette était composée de radiations de longueur d'onde très courte, et de plus en plus courte à mesure que l’on s’éloignait du violet. Toutefois, pour obtenir des longueurs d’onde plus courtes encore que celles fournies par le soleil, c'est aux sources artificielles qu'il fallut avoir recours.

(4) Etude sur la variabilité du bacille rouge de Kiel. Ann. Inst. Pasteur, IV, p. 465; 1890.

(2) Influence des agents atmosphériques sur le b. pyocyanogène. C. R, Ac. Sc., CXNHE, 151 ; 1894.

(3) Nous indiquerons plus loin de quels travaux il s’agit.

(4) Altérations et conservation des médicaments DAUE* et galéniques. Thèse Agrégation (Pharm.). Paris, 1909.

DENE Va VER

On comprit très vite en effet les analogies qui existaient entre la lumière solaire et les autres sources de radiations.

Faranay, puis MaxweLz (1868), avaient, les premiers, pressenti ces analogies. On sait que les découvertes de Hecunorrz et surtout de Herrz, fournirent la vérification des théories de MaxweLs sur l’analogie de la lumière et de l’électricité.

La lumière solaire qui nous arrive n’est jamais composée exactement de la même façon ; quand notre atmosphère contient beaucoup de vapeur d’eau, une partie des radiationscalorifiques est arrêtée au passage et ne nous parvient pas. Le soleil est sans doute une source très riche égalementen rayons ultra-violets, mais l’atmosphère terrestre, avec la vapeur d’eau et les poussières qu'elle renferme, forme écran pour les radiations de courtelongueurd’onde,dontnousnerecevonsainsiqu'une infime quantité. C'est pourquoi, en biologie comme en thérapeutique, on a cherché à remplacer les rayons émanés du soleil par les sources de lumière artificielle, dont les radiations obéissent aux mêmes lois et se propagent à peu près de la même façon.

On sait que les lumières artificielles sont constituées par l'incandescence d’un corps conducteur solide, liquide ou gazeux ; qu'il s'agisse d'huile, de gaz, de pétrole, d’acétylène, ou des filaments de charbon ou d’autres substances portés à l'incandescence par le courant électrique ; qu'il s'agisse des molécules. de charbon volatilisées qui, dans l'arc voltaïque, sont transportées d’un pôle à l’autre et réciproquement, et dont la chaîne continue vient augmenter par son incandescence l'éclat du conducteur gazeux : lemêème phénomène est {oujours en jeu ; la lumière produite est constituée par des radiations qui se propagent, comme celles de la lumière solaire, en ondulations, et qui obéissent aux mêmes lois (réflexion, réfraction, etc.)

Seulement, ces diverses lumières ne sont pas composées des mêmes radiations ; celles que fournissent le pétrole, l'huile, la bougie, le gaz d'éclairage, même muni du manchon Auer, les filaments de charbon de la lampe à incandescence, sont riches en rayons calorifiques, mais pauvres en rayons ultra-violets ; l'arc électrique est déjà plus riche, mais on peut augmenter la quantité de rayons chimiques émis par l'arc voltaïque en. employant des charbons creux dans lesquels on a glissé une baguette de fer, de magnésium, de zine ou d'aluminium. Lesrayons ultra-violets donnés par le métal à l’état de vapeur incandescente, s'ajoutent alors aux rayons ultra-violets émis par.

PENTIER

le carbone à haute température. C’est le principe des appareils photothérapiques de Bax& et de Broca-Cnan. L'étincelle électrique et l'effluve électrique sont des sources assez puissantes de rayons ultra-violets, mais ni l’une ni l’autre n’ont reçu d'application pratique.

On sait que toute espèce de lumière fournit un spectre caractéristique et que l'étude de ces divers spectres a fait l’objet de recherches importantes. Je ne m'’étendrai pas sur ces faits bien connus, et me contenterai de rappeler que c'est PLucker qui, en 1856, étudia le premier les spectres des gaz; or, ses observations semblent être le point de départ d'une série de recherches qui ont abouti de nos jours à la découverte de la lampé à vapeur de mercure, source lumineuse particulièrement riche en rayons ultra-violets de très courte longueur d'onde. Piucxer avait constaté la fxité du tube de Geisscer. On sait ce que sont les tubes de Geisscer : des tubes de verre contenant une vapeur ou un gaz très raréfiés, et dans lesquels on fait passer la décharge électrique. Le gaz ou la vapeur étant introduits, on fait le vide avant de sceller le tube (à 2 ou 3 millim. de mercure, au moyen de la machine pneumatique à mercure). Aux deux extrémités de ce tube sont soudés deux fils de platine, qui y pénètrent de 1 ou 2 centimètres, et qu'on peut relier aux pôles de la bobine de Rhumkorff. Il se produit alors dans toute la longueur du tube des stries lumineuses séparées par des bandes obscures ; mais l'éclat, la couleur, la forme de ces stries, ainsi que la nature de ces radiations et le spectre qu'elles fournissent après leur passage au travers du prisme, varient suivant la nature des gaz ou des vapeurs considérés.

Piucrer, qui a étudié la lumière des tubes de GEissLer, a observé qu'elle dépendait uniquement du milieu traversé et pas du tout de la substance dont sont constituées les électrodes.

Si le degré de vide est poussé plus loin, on arrive au vide de Crookes, et l’on constate que l'anode devient peu à peu complètement obscure, tandis que la lumière de la cathode se concentre en une sorte de pinceau constituant les rayons cathodiques découverts par Hrrrorr en 1868.

+ Le tube de Crookes estconstitué par une ampoule de verre munie de deux électrodes, l’une reliée au pôle négatif, l’autre au pôle positif de la source. Il y a généralement dans les

RTS

modèles actuels deux anodes réunies par une connexion, l'une de ces anodes, appelée anticathode, est destinée à recevoir le faisceau de particules cathodiques venu de la cathode. Les rayons jaillissant de la cathode sous l'influence de la décharge électrique, vont frapper la paroi de verre de l'anticathode ; les rayons cathodiques proprement dits y sont réfléchis, ils illuminent tout le tube en phosphorescence, tandis qu'en même temps prennent naissance de nouveaux rayons : les rayons X, qui constituent un groupe de radiations dont la longueur d'onde est inférieure à 05005. Ces radiations peuvent être aussi produites spontanément par cerlainscorps, tels que le ?adium, et constituent une fraction de leur rayonnement total, connu sous le nom de rayons 7.

Je rappellerai, pour finir, la découverte des ampoules de Tesla, dans lesquelles des courants électriques de haute fréquence permettent également de réaliser l'illumination des gaz raréfiés (dans de longs tubes de verre enroulés en spirale),et fournissent ainsi abondamment desrayons actiniques sans chaleur.

Les rayons X, les rayons + du radium, les rayons ultravzolets possèdent un grand nombre de propriétés communes, surtout au point de vue de leur action chimique, mais ils se différencient par leur longueur d'onde () ; on peut d’ailleursles répartir dans un tableau général, où l’on groupera du même coup les autres radiations (1). De toutes ces radiations, seules celles qui ont un pouvoir bactéricide pouvant être utilisé nous intéressent, ce sont les rayons X, les rayons y du Radium, les rayons ultra-violets. L'action microbicide des deux premières sortes de radiations est encore pen connue et incomplètement étudiée; pour les rayons ultra-violets au contraire, la question a fait de grands progrès.

Il faits en attribuer la plus grande part tout d'abord à deux savants étrangers: Fixsex (de Copenhague), et Tappeixer (de. Münich) et à leurs élèves. Je ne m'étendrai pas sur les recher-

(1) Nous prenons pour unité le & où millième partie du millimètre.

Rayons X et rayons y du radium ............ À< 0,005 probablement Rayons ultra-violets, ........,......... Mes 0 AT AMONE) = Spectre. MBOHL LE Ne a dau eue en ct Àx— 0,40 à 0,80 Infra-rouge, Rayons Rübens. Bec Auer... ... 2à—0,80 à 40 et 60

Rayons hertziens. Rayons électriques. ....... à—5.000 et davantage, plu sieurs mètres, plusieurs kilomètres.

Rayons X et radiations diverses, par H. GuiLLEMINOT. Paris, 4910.

ches de ces auteurs et me contenterai de décrire l'origine et le développement des lampes à vapeur de mercure. Si le. principe de construction en avait sans doute été donné par Wav, en Angleterre (1860), on peut dire que la lampe à vapeur de mercure à élé en réalité inventée par le savant allemand Aroxs, en 1892. Sa lampe consistait en un tube en forme d'U renversé, où l’on avait fait le vide partiel, et dont les extrémités fermées contenant du mercure, renfermaient les électrodes (fils de platine scellés dans le verre amenant le courant électrique). Cette lampe fonctionnait avec une bobine d'induction de faible puissance fournissant une élincelle de 10 centimètres de longueur.

Perer Cooper-Hewirr, de New-York, perfectionna l'appareil en le rendant plus puissant, et put ainsi le faire entrer dans le domaine industriel. Sa lampe, que construit la Socréré Wesrine- HOUSE, se compose d’un tube cylindrique dans lequel on a fait le vide aussi parfait que possible; chaque extrémité de ce tube constitue un réservoir contenant du mercure et qui est en relaton, par deux fils de platine, avec une source de courant contnu (1). Aux deux fils de platine sont fixées deux électrodes en charbon, etle toutest maintenu par deux calottes en métal qui forment les bornes de la lampe. Pour établir l'incandescence de la vapeur de mercure, on fait couler le métal d’une électrode à l'autre, par basculement; on forme ainsi un filet liquide contüinu qui détermine un court-circuit momentané; la vapeur devient aussitôt lumineuse et conductrice. C'est de la lumière froide, et la vapeur de mercure ainsi illuminée manque absolument de rayons rouges, elle est blanche et spectrale.

La lampe étant mise en action, la lumière persiste, même après que la lampe a été replacée dans sa position première, tout le temps que le courant passe. La lumière de cette lampe est très riche en rayons violets et ultra-violets; on y note des longueurs d'onde de 0,238.

Toutefois Noter et Motos étudiant cette lumière en 1905 et 1906 (2), au point de vue de son pouvoir bactéricide, avaient constaté que ce pouvoir était à peu près nul, sans doule, disaient-ils, parce que la paroi de ces lampes était en verre;or l'on savait déjà, depuis les expériences de Marsnazz War, dont

(1) Lorsqu'on ne possède pas le courant continu, il faut un transfor-

mateur pour convertir le courant alternatif en courant continu. (2) Arch. élect. méd., p. 651. Bordeaux, 1907.

Etes

j'ai parlé plus haut, que le verre absorbe les rayons ultra-violets de courte longueur d'onde.

Mais pendant ce temps la lampe à mercure subissait de nombreux perfectionnements. Kucn, physicien attaché à la maison /eraeus de Hanau, avait songé (1905), à utiliser au lieu du verre le quartz transparent {cristai de roche fondu), qui est très difficilement fusible et ne s'amollit pas avant le chauffage à blanc (1). Le quartz, dont le coefficient de dilatation est presque nul, laisse passer les rayons ultra-violets, et de plus, permet d'élever la vapeur mercurielle à un degré beaucoup plus élevé qu'on ne pourrait le faire avec le verre ordinaire; car le quartz se maintient à l'état solide à une température qui amollirait ou liquéfierait le verre. Par suite de ce degré élevé de température, le faisceau de rayons ultra-violets émis par la vapeur de mercure éprouve une forte augmentation.

La lampe Heraeus fut donc construite en quartz et resta le modèle type de ces sortes de lampes; la /ampe Cooper-Hewitt modifiée également (en remplaçant le verre par du quartz), constitue un deuxième modèle très répandu.

Pour toutes ces lampes, il est utile d'intercaler une résistance (rhéostat), entre le courant (continu) et la lampe, afin de régler le voltage que l’on veut obtenir aux électrodes. D'une facon générale, ces lampes fonctionnent à 110 ou 220 volts, et

avec une intensité de 2 ou 3 ampères et demi. Des rhéostats de réglage permettent d'obtenir aux électrodes toutes les tensions depuis 25 volts au minimum; si l'on ne désire pas descendre aussi bas comme voltage, on emploie un rhéostat

(4) IHne faut pas confondre le quartz transparent (cristal de roche pur fondu) avec ce qu'on appelle en verrerie : la silice fondue. On emploie en Allemagne pour la préparation du quartz pur et transparent le résidu de ce qui est utilisé pour les lentilles d'optique. Ce résidu, traité par la chaleur du four électrique, sert d’abord à faire des tubes qui, travaillés au chalameau oxhydrique, fournissent les appareils (ballons, creusets, ete.). On sait qu'on trouve dans la nature, notamment dans les filons, du quartz ou de la silice moins pure, contenant des traces d’aleali, et présentant un aspect laiteux, opaque où translucide. Cette silice, fondue, sert également à faire des objets divers, dont le prix de revient est moins élevé que celui du quartz transparent, et qui présentent encore vis-à-vis de la chaleur, de l’eau ou des divers réactifs, une résistance bien supérieure (ainsi que nous aurons l’occasion de le voir) à celle des meilleurs verres. Je rappellerai que En. BECQUEREL avait déjà signalé (Voir par exemple Gaxor, Physique, p.663), la perméabilité du quartz et du sel gemme aux rayons chimiques et ultra-

violets, la perméabilité imparfaite de l’eau et surtout du verre, et l'imper-

méabilité à peu près totale de l'essence de térébenthine, du verre d’urane et du bisulfate de quinine. s

plus petit qui permet d'atteindre au moins 90 volts pour un courant à 220 volts, et 45 volts pour un courant à 110 volts (4).

Quant à la valeur de la lampe elle est sous la dépendance du courant bien entendu (voltage et intensité), mais aussi sous celle du quartz employé (2).

On ne peut avoir recours qu'au courant fourni par le secteur d’une ville, parce que, seul, il fonctionne sous un voltage suffisant. Avec les courants que nous pourrions réaliser, même avec plusieurs éléments de pile, la différence de potentiel serait insuffisante.

C'est en France surtout, et dans ces dernières années que l'étude des propriétés bactéricides de la lumière ultra-violette, et leur application à la destruction des germes, ont été approfondies.

J'ai dit comment Taévexor et Nocier, opérant avec des lampes en verre, avaient cru un instant à l’inefficacité de la vapeur de mercure; mais déjà en 1906, au Congrès de l'Association francaise pour l'avancement des Sciences, à Lyon, ils avaient indiqué que l'intensité lumineuse par unité de longueur de tube devait être trop faible, et que la paroi de ces tubes, étant en verre, devait absorber une partie des rayons.

En 1907, G. Drever et OLav Haxssex (3), employant non pas la lampe à vapeur de mercure, mais la lampe électrique de BaxG (avec électrodes de fer et réfrigération d’eau pour éviter l’élévation de température). et réalisant l'éclairage dans des chambres de quartz, purent observer que les rayons ultraviolets ainsi émis ont, pour une durée d'action prolongée, un pouvoir coagulant très net vis-à-vis des substances albuminoïdes (toxines, enzymes, albumines du sérum et de l'œuf, vitelline, globuline, etc....). 4

Au contraire, les solutions de caséine, d’albumines transformées {syntonine, peptone), ne troublent pas, elles jaunissent un peu seulement; la solution de lécithine (jaune) se décolore

(4) Depuis quelque temps, l'allumage de ces lampes se fait automatiquement, par contact, comme un allumage électrique.

Au début, on avait construit des lampes pour immersion : on introduisait : dans les liquides à traiter un long tube à vapeur de mercure.

(2) La maison Sxorr et GENOSSEN, d’Iéna, a tenté de remplacer le quartz si coûteux et si difficile à travailler par un verre résistant qui a été nomme Uviol. Ce verre ne laisse passer qu’une petite partie des rayons ultraviolets (les moyens seulement); aussi est-il déjà abandonné, et l’on peut

dire que dans cette voie tout reste à faire.

(3) C. R. Ac. Sc., CXLV, p. 234; 1907.

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