RAGE
sans qu'il se produise de triméthylamine appréciable à l’odorat. Dans une autre note (1), les mêmes auteurs ont observé
l’action sur des enzymes : (présure, trypsine, papayotine), des
toxines (ricine, abrine) et desimmun-sérums (coli-agglutinine),
et, mesurant le pouvoir hémolytique, l'action enzymatique, le pouvoir agglutinant, ils ont observé l’affaiblissement de ces substances, la coagulation des albumines, sous l'influence d’un fort éclairage.
En 1908, Nècre et M'® CEerxovoneanu (laboratoire DASTRE), communiquaient les résultats favorables qu'ils avaient obtenus par l'action des rayons ultra-violets sur le cancer des souris (2).
La même année, renouvelant leurs expériences de 1906, mais en employant cette fois la lampe de quartz (modèle Kro- MAYER), Noter et Tnévexor purent mettre en évidence les propriétés bactéricides des rayons ultra-violets. [ls exposaient à quelques centimètres de la lampe (125 volts, 5 ampères), des boites de Pétri ou des tubes contenant de la gélose ensemencée avec du staphylocoque, du bacille d'Eberth et du bacille de Lôffler. Leurs résultats furent communiqués au Congrès pour l'avancement des sciences, de 1908, à Clermont-Ferrand.
Dans le courant des années 1908 et 1909, Nocrer et CourmoxT essayèrent d'appliquer les propriétés bactéricides des rayons ultra-violets à la stérilisation de l’eau potable (3). Au moyen d’un long tube métallique à fermeture de quartz, qu'ils plaçaient devant la lampe de Kromayer (fonctionnant sous 135 volts, 3 ou 4 ampères), ils constatèrent l’action stérilisante des rayons de courte longueur d'onde jusqu’à 0,30 de distance et en une minute environ. Opérant sur de {plus grandes quantités d’eau limpide, au moyen d’un tonneau cylindrique en tôle galvanisée de 115", et dans lequel était suspendue une lampe de 0",30 de long (135 volts, 9 ampères), la stérilisation obtenue fut, suivant les auteurs, complète en une ou deux minutes, sans qu'il se soit produit d’élévation de température, et sans que l’eau, privée de l'une quelconque de ses"qualités, fût devenue nuisible ou impropre à la consommation.
L'eau irradiée n'était pas rendue antiseptique : de nouveaux germes y étant ensemencés y cultivaient de nouveau, des algues également; l’eau irradiée n’était pas devenue nuisible pour la R. Ac. Sc., CXLV, p. 564; 1907.
(2) C.R. Soc. Biol., LXVI, p. 212: 1909.
(3) C. R. Ac. Sc., CXLVIIT, p. 523 ; 1909.
NL).
germination des graines où pour l'existence des plantes adultes, <lle n’était pas non plus toxique.pour les animaux.
Au début de mars 1909, Vicror Henri (1), communiquait les résultats qu'il avait obtenus avec Sronez pour la stérilisation du lait. Les auteurs avaient stérilisé complètement du lait naturel du commerce, et du lait ensemencé avec du coli, du bacille laetique, etc. Comme ilfallait opérer sur des couches très minces (quelques fractions de millimètre), le rendement était assez faible, aussi ce procédé de stérilisation n'a-t-il pas encore reçu d'application industrielle, bien qu'il soit susceptible de présenter certains avantages.
On sait en effet que la chaleur détruit, en même temps que les germes du lait, ses ferments, et précipite certains sels. Barirré l'a récemment démontré à propos des carbonophosphates, et il « constaté que le lait stérilisé par les rayons ultra-violets n’était pas modifié, quant à ces éléments minéraux (2).
En même temps que l’on étudiait la destruction des germes, on recherchait aussi ce que devenaient les toxines sous l’influence des rayons.
Couruoxr et Nocrer (3) n'avaient observé qu'une légère atténuation de la toxine tétanique; mais Vicror Hexrr et M'° Cer- NOVODEANU (4), opérant sur de la toxine tétanique diluée (avec une solution de NaCI à 8 p. 1000), en constatèrent la destruction complète, et attribuèrent à la présence du bouillon, dans lequel se trouvait la toxine pure, l’insuccès des précédents expérimentateurs. |
Les rayons ultra-violets les plus actifs sont en effet absorbés par le bouillon, et l’action sur la toxine se trouve du même coup contrariée. La dilution a pour effet de rendre le milieu plus perméable aux rayons. Les auteurs constatèrent d’ailleurs que l’action des rayons est proportionnelle à la dilution; ils observèrent en outre que cette action croît plus vite que la durée de l'irradiation (qu’elle est même proportionnelle au carré de la durée), que la température et la présence d'air sont sans influence, enfin que les rayons actifs sont ceux qui sont absorbés par la toxine en solution, c’est-à-dire ceux qui ont une longueur d'onde inférieure à 0,3021.