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Moyens d'éviter l'altération des solutions phosphatées stérilisées à l’autoclave.
Le verre étant seul en jeu, ainsi que nous l'avons vu, il est évident qu’en lui substituant des récipients d'autre nature, on pourra éviter laltération des sérums artificiels au cours de leur stérilisation.
C'est ainsi que dans un vase de cuivre rouge, dans des ballons ou des tubes de silice fondue : un chauffage de deux heures à 130° à l’autoclave ne produira ni trouble, ni précipité, ni cession d’alcali dans les solutions salines chauffées.
Mais, en raison de leur prix de revient, de la facilité de leur travail et de leur transparence, les récipients en verre sont actuellement les seuls utilisables.
J'ai donc cherché sil existait des verres supportant sans altération l'attaque des solutions salines renfermant des phosphates.
La principale source d’altération étant {a chaux du verre, J'ai voulu d’abord déterminer si le précipité était proportionnel à la quantité de chaux contenue dans le verre, c’est-à-dire si les verres peu calcaires étaient moins altérables par Les solutions phosphatées que les verres /rès calcaires.
Dans ce but, j'ai analysé sommairement deux espèces de verre (par la méthode au carbonate de soude que je décrirai plus loin). Un verre blanc n'ayant donné pour 2# de verre pulvérisé : 14,514 Si0? ct 08,178 Ca O ; et un verre provenant d'Zéna : 1,381 Si0? et 0:",360 CaO, j'ai pu constater en opérant sur 50% de sérum de Huchard, et dans des ballons de 50°? de chacun de ces verres, que le précipité était plus abondant dans le verre le moins calcaire, c'est-à-dire qu’il re peut y avoir aucune proportionnalité entre la teneur en chaux du verre employé et le poids du précipité formé au cours de la stérilisation.
Cela d'ailleurs ne doit pas nous étonner, car nous savons que les verres peu calcaires que l’on trouve dans le commerce sont généralement très riches en silicate alcalin, et par cela même, beaucoup plus fusibles, plus solubles, plus attaquables par l'eau que les verres à teneur peu élevée en alcali. En d’autres termes : la chaux semble donner au verre une résistance plus grande, le rendre moins soluble et moins attaquable, et la
substitution partielle de la chaux à l’alcali (potasse ou soude), se fait toujours avec grand profit pour la résistance du verre.
Ce fait, dans le cas des solutions phosphatées, peut paraître contradictoire avec la remarque que j'ai faite que c’est la chaux qui cause les troubles ou précipitésobservésau cours des stérilisations. Iln’en est rien cependant ; la chaux est pour le verre un élément de résistance et de dureté, si l’on considère le verre comme un silicate calcico-sodique; mais la chaux n’est pas la seule substance douée de cette propriété; les verres peuvent ne pas être composés exclusivement de chaux et d’alcali. Le remplacement d’une partie de la potasse ou de la soude peut se faire par d’autres substances que la chaux, et la substitution semble très favorable dans tous les cas en général, et dans celui des solutions phosphatées en particulier. .
J'aurai l’occasion de développer cette question dans un chapitre spécial, mais on peut affirmer dès à présent qu'à Zéna ou ailleurs, on fabrique d'excellents verres où le plomb et la chaux sont remplacés par de la baryte, de l’alumine, de la magnésie, du zinc; et ces verres sont, en outre, très souvent additionnés -d’acide borique. Ils m'ont donc paru tout indiqués (par leur résistance à l’action de l'eau et par leur absence de chaux) pour servir aux stérilisations des solutions salines phosphatées.
J'ai essayé dans ce but quatre verres différents : l’un portait la marque Suorr et Gexossex (d'Iéna), le 2° la marque Enrex- FELD (nouveau verre fabriqué tout récemment à Cologne), le 3° la marque française Serax (maison Appert). Ce dernier verre avait été déjà signalé par Guinocuer (1), comme parfaitement utilisable pour la stérilisation des sérums phosphatés, aucun trouble appréciable ne se produisant après chauffage à 120° pendant 45 minutes dans cette espèce de verre.
Le 4° verre que j'ai essayé a élé spécialement exécuté pour moi, à titre d'essai, par M. Lxcras (verrerie Legras, plaine Saint- Denis), c'est un verre à base de zinc. Ces quatre sortes de verre m'ont donné des résultats très satisfaisants :
Pour les sérums de concentration faible, où mème moyenne en phosphate de soude (Chéron, Trunececk), un trouble à peine perceptible s’est produit, un précipité infinitésimal, presque nul; pour les sérums de concentration élevée en phosphate
(4) Journ, de Phurm. et de Chim., [6], XX, 84: 1904.
Huchard), ; ‘ai observé un trouble un peu plus net, mais beau-
coup moins prononcé cependant qu'avec les verres habituels du commerce.
Voici, à titre d'exemple, les résultats obtenus :
Verre Serax : alealinité à 130°, 30°, sur 25°%3 eau distillée, dans uu ballon de 5023 : Qem3,9 soude centinormale.
Verre blanc : alcalinité dans les mêmes conditions : 03,9 soude centinormale.
J'ai stérilisé 30° à 130° quatre ballons de chaque espèce de verre d’une capacité de 50°" et contenant chacun 25°%3 sérum Huchard, Les précipités ont été recueillis sur un filtre, lavés, desséchés et pesés. Voici les résultats obtenus :
Verre Serax : 0sr,013 sur 1003 sérum de Huchard. Verre blanc : 05,05 sur 100°%3 sérum de Huchard. En remplaçant le sérum de Huchard par celui de Chéron, j'ai obtenu dans les mêmes conditions :
Verre-Seraxr: pce non dosables.
Verre blanc : 08,023 pour 100c»? sérum de Chéron. En remplaçant verre Serax par les trois verres indiqués plus haut : verres Legras, Shott et Genossen, Ehrenfeld, j'ai obtenu des résultats sensiblement identiques.
On va voir que ces 4 sortes de verre ont un caractère commun essentiel : ils ne contiennent que des traces de chaux. Voici la méthode d'analyse que j'ai employée :
Dans une capsule de platine tarée, j’ai introduit 28r de verre finement pulvérisé au mortier de porcelaine et passé au tamis de soie n° 400. Fy ai ajouté environ 68r de carbonate de soude sec, chimiquement pur, et j'ai chauffé à feu nu pendant 5 heures; après refroidissement j'ai ajouté avec précaution environ 5°%$ HCI pur, j'ai évaporé au bain-marie, et après chaque évaporation j'ai par quatre fois additionné de HCI pur pour insolubiliser complètement la silice. Après addition d’eau distillée, j'ai séparé la silice par filtration et recherché par les méthodes habituelles; dans la solution} les métaux susceptibles d’y exister. Voici les résultats obtenus :
40 Verre d'Iéna (marque Shott et Genossen; dépositaires à Paris : Leune et Fontaine) :
SiO? : 48,714; — CaO : 06,007; — Alumine : présence nette ; — Magnésie : présence nette.
Ce verre riche en silice contient de l’alumine et de la magnésie, et ne renferme que des traces de chaux.
2 Verre de Cologne {marque Ehrenfeld; dépôt : Mason Fontaine) :
SiO? : 48r,604; — CaO : 06",018; — Alumine : présence nette.
Ce verre contient très peu de chaux (pas même 1 p. 100) et en revanche contient de l’alumine.
30 Verre Serax (Maison Appert) :
SiO? : 15°,364; — CaO : 08°,019 ; — Alumine : présence nette.
Ce verre ne contient encore que ‘des traces de chaux, et il renferme aussi de l’alumine.
&o Verre au zinc (Maison Legras) :
SiO2 : 48r,681 ; — CaO : 08r,003; — Zinc : présence nette.
Ce verre ne contient que des traces de chaux, et renferme du zinc au lieu d’alumine.
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En résumé, ces quatre verres ne contiennent que des quantités à peine pondérables de chaux, dues sans doute à des 1mpurelés, provenant même peut-être des creusets employés pour la fabrication.
Ces verres sont à base d’alumine, de magnésie, de zinc. Je n'ai pas recherché l'acide borique, m'en tenant seulement à la recherche et au dosage de la chaux qui m'intéressait spécialement.
Un fait à noter est que ces quatre verres, bien lavés et rincés, essayés au point de vue de leur résistance à l’action de l’eau distillée pure, se comportent différemment. Trois d’entre eux sont inattaqués, c'est-à-dire ne cèdent pas d’alcali à l’eau, du moins après 20° de chauffage à 120°; le 4° (verre au zinc) cède une quantité d’alcali assez notable, et à peu près comparable à celle qu'abandonnent les verres blancs ordinaires du commerce.
Un ballon de 50°"? {verre au zinc) contenant 50°" d’eau distilléé neutre, la quantité d'alcali cédée a été pour ces 50°", de 3°%,3 soude centinormale ; la simple constatation de ce fait que le verre au zinc, verre alcalin, c'est-à-dire assez facilement attaqué par l’eau, se comporte aussi bien que des verres neutres pour la stérilisation des solutions phosphatées, nous prouve assez que, dansce cas, le but à réaliser est surtout de priver complètement le verre d'éléments calcaires. Cette élimination de la chauxn'est malheureusement jamais totale, du moins dans tous les verres que J'ai pu essayer, et dont certainscependant m'étaient garantis 20on calcaires par les fabricants Le verre chimiquement pur (j'entends ce terme dans le sens de : z0n calcaire) est peut-être difficile à réaliser dans l'industrie. Il nécessiterait sans doute des manipulations délicates, applicables seulement en petit pour des recherches de laboratoire ; mais il serait intéressant, à mon avis, de voir si le Zéger trouble, entrevu dans nos meilleurs verres avec les sérums à faible teneur en phosphate, et constaté plus nettement avec les sérumsde concentration plus forte, subsiste encore dans des verres débarrassés totalement de leurs. dernières traces de chaux.
Actuellement, au point de vue pratique, on peut dire que les quatre verres indiqués précédemment suffisent pour la stérilisation des solutions peu concentrées en phosphate, et à la condition de ne pas trop prolonger l'action de la chaleur ; le lavage préalable du verre plusieurs fois répété avee de l’eau acidulée, puis de l’eau distillée, sera, malgré tout, indispensable.
À défaut de ces verres, la stérilisation de tous les sérums phosphatés dans les récipients habituellement employés dans le commerce est impossible, ou du moins il faut alors avoir recours à des expédients que je vais maintenant indiquer.
J'ai parlé plus haut du procédé de PairLanp ; mais les conditions dans lesquelles peut et doit se faire l'addition d'acide n'ont pas été suffisamment déterminées, du moins à mon avis.
Addition d'acide citrique. — L'acide citrique, en effet, est bien le dissolvant approprié, mais la quantité qu'il est nécessaire d'ajouter doit, selon moi, varier avec la qualité du verre et la concentration de la solution en phosphate.
4er Essai : Sérum Chéron. — Stérilisation une demi-heure à 425°, ballons
de 50cm en verre blanc, (alcalinité calculée sur 25em#: 3em3,4 soude centinormale pour 100cm3, après 30° à 4250).
Témoin (sérum non additionné d’acide citrique) ....... trouble abondant, Sérum 25cm + acide citrique, 1 p. 500 .....,...,.. .. léger trouble.
— a ce EDP 400 OR. —
—- == —— APDARI 00 ER re =
== — — ARDE 200 ee ERA limpide.
2e Essai : Sérum Chéron. — Stérilisation 20° à 120v, ballons de 50cm en
verre Serax, (alcalinité calculée sur 25°m? : Oem,$ soude centinormale pour 100cm3, après 20° à 120°).
Témoin (sérnm non additionné d’acide citrique) ....... trouble léger. Sérum 253, acide citrique, 1 p. 1000 .:......,.... — —— — — pr DO ERA open. 2e limpide.
3e Essar : Divers sérums. — Stérilisation 30’ à 130°, ballons de 250c%% en verre blanc, (alcalinité calculée sur 100c®%3 : 1e3,6 soude centinormale pour 100cm*, après 30° à 130).
Sérum Huchard 100cm3 + acide citrique 2 p. 500........ trouble. — Chéron — — A 2 limpide.
— Trunececk — — RON TO a — Huchard — — LIPALOOMA NE trouble.
— Chéron —— — nn - dl lIMpile, — Trunececk — — UE DOTE —
La dose d’acide citrique de 14 à 1#‘,50 pour 1.000 conseillée par Parccar» suffira donc, avec de bons verres, pour les sérums de concentration moyenne en phosphate (Chéron ou Trunececk par exemple), mais elle ne sera pas suffisante, pour ces mêmes sérums, avec des verres de qualité médiocre, ou avec de bons verres pour les solutions plus concentrées.
Cependant, cette addition comporte des limites; on sait les inconvénients des solutions acides en hypodermie, les douleurs et les accidents qu'elles peuvent causer; d'autre part, pour le sérum de 7runececk en particulier, l'addition d'une quantité,