‹ La Stérilisation des Liquides InjectablesChapitre 35 sur 49 · AGE · texte numérisé non relu

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même faible, d'acide, modifie l’alcalinité du milieu, qui, d'après l’auteur, est tout à fait nécessaire. :

Il en résulte qu'il faut être très prudent dans cette addition d'acide, et qu'on a tout avantage à la réduire au minimum en employant les meilleurs verres possibles.

Cherchant un autre dissolvant pour remplacer l'acide citrique, J'ai pensé aux sels ammontacaux.

Addition de sels ammoniacaux. — 1: Essai: Sérum Chéron. — Verre et conditions de stérilisation analogues à ceux du 1er essai d'acide citrique :

Témoin (25cm3 sérum sans addition de sel ammo-

DTA CAL ESRI LIT 2 NU PNR PRE EE EE trouble abondant. Sérum 25cm5 — citrate d’'ammoniaque, { p. 500....... trouble. — oxalate — ER ee — — acétate — De £ — — tartrate — nt = — citrate -- 1 pa 400 eee léger trouble.

— oxalate __— Ps RTE S trouble.

— acétate — RSR ET = — tartrate — TE me léger trouble.

— citrate — Up. 500 très léger trouble.

— acétate — RIRE" trouble.

— citrate — ED RSUURERER limpide.

2e Essai : Sérum Chéron. — Verre et conditions de stérilisation analogues à ceux du 2: essai d'acide citrique.

Témoin (25em3 sérum sans addition de sel ammoniacal)........ trouble. Sérum 25% — citrate d’ammoniaque, 1 p. 1000............... — — acétate — L'PENODO M Re == — citrate — 1 Pr OO EEE limpide.

3° Essar: Divers sérums. — Verre et conditions de stérilisation analogues à ceux du 3° essai d'acide citrique.

SÉRUM SÉRUM SÉRUM HUCHARD CHÉRON TRUNECECK

Témoin (100°"3 sérum sans addition de sel ammoniacal)....... trouble. trouble. trouble, SÉRUM 4100cm3

+ citrate d’ammoniaq., 4 p. 500. léger trouble. limpide. limpide. — — 1 p. 1000. trouble. léger trouble. limpide. —. — 1 p. 2000. trouble. trouble. trouble. — — 4 p. 500. léger trouble. limpide. limpide. —. — 2p. 500. léger trouble. limpide. ‘ limpide.

2 — ° 1 p. 5000. trouble. trouble. trouble.

oxalate D 16p 2500: trouble. tr. infinitésimal. limpide. tartrate — 4 p. 500. trouble. » limpide.

acétate — 1 p. 500. trouble. » limpide.

— — xp. 500, trouble. limpide. limpide.

L'action du citrate d’ammoniaque sur les phosphates de

chaux a fait l’objet d'une note de Grurr et Torrexs (1). Il est dit dans cette note que le citrate d’ammoniaque dissout facilement les phosphates mono et bicalciques, plus lentement le tricalcique. Les auteurs ont établi que les phosphates sont dédoublés en citrate de chaux et phosphate d'ammoniaque et qu'il n'existe en principe aucune différence d'action à ce point de vue entre les irois phosphates; il y aurait seulement une plus grande lenteur à subir la transformation quand il s’agit du phosphate tricalcique.

Le citrate d'ammoniaque semble être, parmi les sels ammoniacaux employés, lé meilleur solvant du phosphate de chaux, ce qui d’ailleurs est conforme aux coefficients de solubilité de ce dernier sel (2).

Coetficients de solubilité du phosphate tricalcique dans les sels ammonias caux des acides suivants, pour 100 parties d'acide en poids :

Acide acétique : 0,255; — acide tartrique ? 4,59; — acide citrique : 7; — acide malique : 1,1.

L'emploi des sels ammoniacaux a quelquefois soulevé des objections; on à reproché à ces composés d'être toxiques. La question mérite d’être traitée en détail, car les sels ammoniacaux ont été et sont encore souvent utilisés en hypodermie : le benzoate d'ammoniaque par exemple, pour solubiliser le benzoate de mercure.

Toxicité des sels ammoniacaux. — Il n'existe pas, dit H. Laspé (3), de preuve directe de valeur indiscutable que dans l'organisme l’ammoniaque et l’urée ont nécessairement des rapports d’engendreur à engendré; et la théorie de la fonction antiammoniacale du foie ne saurait être admise sans être soumise au contrôle de nouvelles expériences rigoureusement conduites. Ilen résulte, etc'est le point qui nous intéresse, que les données sur la toxicité des différents sels amimoniacaux prêétent également à révision.

H. Lapsé rappelle que On. Ricner, RaButEAU, LIOUvILLE, Lance et Bocnine, Fezz et Rirrer et surtout Boucnarn et TaPprer ont fourni les expériences sur lesquelles on peut le mieux tabler pour mesurer l’action toxique ou mortelle des composés

(1) Ber. d. deutsch. chem. gesell., d'après Journ. de Pharm. et de Chim., [5], H, p. 494; 1880. .

(2) Voir Terres. Bull. Soc. Chim., [2], XXXV, 548; 1881 ; et Morssan. Traité

de Chim. man. t. IT, p. 567. | (3) H. Lagré. Contribution à l’étude du métabolisme des composés ammoniacaux; Alcan, édit., Paris, 4910.

SAGE — ammoniacaux. D'aprèsces données, établies sur déterminations faites en injections intra veineuses {avec les sels suivants carbonate, acétate, valérate, sulfate, bromure, etc.), on peut attribuer à la valeur moyenne de la dose toxique le chiffre de 06,5 par kilogramme du sel ammoniacal, et 0#,12 par kilogramme de l'AzH° contenue dans le sel.

Lapgé a fait personnellement d'autre part des recherches sur la toxicité par éngestion des divers sels ammoniacaux (chlorhydrate, lactate, carbonate, etc.), ses conclusions sont les suivantes :

19 Chez le chien : la toxicité par ingestion des sels ammoniacaux est dif férente de la toxicité par injection veineuse ou sous-cutanée.

a) Pour les sels ammoniacaux à radical acide minéral : elle est sensiblement du même ordre de grandeur pour l'injection ou lingestion, Elle est proportionnelle à la quantité d’ammoniaque ingérée par unité de poids corporel. Toutefois le coefficient de résistance peut varier suivant les sujets.

b) Pour les sels à radical acide organique : 1° les effets de toxicité ne sont plus proportionnels à la quantité d’ammoniaque de la molécule saline ; 2° la toxicité pour certains de ces sels (carbonate ou lactate par exemple) paraît extrèmement faible.

20 Contre l’ingestion des fortes doses, l’animal se défend par le phénomène de la diarrhée; grâce à celle-ci des doses massives de carbonate d’ammoniaque 4 ou 5 fois supérieures aux doses considérées comme toxiques en injection sont supportées facilement.

3° Elimination : au sujet de l'élimination, voici quelles sont les conclusions de l’auteur : I n’y a pas de différence entre les sels minéraux et organiques au point de vue de l’éliminalion; celle-ci s'effectue en nature. On n'’observe pas de transformation chimique du groupe AzH®, on n’observe pas non plus de transformation du groupement acide, qu’il s’agisse de CO? (carbonate), ou d’unradical acide-alcool (lactate).

Au point de vue analytique, on n’est pas cependant en droit d'affirmer catégoriquement que toute l'ammoniaque absorbée s’élimine sous la forme et avec les liaisons acides primitives. Les procédés de dosage connus de l’'ammoniaque ne permettent pas d'établir cette distinction,

En dehors de l'intérêt qui s'attache à ces conclusions, on peut en conclure que, si les sels ammoniacaux peuvent être toxiques injectés à fortes doses, je suis resté dans mes expériences sur le citrate d’ammoniaque, par exemple, très en decà des doses dangereuses.

Conclusions : En résumé, dans la stérilisation à l’autoclave des solutions salines dites « sérums artificiels », il faut envisager deux cas :

1 Les solutions ne renferment pas de DRÉSOLASS : l’altération produite est alors sans importance etsans inconvénient, elle se traduit par une légère décomposition du silicate alcalin : passage d'une petite quantité d’alcali dans la solution saline, et

PTT Te sans doute aussi d’une proportion infinitésimale de silice hydratée ; cette décomposition pourra même être réduite à néant par l'emploi de verres résistants et neutres (Iéna, SÉTAX).

Les solutions renferment des phosphates : dans ce cas, à l'altération précédente, il faudra ajouter celle qui est due à la chaux qui accompagne dans le verre les silicates alcalins.

Les meilleurs verres (même ceux qui dans les conditions habituelles de la stérilisation résistent à l’action de l'eau pure), sont ainsi attaqués et il se produit au sein de la solution chauflée un phosphate insoluble rendant celle-ci inutilisable pour l'hypodermie. J'ai établi la nature exacte des précipités formés, ainsi que leur dosage, celui-ci d’ailleurs trés variable suivant le verre employé.

Dans la majeure partie des cas, le précipité formé contient du phosphate de chaux avec des traces de silice, et quelquefois d’alumine.

J'ai montré que cette décomposition était d'autant plus prononcée : 1° que la solution était plus concentrée en phosphate ; 2° que le degré de chauffe était plus élevé.

J'ai établi en revanche que l’altération n’était pas proportionnelle à la teneur en chaux du verre; les verres peu calcaires étant en général plus attaquables que les verres très riches en chaux, celle-ci conférant au verre une grande résistance à l'égard de l’eau et de la chaleur.

Mais d'autre part, j'ai montré que le remplacement total de la chaux par d’autres éléments comme l’alumine, la magnéste etle zinc, ainsi que l'introduction d’acide borique, dent verres moins attaquables que les verres calcaires par ks solutions phosphatées et même par l’eau pure.

C'est dans cet esprit qu'ont été fabriqués les nouveaux verres d'Iéna, de Cologne, le verre Serax et le verre au zinc que M. Legras a eu l’amabilité de me préparer. Ces quatre espèces de verre m'ont donné pour la stérilisation des sérums phosphatés d'excellents résultats, et comme l’un au moins de ces quatre verres cède à l'eau une quantité notable d’alcali au cours de la stérilisation, ilapparait bien nettement que le véritable but

à atteindre est d'obtenir non pas un verre neutre inattaquable par l’eau, mais surtout un verre sans traces de chaux. Malheureusement, à notre connaissance, ce verre idéal n'existe pas; et c’est pourquoi vraisemblablement un très léger trouble sub-

siste encore quand on stérilise à l’autoclave les solutions concentrées de phosphate de soude.

Il en résulte que deux cas peuvent se présenter :

1° La solution est peu ou moyennement concentrée en phosphate (Chéron, Trunececk) : la stérilisation pourra dans ce cas s'effectuer à l’autoclave à 110-115° pendant un quart d'heure dans des verres de choix analogues à ceuxque nous avons indiqués.

2° La solution est très concentrée (de 5 à 10 p.100) : la stérilisation à l’autoclave produira un léger trouble qu’on pourra éviter en ajoutant au préalable à la solutionsoit de l'acide citrique (méthode Paillard), soit du citrate d’ammoniaque ainsi que je l’ai indiqué.

Cette addition devra se faire suivant certaines proportions qui varieront selon la concentration en phosphate et selon la qualité du verre employé.

La dose de 1 gramme à 150 par litre de sérum ne sera qu'une moyenne; mais pour ne pas la dépasser il sera nécessaire d'employer de bons verres, résistants et peu alcalins.

Dans le cas des solutions peu concentrées cette addition sera également nécessaire, si l’on n'utilise pas les verres non calcaires que j'ai indiqués.

Solutions d’arséniates. — Les arséniates en solution se comportent à la façon des phosphates vis-à-vis des éléments du verre, et les observations faites dans le chapitre précédent leur sont applicables; toutefois, Le titre habituel de ces solutions étant assez faible, Le précipité formé pendant la stérilisation est généralement beaucoup moins abondant.

Il. — SUBSTANCES NON STÉRILISABLES A L'AUTOCLAVE!

J'ai étudié dans le chapitre précédent les diverses substances qui peuvent, à mon avis, supporter la stérilisation à l’autoclave à 110-115°.

Je vais passer en revue maintenant les solutions ou préparations qui ne peuvent être chauffées dans ces conditions, sans se décomposer et perdre tout ou partie de leurs propriétés thérapeutiques.

À la vérité, ce nouveau chapitre pourrait se relier au précédent, car il peut paraître arbitraire de classer ainsi méthodi-

2 AAG —

quementles diverses substances injectables. Dans la pratique, il est impossible de distinguer deux groupes de substances: l'un comprenant les substances altérables sous l'influence du surchauffage, l'autre les substances non altérables. Il existe certaines substances qui ne sont aucunement sensibles aux températures de l’autoclave, (chlorures, sulfates) ;.il y a des substances dont l’altération est d'ordre infinitésimal, surtout si l'on opère dans certaines conditions que nous avons précisées antérieurement (cocaïne, morphine); il y en a d’autres dont l’altération, tout en restant minime, doitcependant fixer l'attention: celles, par exemple, dont les produits de décomposition sont toxiques (atoxyl), ou celles qui sont employées à dose très faible et dontla moindre modification chimique aurait pour conséquence une modification non négligeable d'activité thérapeutique (aconitine).

Pour d’autres composés, l’altération peut être, quantitativement, plus importante; et quelques-uns perdentmême complètement leurs propriétés sous l'influence de la moindre élévade température (ferments).

J'ai rangé dans le premier groupe la cocaïne, la stovaine, l'arécoline, etc., qui cependant, en présence des traces d’alcali cédées par les meilleurs verres, peuvent subir à l’autoclave une altération infinitésimale; l’apomorphine et l’ésérine qui, même en prenant toutes les précautions que j'ai indiquées, se colorent très légèrement à 110-115°; les solutions de phosphates ou d’arséniates, qui, surtout lorsqu'elles sont concentrées, se troublent légèrement après le chauffage à l'autoclave dans les récipients de verre, même les moins calcaires; les solutions d’héroïne, de dionine, de salicylate de soude, etc., que certains auteurs rangenl parmi les substances altérables au delà de 100°.

En revanche, dans le second groupe, que je vais maintenant aborder, je rangerai l’hyoscyamine, l'aconitine, la scopolamine, l’holocaïne, la colchicine, l’alypine, le glycogène, etc.….., substances qui, si elles sont sans doute très légèrement décomposées à l’autoclave, supportent cependant sans altération appréciable le chauffage au bain-marie à 100°.

Aussi, en attendant les recherches que je me propose d’ effectuer au sujet de ces différents corps, me contenterai-Je de recommander ce dernier mode de stérilisation. .

Ces diverses substances formeront ainsi le trait d'union

ce T0 =

entre les liquides stérilisables à l'autoclave, et ceux qui, supportant mal l'action de la chaleur, seront seulement tyndallisés, liltrés, ou préparés le plus aseptiquement possible (méthode aseptique), sans subir de stérilisation réelle.

Solutions d'extrait d'opium. — Caxpussio a constaté qu'en stérilisant les solutions d'extrait d'opium à l’autoclave (112°) ou dans un courant de vapeur d’eau (vers 100°) (1), il se produit un dépôt, même dans les meilleures ampoules en verre d'Iéna, ce qui peut donner lieu à des observations de la part du médecin. L'auteur dit s'être assuré par le dosage de la morphine que la formation de ce dépôt, composé esentene En de matières résineuses, ne diminue pas la proportion de mor. phine contenue dans la solution, et vraisemblablement pas celle des autres alcaloïdes ; de telle sorte que la stérilisation n'affaiblirait en rien l'action thérapeutique des solutions d'extrait d'opium.

Caxpussio propose donc de stériliser d’abord la solution à part, puis, après le dépôt du précipité, de remplir avec la solution claire les ampoules préalablement stérilisées.

Selon l'auteur, on pourrait procéder de la même manière pour la stérilisation de l’ergotine Bonjean (2).

Solutions de sulfate d’atrapine, de chlorhydrate ou hromhydrate d'hyoscyamine, de bromhydrate ou chlorhydrate de scopolamine, de sulfate de duboisine, etc. — On sait que Wu et Scamipr (3) ont constaté que l’atropine pouvait prendre naissance par transformation de son isomère : l'hyoscyamine, par exemple en chauffant une solution de ce dernier alcaloïde à l'abri de l'air à 110°. |

On sait aussi que Merck a pu saponifier l’Ayoscyamine par l’action prolongée de l’eau chaude, et qu'il a obtenu ainsi de la tropine et de l'acide tropique gauche (4). D'autre part, on sait également que chauffée en présence de baryte ou d’un acide

dilué, l'atropine est dédoublée par hydrolyse en acide tropique et tropine.

(1) Selon nous, il est préférable de chauffer seulement à 1000.

(2) Journ. Suisse de Chim. et de Pharm., d'après Bull, Comm. P. C. 37e année: n° 8, p. 382; 1909.

(3) ScHuIDT. Pharm. Zig. 542; 1887, et WILL. Journ. ‘de Pharm. et de Chim., [5], XVII, p. 58; 1888.

(4 } GADAMER a même constaté que l'hyoscyamine, en solution aqueuse,

s’hydrolyse déjà partiellement à la température ordinaire (WurTz, 2 suppl. p. 647).

Dans la pratique, j'ai pu constater que la stérilisation à 110°-115° pendant 15 minutes dans de très bons verres (Iéna. Serax) des solutions de sulfate d'atropine, ne s'accompagne d'aucune altération appréciable au polarimètre. Toutefois, comme en raison de son activité ce produit est habituellement injecté à doses très minimes, et comme, le plus souvent, les verres utilisés sont légèrement alcalins, il sera préférable, à mon avis, de ne chauffer les solutions de sulfate d'atropine qu’au bain-marie à 100°, pendant au moins 30 minutes.

Pour les sels d'hyoscyamine, on opérera dans les mêmes conditions.

La complexité des phénomènes d’isomérisation pour l'atropine, l'ayoscyamine et leurs produits d’hydrolyse est telle, qu'il est préférable de ne pas s’exposer à des altérations difficilement appréciables, ce qui pourrait se produire si l'on chauffait les solutions trop longtemps ou à des températures trop élevées.

C'est d’ailleurs aussi l'avis de Tnomann et de la nouvelle Pharmacopée italienne, qui rangent ces substances parmi celles que l’on ne doit pas autoclaver, mais dont on doit préparer les solutions le plus aseptiquement possible, en flacons stériles, puis tyndalliser ensuite trois fois à 70°.

Pour les solutions de sels de scopolamine : mêmes remarques que pour celles des alcaloïdes précédents : stérilisation au bain-marie à 100°, ou tyndallisation.

Pour les solutions de sulfate de duboisine : même stérilisation que pour les solutions des alcaloïdes précédents; d’après les recherches les plus récentes, la duboisine ne serait d’ailleurs pas autre chose que de l’hyoscyamine (1).

J'en dirai autant de l’Ayoscine,quid'après Scumor, Hesse,ete., | ne serait probablement que de la scopolamine (2).

Solutions d’aconitine. — On utilise quelquefois la solution à 0,01 p. 100 de nitrate d'aconitine. On sait que l’aconitine maintenue quelques heures dans l’eau en ébullition est hydrolysée avec formation d'acide acétique, d'acide benzoïque et d’aconine. |

Comme cet alcaloïde est employé à à dose extrêmement faible, il sera préférable, à mon avis, de ne pas risquer une décom-

(1) La duboisine a été identifiée par LADENBURG avec l’hyoscyamine (Würrz, 2e Suppl., p. 646). (2) Voir WurTz, 2° Suppl.

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position même minime; on stérilisera donc les solutions au bain-marie à 100° seulement, pendant 30 minutes, et dans de bons verres très peu alcalins.

Solutions d’holocaïine. — Lorsqu'on fait bouillir les solutions de clorhydrate d'holocaïne (A) dans des récipients de verre, la solution aqueuse se trouble et une petite quantité de base libre se sépare. « Pour dissoudre le cklorhydrate d'holocaïne, on fera bien, dit le fabricant, d'employer des vases en porcelaine et de filtrer ensuite dans des récipients de verre bien bouillis à l'acide chlorhydrique. » — Avec les très bons verres d'Iéna seulement, cette altération pourra ne pas se produire. La stérilisation de ce corps semble donc assez délicate, 1l sera préférable d'opérer à 400° seulement, et dans de très bons verres.

Solutions de colchicine. — Les solutions de colchicine pour usage hypodermique sont rarement employées. On utilise quelquefois une solution à 0,25 p. 100 dans l'alcool à 21° environ (2).

La colchicine est assez peu soluble dans l’eau, et moins encore à chaud qu'à froid. La solution est lévogyre, elle est altérable à la lumière, décomposable par les alcalis ou la lessive de soude diluée, à chaud, en colchicéine et alcool méthylique. La solution réduit alors la liqueur cupropotassique.

En raison de cette altérabilité, et aussi des incertitudes qui subsistent au sujet de la constitution exacte de ce composé, on devra de préférence stériliser la solution à 100° au bain-marie, 30 minutes, et la conserver dans des verres colorés.

Solutions de cantharidine. — On emploie quelquefois une solution renfermant 0,01 de cantharidine et 0,02 de potasse caustique pour 100! d'eau ; c’est-à-dire que la solution renferme en réalité du cantharidate de potasse. On utilise aussi : le cantharidate de soude aux mêmes doses.

Ces solutions supportent la température de 100° même prolongée.

Solutions de bleu de méthylène. — La solution de bleu de méthylène,à 5 p. 100 par exemple, peut se stériliser par chauffage au bain-marie à 100°, pendant30 minutes.

Solutions d'acide cyanhydrique. — On emploie quelquefois

(1) Essais, indications et doses des.produits de la Compagnie parisienne des couleurs d’aniline, à Creil.

(2) Voir formulaire GILBERT et Yvon ; 15° édition ; 1903, p. 400.

la solution à 0,05 p. 100, qu'oa répartit en ampoules colorées, et qui peut être stérilisée en vase clos ou en ampoules scellées à 100° au bain-marie pendant 30 minutes.

Solutions d'alypine (1). — Les solutions aqueuses d'alypine sont neutres au tournesol ; on les stérilise en les exposant 15 minutes au bain-marie à 100.

Elles ne subissent ainsi aucune altération ni diminution de l’action anesthésiante.

Chauffées à l'autoclave pendant 20° (à 410°, 120°), elles deviennent très légèrement acides au tournesol.

La stérilisation de ces solutions est indispensable, car si les solutions à 2 ou # p. 100 se conservent quelque temps, les solutions plus étendues moisissent très vite.

Solutions iodées. — L'huile iodée faite à 1 p. 100 avec l'huile d'olive lavée et stérilisée, pourra subir la stérilisation à 100°, de mème que la solution aqueuse codo-iodurée, et celle d’iodate de soude. $

Solutions de giycogène. — On sait que les solutions de 2/ycogène ne sont pas modifiées en présence d’alcali, même à la température de l'ébullition, mais qu’à 150° le g/ycogène, étant chauffé avec de l’eau pure, est partiellement transformé en sucre fermentescible. Avec les acides dilués, l’hydrolyse se produit beaucoup plus facilement.

En hypodermie, on utilise quelquefois des solutions de 2/ycogène (de 2 à 5 p. 100), mais leur stérilisation à l'autoclave, et même à 100°, suivant certains auteurs, présenterait desinconvénients, non seulement au point de vue de l'hydrolyse possible {car celle-ci, en milieu non acide, n'aurait guère le temps de se produire), mais à cause aussi de l'état colloïdal du glycogène en solution. Ces auteurs conseillent donc d'opérer la stérilisation par tyndallisation à 70°.

Mes expériences personnelles m'ont permis de constater qu'en milieu neutre il ne se produisait aucune modification physique ou chimique dans les solutions de glycogène, même après un chauffage de 15° à 110° à l’autoclave.

Solutions d'ergotine. — La nouvelle Pharmacopée italienne, ainsi que THomanx (2) et Gérarp (3), rangent l’ergotine parmi

(1) Nom déposé.

(2) Article cité. k (3) Ouvrage cité, p. 67.

ENT tr ee les substances altérables à 100° et qu'il faut stériliser par tyndallisation.

On a vu que Caxpussio était d’un avis contraire, on sait d'autre part que le Codex indique, pour la préparation de l'extrait d'ergot de seigle, de réduire le liquide d'épuisement au bain-marie; ilest donc permis de supposer que la solution d’ergotine supporte assez facilement la température de 100°.

Pour ma part, J'ai constaté que les solutions d’ergotine (1) supportent sans se troubler la température de 100° au bainmarie pendant 30’; mais que, par contre, un chauffage à l’'autoclave, une demi-heure à 130°, les trouble très légèrement.

Solutions d’atoxyl. — Les avis sont encore actuellement partagés quant à la stérilisation des solutions d'atoxyl; d'après Wuzre, dit Tuomaxx, ces solutions peuvent être soumises à la vapeur, tandis que d’après un prospectus enroulé autour du produit, on doit appliquer la tyndallisation.

G. Canpussio (2) a résumé ainsi les conclusions de ses recherches: ;

1° L’atoxyl ne doit être stérilisé ni en chauffant à 412° pendant 30’, ni en chauffant à 100° pendant 1 heure, ni même par tyndallisation (chauffages à 70° pendant 7 ou 8 heures sans interruption).

20 En cas d'urgence, on peut les stériliser en chauffant 2’ à 100°; toutefois il est préférable de les stériliser à froid, sous pression, à travers un filtre en porcelaine, en opérant à l’abri de l’air au moment du remplissage et de la fermeture des ampoules.

30 On ne doit se servir que d’atoxyl cristallisé et qui a été conservé dans des flacons en verre jaune. :

Les solutions qui auraient pris lors de É conservation une coloration jaune paille, même légère, doivent être rejetées. Le pharmacien ne doit pas être rendu responsable de la stabilité des solutions d’atoxyl.

4° Les solutions d’atoxyl se décomposent avec le temps et deviennent plus ou moins jaunes. Par contre, lors de la décomposition qui se produit dans les solutions qui ont été stérilisées par la pen ces dernières restent incolores.

L'auteur termine en insistant sur l’action toxique fréquemment observée de Patoxyl. Il n'est pas éloigné de croire qu’on doit attribuer exclusivement à la décomposition qui a lieu les effets secondaires trop souvent constatés dans la pratique médicale.

J'ai relaté mes expériences personnelles à propos de la stérilisation par les rayons ultra-violets.

Au point de vue de la stérilisation par la chaleur, j'ai fré-

(4) Ergotine 28r, glycérine neutre 18r, eau distillée 10cm3. (2) Journ. de Pharm. et de Chim., [7], 1, 469; d’après Pharm. \Ztg.; 1909, p. 891.

quemment observé un trouble ou un précipité en stérilisant à l’autoclave les solutions d'atoxyl.

Pour conclure, étant donné que la stérilisation, même à 100, peut éventuellement donner naissance à des composés loxiques (les produits de décomposition sont l'aniline et l'arséniate monosodique), je me range à l'avis dé Tnomanx pour proscrire cette méthode de stérilisation, et pour recommander la tyndallisation (à 60-70° pendant une heure et troisjours consécutifs) ou la filtration.

Solutions de nucléine ou acide nucléinique. — La nucléine n'est soluble qu'en milieu alcalin; on l’emploie souvent associée au glycérophosphate de soude qui est généralement un peu alealin et solubilise la rucléine; on stérilise par tyndallisation.

Solutions de sels de mercure non stérilisables à l'autoclave. — Nous avons dit que certains sels (bibromure, bichlorure, biiodure, cyanure, etc.,) sont stérilisables à l’autoclave à 110 —115°.

En revanche, pour certains sels peu connus ou mal définis, je trouve plus prudent d'opérer une courte exposition au bainmarie à 100°, ou une tyndallisation. Pour certaines préparations, la méthode dite aseptique sera même la seule applicable; et comme il s’agit de composés mercuriels, elle sera souvent à peu près suffisante.

Le méthylarsinate de mercure (peu stable), le cklorhydrargyre (douloureux), sont à abandonner; l’amidopropionate, V'asparaginate, le cacodylhydrargyre (obtenu au moyen du cacodylate d'ammoniaque et de l’oxyde jaune de mercure), le s0z0iodolate de mercure (additionné de KT), la succinimide préconisée par Juzciex et Arxau», et surtout le salicylale neutre {avec NaCI), l’énésol (salicylarsinate de mercure) et l’Aermophényl (phénoldisulfonate de mercure et de sodium), supportent une courte stérilisation au bain-marie à 100° ; ou une tyndallisation à température relativement élevée (80 à 100°).

Le benzoate de mercure doit, autant que possible, se préparer au moment du besoin : par la double décomposition du benzoate de soude et de l'azotate de mercure (celui-ci étant obtenu en faisant dissoudre à chaud de l’oxyde rouge de mercure dans l'acide azotique dilué ; ou bien encore, suivant le Codex, par décomposition de l’acétate de mercure par le benzoate de soude). Le benzoate de mercure obtenu sera dissous, au moyen du chlorure de sodium de préférence au benzoate

d'ammoniaque, car le composé formé avec ce dernier sel est trop facilement dissociable. On emploie les solutions à 1 ou 2 p. 100, qu'on peut stériliser à 100°, mais dont le chauffage à l'autoclave à 115° produit parfois, surtout avec certains verres, un léger trouble.

Comme elles sont douloureuses à l'injection, ces solutions sont additionnées quelquefois de chlorhydrate de cocaïne ou de stovaïne (3 milligrammes par centimètre cube seulement, car au delà de cette dose un précipité se produirait).

Ces solutions se conservent, dans de bons verres, pendant plusieurs mois. On peut utiliser pour dissoudre le benzoate de mercure du sérum isotonique, ou mieux hypertonique (28,50 de chlorure de sodium p. 100 (1).

On associe parfois au bensoate de mercure le cacodylate de soude ; le mélange peut se stériliser à 100°.

Le cacodylate de mercure, en solution à 1 p. 100, constitue une préparation peu stable et très rarement employée, qui ne pourra être stérilisée que par tyndallisation (ou par filtration).

On utilise quelquefois des formules de solutés où l’on associe le cacodylate de mercure à l'iodure de sodium, ou le cacodylate de soude à l’iodure de sodium et au biiodure de mercure. Voici quelques-unes de ces formules empruntées au formulaire de CERBELAUD (2).

40 a) Cacodyl. de mercure. 18° A; 2q: Li ; Acide cacodylique… 2 | jouter a à b. neutraliser avec une Eau distillée ... . 75 . Solution étendue de soude, ajouter RUE le l'eau en quantité suffisante pour b) lodure de sodium... 1 | t : es sl * x P PORT RE x | faire 100%, tyndalliser à 1000.

2° Biiodure de mercure... 0,50 lodure de sodium...... 0,60 Tyndalliser à 100°, ou filtrer à la Chlorure de sodium... 0,60 ; bougie, et répartir aseptiquement en Cacodylate de soude... 3 ampoules stériles.

Eau distillée. q.s.pour 400cm?

SOLUTÉ DE BROCQ 30 Biiodure de mercure... 0,47 Cacodylate de soude... 4 Filtrer sur coton et papier super- Tlodure de sodium...... 2 posés, diviser en ampoules flambées, Eau distillée bouillie... et tyndalliser à 4000.

q.s. pour 400cm?

(4) Jai dit précédemment que DESMOUILLÈRES et LAFAY avaient proposé de remplacer les solutions de NaCI par des solutions sucrées pour servir de véhicule au benzoate ou au biiodure de Hg. Ces solutions ne sont pas stérilisables à 1000.

(2) Formulaire des principales spécialités, Paris ; 4909.

Le lactate de mercure a été étudié par Lexrrarr et GanniLLox (1) et par Guerger (2). Ce dernier auteur a publié un mode de préparation qui permet d'obtenir une solution de laetate mercurique, facilement conservable. Il utilise l'oxyde jaune de mercure (obtenu par exemple au moyen de la précipitation du sublimé par la potasse), et dissout le sel de mercure ainsi récemment préparé dans une solution d'acide lactique (voir l'article original de Guerser). Une solution à 4 p. 100, préparée de cette facon, peut servir aux injections intra-musculaires; mais elle est peu stable et ne peut être stérilisée par la chaleur; car si on la fait bouillir, le sel mercurique passe à l'état de sel mercureux, tandis qu'il se forme de l'acide carbonique, de l’aldéhyde {C*H*O) et de l'acide lactique. (Guerser). D'ailleurs, grâce au pouvoir antiseptique de ce composé mercuriel, la méthode de préparation dite aseptique sera à la rigueur suffisante. [1 faudra seulement préparer de petites quantités de liquide à la fois, et ne pas les conserver trop longtemps.

Oxycyanure de mercure. La majorité des produits commerciaux, sinon tous, dénommés oxycyanure de mercure, sont presque complètement formés de cyanure (ainsi que l'ont démontré Bücaxer (3) et Ricuarp (4). Ce dernier auteur, cependant, a préparé un oxycyanure vrai répondant à la formule Hg Cy° HgO, composé assez instable au-dessus de 80°, et soluble, à 1 p. 100 environ, dans l’eau. Ce sel basique se colore en gris à 400° avec formation d'un sel mercureux, et l'eau bouillante le décompose partiellement; on ne pourra donc songer à stériliser par la chaleur les solutions d'oxycyanure vrar. On les préparera le plus aseptiquement possible et leur conservation ne sera évidemment que limitée. On devra de préférence, pour éviter toute confusion, prescrire le cyanure qui est stérilisable à l'autoclave.

Peptonate de mercure: le Codex de 1908 indique une formule de solution de peptonate de mercure qui se prépare en mélangeant une solution de sublimé et de chlorure de sodium avec une solution de peptone préparée au moment du besoin

(4) Bull. Soc. méd. des hôp. de Paris, février 1902. (2) M. Guerger. Sur les lactates de mercure. Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XVI, 5; 1902.

(3) Chem. Zeit, 17, 1361 ; 1893.

(4) Journ, de Pharm. et de Chim., [6], XVII, 553 ; 1903.

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