Bouveret, la Neurasthénie. Paris
bi
de l’érection,elle survient d’une façon toute passive. Elle est provoquée par des acles mécaniques, la miction par exemple... »
« La forme commune de la spermatorrhée est :
facile à reconnaitre : c’est un liquide épais,visqueux, : d’un blanc laiteux qui s'écoule hors de l’urètre. Mais il est une forme latente et qui échappe à l’observation d’un malade même très attentif. La quantité de sperme est peu considérable et il est mêlé, soit à l'urine, soit aux sécrétions de lurètre et de la prostate.. Or,cette forme latente de la spermatorrhée est commune et s’observe déjà dès les premières périodes de la neurasthénie génitale. » De là, comme le fait observer Beard, la nécessité d'examiner souvent les sédiments urinaires et les sécrétions urétrales. On peut y découvrir non seulement des cristaux spermatiques, mais encore des spermatozoïdes, ce qui permet de distinguer la spermatorrhée proprement dite de la prostatorrhée qui l’accompagne souvent. D'ailleurs, d’après Bouveret, le liquide visqueux et grisâtre qui provient de la prostate serait facile à distinguer du sperme. Mais ce n’est pas là, probablement, chose bien commode et la confusion est possible même pour le médecin s’il ne juge la nature de la sécrétion que d’après ses caractères macroscopiques. À plus forte raison les malades qui ont en perpétuelle obsession la préoccupation de leur virilité se tromperont-ils sur la véritable nature de ces sécrétions. En réalité la spermatorrhée n’est pas un fait aussi commun que le
voulaient d’anciennes el dramatiques descriptions. Néanmoins, comme nous l’avons vu, la spermatorrhée peut vraiment se produire ; elle est alors, en général, sous la dépendance d’inflammalions locales que l’on rencontre d’habitude chez de vieux blennorrhéens. Ces éjaculations involontaires résultent, dans ce cas, d’une atrésie de l’orifice des canaux éjaculateurs qui ont perdu leur souplesse et sont devenus rigides. Le toucher rectal permet d’apprécier l'état de la prostate et des vésicules qui sont le plus souvent atteintes.
Dans ces conditions il serait tout à fait extraordinaire que les spermatozoïdes ne fussent pas altérés.. Et de fait : « D'ordinaire, on trouve seulement dans le liquide étudié des amas de spermatozoïdes plus ou moins complètement développés ou morts et souvent enroulés sur eux-mêmes. Parfois du mucus les agglomère en masses mélées de leucocytes » (Moutier (1). De pareils spermatozoïdes paraissent absolument impropres à l’imprégnation et la fécondation artificielle devient, dans ces circonstances, une pratique à peu près illusoire. On voit donc toute l'utilité de l'examen microscopique du liquide éjaculé avant d'entreprendre cette tentative. D'ailleurs, des spermatozoïdes plus ou moins gravement altérés, mais capables encore de réaliser l’imprégnation, ne pourraient-ils préparer un embryon débile ? C’est là
1. Brissaud, Pinard, Reclus, Pratique médico-chirurgicale, Paris, 1907. Art. spermatorrhée (Moutier), t VI, p. 165.