Bouveret, la Neurasthénie. Paris
difficile et souvent même impossible. Dans ces circonslances la liqueur séminale ne peut être projetée assez loin ni avec assez d'énergie pour permettre la fécondation.
Mais il existe encore dans l'impuissance un autre phénomène morbide qui peut constituer un obstacle à la fécondation. C’est l’extrême précocité de l’éjaculation que provoque la plus légère excitation génitale. Le coït devient alors difficile et quelquefois même impossible, cette éjaculation hâtive s’effectuant ante portas.
Malgré tout, si l'impuissance n’entraînait que ces troubles génitaux, la fécondation ne serait pas entièrement compromise, la fécondation artificielle permettrait de remédier à cet état de chose si le sperme n'avait pas perdu ses qualités fécondantes.
Malheureusement, certains phénomènes morbides que l’on observe dans l'impuissance doivent atténuer ces qualités et quelquefois les abolir. Nous avons vu en effet que la moindre excitation génitaie provoquait l’éjacnlation. Cette exaltation du sens génésique, observée au début tout au moins, rend les pollutions très fréquentes. Les pollutions nocturnes en particulier sont un fait habituellement constaté. Les pertes séminales mêmes ne sont pas exceptionnelles. Sans doute a-t-on exagéré la fréquence de ces pertes. Q C’est qu'en effet un phénomène d'excrétion intermittente de pus peut en imposer pour une véritable spermatorrhée. Lorsque le pus est sécrété en
plus grande abondance par la muqueuse de la région
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profonde du canal, dans la journée à intervalles plus ou moins irréguliers, se produit une sorte de petite éjaculation qui porte au méat quelques gouttes blanchâtres. Quoique ce phénomène ne s'accompagne d’aucune sensation voluptueuse et que les malades s’aperçoivent seulement que tout d’un coup ils sont plus mouillés, beaucoup pensent alors être affectés de pertes spermatiques. C’est cependant simplement la distention de l’urètre membrano-prostatique qui a provoqué la contraction réflexe des muscles éjaculateurs et déterminé en même temps que la brusque ouverture du sphineter membraneux, cette petite émission intermittente (1) » (Jamin). Gross (de Philadelphie) et Ledwich n'ont pas trouvé de spermatozoïdes dans ces émissions. Enfin il peut s’agir encore de prostatorrhée.
- En dépit de ces réserves, il semble bien que la spermatorrhée signalée dans la neurasthénie génitale soit un fait bien réel. Beard (2), Krafft-Ebing (3), y ont insisté dans leurs ouvrages. Voici ce que dit Bouveret (4) : « La spermatorrhée est le symptôme capital de la troisième période (d’après Krafft- Ebing qui divise en trois périodes la neurasthénie génitale). L'émission du sperme n’est plus précédée
1. Jamin, Étude sur l'urétrite chronique blennorragique. Thèse de Paris, 1883, p. 76.
2. Beard, Die sexuelle neurasthenie. Trad. allemande.Vienne et Leipzig, 1890, 2e édit.