Lutaud, la Stérilité chez la femme. Paris, 1895, p
2 49 == téristique, au contraire du sperme de bonne qualité qui est blanc, opalin, très odorant et qui empèse fortement. En tou cas, l'examen microscopique lèvera tous les doutes.
Enfin lépuisement de la fonction spermatique est signalé par Bouveret dans la neurasthénie génitale. « Du reste, dit cet auteur, la sécrétion elle-même du sperme peut être troublée et ralentie, beaucoup de malades ont à cette période (la troisième et dernière d’après la division de Krafft-Ebing) des accès d'aspermie passagère. » À cette période, selon l'avis de Bouveret, le sperme peut être totalement supprimé, sinon définitivement, du moins par intervalle. C’est donc, pour tirer toutes les conséquences d'une pareille affirmation, que la fonction de spermatogenèse elle-même ferait défaut de temps à autre. Mais cette spermatogenèse ne peut-elle disparaitre seule par le mécanisme indiqué plus haut, c’est-à-dire par épuisement de la fonction ? Dès lors, si le microscope ne révèle pas de spermalozoïdes dans le liquide involontairement éjaculé, ne serait-ce pas, dans certains cas, parce que lafonclion de spermatogenèse est passagèrement abolie ? Ainsi, lorsqu'on ne trouve pas de spermatozoïdes dans les pollutions involontaires (après s'être formellement assuré, bien entendu, que ce n’est pas là une simple émission de pus blennorragique), il ne faudrait pas en conclure sans réserve qu'il ne s’agit là que de prostotorrhée, car l’on est en droit de se demander si cette absence de spermatozoïde dans le liquide éjaculé ne traduit pas
en réalité un épuisement de la fonction testiculaire. Il y a un doute qui peut logiquement, ce nous semble, se présenter à l'esprit et qui doit rendre l'affirmation beaucoup moins catégorique.
En dehors de ces causes physiques, ilexiste une cause psychique de la stérilité dans la neurasthénie génitale. En effet, si la neurasthénie guérit le plus souvent avec la gonorrhée causale, elle peut persister, néanmoins, surtout chez les débiles congénitaux. C’est qu’en effet la gonorrhée devient, pour certains sujets, l’objet d'une constante préoccupation. Même terminée,la blennorrhée peut laisser une inquiétude sur la réalité de sa guérison. « Le simulateur de bonne foi, c’est le névropathe poursuivi par la phobie de la chaudepisse, qui tire sur son canal jusqu’à ce qu’apparaisse au méat une goutte de mucus, spectre sans cesse renaissant d’une blennorragie d'âge préhistorique » (Augagreur et Carle (1).
Les malades atteints de gonorrhée chronique sans cesse préoccupés par leur affection rappellent, a-t-on dit encore, ces fakirs qui s’absorbent dans la contemplation de leur nombril. Quelques-uns ont même été poussés au suicide. C'est qu’en effet les troubles génitaux dont ils sont atteints deviennent le point de départ d’obsessions hypochondriaques; tourmentés par l’incessante préoccupation de leur virilité ils deviennent peu à peu impuissants et cela surtout