AVANT-PROPOS
Ce court préambule constitue, en quelque sorte, l'exposé des motifs qui nous ont déterminé à choisir ce sujet de thèse : {a Blennorragie dans ses rapports avec la stérilité.
Certes, la question n’est pas neuve et depuis Nœggerath (1872), de nombreux auteurs ont insisté sur l'importance sociale d’une pareille question ; aussi notre contribution personnelle est-elle bien minime en regard des travaux accomplis par tant d’illustres savants. Peut-être aurait-il convenu d’énumérer ici, dans l’ordre chronologique, et leurs noms et leurs œuvres, mais cet historique aurait pu paraître superflu puisque nous allons les rencontrer à peu près tous dans les développements qui vont suivre.
C’est dire que la question a été envisagée déjà dans toute son ampleur et que nos devanciers ont donné à l'étude de la blennorragie dans ses rapports avec la stérilité toute l’importance qu’elle comporte ; et dès lors notre contribution paraîtrait absolument
inutile si elle ne trouvait sa raison d’être dans la gravité même de ce péril social, péril qui commande le concours de toutes les bonnes volontés,si modestes soient-elles, sinon pour le conjurer tout à fait, du moins pour le limiter dans la plus large mesure.
Tous les médecins, certes, connaissent les conséquences désastreuses que peut avoir la blennorragie, . mais que, dans une grande nation, seulement une petite fraction d’individus, soit au courant de la question, cela suflirait-il pour sauvegarder l’avenjr de la race toute entière si ces privilégiés gardaient jalousement les connaissances qu'ils ont acquises au lieu de leur donner la publicité qu’exige leur portée sociale ? Évidemment non,et devant l'ignorance de la majorité qui ne voit trop souvent dans la blennorragie qu’un banal sujet de plaisanteries optimistes, éclairer le public sur les dangers à venir de l'infection gonococcique s'impose au médecin comme un véritable devoir. Tous les maîtres qui ont fait de la prophylaxie de cetteinfection l’objet de leurs généreuses études ont insisté avec une conviction passionnée sur cette obligation professionnelle.
Dans un ouvrage qui fait autorité, Verchère (1) nous affirme que « si la blennorragie n’entraine pas autant d’avortements, en apparence,que la syphilis, elle entrave la fécondation et contribue peut-être plus encore à la dépopulation ».