‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 3 sur 62 · Verchère, /a Blennorragie chez la femme. Paris · texte numérisé non relu

Verchère, /a Blennorragie chez la femme. Paris

A son tour, le D" Jullien (1) dans une étude fré-

quemment citée, nous convie à la croisade contre cet ennemi latent & cent fois plus terrible que la syphilis ainsi que l’a clamé Nœggerath ».

« Partout en France, nous dit Jullien, les statisticiens dénoncent le péril de la dépopulation et les hygiénistes leur répondent en disant : « protégeons l'enfance ! » ne serait-il pas aussi juste et aussi sûr de proclamer : « Protégeone celles qui doivent être mères. »

« Ce devoir,ajoute cet auteur, importe à la fois au bonheur des individus et à la préservation sociale. »

Siredey (2) dans l’Hygiène des maladies de la femme, met également en évidence l'influence néfaste de la blennorragie sur les fonctions de reproduction : «La blennorragie est la cause la plus commune des maladies génitales de la femme etsiles maladies génitales constituent par elles-mêmes une entrave à la reproduction,on peut dire que la blennorragie est la plus grande cause de stérilité ».

Rénon (3), réunissant une série de leçons sous le titre commun : /es Maladies populaires, nous montre les méfaits de la blennorragie qui « compromet par ‘contamination conjugale la santé et la fécondité de nombreuses femmes et par suite l’avenir de la race.

1. Jullien, Blennorragie et mariage. Paris, 1898. 2. Siredey, Hygiène des maladies de la femme. Paris, 1907. 3. Renon, les Maladies populaires. Paris, 1905.

— [9 — } Comme la syphilis, la tuberculose, l’alcoolisme, la

blennorragie est un danger social. »

Colin (1) tient le même langage.

Enfin l’avant-propos du volume que G. Luys (2) vient de consacrer à la blennorragie et ses complications est un énergique réquisitoire contre les conséquences déplorables que peut avoir sur la reproduction de l’espèce une affection considérée par la plupart comme un accident dérisoire.

« La blennorragie, affirme le D' Luys, est un des fléaux de l'humanité sur lequel l'attention du public n’a pas été encore suffisamment attirée; s’il est aujourd’hui bien mis en garde contre les ravages de la syphilis, il est certainement moins prévenu contre la blennorragie... »

« Trop nombreuses sont les victimes des deux sexes pour que les médecins ne se fassent pas un impérieux devoir de signaler ce danger social à la vindicte publique. C’est là qu'il faut chercher une des causes les plus fréquentes de la dépopulation, et c’est là aussi ce qui rend tant d'hommes « avariés » et tant de femmes inaptes à la fécondation ! »

Il n’est donc pas possible de nierla réalité d'un péril dénoncé par tant de maîtres et encore n’avons nous cité que quelques noms. Beaucoup d’autres auteurs ont attiré l'attention sur la gravité du fléau,

1. Colin, la Blennorrag'ie, maladie sociale. Paris, 1906. 2. G. Luys, Traité de la blennorragie et de ses complications. Paris, 1912.

ainsi que nous le verrons dans les pages qui suivent.

Pour l'instant une question capitale se pose : Qu'’at-on fait jusqu'ici pour remédier à ce mal?

Dans une pensée philanthropique d’une haute portée sociale, le professeur Fournier fonde le 31 mars 1901 « la Société française de prophylaxie sanitaire et morale », maintenant florissante. Elle a pour but l'étude des moyens et des moyens de tout ordre à mettre en œuvre pour diminuer dans la mesure du possible la fréquence des affections vénériennes, de la blennorragie aussi bien que de la syphilis. C’est dans cetle intention que, sur la proposition du Dr Cazalis, la société décide de publier un avis à l'adresse des futurs conjoints.Il est d’une telle sagesse et résume si bien la question que nous croyons

devoirde reproduire :

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