‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 22 sur 62 · Lutaud, la Stérilité chez la femme. Paris · texte numérisé non relu

Lutaud, la Stérilité chez la femme. Paris

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dans de semblables proportions, on se rendra compte de l’importance qu’il faut donner à l’infection gonococcique dans la pathogénie de l’infécondité.

Dès 1872 Nœggerath ne disait-il pas, basant son opinion sur 105 observations personnelles, que € 90 sur 100 des femmes stériles ont pour mari des hommes qui, à une époque de leur vie, ont eu la blennorragie » ?

Parent-Duchâtelet n’a-t-il pas démontré que sur 1000 prostituées parisiennes on n’observait chaque année qu'un seul accouchement ? Sans doute faut:il faire intervenir comme cause de stérilité chez les femmes de cette catégorie les excès de coït, les précautions prises ou la frigidité, mais il ne faut pas oublier que la plupart, sinon toutes, ont commencé par une blennorragie l’apprentissage ide leur triste métier et que (chez les prostituées clandestines surtout) cette affection négligée ou contractée de nouveau dans la grande majorité des cas passe à l’état chronique, si bien que pour un grand nombre de gynécologues avertis, en particulier pour Siredey ct Pozzi, l'exceptionnelle stérilité des prostituées reconnaîtrait surtout pour cause cette infection blennorragique.

L’on a prétendu cependant que la blennorragie, au total, n’avait pas une influence vraiment considérable sur la reproduction de l'espèce, et l’on s’est basé dans cette affirmation sur le nombre presque: incroyable des femmes atteintes de blennorragie,

surtout dans les grandes villes et pourtant devenvres..

enceintes en dépit de leur infection. Les statistiques qui suivent peuvent paraître, en effet, favorables à

cette opinion :

En 1879, Sœnger (1), à Leipzig, sur 389 femmes enceintes en trouve 100 blennorragiques. 25 o/o En 1883,0ppenheimer (2),à Heidelberg, sur 108 femmes enceintes en trouve 30 Hlennorragiqueés. (een ee ee A NURRRtEt (Diagnostic bactériologique).

En 1885,Lomer(3),examinant 32 accouchées trouve une proportion de blen- Rorragiquessde.. 0 0-0 RE 0e SORT En 1885,Kroner Traugott a à Rat sur 126 femmes enceintes en trouve 97 blennorragiques. -: .. = SLR RS ETS OR RON En 1892, V. Steinbuchel (5), à à Vienne, sur 328 femmes enceintes en trouve 70

attôintes de BlenOrragie CAM ere

En 1895, Brutzer (6), à Breslau, estime

1. Sœnger, Ueber gonorrhoische der Gonorrhæ 1884 (Arch. f. Gynæk. Band 24, H 3).

2. Oppenheimer, Untersuchunger uber den Gonococcus, 1885 (Arch. 7 °Gyn,12XXNV.H4 p.51)!

3. Lomer, Ueber die Bedeutung und diagn. der Weiblichen Gonorrhæ (Deutsche med. Woch., 1885, n° 43).

4. Kroner Traugott, Ueber die Bezsiehungen der Gonorrhœ zu den Generations-Vorgængen, 1887 (Arch. f. Gynæk., t. XXXI, D: 292):

. V. Steinbuchel, Zur Farge des Einflussess der Gonorrhœæ auf das Wochenbett und die augenerkrankungen der Neug'eborenen (Wiener klin. Wochens., 1892, n° 27 et 22).

6. Brutzer, Ein Beitrag zur Wochenbetts diætetik (/naug. diss. Breslau, 1897).

no —

LA

la proportion des femmes enceintes blen-

HOPPAPIQUES A ME ANR AU A CR T5 0/0

L'on pourrait donc conclure de ces diverses staüistiques que la blennorragie, à l’encontre de certaines croyances, n’apporte pas d’obstacle à la fécondation. Mais, ce n’est pas ainsi, croyons-nous, qu’il faut envisager la question. L'on ne saurait prétendre, en effet, que la blennorragie entraine la stérilité d’une manière fatale. Si cela était, la population totale du globe serait diminuée dans d’incroyables proportions, puisqu'il n’est pas d'affection plus répandue que l'infection gonococcique. Mais sans attribuer à la blennorragie une influence aussi irrévocable sur la génération, il n'en est pas moins vrai qu’elle constitue par les lésions de l'appareil génital qu'elle est capable de créer, lésions parfois irréparables, une cause de stérilité d’une grande importance.

C'est qu’en effet, le grand nombre de femmes devenues enceintes en dépit d’une blennorragie ne prouve pas que l'infection gonococcique n'ait qu’une influence insignifiante sur la reproduction de l'espèce, mais elle prouve simplement que les sécrétions pathologiques qui caractérisent cette infection n’apportent pas, par elles-mêmes, une entrave bien grave à la fécondation. Nous ne parlons, bien entendu, que des sécrétions vaginales, le catarrhe de

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