‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 23 sur 62 · Tableau d'après Fruhinsholtz, thèse de Nancy · texte numérisé non relu

Tableau d'après Fruhinsholtz, thèse de Nancy

re En

la métrite du col constituant au contraire, comme mous le verrons, un obstacle sérieux à l’imprégnation de l'ovule.

Et tout d’abord, contrairement à l'opinion du D’ Auvard(1i)et d’autres auteurs, la vaginite blennorragique n’entrainerait pas la stérilité en exagérant l'acidité vaginale, cette acidité causant la mort rapide des spermatozoïdes. Dœderlein qui a étudié particulièrement la réaction de la sécrétion vaginale a constaté qu'à l’état normal elle était franchement acide et rougissait fortement le papier de tournesol, mais que dans les cas pathologiques elle perdait de son acidité, devenail neutre ou même franchement alcaline. Ainsi les écoulements blennorragiques présenteraient une réation alcaline. Cette opinion est confirmée encore par les recherches du professeur Delbet (2). D'après cet auteur, toutes les sécrétions de l’utérus sont nettement alcalines ; il les a toujours vues, en effet, bleuir le papier rouge de tournesol d’une façon non douteuse.

Aïnsi, les sécrétions pathologiques de l'appareil génital de la femme présenteraient une réaction alcaline ; ce qui rendrait le milieu,comme on lesait, ‘beaucoup plus favorable à la vitalité des spermatozoïdes. Par conséquent, d’après ces constatations, il ne paraitrait guère possible, au cours d’une

1. Auvard, la Stérilité chez la femme. Paris, 1896, p. 91. 2. Duplay et Reclus, Traité de Chirurgie, 2° éd., t. VIII, Art. Métrite, P. Delbet, p. 120. Paris, 1899.

vaginite blennorragique, de ‘voir dans une modification chimique du milieu une ‘cause : effective de ‘stérilité.

‘De fait, si la blennorragie accroissait l'acidité vaginale dans de telles proportions, la grossesse chez les femmes atteintes de blennorragie serait presque une rareté, puisque les spermatozoïdes'ne ‘peuvent vivre en milieu très-acide. Or, nous avons “vu que le nombre des! femmes enceintes atteintes ‘d’écoulements blennorragiques était ‘considérable, ‘si: considérable même qu'il est prudent de pratiquer “systématiquement, chez tout nouveau-né, l’instilla- ‘tion “dans chaque œil d’une goutte de solution de nitrate d'argent'au:1/50 (1),:suivant l'indication de Crédé, pour prévenir une‘contaminalion Conjonetivale, contamination qui peut se faire dans lutérus, “après la rupture accidentelle des membranes, mais ‘quirs’éfféctue surtout dans levagin au cours du pas- -sage du fœtus.

Nous savons. en effet, que sur 7:000 enfants aveugles, 8oo le sont du fait de la blennorragie “maternelle Le: Dr''Chevallereau, ophtalmologiste des Quinze-Vingts ne disait-il pas à Verchére (2) que “dans tous les cas d’ophtalmie purulente qu’ilavait pu “observer:chez les nouveaux-nés, il avait toujours pu ‘retrouver ‘le ‘gonocoque. Ainsi, si d’énergiques mesures de‘prophylaxie n'étaient pas prises dès la

1. A défaut de nitrate d’argent on peut utiliser le jus de citron. Il a été longtemps adopté dans le service du professeur Pinard. 2, Verchére, la Blennorragie chez la’ ferrime, Paris, 1894.

RGoere

naissance de chaque enfant on observerait un nombre incroyable d’ophtalmies purulentes.

C’est dire que les sécrétions vaginales blennorragiques ne paraissent guère s'opposer à la fécondation. En effet,si l’on juge de la qualité des zoospermes par leurs mouvements, nous disent Siredey et Dan-

. los (1), il semble que le pus n’exerce pas sur eux d'influence fâcheuse. Chez la femme, la stérilité

: résulte donc plutôt, comme nous le verrons dans les

+ chapitres qui suivent, des complications de la blen-

-:.norragie, c’est-à-dire de la propagation de l'infection

..à l’utérus et aux annexes. Cependant la particulière

+ abondance des sécrétions pourrait agir d’une façon mécanique en balayant les spermatozoïdes et en empêchant leur ascension vers l'utérus et les trompes.

Quoiqu'il en soit /a blennorragie entraine la stérilité chez la femme plus souvent que chez l'homme. De plus, chez la femme, cette espèce de stérilité est plas fréquemment définitive.

On voit done avec quel soin il faut défendre les populations rurales encore moins contaminées, contre ce redoutable fléau qu'est la blennorragie. Ce soin incombe surtout aux officiers et aux médecins militaires, car c’est souvent le soldat permissionnaire ou libéré qui rapporte au village la chaudepisse contractée au cours de son service. Chose plus: affli-

1. Siredey et. Danlos, Dict. de méd. et de chirur. pratiques ; art. Stérilité, Paris, 1889.

O1 —— geante, le réserviste surtout se laisse facilement entraîner par la contagion de l'exemple, les tentations de la grande ville,les sollicitations impudentes, souvent par des libations trop copieuses, aux aventures galantes les plus hasardeuses, d'autant que ses ressources en général plus grandes que celles du soldat de l’active lui permettront cette débauche.Que de blennorragies contractées dans de semblables conditions ! Le fait est d'autant plus regrettable que le réserviste est bien souvent marié et récemment marié et que, sa période terminée, il rapportera à sa jeune épouse, une blennorragie en pleine virulence. Il nous paraissait nécessaire d’insister sur ce point. | Il impose des mesures de prophylaxie énergiques pour éviter la diffusion d’un fléau qui non seulement peut avoir pour l'épouse innocente les plus funestes conséquences, mais qui peut compromettre à tout jamais tout espoir de postérité.

Page 1