Bumm, Cent. f. Gyn., 1891, p
P.-E. Bertrand 5
Sans insister davantage sur ce point l’on peut affirmer qu'un grand nombre de gynécologues attribue à la blennorragie un rôle prépondérant dans l'infection utérine. C’est que le gonocoque trouve dans l’utérus des conditions très favorables à son développernent. Steinschneider a démontré, en effet,dans ses Études sur le siège de l'infection gonorrhéique chez la femme,que longtemps après que le gonocoque a disparu de l’urètre on le retrouvait dans le col ou le corps de l’utérus « dont les muqueuses sont beaucoup plus propices à leur culture que celle du vagin où l’épais revêtement pavimenteux, l'acidité des sécrétions et la concurrence d’autres bactéries » (Pozzi) (1) finissent par entraver son développement.
Cependant l’absence de gonocoque n'infirme pas toujours l’origine blennorragique d’une métrite. En effel,nous savons qu’il n’est pas toujours possible de mettre en évidence le microbe, souvent caché dans les replis glandulaires ; de plus, Du Bouchet (2) a prouvé que chez certaines femmes atteintes d’endométrile chronique, le gonocoque peut disparaitre à la longue de sorte qu'il ne subsiste plus que des saprophytes.
Enfin, à cause des caractères sonvent peu dramatiques de la blennorragie initiale,les commémoratifs mêmes peuvert être incertains.
1. Pozzi, Traité de Gynécologie. Paris, 1905. 2. Du Bouchet, Recherches bactériologiques sur quelques cas d’affections utérines, Thèse de Paris, 1899, P. 54 et suiv..
Tiny aurait pas lieu d'indiquer fei de quelle façon se produit l'invasion de la cavité utérine par l’infec: tion blennorragique si nous ne devions insister sur un môde particulier de contamination.Il ést évident qu'une inflammation vulvo-vaginäle gonococcique péüt se propager à la cavité utérine, mais l'infection de cette cavité peut se produire égalément par injection directe dans le canal cervicatd'un sperme contaminé. Pour Rollet et Hardy, cé détnier cas serait même de beaucoup le plus fréquént. Hardy en rapporte l'observation suivante : uné jeune file eut un seul rapport ; examinée quelques jours après sa défloration, on trouvait un écoulement utérin purulent bien qu'elle n’ait jamais présenté, cependant, d’accident antérieur. Ce n’est que plusieurs jours après que la vaginite blennorragique survint sous les yeux de l'observateur.
Les développements qui précèdent démontrent la prépondérance des métrites d’origine gonococcique. Il nous reste à exposer maintenant par quel mécanisme les métrites peuvent entraîner la stérilité et puisque Bumm reconnaît que le col est envahi dans 55 o/o des cas de blennorragie et lé corps seulement quinze fois sur cent, nous devrons nous préoccuper d’abord des métrites cervicales de beaucoup les plus nombreuses et considérer ensuite les métrites du
corps.
Métrite cervicale. — Les lésions et les symptômes de la métrite cérvicale nous expliquent le
mécanisme de la stérililé que l’on observe dans cette affection avec une particulière fréquence. C’est en empêchant la pénétration des spermatozoïdes vers les voies génitales supérieures que le catarrhe cervical peut mettre un obstacle à la fécondation, l'hypersécrétion formant au niveau de l’orifice utérin un véritable bouchon stérilisateur. Il est moins cerlain que les sécrétions cervicales interviennent en modifiant la réaction chimique du milieu puisque, selon l’avis de Dôderlein et celui du professeur Delbet (1), les sécrétions pathologiques de l'utérus présentent une réaction alcaline, ce qui est une particularilé favorable à la conservation des spermatozoïdes. Enfin,le boursouflement de la muqueuse au niveau de la cavité cervicale peut réaliser ou compléter l’occlusion du canal. Dans certains cas à forme spéciale l’obstruction est produite par l'hypertrophic des glandes cervicales ainsi que Winckel (2) l'a signalé, Ce nest pas là un fait exceptionnel, puisque cet auleur a trouvé celte cause dans 15 cas, huit fois au-dessus de quarante ans, quatre fois chez des sujets de quinze, dix-sept, vingt et vingt-deux ans et trois fois chez des sujets d'âge intermédiaire.
Mais la stérilité par métrite cervicale peut reconnaître d’autres causes encore. C’est ainsi qu'un pro-
cessus inflammaloire peut développer des brides