‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 4 sur 62 · AVIS AUX FUTURS CONJOINTS · texte numérisé non relu

AVIS AUX FUTURS CONJOINTS

De toutes les conditions qui contribuent au bonheur dans le mariage il n’en est pas de plus important que la santé.

Certaines maladies qui se transmettent de l’un à l’autre des époux et atteignent même leur descendance peuvent être la cause des plus grands malheurs.

Deux d’entre elles d’un ordre spécial, la blennorragie et la syphilis, sont particulièrement redoutables.

La blennorragie, excessivement contagieuse à l'état aigu est sasceptible de se réveiller et de le redevenir si elle n'a pas été complètement guérie.

Chez l'homme elle occasionne par la suite des r'étrécissements, la stérilité et mème l'impuissance.

Chez la femme, elle peut se propager au bas-ventre ety provoquer des inflammations profondes qui nécessitent un long repos, parfois des opérations chirurgicales graves et sont une cause fréquente de stérilité. S'il naît un enfant, il est exposé à recevoir dans les yeux le germe du mal et à perdre la vue. Il est prouvé, en effet, que sur 1.000 enfants aveugles, près de 800 le sont du fait de la blennorragie par

la faute de leurs parents.

Suit un court paragraphe sur la syphilis, paragraphe que nous ne saurions passer sous silence bien qu’il n’entre pas, à proprement parler,dans le cadre de notre sujel ; mais il crée cependant entre les deux grandes affections vénériennes un rapprochement saisissant en montrant les conséquences qu'elles peuvent avoir l’une et l’autre, sur la reproduction de l'espèce. D'ailleurs, restreindre la portée sociale de cet avis en ne reproduisant que des coupures serait allier contre l'esprit de ses auteurs. Nous le citerons donc dans toute sa teneur.

La syphilis est aussi très contagieuse pendant plusieurs années. Elle menace tous les organes et peut causer la paralysie et la folie. Elle peut tuer les enfants dans le sein de leur mère, les faire naître difformes ou infirmes et dangerrux pour leur entourage (source de scandale, et de procès avec les nourrices par exemple).

Quiconque ayant été atteint de l’une de ces maladies se marie sans avoir la certitude d’en être débarrassé commet un acte criminel. Il eut sufli peut-être d'un ajournement de quelques semaines ou de quelques mois et surtout de soins appropriés pour écarter tout danger.

PES ee

IL est donc de la plus élémentaire honnêteté de se soumettre à l'examen d’un médecin avant le mariage (1).

Nous avons tenu à joindre nos efforts si faibles soient-ils, à ceux du professeur Fournier et de ses collaborateurs dans la tâche généreuse qu'ils se sont imposée. C’est dans ce but que nous avons essayé de mettre plus particulièrement en évidence les conséquences désastreuses de la blennorragie sur la reproduction de l’espèce. Un volume ne suflirait pas pour épuiser ce sujet d’une capitale importance, aussi nous excusons-nous d'avance des quelques lacunes qui auraient pu se glisser dans ce travail et de la brièveté, peut-être un peu trop grande, de certains développements. Nous nous sommes inspiré fréquemment les ouvrages de Jullien, de Verchère et de Luys sur la blennorragie, et nous avons fait de nombreux emprunts aux œuvres gynécologiques de nos maitres, les professeurs Faure, Pozzi et du Dr Siredey. C’est dans leurs livres que nous avons recueilli maint renseignement précieux sur les affections génitales des femmes.

Enfin, nous avons divisé en trois parties ce rapide exposé : la première comprend l’étude de la stérilité d’origine blennorragique chez l’homme, et la deuxième est consacrée à l'examen de cette stérilité chez la femme. Nous réservons à cette seconde partie, beaucoup plus importante, une place plus

1. Soc. franç. de Proph. san. et morale, 10 décembre 1903, p. 240.

RDA

grande. Deux chapitres sommaires sur les garanties dont il faut entourer le mariage pour restreindre dans la plus large mesure les cas de stérilité d’origine blennorragique constituent la troisième et dernière partie, complément des deux autres. C’est un point de puériculture avant la conception qu'il

convenait d'envisager.

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