‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 41 sur 62 · Fraisse, La Gonorrhée chronique chez l’homme, Paris · texte numérisé non relu

Fraisse, La Gonorrhée chronique chez l’homme, Paris

mettre en évidence cette faculté d’histogénèse plus spéciale au diplococcus de Neiïsser parce qu’elle peut créer des adhérences étendues qui,en modifiant la position ou les rapports respectifs des organes génitaux, deviennent parfois,chez la femme,un facteur de stérilité.

Mais ce n’est pas seulement au niveau du pavillon que se fait l’occlusion de loviducte mettant un obstacle, parfois définitif, à la pénétration de l’ovule dans la cavité tubaire ; au cours du pyosalpinx on observe un gonflement et une infiltration des parois telles que lc calibre de la trompe s’oblitère et cesse d’être perméable du côté de l’utérus. « C’est ce qui arrive souvent au cours de la blennorragie » (Pozzi).

Enfin les cils vibratils de l’épithélium cylindrique sont touchés presque partout. Or, puisque le rôle physiologique de ces cils vibratils est de contribuer à l’ascension des spermatozoïdes et de faciliter le cheminement de l’ovule, on voit quelle entrave sérieuse leur disparition presque totale oppose à la fécondation.

Après cet aperçu sommaire de la pathogénie de la stérilité dans l’inflammation de la trompe, il convient de donner sur la salpingite chronique quelques détails complémentaires. Empruntant la classification de Pozzi, nous envisagerons deux formes anatomiques de la salpingite chronique parenchymateuse : la forme kypertrophique et la forme atrophique (1).

x. Pozzi, loc. cit,, p. 813, t, II.

1° Dans la forme hypertrophique ou végétante le paren- | chyme est très épaissi, il se forme des adhérences avec la paroi pelvienne et le cul-de-sac de Douglas. L'orifice du pavillon est toujours oblitéré et parfois il adhère à l'ovaire. L'orifice utérin, par contre, est le plus souvent perméable, mais la perméabilité de la trompe a souvent aussi disparu par places:

Cependant le caractère plus particulier à cette forme c’est la fréquence des adhérences péritonéales, et nous avons vu précédemment que l'infection gonococcique était le principal agent de ces adhérences qui causent une gêne sérieuse à la fécondation en modifiant les rapports respectifs de la trompe et de l’ovaire. Des tractus fibreux peuvent fixer ces organes en position vicieuse « de telle sorte, dit Auvard (1), que le pavillon de la trompe et l'ovaire, qui doivent être physiologiquement unis pour le fonctionnement normal du système génital, se trouvent éloignés et fixés loin l’un de l’autre », si bien que l’ovule, ne pouvant plus arriver au pavillon tubaire quelquefois considérablement dévié, se perd dans le péritoine et la fécondation n’a pas lieu.

Enfin, indépendemment de toute occlusion tubaire, très fréquente d’ailleurs, ces adhérences peuvent comprimer la surface de la trompe au point d'obturer sa lumière partiel-

lement ou totalement.

. On comprend ainsi que ces néoformations constituent dans les cas de salpingite une nouvelle cause

1. Auvard, la Stérilité chez la femme. Paris, 1896, p. 202 et 203.

rs OS

de stérilité. Roubaud cite le cas d’une femme guérie en tombant d’un arbre d'une stérilité péritonitique rebelle. Le choc avait sans doute rompu les tractus fibreux, cause d’infécondité.

L'on peut donc songer àutiliser le massage pour amener la mobilisation ou la régression des adhérences, mais certains auteurs le proscrivent par mesure de prudence car les phlegmasies péri-utérines

se réveillent facilement.

2° Dans la forme atrophique ou scléreuse de la salpingite chronique tout l'organe se rétracte et se transforme finalement en un cordon dur et imperméable et Boldt () quia bien décrit ces lésions a vu plusieurs fois la lumière de la trompe complètement effacée par l’agglutination des parois.

On comprend que dans ces circonstances la fécondation soit

absolument impossible.

Pronostic. — Le pronostic génital de la salpingite est particulièrement sombre. (L’inflammation de la muqueuse des trompes, dit Pozzi, est infiniment plus rebelle que celle de l’utérus. Cependant la guérison peut se faire avec restitutio ad integrum, mais elle est excessivegnent rare. La trompe guérie d’une inflammation aiguë demeure le plus souvent très altérée. » Or, il est logique de penser que quels quesoient la nature et le degré de cette altération elle sera préjudiciable à la fonction de reproduction: puisque l'intégrité anatomique de l'appareil génital

Page 1