‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 42 sur 62 · H.-O. Boldt, Amre Journ: of obstet. (fév. 1888, p · texte numérisé non relu

H.-O. Boldt, Amre Journ: of obstet. (fév. 1888, p

constitue, évidemment, la condition idéale, pour réaliser la fécondation. Par conséquent, abstraction faite de l’oblitération des deux trompes, il y a donc là un facteur de stérilité sinon absolue, tout au moins relative. Et non seulement l’altération des parois de la trompe, mais encore l’altération des liquides qui. résulte de ces lésions pourrait avoir, comme le pense Terrillon (1), une influence fâcheuse sur les fonctions de reproduction. Nous avons vu, en outre, que les adhérences péritonéales de la salpingite hypertrophique, la sclérose totale de la salpingite atrophique assombrissaient encore le pronostic génital.

Cependant l’oblitération tubaire demeure le facteur principal de la stérilité consécutive à l’inflammation de la trompe. Certes, cette stérilité n’est pas absolument fatale. « Cependant quand une inflammation tubaire ancienne a oblitéré les deux trompes, la fécondation est impossible et telle est sans doute la cause de la stérilité de la plupart des femmes de mauvaise vie » (Pozzi, t. II, p. 835).

- Ainsi, toute la question se résume à connaître quelle est la fréquence des salpingites doubles. Or, dans la salpingite chronique parenchymateuse, en: général, les deux trompes sont prises. Ceci a même conduit Lawson Tait (2) à pratiquer toujours l’abla-

.1. Terrillon, Salpingites et ovarites. Paris, 1891.

a. Lawson Tait, On the insatisfactory resultats of unilateral removal of the uterine appendages (Birmingh. med. Review... 1887, p. 145 et Brit. med. Journ., 1887, t. I, p. 1211).

— 94 = tion des deux trompes, la seconde étant presque fatalement destinée à s’altérer après la première.

Cependant sur 150 cas de salpingite Winckel (1) n’a trouvé à l’autopsie que 9 cas d’atrésie tubaire double. Maïs peut-être faudrait-il pour obtenir une statistique plus sûre, pratiquer systématiquement l’autopsie des cadavres d’un grand nombre de femmes demeurées stériles malgré une existence sexuelle d’une certaine durée. L'on mettrait ainsi en évidence la véritable proportion des femmes infécondes par occlusion tubaire. Cette proportion, à notre avis, doit être assez considérable si l’on songe que beaucoup de salpingites guérissent en ne laissant parfois d’autre trace qu’une stérilité permanente. Selon Pozzi (2) « l’oblitération des deux trompes due à la salpingite chronique est la règle chez les prostituées ». Nous ignorons si ces recherches ont été entreprises.

Quoi qu’il en soit, la perméabilité de la trompe est-elle définitivement supprimée par le processus inflammatoire ? « Les altérations que l’on constate sur les pièces enlevées au cours des opérations sur les annexes semblent bien concluantes à cet égard. Cependant on observe de temps à autre des grossesses chez des femmes qui présentaient depuis longtemps des signes cliniques d’annexite double. Si ces

1. Winckel, Anatomische Untersuchungen sur Œtiologie der sterilitæt. Compte rendu de la Gesells. f. Natur. u. Heiïlk. in Dresden, 20 oct. 18797, p. 5.

Page 1