‹ La Stérilité d'Origine BlennorragiqueChapitre 57 sur 62 · Voici cette statistique · texte numérisé non relu

Voici cette statistique

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Fournier, art. Blennorragie. Nouv. Dict. de Méd. et de Chir. pratiques. Paris, 1866.

précaulions ct les soins hygiéniques que comporte l'exercice de leur triste métier sont les causes prineipales de leur sécurité relative.

Bien plus redoutables sont certaines employées ou ouvrières, de jour en jour plus nombreuses,qui, non contentes d'un gain honnêtement acquis, demandent à la prostitution un surcroît de ressources, ou se livrent à la légère au plaisir de l’amour.

Bien qu'il ne soit guère possible de donner quelques chiffres précis,le nombre des ouvrières contaminées, blanchisseuses, modistes, couturières, brunisseuses, bonnes, etc., esl certainement assez considérable. Et presque toutes, à l'inverse des prostituées professionnelles, sont des candidates éventuelles au mariage. Or, si l’on doit le recommander aux jeunes filles saines, il n’en est pas de même, évidemment, pour celles qui apporteraient à leur époux une blennorragie mal guéric. Bien souvent, il est vrai, elles ignorent l’origine de leur mal, car les symplômes du début, moins dramaliques que chez l’homme, rendent les commémoratifs incerlains. Elles croient à une leucorrhée banale, « à des pertes blanches comme en ont beaucoup de femmes » et ne soupçonnant pas les dangers qu'entraine celte affection dans les relations conjugales,elles ne voient pas dans leur état d'empêéchement au mariage lorsque l’occasion se présente. Dans ces conditions, la plupart d'entre elles n’ayant suivi, par ignorance ou par insouciance, aucun traitement rationnel, seront encore contagieuses au

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moment du mariage. Alors, à l'inverse de ce qui se passe dans la grande majorité des cas, c’est l'époux qui peut être contaminé par l’épouse et nous savons combien deviennent rebelles, par l'alternative transmission des gonocoques d’un conjoint à l'autre, ces blennorragies conjugales. Quelquefois même et le cas, comme nous l'avons vu, est malheureusement trop fréquent, une définitive stérilité sera la conséquence d’une infection jusqu'alors négligée, et cette stérilité, privant le ménage de l'enfant qui est le trait d'union entre les deux conjoints, peut devenir à la longue une permanente cause de désaffection.

Cependant la blennorragie de la femme n’est ‘pas forcément d’origine vénérienne, et chez les petites filles, la vulvo-vaginite gonococcique a plus souvent qu'on ne le croit une étiologie différente. Péraire, Marfan, Comby et beaucoup d’autres observateurs nous ont appris à connaître ces pulvo-vaginites des innocentes qui peuvent, dans certains milieux hospitaliers ou scolaires, prendre les proportions d’épidémies véritables. |

Diverses et nombreuses sont les sources de contagion : le lit qu’elles partagent, dans les familles sans fortune, avec leurs grandes sœurs ou leurs parents contaminés, les objets communs de pansement ou de toilette, en favorisant la diffusion du gonocoque, peuvent transmettre aux petites filles l’infection de leurs parents ou bien de leurs voisines. Cette contagion: est d'autant plus aisée, que la fillette présente,

suivant Epstein (1), une réceptivité particulière au gonocoque. Or, connaissant la désastreuse ténacité du diplococeus de Neisser, et sachant d’autre part que l'infection par cet agent est le plus souvent insoupçonnée chez les petites filles qui ne reçoivent dès lors aucun traitement méthodique,;l'on n’est pas étonné de voir cette affection se prolonger pendant plusieurs années, voire jusqu’au mariage. Bumm, en effet, pense que dans la gonorrhée chronique,le gonocoque peut conserver sa virulence pendant cinq ans, dix ans et même davantage. Epstein confirme l’opinion de Bumm par des observations personnelles : plusieurs petites filles paraissant guéries d’une vulvite, présentaient encore dans leurs sécrétions, trois ou quatre ans plus tard, de nombreux gonocoques. Par conséquent, l'affection pouvant demeurer contagieuse au moment du mariage, l’époux sera, dans ces circonstances, contaminé dès les premiers rapports et l'infection de l’épouse, qui pouvait être jusqu'alors limitée à la vulve, sera diffusée par le trau- matisme sexuel dans la cavité vaginale, première étape d’une propagation plus profonde et d’une stérilité parfois définitive.

Des considérations qui précèdent, découle la nécessité d’exiger chez la femme aussi bien que chez l’homme, à l’époque du mariage, l'intégrité de l’appareil génital au point de vue de ia blennorragie. Notre

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