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CHAPITRE II

STÉRILITÉ PAR ÉPIDIDYMO-ORCHITE BLENNORRAGIQUE

Epididymite. — L’épididymite est la complication la plus fréquente de la blennorragie. Les chiffres recueillis permettent de l’affirmer en toute certitude. En effet,pour Fournier (1),cette complication se produit une fois sur 8 ou 9 blennorragies. Finger la constate dans 29 0/0 des cas à l’hôpital et dans 13 0/0 des cas observés en ville. Sur 1.008 complications de blennorragie traitées à l’Antiquaille, Augagneur (2) a compté l’épididymite cinq cent quatre-vingt-quatre fois. D’aprèsG.Luys (3) on l’observerait dans 1/4 des cas de blennorragie,

L’épididymite se produil rarement avant le dixième ou douzième jour. C’est d'ordinaire vers la troisième,quatrième ou cinquième semaine qu'on la

voit se manifester de préférence ; mais il n’est pas !

1. Fournier, Art. Blennorragie du Nouveau Dict. de Méd. et de Chir. pratiques. Paris, 1866.

2. Augagneur et Carle, Précis des maladies vénériennes. Paris,

3. G. Luys, Traité de lablennorragie et de ses complic. Paris,

rare qu’elle dépasse de beaucoup ce terme, qu’elle se produise dans les cas d’écoulements anciens, voire même très anciens, à propos de suintements insignifiants remontant à plusieurs années (Fournier) Que de fois le D: Jullien a vu. l’épididymo-orchite suraiguë liée aux urétrorrhées les plus bénignes en apparence |

Nous savons, en effet, que le gonocoque peut récupérer sa virulence première à l’occasion d’un excès sexuel, de fatigues physiques, de festins copieux libéralement arrosés. Signalons en passant le rôle que joue l’équitation dans la genèse des épididymoorchites gonocoeciques. C’est là un facteur étiologique d’une réelle importance et qui n’est pas sans intérêt pour la recherche ultérieure des originesd’une stérilité masculine. Dans les hôpitaux militaires le nombre des cavaliers atteints d’épididymite blennorragique est plus élevé que le nombre des fantassins affligés de la même affection. Ce fait n’explique-t-il pas la plus grande fréquence de la stérilité chez les cavaliers, fréquence signalée par Siredey et Danlos (1).

Hippocrate avait déjà remarqué cette curieuse particularité. Observant que les Scythes étaient pour la plupart stériles, Hippocrate attribuait cette infirmité à leur habitude de l’équitation. Comme Hippocrate, Roubaud acusait l'équitation elle-même.

1. Siredey et H. Danlos, art. Stérilité du Nouv. Dict. de Méd. -etide Chir. pratiques. Paris, 1882, p, 640.

Mais ne peut-on incriminer une complication lesticulaire survenant au cours d’une blennorragie ? Ainsi s’expliquerait la stérilité légendaire des Scythes puisque la blennorragie, mentionnée déjà dans la Bible, est de tous les pays et de tous les temps.

Maintenant que voilà envisagées l’époque et les circonstances de l’apparition de l’épididymite, disons un mot de sa durée la plus habituelle et de son pronostic le plus fréquent.

En général, lisons-nous dans l’article de Fournier (loc. cit.), la terminaison se produit vers le douzième, seizième ou vingtième jour. Avec Fournier, la plupart des auteurs considèrent la guérison de règle dans l’espace de deux ou trois semaines. Pour G. Luys comme pour Augagneur et Carle notamment, dans la grande majorité des cas l’avenir n’en est pas assombri.

Mais si c’est là le pronostic le plus commun, il ne faut pas oublier que le foyer primitif peut rester longtemps mal éteint, entretenu par une urétrite ou une prostatite, il peut se rallumer provoquant l’épididymite àrechute et peut devenir enfin un point d’inoculation de la tuberculose. Nous envisagerons tout à l'heure cette dernière éventualité qui compromet le plus souvent les fonctions de reproduction.

Là ne se bornent pas les méfaits de l’épididymite gonococcique,car malgré sa fréquente bénignité une stérilité quelquefois incurable peut en être la conséquence. Quels sont donc les facteurs de gravité de cette complication de la blennorragie ? Dans

quelles circonstances observe-t-on le stérilité consécutive ? Telle est la question capitale aue les connaissances léguées par de nombreux savants nous permettrons d’élucider.

Il est bien avéré, en effet, que cette stérilité consécutive aux complications testiculaires de la blennorragie n’est pas une simple vue de l'esprit, puisque Kehrer a produit 96 observations de ménages stériles avec vingt-neuf fois l’azoospermie et onze fois l'oligospermie, suites d’'épididymo-orchites antérieures ou de funiculites. D'autre part, Macnaughton-Jones (1), d’après les recherches de Gross et d'Engelmann, estime que dans 1/6 et même 1/5 des ménages sans enfant, la stérilité serait imputable au mari. Lutaud (2) commentant cette eslimation. attribue à la fréquence des maladies vénériennes dans le sexe masculin, aux altérations de l’épididyme et du testicule qui en sont la conséquence, cette forte proportion de maris stériles.

C’est qu’en effet, si la guérison de l’épididymite est de règle, il n’en est pas toujours ainsi et les exceptions ne sont pas d’une excessive rareté.

Gosselin (3) surtout ne nous a-t-il pas appris à con-

1. Macnaughton-Jones, Diseases of women and uterine therapeutics. New-York, 1905.

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