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CHAPITRE III

Les moyens d'investigation

Nous en étudierons les trois principaux, c’est-à-dire :

La Consultation Le Laboratoire La Clinique

La Consultation

Pour déceler les causes possibles de stérilité chez les deux époux, un examen immédiat s'impose; pour être efficace, il doit être bilatéral. La part du mari dans l’infécondité du ménage, bien qu’elle soit moins importante que celle de la femme, ne doit pas être négligée; et surtout, la faute ne doit pas, d'emblée, être rejetée sur lui ou sur elle.

« Dans un couple stérile, il y a au moins un malade et souvent deux. » Telle est la pensée directrice, qui agrandit au besoin le champ d’exploration. Des impressions générales ont pu se dégager d’un premier contact. L’interrogatoire et un examen clinique approfondi les préciseront. Il nécessite de Ia prudence, car beaucoup de femmes stériles qui viennent consulter, sont devenues des anxieuses, des mélancoliques, trop préoccupées de leur état ; parfois, ce sont des femmes jeunes, surprises après quelques mois de mariage, de n'être pas enceintes; parfois, ce sont des épouses arrivées presque au terme de leur vie génitale, et qui désirent ardemment un enfant.

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Les motifs sont variables, qui amènent la femme à consulter, et, dans cet examen, comme dans celui du mari, il faut compter avec une foule de détails, ménager des susceptibilités et toujours craindre, à la suite de mots imprudents, la mésentente conjugale (1). Le premier examen comporte un interrogatoire, et un examen clinique ; cet examen pratiqué chez l’homme comme chez la femme est général et local.

Chez la femme, l’interrogatoire est fait en tête à tête avec la consultante, en l’absence de toute aure personne. Il est rationnél de poser les questions dans un ordre donné et de recueillir les renseignements suivants :

1° Savoir depuis combien de temps la consultante s'expose à devenir enceinte.

Cette question, d’un intérêt ‘primordial, n’est nullement oiseuse. Toute femme, mariée ou non, dont l’activité génitale date de moins de six mois, est éliminée d’une consultation contre la stérilité.

2° Savoir si elle a déjà été enceinte.

D’après la réponse, c'est une stérilité primitive ou secondaire. «

C’est alors qu’il faut prendre garde à . les « Dents retards » relatés par les consultantes, et dans lesquels existait ou non une trace de grossesse.

3° Connaître l’état de la menstruation.

L'importance en est considérable, au point de vue thérapeutique.

Savoir la date des premières règles.

Les fillettes indigènes sont réglées très tôt, souvent entre 11 et 12 ans. KElles sont parfois mariées avant d’être nubiles.

CN. B. —Nous disons ceci principalement pour les consultantes européennes, Il en est différemment des femmes indigènes pour lesquelles ces considérations prennent moins d'importance, e Hd iii.

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Savoir si celles-ci sont régulières où non, et quel est le rythme de leur apparition, mois solaire, mois lunairé ou intervalle supérieur ou inférieur à un mois.

Connaître la durée des règles, et demander si ceilesci sont douloureuses (avant, pendant, après), ou non.

En connaître l’intensité, la couleur et l’odeur.

4° Savoir si la malade a présenté des grossessés antérieures et quelle en a été la terminaison.

L’attention de la consultante est attirée sur l’importance qu'il y à à ne rien cacher, surtout s’il s’agit de fausses couches provoquées.

Il faut savoir également si les accouchements antérieurs se sont faits à terme, s’il y a eu des enfants morts nés ou morts peu après la naissance, s’il y a eu dés monstruosités fœtales, ou encore une infection puerpérale.

5° Savoir le rythme de la fonction génitale.

Chez certaines femmes, avides de maternité, le coît quotidien est fréquent; or une activité génitale inter:sive exercée régulièrement ne favorise guère la fécondation. | .

Il est également important de savoir s’il existe des « fraudes génitales »; souvent pratiquées pendant le début d’unions très légitimes, elles constituent des conditions défavorables à une grossesse ultérieure.

Puis la malade est interroge sur ses antécédents : c’est d’abord son histôiré personnelle, celle des maladies de l’enfance, de l’adolescence, des affections gynécoloyiques; l’existence possible d’un accident syphilitique.

Ce sont ensuite les antécédents héréditaires et collatéraux.

Il s’agit de savoir si le sujet examiné appartient à une famille nombreuse, ou si la paucinatalité est de règle dans son ascendance; si la consanguinité est en cause, où encore si les descendants n’ont pas hérité de tares, telles que la tuberculose et la syphilis, qui pro-

es

voquent souvent la stérilité à la deuxième génération.

Il est également intéressant de tonnaître le degré de fécondité des sœurs.

Enfin, il est nécessaire de savoir si la malade a déjà été soignée pour la stérilité, et par qui. Des amies bénévoles, des matrones se livrent très souvent à des pratiques étranges pour essayer de soigner des femmes avides de grossesse.

C’est alors que l’on songe aux infections possibles, secondaires à des traumatismes brutaux ou à des attouchements septiques des organes génitaux.

En dernier lieu, on doit établir le bilan sanitaire du procréateur.

Pour cela, l’interrogatoire direct du conjoint est préférable; on le fait systématiquement, dès que le premier exämen d’une épouse a paru négatif. Les hommes en comprefnent presque toujours l'intérêt et s’y soustraient rarement.

. On explique alors au mari la nécessité de faire les examens de laboratoire.

Le Laboratoire

Nous en étudierons les principales recherches qui sont

L’Examen du Sperme L’Examen Interférometrique

1° Examen du sperme

Chez l’homme, avant tout examen du sperme, nous nous rendrons compte s’il n’existe pas une urétrite ancienne, chronique ou non avouce. S'il existe un écoulement, la chose est facile; sinon, par un léger massage, On essaie d'amener une goutte au méat urétral. Les diverses méthodes de coloration (Bleu, Gram) renseignent sur la nature de la flore microbienne : 20nocoques ou microbes banaux.

Le sperme est recueilli, par masturbation, dans uw verre stérile. Il s’agit alors de déterminer le « coefficient de valeur » du liquide spermatique : en effet, « la déficience de qualité des spermatozoïdes est infiniment plus grave que la déficience de quantité ». (Seguy et Vimeux).

Pour être considéré comme normal, un sperme doit se rapprocher de la formule suivante

Nombre : 100 spermatozoïdes par champ microscopique (objectif n° 7).

Mobilité : 30 spermatozoïdes au plus, immobiles,.

Morphologie : 25, au plus, avec des formes anorma- Jess

Vitalité : 20 heures après l’émission, à température ambiante, un quart des spermatozoïdes doit encore progresser au ralenti.

Une éjaculation normale est en moyenne de 5 à 8 centimètres cubes, dont chacun renferme environ 60.000 spermatozoïdes. Ceux-ci progressent d’un millimètre par minute, et doivent parcourir un trajet long de 20 centimètres environ ; le temps mis à le parcourir est de 4 à 12 heures.

Nous avons remarqué que, chez les indigènes nordafricains, la quantité de sperme était moindre, la moyenne variant entre 3 et 6 centimètres cubes.

L'examen du liquide spermatique se fait entre lame et lamelle, après mise à l’étuve à 37° pendant 10 minutes, afin de le liquéfier et de le rendre plus filant.

Avant tout examen microscopique, nous pouvons nous rendre compte immédiatement des caractères généraux du sperme, de son aspect, de son volume, de sa couleur, de sa consistance, de ses réactions chimiques, etc…;ainsi nous pouvons énoncer que les spermes très fluides, d’une consistance régulière, sont généralement très pauvres ou correspondent à une azoospermie COmplète ; par contre, les spermes compacts, peu liquides,

riches en albuminoïdes, lécithines et phosphates de

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spermine, contiennent de très nombreux spermatozoïdes.

L'examen microscopique se fait en préparation humide; on examine avec un objectif fort et un éclairage modéré (sans éclairage condensateur) ; on reconnaît les spermatozoïdes à leur tête ovale, à leur queue, longue et sinueuse, à leur grande mobilité. Certains traversent le champ microscopique en quelques secondes par des mouvements efficaces de leur queue; d’autres ont des mouvements oscillatoires de moindre amplitude, et sont à peu près immobiles, d’autres enfin sont morts et on observe chez eux un arrêt complet de la mobilité.

L’examen nous rend également compte, d’une façon approximative, du nombre de spermatozoïdes par champ microscopique: d’après les résultats donnés par Séguy et Vimeux, un sperme apte à la fécondation doit contenir au moins 30 spermatozoïdes vivants par champ.

Après avoir étudié la mobilité des spermatozoïdes, et nous être renseigné sur leur nombre, nous examinons leur vitalité, à la température du laboratoire, à l'étuve à 37° et en contact avec

1° Du sérum sanguin de la femme ;

2° Des pertes vaginales de la femme ;

3° Des pertes cervicales de la femme ;

4 Des pertes vaginales et cervicales d’autres femmes connues, en notant pour chacune des réactions, le temps nécessaire à ce que tous les spermatozoïdes soient immobiles.

Très rarement nous avons pu constater une agglutination par le sérum sanguin. (Deux observations peu nettes.) Nous mettons le plus souvent possible en confact spermatozoïdes et pertes vaginales et cervicales, non seulement de la conjointe, mais encore de sujets différents, en prenant des flores vaginales et cervicales

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{ypes; fréquemment, après un laps de temps dépassant trois quarts d'heure, la nocivité du milieu se manifeste de plus en plus, et le nombre des éléments morts augmente progressivement ; pour avoir une idée exacte du nombre d'éléments morts, rencontrés par champ microscopique, nous utilisons la méthode suivante préconisée par Fisch : à une goute de sperme mis en contact avec des pertes vaginales ou cervicales, nous mélangeons une goutte de solution d’éosine à 1 % ; les spermatozoïdes vivants continuent à évoluer librement et ne sont nullement incommodés par le colorant, tandis que ceux considérés comme morts se colorent en rose, au bout de quelques minutes.

Très souvent donc, les secrétions cervicales ou vaginales tuent les spermatozoïdes ; il ne s’agit pas là, d’une simple immobilisation par un liquide acide, car les spermatozoïdes restent immobile lorsque qu’on alcalinise le milieu ; cependant l’acidité des secrétions cervicales ou vaginales maintes fois constatée ne suffit pas à expliquer la mort des spermatozoïdes ; il est fréquent de voir des spermatozoïdes doués de mouvements vifs, d’une activité très longue, en contact avec des pertes nettements acides.

On peut néanmoins en conclure que :

Les secrétions normalement acides du vagin excitent les mouvements des spermatozoïdes, mais tuent tous ceux qui ne le quittent pas assez rapidement.

Les secrétions normalement alcalines du col attirent vivement les spermatozoïdes et provoquent ainsi leur ascension. Ils ne peuvent progresser que si le col est le siège d’une sécrétion fluide, abondante et transparente, temporaire, et qui parait coïncider avec l’ovulation.

L'absence de ces sécrétions normales où leurs modifications pathologiques, (acidité ou alcalinité) sont nuisibles aux spermatozoïdes.

Après avoir observé la mobilité, la validité et le nom-

bre des spermatozoïdes, nous passons, grâce à l’examen des préparations fixées et colorées, à l’étude des formes anormales ; on colore à l’hémateine - éosine ou par un bleu basique, après avoir dilué le sperme dans vingt parties de sérum physiologique, après contrifugation à faible allure et étalement du culot de centrifugation.

Seguy et Vimeux, Fisch, Le Lorier, Laffont, Fulconis et Bartoli en France, Mœnch et Holt en Amrique, ont étudié ces genres de formes ; de ces travaux il découle que les modifications observées peuvent porter sur les trois segments qui forment le spermatozoïde: la tête, la pièce intermédiaire et la queue.

La tête au lieu d’être vue de profil peut se présenter de face « comme le poisson malade qui est couché sur le flanc » (Fisch et Le Lorier) : quelques fois elle peut se présenter sous un aspect volumineux plus ou moins transparent ; certains ®spermes renferment une forte proportion de spermatozoïdes désignés sous le qualificatif « à collerettes » que certains auteurs ont montré être des formes d'évolution ; nous avons remarqué que ces éléments se déplaçaient plus lentement et s’immobilisaient beaucoup plus rapidement que les autres; la pièce intermédiaire est susceptible de se distendre ; la queue peut dépasser les proportions ordinaires. En outre l’examen des préparations fixées et colorées nous permet l’analyse bactériologique du sperme. (Recherche du gonocoque.)

Après examen du sperme, pour expliquer linfécondité de la femme, on peut procéder à l’étude des groupes sanguins de chacun des conjoints ; nous n’avons jamais rencontré de groupe concordant. (Le petit nombre de ces réactions ne nous permet pas de couclure.)

Quels sont les résultats pratiques, qui résultent de examen du sperme ?

1° Les spermes déficients en quantité, ne sont pas trop

mauvais si les spermatozoïdes vivants sont vigoureux ; cependant, les chances de fécondation en sont diminuées d'autant. Elles deviennent excessivement rares lorsqu'il »’existe que deux ou trois spermatozoïdes vivants par champ microscopique.

Néanmoins plusieurs examens successifs, à dates éloignées, deviennent dans ce cas nécessaires.

2° Les spermes dificients en qualité. On comprend dans ce terme la mobilité, la morphologie et la vitalité ; si cette vitalité est déficiente, bien que la quantité soit normale, c’est une cause très grave de stérilité.

Les spermatozoïdes sont en effet incapables d’atteindre le col, même si les sécrétions ne sont modifiées ni dans leur alcalinité, ni dans leur acidité ; ces spermatozoïdes ne pourront se soustraire à l’action nocive du milieu vaginal. Il en sera de même de la sécrétion alcaline du col, dans laquelle, normalement ils doivent vivre plusieurs heures. Même s’il arrivent au contact de l’ovule, ils ne pourront le féconder.

Enfin, chez la femme, une partie des pertes ou sécrétions prélevée pour les recherches biologiques, permettra de faire l’examen de la flore microbienne : gonocoques, saprophytes, entérocoques, colibacilles, protCus etc.

Le résultat de l'examen bactériologique, surtout lorsqu’il s’agit d’une gonococcie, est tenu secret.

2° L'EXAMEN INTERFEROMETRIQUE

Il serait trop long d'étudier la méthode; nous n’en dirons que le strict minimum, autant qu’elle nous intéresse par les rapports qu’elle a avec la stérilité, et la façon pratique dont elle décèle, en cas d’infécondité, les troubles endocriniens qui en sont souvent la cause.

En 1910, Abderhalden constate que l'introduction, par injection de protides hétérogènes, déterminait dans le sang l’apparition de ferments de défense dont on pou-

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