La Stratégie de M. Renan
M. Renan a une prétention, je pourrais dire une faiblesse: il tient à être oonsi* dcré comme savant. Volontiers, il renonce aux titres de théologien, de controversiste; de polémiste, pourvu qu'on s'incline devant son érudition, a Je proteste une fois pour c< toutes, » dit-il dans l'Introduction au nouveau livre des Apôtres^ reproduisant une déclaration déjà insérée dans la Préface de ses Éludes d'histoire religieuse^ « contre la ce fausse interprétation qu'on donnerait a
c( mes travaux, si Ton prenait comme des « œuvres de polémique les divers essais sur c( rhisloire des religions que j'ai publiés ou « que je pourrais publier à. l'avenir. Envisa- « gés comme des œuvres de polémique, ces « essais, je suis le premier à le reconnaître, « seraient fort inhabiles... Loin de regretter «les avantages que je donne ainsi contre « moi-même, je m'en réjouirai, si cela peut « convaincre les théologiens que mes écrits « sont d'un autre ordre que les leurs, qu'il « n'y faut voir que de pures recherches d'é- « rudition, attaquables comme telles, où Ton «essaye parfois d'appliquer à la religion « juive et à la religion chrétienne les prin- « cipes de critique qu'on suit dans les « autres branches de l'histoire et de la phi- « lologie. Quant à la discussion des quesactions purement théologiques, je n'y en-
c< trerai Jamais, pas plus que MM. Burnouf, « Creuzer, Guigniaul, et tant d'autres hislo- <( riens critiques des religions de Tanti- « q'uité ne se sont crus obligés d'entrea pr^jndre la réfutation, ou Tapologie des <( cultes dont ils s'occupaient. L'histoire de c< rhunianité est po^ur moi un vaste ensem^ « ble, où tout est essentiellement inégal et « divers, mais où tout est du même ordre, « sort des mêmes causes, obéit aux mêmes « lois. Ces lois, je les recherche saris autre a intention que de découvrir l'e^cacte nuance « de ce qui est. Rien ne me fera changer un «rôle obscur, mais, fructueux, pour la c< science, contre le rôle de conlroversiste, « rôle facile, en ce qu'il concilie à l'écrivain c< une faveur assurée auprès des personnes « qui croient, deyoir opposer la guerre à la « guerre... Je m'en tiendrai invariable-
« ment, ajoule-l-il après avoir reproduit « intégralement sa déclaralion antérieure, à « cette règle de conduite, la ^eule conforme c( à la dignité du savant ^ »
Voilà un programme nettement, nous voudrions pouvoir dire franchement tracé : la méthode est celle employée pour les travaux d'érudition : le but de découvrir Vexade nuance de ce qui est. Quant au résultat, il est on ne peut plus modeste, obscur, car on fuit, bien loin de la rechercher, la faveur assurée à ceux qui croient devoir opposer la guerre à la guerre. La guerre! li donc, un pareil procédé est au-dessous de la dignité d'un savant!
C'est comme homme de recherches patientes et laborieuses, comme savant, que M. Renan tient à être considéré.
^ Les Apôtres y introduction, page lv à ltiii.
C'est à ce point de vue que Mgr Gerbet s'est placé pour le juger dans l'écrit qu'une mort trop prompte l'empêcha de publier luimême, mais qu'il eut le temps d'achever.
Habitué de longue main aux procédés de la science, familiarisé avec les recherches de Térudition, il voulut peser dans la balance d'une impartiale équité la valeur scientifique d'un livre qui blessait ses convictions les plus intimes. Faisant taiie au dedans de lui-même les protestations de sa foi indignée, il consentit à ne juger l'ouvrage qu'au point de vue de la science, mais de la science vraie, sérieuse, puisée aux sources. Grand fut son étonnement, quand il se mit en présence de ce livre si pompeusement célébré par tous les organes de la science officielle ! Il voulut croire d'abord à des inexpériences, à des préoccupations de bonne foi, à des
erreurs involontaires; mais, en examinant de près, il reconnut une trame habilement ourdie pour tromper les simples et les ignorants, un parti pris d'attaques perfides et dissimulées contre le christianisme; et il condensa son appréciation loyale et consciencieuse dans une formule vive, énergique, mais vraie : M, Renan n\esi que fe preatidigitatenr de Véndiiion. Cette sentence sera ratifiée, nous en avons la conviction, pdr quiconque se donnera la peine de parcourir ces pages élincelantes de verve, mais où brille une logique peu soucieuse des miameSf mais qui va droit à la vérité.
Nous ne croyons pas que l'illustre auteur ait déployé dans aucun de ses ouvrages une plus grande puissance de raisonnement et une plus riche variété de connaissances.
Quoique l'écrit de Mgr Gerbetne roule qne
sur le premier ouvrage de M. Renan, la Vie de Jésus, il tombe de tout le poids de son autorité sur celui qui vient de paraître, les Apôtres. L'auteur, en effet, a conservé dans ce nouveau livre la même méthode insidieuse, les mêmes procédés sophistiques. Nous pourrons peut-être un jour confirmer ce jugement, déjà très-réfléchi, par un examen plus détaillé, mais nous pouvons dès ce moment affirmer que l'appareil prétendu scientifique sous lequel on présente au public de pures recherches d'érudition sur les origines du christianisme y n'est qu'un masque qui cache une nouvelle attaque, aussi perfide que la première, contre la divinité de notre sainte religion.
Dans une Introduction de soixante pages, sous prétexte de critique des documents originaux^ l'auteur, par un de ces tours de passe-
passe signalés dans Técrit de Mgr Gerbet.
cherche à démolir, sans paraître même y loucher, la valeur historique des Actes des Apôtres. A-t-il découvert quelque document qui infirme une tradition de dix-huit siècles? discute-t-il au moins les arguments anciens et nouveaux sur lesquels les apologistes chrétiens ont assis leurs démonstrations de la valeur historique du livre de saint Luc? En fait d'autorités, il se contente, dans unt note, d'engager les lecteurs français^ — n'y a-t-il pas là quelque superbe dédain! — à consulter la Vie de Jésus par Slrauss, et la Nouvelle Vie deJésus^ du même auteur^? Plus loin, il est vrai, aussi dans une note, il ajoute : « Les personnes qui ne peuvent lire sur tout ceci les écrits allemands, — évidemment il s'agit ici des personnes peu savantes, — de Baur,
* înlroduttion, pagp v:ii.
Schneckenburger, de Wetle, Schwegler,Zel- 1er, où les questions critiques relatives aux Actes sont amenées à une solution à peu prèsdérinitive, — cet à peu près nous console — consulteront avec fruit*... » Suit l'indication de quelques ouvrages tous rédigés dans un sens rationaliste. Bien entendu qu'on n'indique jamais aucun des écrivains iqui ont défendu la valeur historique des Actes. Estce là de rimparlialité? Et que dire de ce procédé logique? « Je répéterai encore, en tête de ce livre, ce que j'ai dit au commencement de ma Vie de Jésus. Dan« des histoires comme celles-ci, ou l'ensemble seul est certain, — tour de passe-passe, — et où presque tous les détails prêtent plus ou moins au doute, par suite du caractère légendaire (les documents, — n'interrompez
* Inlrodiiclion, ] agt» xxx. . ,
pas pour demander la preuve; vous dérangeriez Topération, — Thypothèse est indispensable; sur les époques dont nous ne savons rien, il n'y a pas d'hypothèse à faire. Dans les parties où le pied glisse entre l'histoire ella légende, c'est l'effet général seul qu'il faut poursuivre^ »
Maintenant que l'opération est terminée, demanderez-vous à l'auteur sur quelles preuves il s'appuie pour affirmer que presque tous les détails^ rapportés par saint Luc dansles Actes ^prêtent plus cm moins aa doute? Il vous répondra : « Ce ne sont pas là de simples soupçons, des conjectures d'une critique défiante à; l'excès, de- sont de solides inductions : toutes les fois qu'il nous est permis de contrôler le récit des Actes^ nous
* Introduction, pages vi, vu.
le trouvons fautif et systématique^ » Un vrai savant se fût cru obligé de justifier cette assertion par des preuves nombreuses, M. Renan se contente de renvoyer les lecteurs gni ne peuvent pas lire les écrits allemands à des ouvrages que la plupart n'ont certainement pas entre les mains.
Même manière de procéder dans tout le cours de l'ouvrage : des assertions hasapdées/des affirmations tranchantes, aucune preuve. Aux premiers chapitres, Tauteur leut expliquer naturellement la résurrection de Jésus, ce fait générateur du christianisme^ ainsi qu'il le dit. Après avoir épuisé toutes les ressources de sa perfide habileté à démontrer que les Apôtres et les saintes femmes crurent voir Jésus réellement ressuscité, tandis qu'ils ne virent que le fan-
< Introduction, page xxix.
tome bien-aimé *, il se trouve en présence d'une difficulté sérieuse : si Jésus-Christ n'est pas réeikment ressuscité, qu'est devenu son corps? Voulez-vous savoir comment il la résout? « A peine avons-nous songé jusqu'ici à poser une question oiseuse et insoluble. — Que dites-vous de ces deux épiihctes? — Pendant que Jésus ressuscitait de la vraie manière, c'est-à-dire dans le cœur de ceux qui Taimaient, pendant que la conviction inébranlable des Apôtres se formait, et que la foi du monde se préparait, en quel endroit les vers consumaient-ils le corps inanimé qui avait été, le samedi soir, — c'est sans doute par distraction que l'auteur substitue le samedi au vendredi, on ne peut supposer qu'un vrai savant veuille ainsi, incidemment et d'un trait de plume, démolir une tradi-
* Gluii* H, p. .'5.
ton dix-huit fois séculaire; — déposé an sépulcre? On ignorera toujours ce détail; — ne trouvez-vous pas ce mol joli? — car, naturellement, les traditions chrétiel^nes ne. peuvent rien nous apprendre là-dessus; — Pourquoi donc, monsieur? — C'est Tesprit qui vivifie; la chair n'est rien. — Par un renvoi on vous indique : Jean, vr, 64, comme pour mettre une asserlion aussi hardie sous le couvert de PApôlre bien-aimé, qui en est bien innccent. — La résurrection fut h triomphe deTidée sur la réalité. Une fois ridée entrée dans son immortalité, qu'importe le corps*? » et le tour est fait!
il ne sera pas plus difficile d'expliquer sans aucune intervention surnaturolle la descente du Saint-Esprit sur lès apôtres, au jonr de la Pentecôte. « Entre toutes ces descentes
* Cliap. Il, page 59.
de l'Esprit, qui paraissent assez fréquentes, il y en eut une qui laissa dans TÉglise naissante une profonde impressictn. Un jour que les frères étaient réunis, un orage éclata. Un vent violent ouvrit les fenêtres ; le ciel était en feu. — Demanderez-vous sur quoi est appuyé ce récit? est-ce que la parole de M. Renan ne suffit pas? Il a voyagé en Orient, et vous allez voir comme il connaît tout ce qui se passe dans ces contrés, surtout les orages/ — Les orages dans ces pays sont accompagnés d'un prodigieux dégagement de lumière; l'atmosphère est comme sillonnée de toutes parts de gerbes de flamme. Soit que le fluide électrique ait pénétré dans la pièce même, soit qu'un éclair éblouissant ait subitement illuminé la face de tous, on fût convaincu que l'Esprit était entré, et qu'il s'était épanché sur la tète de chacun sous forme de
DigitTzed by
langues de feu *. » S'il restait encore quelque doute dans votre esprit, vous n'auriez qu'à consulter au ba# de la page la note qui vous est signalée par un renvoi : « L'expression « langue de feu » signifie simplement, en hébreu, une flamme (fsaïe, v, 24r Comp. Virgile, En,^ II, 682-84). »Seriez-vous curieux de connaître ce verset 24 du chapitre V d'Isaïe , le voici traduit sur l'hébreu par de Genoude : « C'est pourquoi, comme le chaume est consumé, dévoré par la flamme, — vous voyez bien qu'il est question de flamme! — ainsi ce peuple sera séché jusque dans ses racines... » Mais peut-être que Virgile nous fournira quelque indication plus précise sur le sens de ce terme hébreu « langue de feu? » Courons à V Enéide :
Chap. IV, page 62.
Ecce levis summo de verlice visus luli Fundere lumen apex, tactuque innoxia molli Lambere (lamma cornas, et circum tempora pasci * .
En vérité, s'il ne s'agissait pas de choses aussi sérieuses, ne serait-on pas tenté de rire de cet escamotage si prestement exécuté, au moyen d'un orage et d'un texte de Virgile ?
Un autre orage servira à expliquer un
* Ce qui, pour les lecteuri qui ne savent pas le latin, si< gnifie d'après la traduction de Binet : « Tandis que, livrés à la douleur nous tenons Iule dans nos bras, nous voyons s'élancer de dessus sa tète en jet lumineux, dont la flanioie légère se répand ensuite nu our de ses tempes, et volt'ge mollement le long de ses cheveux, dont elle se nourrit sans les endommager..» Si vous ne trouvez pas là les langues de feu, gardez-vous bien de les chercher dans les vers suivants, où la poésie qui précède disparait sous la Iri&te réalité : « Saisi de frayeur, nous nous empressons de secouer sa chevelure embrasée, et d'éteindre avec de Teau celte flamme myslérieuse. » Saint Luc no nous dit pas que Ion ait eu recours à ce pro;*idé le jour de la Pentecôte, mais on sait que toua lea détails de son ré. il prêtent plus (m moins au doute.
événement où Ton s'est plu jusqu'à présent à trouver du miracle, la conversion de saint Paul. Avant d'arriver à ce récit dramatique, il est bon de connaître le personnage qui doit y jouer le principal rôle. « Le tempérament de Paul n'était pas moins singulier que son extérieur. Sa constitution, évidemment trèsrésistante,, puisqu'elle supporta une vie pleine de fatigues et de souffrances, n'était pas saine. Il fait sans cesse allusion à sa faiblesse corporelle ; il se présente comme un homme qui n'a qu'un souffle, malade, épuisé... Ailleurs, il parle avec mystère d'une épreuve secrète, et d'une pointe enfoncée en sa chair... Celait, apparemment, quelque infirmité; car l'entendre de l'attrait des voluptés charnelles n'est guère possible, puisc^ue lui-même nous apprend ailleurs qu'il y était insensible. — On vous renvoie, I Cor.,
VIF, 7-8,011 il est dit, v.7: «Car je voudrais <|ue « vous fussiez tous en l'état où je suis moice même; mais chacun a son don, selon qu'il «le reçoit de Dieu, Tun d'une manière, a et l'autre d'une autre; 8, v : Je dis aux per- « sonnes qui ne sont ][^oint mariées, ou qui « sont veuves, qu'il leur est bon de, demeu- « rei* dans cet état, comme moi.» Y a t-il là trace de Yimensibiliié alléguée? Il est vrai qu'on nous avertit qu'il faut lire. le contexte; pas plus dans le contexte que dans le texte il n'y a un mot qui favorise cette interprétation, mais elle est nécessaire pour ce qui suit. — « Il paraît qu'il ne se maria « pas ; la froideur complète de son tempé- « rament, conséquence des ardeurs sans « égales de son cerveau, se montrapar toute « sa vie\ » — Ah! nous y voilà; toute cette
* Chap.x, page 171-172.
longue exposition n'avait d'autre but que de présenter saint Paul comme un cerveau exalté. Nous sommes maintenant préparés au fait singulier de la conversion... « Paul, c< sorti de Jérusalem, suivit sans doute la . ce route ordinaire, et passa le Jourdain, ce au c< pont des Pilles-de-Jacob. » L'exaltac< tion de son cerveau était à son comble; ce — vous voyez bien! — il était, par mo- • c< ments, troublé, ébranlé... Ce qu*on raconcc tait des apparitions de Jésus, conçu comme a un être aérien et parfois visible, le frap- « paît beaucoup... Chaque pas qu'il. faisait « vers Damas éveillait en lui de cuisantes c< perplexités. L'odieux rôle de bourreau c< qu'il allait jouer lui devenait insupporc< table. Les maisons qu'il commence à aperce cevoir sont peut-être celles de ses victice mes... La fatigue de la route, se joignant
a à celte préoccupation, Taccable. Il avait, à « ce qu'il paraît, les yeux enflammés. » — Par un chiffre discret, on vous renvoie, pour contrôler cette dernière assertion, au chapitre IX des Ades^ versets 8, 9, 18, où, assurément, il n'y a rien de semblable : — « Peut- « être un commencement d'ophthalmie. — ce Qui sait? peut-être bien... — 11 est impossi- « ble, avec les récits que nous avons de cet « événement singulier, de dire si quelque c< fait extérieur amena la crise — la crise!
« — qui valut au christianisme son plus « ardept apôtre... Je préfère beaucoup, pour « ma part, l'hypothèse d'un fait personnel h a Paul, et senti de lui seul. Il n'est p^^s inc( vraisemblable cependant qu'un orage, — « ne croyez pas que M. R^nan invente cet «orage; par un chiffre, il vous indique, « Act.^ IX, 3, 7; xxn, 6, 9, 11 ;xxvi, 15. Si vous
- tl ~ .
« ne Ty trouvez pas mentionné, c'est que c< vous avez sans doute un commencement « d'ophthalmie^ — ait éclaté tout à coup.
a Les flancs de THermon sont le point de c< formation de tonnerres dont rien n'é- « gale la violence. Les âmes les plus froides « ne traveisent pas sans émotion ces ef-
« froyables pluies de feu Paul était
a sous le coup de la plus vive excilation. Il ce était naturel qu'il prélat à la voix de «l'orage ce* qu'il avait dans son propre c< cœur *. » M. Renan est si habitué à prêkr à l'orage, qu'il trouve naturel que les autres lui prêtent aussi. Du reste, afin de dissiper les doutes qui pourraient rester encore dans l'esprit des lecteurs, il les gi^évient, dans une note, qu'il a éprouva lui-même un c< accès de ce genre à Byblos ; avec d'autres
« Chap. X, page 175-182.
c( principes, ajôule-l-il^ j'aurais cerlaine- « ment pris les hallucinations que j'eus alors a pour des visions *. » Qui sait? peicUêlreles hallucinations de Byblos valaient-elles mieux que les visions de Paris. Quoi qu'il en soit, on peut juger, par les quelques exemples que nous venons de citer, combien Técrit de Mgr Gerbet offre d'actualité; celte voix sortie si à propos de la] tombe, en la fêle de saint Anselme, évêque et docteur de TÉglise (21 avriH866) sera la réfutation la plqs directe, là plus péremptoire du second ouvrage comme du premier. Plût à Dieu qu'elle ouvrît les yeux de celui qui, nouveau Saul, persécute ^Église de Diçu ! .#
saint Évêque, Qbtenez-lui cette grâce !
* Ghap. X, page 180, en note.