DE LA RÈGLE DES ÉCHECS
Cette question a donné, lieu à de nombreuses controverses que nous nous réservons d'étudier dans un article spécial ; mais, à l'approche de l'Exposition Universelle, au moment où des amateurs de tous pays vont venir nous visiter et où nous comptons organiser des parties et des tournois, nous avons pensé qu'il était important, pour éviter toutes difficultés de faire bien connaître les règles qui seront appelées à ré^r les joueurs,
Philidor, le premier, a établi en France des bases fixes ; depuis, le$ autres nations ont également adopté des codes à eux.
Bien que ces différentes lois s'éloignent peu les unes des autres, il y a cependant des nuances, les Italiens et les Russes ont conservé des divergences plus importantes.
Aussi, combien ne serait-il pas à désirer qu'une entente cordiale réunît les joueurs d'Échecs de tous les pays et qu'un comité international pût élaborer une règle unique.
Lors de l'Exposition universelle de Londres, les Anglais avaient pris l'initiative de ce travail, mais malheureusement il n'a pas amené de résultat.
En attendant ce bienfait, nous avons fait appel à un grand nombre d'amateurs du Café de la Régence et d'autres, lesquels ont déclaré, après mûr examen, que la règle qui devait faire loi en France était celle de Làb'ourddnnàis, adoptée
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déjà communément depuis longtemps et publiée dans son Traité d'Échecs, Paris, 1B33; c'est cette règle qui devr^rêtre suivie dans nos rapports internationaux et dont voici la teneur :
I»V JTEC BlSfS ÉCHKCIS
ARTICLE PREMIilt
Les )otte«r« d-oiveot avoir à leur droite la «aise atigeflaire blanche de l'Échiquier. Si J'Échiquier est mal posé, celui des deux qui s'en apercevra, avant de jouer son quatrième coup, pourra exiger qu'on recommence la parti^e ; mais ce quatrième coup joué de part et d'autre, la partie sera engagée et ne pourra être recommencée.
Si les pièces sont mal rangées^ celui qui s'en apercevra pourra rêclîfîer ou faire rectifier cette irrégularité avant de fouer son quatrième coup; tnais ce quatrième coup une fois joué de part et d^autre, il fâtudra continuer la partie dans la liosiiion où se trouveront les pièces .
Si Ton a oublié un Pion, ou une pièce, en commençant la partie, il sera au choix de l'adversaire de la recommencer ou de la continuer en laissant remettre la pièce oubliée.
Si on est convenu de faire avantage d'un Pion ou d^une pièce, et qtf on ait oublié de le faire en commençant, il sera au choix de celui au préjudice duquel cet oubli aura été îaît, de contJmier la partie ou de la recommencer.
ÔaTis les parties 4 but, le Irait se tire d'abord au sort et devient ensuite alternatif, quand même les parties seraient remises. Le trait appartient à celui qui fait avantage d'une pièce.
fin cas de difftcntilé sar la couleur, qoe la partie &e fasse
JOUBNAL D KCHECS '%!
h bat ou à avantage, le choix de la couleur sera tiré au sort pour toute la séance.
vu
Lorsqu'on fait avantage du Pion, on doit donner celui du IPou du Roi. Celui qui reçoit a^ antnge de plusieurs traits ne peut en user qu'à la coDdition de ne pas dépasser son terrain, c'est-à-dire la moitié de rÉchiquier.
Ouand on a touché une pièce on est obligé de la jouer, à BMM» ^'o& n'aftt dit préalablement : j'adoube. Et môme, pour replacer une pièce qui «e serait dérangée sur PÉchi- , quier, il faudra avoir dit : J'adoube.
^ Quand on a quitté sa pièce, on ne peut plus la reprendre pour la jouer ailleurs; mais tant qu'elle n'est pas abandonnée, on est maître de la poser où l'on veut.
'Quand on a touché une pièce de son adversaire, sans dire : j'adoube, il peut yous obliger de la prendre si c'est à vous de jouer. Si cette-pièce ne peut ôtre prise,- celui qui l'aura touchée jouera son Roi, pouvant le faire, et s'il ne le peut, la faute sera sans conséquence.
Si, par erreur, vous aviez joué une jdes pièces de ^otre adversaire an lieu d'une des vôtres, vous pouvez être foreë, au choix de votpe adversaire, soit de ptrenâre la pièoe, si-â)}e lient ôtre prisje, «oit de la replacer où elle était et de jouer • votre Roi, soit cnfiQ de la laisser ù la easc où vous l'aviez jouée par inadvertance. En ceci, comme eir toot autre cas semblable si le :Roi ne pouvait jouer sans ètre^en écbec^ cette partie de la peine ne serait pas applicable.
Dans le cas où, par suite d'une erreur, vaiw -serieziabHgé de jouer votre Roi, la faculté de roquer vous est retirée.