UNE RAISON D'ÊTRE DE PLUS POUR LE JOURNAL
Nous croyons que la Stratégie a jusqu'à ce jour fidèlement rempli ses engagements.
Nous nous empressons d'annoncer à nos abonnés que celte feuille, sous un bref délai, ajoutera un noufel article à son programme ; et voici à cfuclle occasion :
Les auteurs de la Stratégie raisonnée des Ouvertures du jeu (f^cAecs viennent d'arrêter la mise en exécution d'un projet qui était bien propre à les effrayer; aussi est-il resté longtemps en suspens dans leur esprit, vu l'étendue, les dificultés et l'importance elle-même de l'entreprise.
Nous nous sommes donc décidés à faire, pour les Fins de partie, ce que nous venons d'accomplir pour les Débuts et pour les Parties à avantage, ce qui ne peut s'exécuter qu'à la condition de suivre le même plan, et de procéder par la même méthode; par cette méthode logique, rationnelle,- qui rattache les faits aux principes, et la pratique à la théorie.
Tout le monde convient aujourd'hui que les Débuts et les Fins de partie sont les seules phases de la lutte qui puissent être assujéties à la démonstration.
Ce nouveau travail sera donc à la fois la suite et le complément de la stratégie raisonnée des Ouvertures, En effet, ce n'est que par la réunion de ces deux stratégies que l'on peut obtenir un traité des Échecs à la fois complet et homogène.
Maintenant quelle sera la part du journal la Stratégie dams
ifîS LA STRATÉGIE
celle nouvelle et importante entreprise? Le voici :
Quand on s'attache à une branche détachée d'une science, combien de détails, d'observations qui se présentent, et dont on ne peut s'occuper, sans ralentir la marche tracée par le sujet! Notte journal aufa donc pour emploi, outre son mandat ordinaire, de nous venir en aide dans l'occasion. Il deviendra ainsi un auxiliaire utile, quoique non indispensable.
Nous disons, non indispensable^ car l'ouvrage doit pouvoir se Compléter lui-même, se suffire à lui-même.
Ktratég^le ralft^ouuée deti OuverÉurefit du Jeu d'Éelieeii, deuxième édition, en deux volumes.
Le premier volume vient de paraître. 11 débute par une Introduction d'une grande étendue.
Elle renferme des études sur l'Échiquier; en fait de stratégie, peut-on négliger l'étude du champ de bataille? Suit une explication succincte, mais suffisante, de la mécanique du jeu. Mais la partie la plusiimportante, c'est un cours coniplet de théorie échiquéenne. Viennent alors les Débuts modèles des parties régulières au nombre de 27. Ce sont tous ceux que reconnaît la théorie actuelle.
Un mot encore sur la question de savoir ^i :
Aux Echecs j comme en toute autre chose , la théorie doit précéder la pratique.
Supposons un maître en Philidor, acceptant la mission de faire parvenir à une première force un élève ignorant jusqu'à la marche des pièces, et cela dans le moins" de temps possible.
Par où devra-t-il commencer? Selon nous, par de fortes études théoriques. Voici venir l'objection. Nous croyons en connaître la valeur... Après tout^ les ennemis des livres et de la théorie (ce sont les mêmes), que soutiennent-ils à le bien prendre? Ceci tout simplement: c'est que pour les Échecs, il faut suivre une marche tout opposée à celle qui s'impose dans les autres sciences pratiques. Fait-on de la peinture, de la sculpture , etc., sans apprentissage, et qu'est-ce l'apprentissage, sinon l'ensemble des procédés nécessaires pour la mise à exécution^ Et ces procédés, qu'est-
JOURNAL d'Échecs d\)
ce autre Cho^ô que là partie théorique dont la pratique n'est q\ié rapplitîatloti raisdnnée.
On se demande pourquoi chaque siècle produit un si petit nombre de premières forces. Rarement, selon nous, il en faut chercher la cause ailleurs que dans la négligence des études théoriques. Connaissez-vous une de nos célébrités qui ne soit un profond théoricien? On peut commencer par la pratique, comme on peut aller à Rome par les antipodes en lui tournant le dos. Tôt ou tard, par un bout ou par un autre, il faut entrer dan$ le champ de la théorie, et ce n'est qu'avec son flambeau que Ton peut visiter avec fruit les innombrables compartiments du ténébreux labyrinthe.
Mais en voilà beaucoup plus sur cet article, dont nous parlons ailleurs, que nous ne voulions d'abord.
Revenons-donc à nos moutons.
Nous croyons devoir insérer ici l'article. Au Lectétir, où nous exposons les principales augmentations, améliorations, modifications que nous avons introduites dans la deuxième édition, et qui, par leur étendue, nous ont obligé à faire deux volumes. Ceiix de nos abonnés, qui sont en possession de la première édition, seront à môme de faire la comparaison^ dt d'iapprécier Tétendue et l'importance des travaux qu'a exigés de nous le passage de la première édition à la seconde.