AU LECTEUR
La prôïiiière édition de la Stratégie raisonnée a obtenu un sUcCès qui a dépassé nos espérances. La vitesse avec laquelle elle s'est écoulée, nous a rais dans l'impossibilité de préparer la deuxième édition assez tôt pour qu'il n'y eût pas d'interruption.
A cet obstacle, il s'en estjoiiit un autre de grande imporlancd. Nous voulons parier des longs travaux nécessaires pour introduire dans la deuxième édition un grand nombre de modifications et d'améliorations incontestables, et dont les cotiseil* venus de haut lieu, et nos réflexions personnelles, nous ont démontré l'extrôme importance. Nous allons en donner une idée sommaire.
t. Nous avons apporté une attention toute nouvelle à la; .: rédaction des principes théoriques qui sont l'âme de notrof .
{\) Extrait du tome l" àd. la Stratégie raisonnée des Ouvertures dkt jert d'Écht^iSy 3' édition*
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méthode, et qui nous servent de guides assidus dans l'analyse des Débuts modèles et de leurs variantes. Le lecteur pourra se convaincre en comparant.
II. Nous avons ajouté un certain nombre de Débuts nouveaux bien caractérisés, et tranchant notablement avec les Débuts anciens. Diviser la difficulté, pour la résoudre, est un des leviers les plus puissants de la méthode cartésienne, qui n*est que la méthode scientifique.
III. Un changement notable, c'est la séparation des Débuts modèles et de leurs variantes pour l'analyse des uns et des autres. L'enchevêtrement des variantes dans les coups réputés justes, présentait trop de faces à l'esprit, lors-
- qu'il s'occupe du travail de l'analyse. Et si l'on voulait, suivant le conseil donné par nous, borner ses premières études aux coups justes du début, on était obligé de les prendre successivement à des distances incommodes pour le raisonnement et le jeu de la mémoire.
IV. Dans cette édition^ lés coups justes, les seuls imprimés en gros caractères, comme dans la première-, sont analysés isolément et indépendamment de l'accessoire des variantes; et comme elles contiennent le caractère et le génie du début en question, on conçoit l'avantage qui en résulte pour une appréciation convenable, tant pour l'attaque que pour la défense.
V. Mais pour ne pas établir une scission entière entre deux choses qui se donnent la main, savoir le coup le plus fort, et ceux qui en approchent plus ou moins, nous avons résolu de mettre en un même tableau les coups justes et leurs variantes. Ce qui donne de la vie à ce tableau, c'est qu'au moyen des signes ( I ) et (?) qui sont placés à la suite de chaque variante dans le tableau synoptique, on peut, d'un coup d'œil, apercevoir la valeur donnée à chaque variante dans l'analyse générale (des variantes), qui suit toujours celle du Début modèle. De là résulte une grande facilité pour le lecteur de porter un jugement motivé sur tout le développement du Début. Nous espérons que cette innovation sera favorablement accueillie par les amateurs
'.'{{^érieux, et' qu'elle contribuera puissamment à l'acquisition •" japide de ce qui mérite le nom d'érudition aux Echecs.
"y*. VI. Chacune des variantes est appréciée et caractérisée '';âans le tableau du Début modèle, et occupe la place qui lui
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est assignée par sa valeur respective, quaiid il y en a plusieurs sous le même coup. Cette apprécisltion se trouve ensuite reproduite dans le chapitre consacré à l'analyse des variantes.
VII. Outre cela, le premier coup de chaque variante, apprécié comme bon, faible ou mauvais, par les signes (!)(?) est accompagné du jugement qui prépare l'esprit au résultat dont il est suivi, et où l'on est conduit par l'emploi des meilleurs coups de part et d'autre.
VIII. Chacun des coups dont se compose le Début modèle est toujours accompagné d'un numéro de renvoi au principe théorique qui le motive, comme dans la première édition.
IX. Nous avons également conservé l'usage de faire ressortir par les signes .( + ) et (~), V avantage, le désavantage ou rindifférence du Trait pour chaque Début; travail quia pour but principal de diriger l'amateur peu exercé encore dans le choix du Début, comme attaque et comme défense.
X. Sous le titre de caractère et génie propres d'un début, nous faisons ressortir la spécialité de ce début que nous venons d'analyser, et nous profitons pour cela des données qui nous ont été fournies par l'analyse elle-même.
XI. Nous continuons de conseiller à l'amateur studieux, et qui vise à se fortifier de plus en plus par des études progressives, à établir d'abord un fondement solide par l'étude exclusive et approfondie du Début modèle. Cette base nécessaire des fortes études est beaucoup plus négligée qu'on ne pense; et il serait facile de compter les amaXcurs chez qui elle se trouve établie solidement. Pour que cette condition soit remplie, il faut autre chose que le jeu de la mémoire et les ressourcesde la pratique; on doit encore être en possession parfaite des principes théoriques qui motivent chacun des^ coups justes, et savoir les appliquer convena-
vblement.
La première condition des études analytiques c'est de savoir diviser la difficulté -^oyxvVà résoudre. Le développement des forces de l'intelligence est en raison inverse du nombre de faces que lui présente l'objet étudié.
XII. Dans la première édition nous avions déjà donné le conseil d'étudier les Débuts modèles en faisant provisoirement abstraction des variantes. La deuxième édition
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en facilite singwlôrementla pratique, en renvoyant l'analyse des variantes apres celle 3u Début modèle. Ce mélange de deux éléments, le ^las souvent hétérogènes, était- gênante pour l'œil et pour l*esprit tout à la fois. Une variante peut être comparée à un mot du dictionnaire auquel vous recourez au besoin.
XIIÏ. Nous avons, généralement parlant, conservé au^ différents Débuts les noms qu'ils portent dans la première édition. Nous avons quelquefois regretté de ne pouvoir . prendre en considération quelques observations qui nous ont été faites à ce sujet. Comme plusieurs publications avaient adopté un certain nombre de nos classifications, nous ne pouvions les changer qu'aux dépens de cette uniformité qu'il serait si agréable de voiréta-blie sur ce point.
XIV. Nous avons multiplie les diagrammes autant que nous l'avons jugé nécessaire pour abréger et simplifier l'étude. Nous en avons mis un au commencement de chaque variante pour épargner au lecteur la peine de recourir aux tableaux des débuts modèles. A la fin de l'analyse de chaque début modèle, on trouve aussi un diagramme qui représente la position de la partie après le dernier coup joué.
XV. Un autre conseil qui nous semble bien propre à fortifier l'amateur studieux qui prend au sérieux ces sortes d'études, ce serait de lutter corps à corps avec les livres, en partant des mêmes coups et en créant ainsi des variantes de son fonds. Ce travail, poussé aussi loin que l'on voudrait, pourrait être comparé à celui qui se trouve exécuté dans les traités d'Echecs, et que l'on donne pour ce qu'il y a de mieux trouvé jusqu'ici. Ce serait là un moyen excellent d'apercevoir oii l'on a commencé h faire fausse route, si tant est qu'on se fût trompé.
Dans cette escrime, il faudrait s'appliquer à motiver chacun de ses coups par l'application d'un principe de théorie, comme nous le faisons dans l'analyse de ce que nous appelons les J)ébuts modèles, en conséquence de notre méthode. Au reste, c'est là le travail qu'exécutent avec plus ou moins de bonheur les grands maîtres, dans les parties où ils sont réduits, comme les simples mortels, à n'avoir plus d'autres guides que leur génie et leurs réminiscences, c'est-à-dire, vers le milieu et à la fin de la partie.
Tl en est des Echecs comme de toutes les sciences, que
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Ton ne peut approfondir que par de fortes études analytiques.
XVI. Notre deuxième volume contiendra les Gatnbits et les Débuts irréguliers. Nou^ ne popyons, avant de le terminer, annoncer d'avance le nombre précis des Débuts qui se seront imposés à la Théorie l'époque où il sera publié. Possible que, dans l'intérêt de l'analyse, on reconnaisse, ou que nous reconnaissions nous-mêmes la nécessité de faire encore quelques" tranches nouvelles bien caractérisées.
Il nous reste à payer un juste tribut de reconnaissance à l'égard de ceux qui ont bien voulu nous prêter la lumière de leurs conseils et l'appui de leurs encouragements. En première ligne figurent MM. E. Morphy et L. Genturini, deux noms connus dans le monde comme les Echecs euxmêmes. Nous souhaitons à la cause de l'Echiquier de voir se multiplier des maîtres de cette trempe, de cette science consciencieuse et approfondie, de cet amour des Echecs pour les Echecs eux-mêmes. Ce témoignage est une dette qui nous a été imposée par toute la suite de leur correspondance, et que nous sommes heureux de payçr aujour(|'hui que l'occasion s'^n présente naturellement.