I. PÉRIODE DES RACINES
Si nous désignons par le nom de racines les 'éléments irréductibles ou, comme les nomme Max MiîUer, les éléments constitutif du langage, il nous faut admettre que toute structure du langage a commencé par la création de racines. Presque tous les savants, dans la linguistique nouvelle, s'accordent à admettre ce point * . Nous regardons en outre les racines, non comme de simples abstractions ou des hypothèses destinées à aider le raisonnement, mais comme des êtres réels ou des « mots primitifs, » qui dans la période de création du langage existaient par euxmêmes ^. Je me trouve en cela d'accord avec des savants tels que Bopp, Max Mùller, Heyse, Schleicher, et d'autres encore. S'il y a des langues qui, comme le chinois, peuvent se contenter de mots monosyllabiques et non susceptibles d'aucune modification, rien ne nous empêche de supposer im pareil état pour les langues dont il s'agit ici, et cette supposition me paraît toujours encore avoir pour elle beaucoup plus de vraisemblance que d'autres théories. « Il a dû nécessairement y avoir, dit Heyse*, avant que le langage prît la forme grammaticale, un état où il ne se composait que de racines. » « Thèse germinal forms would hâve answered every purpose in an early stage of languages, » dit Max Mûller^, en opposition à d'autres opinions^ comme en a avancé Pott ^. Je ne puis concevoir pourquoi, selon l'expression de Pott, les racines, comme telles, manqueraient nécessairement de l'empreinte qui fait les mots, et par suite seraient dépourvues de la valeur réelle qu*ont les mots