‹ La stratification du langageChapitre 45 sur 54 · ZeiUchnft, XV · texte numérisé non relu

ZeiUchnft, XV

3. Il s'agit ici de formes féminines en ai, propres aux écrits védiques et surtout aux Br&hmanas, que Eulin considère comme des génitifs. — N. du Trad.

en dehors de notre sujet; mais cette manière de voir me sourit beaucoup dans ce qu'elle a d'essentiel. Les plus anciens génitiÊ oflfriraient ainsi une analogie frappante avec le latin cujus (pour quO'jus). Cette forme a précisément conservé la flexion propre aux adjectife : cujus puer, cuja filia, cujumpecus. On comprend très bien qu'avec le temps ces distinctions aient paru trop minutieuses, et que , l'origine des formes s'étant une fois obscurcie, une seule d'entre elles, cujtcs dans notre exemple, se soit conservée pour les trois genres. A cela pourtant il y avait une condition qui d'ailleurs concorde très bien avec les résultats que nous avons obtenus. C'était qu'il n'existât pas encore un trop grand nombre de cas se poursuivant à travers les différents nombres. Car on comprendrait difficilement que cet -asjas ou -asjâs eût aussi remplacé l'accusatif pluriel -asjânSy le génitif pluriel "Osjasam (d'après Schleicher), le locatif pluriel -a^ja-^t? a. En un mot le génitif singulier paraît être l'un des cas les plus anciens, le premier peut-être qui se soit formé après le nominatif et l'accusatif. Il nous faudrait naturellement expliquer de la même manière les formes en -as. Et peut-être pouvons-nous, ici aussi, trouver dans une forme effectivement conservée la confirmation de notre hj^othèse. Si -a-^a était primitivement une forme masculine, on pourrait s'attendre à trouver comme forme correspondante au neutre -a-to, d'après la déclinaison pronominale; et comme -a-5a s'est plus tard accourci en -a-5, -Or-ta aurait dû aussi s'accourcir en -a-if . Or -a-^ est la désinence de l'ablatif. Et si le génitif i?SA-a-5 était àl'ablatif i?âA-a-i^ ceque ja-s « qui » est au neutre ja^-t^ ce que le latin aliu-s est à aliu-d? On a conjecturé depuis longtemps que le t de l'ablatif provenait du thème pronominal ta, sans expliquer cette origine. L'ablatif, comme on sait, se confond souvent en sanscrit avec le génitif. L'ablatif s'expliquerait fort bien par une forme d'adjectif, même au point de vue de la syntaxe. Secours céleste et secours (venant) du ciel, œstlicher Wind (vent oriental), et Wind aus Osten (vent d'est) sont synonymes. La question uhde ne serait pas plus expressément désignée dans l'ablatif que dans les composés comme Ostwind, SpuxsTYjç. Entre les deux formes primitivement distinctes par le genre, le langage aurait, à une époque où cette différence était devenue obscure et superflue, commencé à établir une différence interne. Nous avons cru plus haut observer des remaniements analogues dans le subjonctif, et nous

l. Voyez Schleicher. Compendium, g 251, p. 551.

avons également découvert des nuances nouvelles de syntaxe dans remploi de Toptatif.

Si les hypothèses que nous avons proposées ici se confirmaient, un &it nous serait acquis, d*une importance capitale, même sous le rapport de la syntaxe : c*est que le génitif de toutes les déclinaisons, au singulier du moins , proviendrait d*un adjectif; par conséquent, ainsi qu*on Ta déjà remarqué S Tusage adnominai de ce cas serait Tusage primitif, au lieu que la direction dans Tespace serait le sens secondaire. Le rapport du génitif au nominatif et à Taccusatif serait originairement le même que celui de la dérivation proprement dite ou formation secondaire à la formation primaire *. Car même dans la formation primaire le thème, au point de vue de la syntaxe , est l'élément régi et le suflSxe pronominal Télément régissant : div-ja-s àhà-^ia-s signifiait proprement « ciel le éclat le », c.-à-d. « éclat le du ciel » oùpavou tb çwç; vé<jTi-|jLo-v r<|xap signifiait « jour le du retour »; TcoXC-TYj-ç signifiait 5 vf^ç icéXsax;. L'emploi varié de ces désinences dérivatives repose sur l'ambiguité du rapport possible entre le thème primaire et le pronom qu'on y adapte. Les mêmes vues ont été exprimées déjà par Adolphe Régnier^.

En ce qui concerne la formation des autres cas, nous ne chercherons plus à faire ressortir qu'un seul point. Les cas où se rencontre la syllabe -bhi composent un groupe à part. Bopp a déjà^ traité collectivement de tout ce groupe, sans que ni lui ni aucun autre, que je sache, ait donné de ces formations une explication satisfaisante. Je ne puis être de l'avis de Grassmann^ qui suppose, comme on l'avait d'ailleurs avancé déjà avant lui, que toutes ces formes viennent de la préposition abhij à, vers, autour, = gr. <îijlç(. Cette hypothèse soulève bien des objections, et d'abord on ne voit pas ce que pourraient être à la suite de cette préposition les divers éléments additionnels par lesquels se distinguent bhj-am, bhj-âm, bhi-s et bhj-as. Ces éléments dis-

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