Vergleichende Grammatik^ g
instincts analogues dominent dans la formation des cas et dans celle des thèmes. En effet, le thème sanscrit bhâra prend an avant de s*unir k la désinence âm pour former le génitif pluriel bhàra^^-^m. Le même thème s'élargit au locatif pluriel au moyen d'un i (= ja) : hkâror-i^su (set. hkàresu). Il semble que Y a se soit ici ajouté au thème de la même manière ^. La seconde objection est plus grave. Si le sa de vâknar-sa est par son origine identique à celui de svanor^a^ la première de ces formes semble ne pouvoir se justifier que lorsqu'elle accompagne un nominatif singulier masculin comme la seconde. On comprendrait vâkHJtr-sa svana-^a^ c.-à-d. vocis sontis ; mais on ne s'expliquerait déjà plus vâk-a-sa svanor-ma, c.-à-d. vocis sonum. Quand le premier mot est en relation avec un féminin, un neutre, un pluriel, on devrait s'attendre à trouver de tout autres formes, quelque chose comme vâk-a-sâj vak-a-ta ou vah-a-may etc. Je ne saurais réfuter cette objection d'une manière absolument satisfaisante. Il s'offre pourtant un expédient, et j'aurai ici l'avantage de me rencontrer avec Kuhn *. Ce savant aussi suppose que le génitif des thèmes en A avait primitivement la désinence du nominatif : « Le génitif est ainsi par son origine un adjectif .... , qui » a dû avoir primitivement la flexion du nominatif : çivasja » putras doit avoir signifié d'abord çivasjas putras, le fils
> appartenant à Çiva, et çivâjâs patis, l'époux appartenant
> à Çivà. Il est probable que le neutre se servait dès le principe » de la forme du masculin ; cependant il pourrait aussi avoir » possédé Ym propre à ce genre. Mais aussitôt que V origine » de la formation se fut obscurcie^ le signe du nominatif » tomba au masculin et au neutre, et ne se conserva qu'au fémi- » nin, où le sanscrit a aussi gardé 1'^ du nominatif singulier, » non pas il est vrai dans les thèmes en â, mais dans ceux en û » et quelquefois dans ceux en u » Kuhn invoque ensuite à l'appui dé cette conjecture quelques formes doubles du sanscrit et du zend, ainsi que la coïncidence fréquente des formes du génitif^ et du datif dans la première de ces langues. Ces détails soulèvent dans mon esprit quelques doutes, particulièrement sur l'application des lois phoniques. Je m'abstiens d'y entrer parce qu'ils sont
1. Voyez Schleicher. Veher Einschiebungen vor den Casusendungen (Kuhn^s Zeitschrifl, IV, 54).