FIXATION DE LA VAKIATIOX BRUSQUE
réversion inévitable, mais dans la nature, cela ne manquerait pas d'arriver, grâce aux croisements.
Les Chiens bassets également proviennent, d'après Darwin (79), d'une hémitérie fixée, et il en est de même sans doute des Bouledogues et des Carlins. L'observation précédente s'applique également à ces animaux.
Mais l'exemple le plus souvent cité de formation d'une race par variation brusque est celui des Bœufs hatos et des Moutons ancons.
Les premiers sont caractérisés par un raccourcissement des os nasaux et intermaxillaires qui entraine en arrière le nez et la lèvre supérieure et met à découvert les dents antérieures, d'oîi le nom de hatos, c'est-à-dire camus ou de Bœufs boule-dogues qu'on leur a donnée
Les Moutons ancons ou Moutons loutres sont aux Moutons ordinaires ce que les Chiens bassets sont aux autres chiens. Leur échine est longue, leurs pattes sont courtes et tordues. Ce sont là des caractères tératologiques sûrement de valeur spécifique, mais on a beaucoup exagéré leur importance.
Après s'être montrée quelque temps héréditaire, cette forme a disparu, car on ne la rencontre plus que par hasard. Sanson (93) a vainement cherché les traces de ce bétail. Nulle part, en Amérique ni ailleurs, il n'existe en troupeaux de quelque importance et ne forme une race classée se reproduisant régulièrement, comme on l'affirme d'ordinaire.
réunispar une membrane. C'est une exen- énergie contre l'existence de ces animaux
céphalie restreinte presque entièrement ainsi que des Moutons bassets comme
comparable à la proencéphalie de cer- race, et, comme il est mieux que personne
tains monstres humains. Plus tard la peau en situation d'être exactement renseigné,
se constitue au-dessus de la tumeur par il n'y a qu'à s'incliner devant ses conclu-
l'extension des lames cutanées au-dessous sions.
de l'èpiderme, la large fontanelle s'ossifie Cette forme est sûrement héréditaire,
peu à peu par un ilot d'os wormiens qui Dareste (68) a disséqué un Veau Tialo,
se développent sous la peau et finissent né de parents fiatos au Jardin d'acclima-
par se souder. Les plumes prennent un tation. Il était caractérisé par un dépla-
plus grand développement à ce niveau et cément de l'os lacrymal qui se plaçait
forment la huppe. entre le nasal et l'intermaxillaire et venait
Un ornithologiste allemand, Bechstein, faire partie du contour des fosses nasales, assure que cette hémitérie aurait été d'à- Il fait remarquer que les natos sont soubord spéciale aux femelles et se serait vent viables mais, souvent aussi, affectés étendue secondairement aux mâles. d'hémitéries graves, imperforations de
' Des Bœufs halos naissent quelquefois l'anus , ouverture du rectum dans la
dans les troupeaux en Europe. Sanson vessie urinaire, parfois membres rac-
(43) en a recueilli quelques cas pour la courcis, péronés complets, queue nulle
France, mais il s'élève avec une grande ou réduite, etc.
LES FAITS
Il en est de môme des Cochons solipèdes : cette variation se rencontre quelquefois sporadiquement, mais il n'est pas démontré qu'elle forme à Cuba une race fixée. D'ailleurs cela n'a guère d'importance, car il est bien pro])aJ)le que s'il y avait à cela quelque intérêt on pourrait perpétuer cette A'ariation; mais l'événement prouve qu'abandonnée à elle-même, elle a disparu.
HiECKEL assure que la race des Bœufs sans cornes du Parag-uay provient d'un taureau sans cornes né en 1770 de parents armés de cornes, qui, uni à des vaches ordinaires, lég-ua son caractère à sa descendance.
L'authenticité de cette race n'est pas démontrée \
]>) Permaneuce des variations brusques dues aux coudilloniîi
biolof^iquesi».
Certains Papillons, en particulier la Vanessa levana prorsa (V. p. 278), présentent un dimorphisme si accentué que les zoologistes avaient classé leurs deux formes dans des espèces distinctes. Or Weissmann (75) a montré que l'une est produite par les chaleurs estivales et l'autre par la température modérée du printemps. Il est bien évident que, si on élevait ces Papillons dans deux rég-ions distinctes, l'une plus chaude , l'autre plus froide, ces deux formes deviendraient exclusives et, au lieu d'une espèce dimorphe, on aurait deux espèces à forme unique. Mais ce que l'on ne sait pas, c'est si le changement de climat ne reproduirait pas, dès la première g'énération , la forme propre au climat où on l'aurait transportée.
c) Permanence des variations i»rusqucs dues auv croisements.
FocKE (81) est d'avis, comme Naudin et plusieurs botanistes, que les caractères issus du croisement, peuvent parfois devenir permanents.
* Les taureaux sans cornes existaient ayant vécu dans le temps quaternaires,
en Europe chez les Scythes à l'ori- Cornevin conclut de là (jue leur origine
gine des temps historiques bien que est probablement accidentelle et térato-
les paléontologistes n'aient jamais décrit logique. Mais ce nest qu'une induc-
une espèce de bovidés sans cornes tion.