‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 116 sur 251 · III. LES FORMES NOUVELLES EN PRÉSENCE DE LA RÉVERSION · texte numérisé non relu

III. LES FORMES NOUVELLES EN PRÉSENCE DE LA RÉVERSION

Lorsqu'une forme nouvelle, cjuelque soit son origine, s'est maintenue pondant quelques générations, cela ne suffit pas pour qu'on la dise fixée et passée au rang d'espèce. Car elle peut, avec le temps, céder à la Réversion et disparaître peu à peu et c'est, en effet, ce qui arrive souvent.

Que disent les faits ?

Montrent-ils des formes nouvelles ayant résisté à la Réversion et se montrant aussi fixes que des espèces naturelles?

Nous n'avons trouvé qu'un exemple de forme nouvelle s'étant produite à l'état sauvage. Ce sont les Lapins de Porto-wSanto. Or deux de ces animaux, rapportés au Jardin zoologique de Londres, reprirent en quatre ans à peu près tous les caractères de coloration du Lapin ordinaire, perdant ainsi la plus positive de leur différence avec ceux-ci. Cette modification s'étant produite immédiatement, sans même nécessiter une génération, il est évident que la variation qui lui avait donné naissance n'avait aucune solidité. Ces Lapins restèrent très sauvages et refusèrent de s'accoupler avec les Lapines domestiques, mais il est à peine douteux que, s'ils avaient pu se multiplier, en peu de générations ils auraient repris leur familiarité et leur aptitude à se reproduire avec leur race parente (Voir note de la page 288). En tout cas, la preuve du contraire n'a pas été fournie. On n'a observé aucun exemple de forme nouvelle s'étant fixée dans les conditions naturelles.

Nos races domesticjues ne sont pas dans le même cas ; elles se maintiennent indéfiniment dans les conditions biologiques où elles sont nées.

Mais ici il faut faire une distinction.

296 LKS FAITS.

Pour nos diverses races de Chiens, de Chevaux, pour notre Cochon domestique, pour le Chat, qui diffèrent des formes sauvages par des caractères sûrement spécifiques, on a soutenu que c'étaient des formes naturelles, spontanément sociables, que l'homme avait trouvées dans la nature et non créées ou même modifiées par la domestication. Cela est extrêmement peu probable, mais il est à peu près impossible de démontrer que cela est faux. Nos archives paléontologiques relatives à l'époque quaternaire ne sont pas assez complètes pour que l'on puisse affirmer qu'une race alliée à l'homme n'existait pas auparavant, à côté de lui, indépendam- . ment de lui '.

Pour ce que l'on pourrait appeler les petites races de bêtes de boucheries et de plantes cultivées, nous savons pertinemment que leur origine est due à l'homme, mais la valeur spécifique de leurs caractères peut être mise en doute.

Cependant ce n'est pas là la difficulté, car une variété fixe a la même signification qu'une espèce dans le cas actuel. Divers auteurs, entre autres NyEGELi (84), considèrent les variétés comme des petites espèces, moins différentes que les grandes, mais non moins solides. La question est de savoir si ces races sont fixées et, pour ceux qui admettent que nos grandes races sont dues elles aussi à la domestication, la question de permanence définitive se pose aussi pour elles.

Or il est reconnu que, rendus à la vie sauvage, tous nos animaux domestiques reprennent les traits des formes sauvages parentes. La chose a été constatée pour le Chat, pour le Cochon et pour le Lapin'. On ne peut

* S.\NSON (93) est d'une intransigeance sants. Il assure que l'on avait beaucoup absolue à cet égard. Il a démontré que le de peine à maintenir les caractères de la Cochon n'était pas le Sanglier domestiqué race contre une forte tendance à la réveret croit qu'aucune race fixe n'est due à la sion. Mais cela ne prouve pas qu'on ne domestication. Mais cela est insoutenable l'auraitpas maintenue, etpeut-étredeplus pour diverses races de Pigeons, de Bœufs, en plus facilement, si on avait insisté, de Moutons et pour une multitude de En tout cas les Bœufs Durham, les Mouplantes cultivées. On a des renseigne- tons mérinos ne sont pas sans doute des ments positifs sur l'origine artificielle espèces naturelles et cependant on les d'une multitude d'entre elles. Ce natura- maintient sans peine et rien n'indique liste rappelle que les moutons Mauchamp, qu'un moment viendra où la Réversion que des auteurs mal informés et qui se prendra le dessus.

copient les uns les autres, continuent à ^11 y a cependant des exceptions à cette

citer comme une race nouvelle, n'exis- règle. Darwin (79) rapporte, d'après Salle

tent plus depuis bien longtemps, leur (Prowet/. Zoo/. 5oc. 1852), que la Pintade,

élevage ayant été abandonné parce redevenue complètement sauvage à la

qu'il ne présentait pas d'avantages suffi- JamaïqueetàSaint Domingue,yadiminué

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