LES FOKMES NOUVELLES ET LA RÉVERSION
donc pas affirmer que l'homme ait jamais créé une forme capable de se maintenir seule.
D'autre part, il est certain que, maintenues dans les conditions lîiologiques où elles ont pris naissance et protégées contre les croisements qui les abâtardiraient, des formes nouvelles peuvent se maintenir indéfiniment. Cela résulte d'abord de ce que leur fixité n'est pas suffisante pour résister à un changement dans les conditions de vie égal à celui que supportent sans faiblir les espèces naturelles soumises à la culture ou à la domestication ; et cela provient surtout, de ce que la domestication ne rend les formes qu'elle engendre stériles ni entre elles ni avec les formes naturelles parentes ' ; tandis que les espèces naturelles ne se croisent pas, soit par stérilité organique, soit par défaut d'appétence sexuelle, soit parce que la rencontre des éléments sexuels est rendue difficile ou impossible par les conditions anatomiques. Quand on abandonne les races domestiques à elles-mêmes, le croisement libre a bientôt fait de détruire les différences péniblement obtenues par un long régime ou par une sélection assidue.
En résumé, de tout ce qui précède, on peut conclure ceci :
La variation, quelle soit spontanée ou causée j)ar les conditions biologiques, ou par le croisement , quelle soit lente ou brusque et même tératologique, est capable de donner naissance à des formes nouvelles.
Ces formes nouvelles ont parfois une fixité relative, mais jamais comparable à celle des espèces aie des variétés naturelles.
L homme peut obtenir des formes nouvelles ayant la valeur d'espèces et
de taille et que ses pattes sont devenues noires, de grises qu'elles étaient. Il assure que, si Ton rencontrait cette forme à l'état naturel dans une contrée distincte, on en ferait certainement une espèce.
Cette observation me semble avoir une portée considérable. Il est probable que si l'on y regardait de près on trouverait que toutes les formes domestiquées, en repassant à l'état sauvage, gardent quelques traces indélébiles de leur condition précédente, ce qui montre que la domestication les amodifiées dans leur essence, ou si l'on veut dans leur Plasma germinatif. Weisxiann (75) assure que, d'après l'avis général des botanistes, les plantes
cultivées ne reprennent jamais complètement leurs caractères primitifs en redevenant sauvages.
* Cela n'estguère étonnantpuisque, d'après les observations de Darwin (80), la domestication développe la fécondité. Cependant je trouve dans un article de M. GiARD (Revue Scientifique, nov. 89) que les Cochons d'Inde domestiqués en Europe ne peuvent plus reproduire avec les représentants américains de la souche primitive et que YAnagallis phœnica croisé avec la variété cœrulea provenant du même ancêtre ne donne pas de graines.
J'ignore l'origine de ces renseignements.
LES FAITS
les maintenh indéfiniment mais il na jainais obtenu ni observé la formation d'une race ou variété nouvelle capable de se maintenir sans son aide.
Si Ton reste sur le terrain exclusif des faits, on doit reconnaître que la formation des espèces les unes par les autres n'est pas démontrée.
La théorie de la descendance s appuie sur i/ne induction absolument légitijne, la seule raisonnable, la seule scientifique. Mais il nij a rien dans les faits qui puisse forcer la conviction de ceux qui refusent toute autre preuve que celles tirées de l'observation .