‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 159 sur 251 · serait facile de multiplier ces exemples · texte numérisé non relu

serait facile de multiplier ces exemples

THÉORIK 1)E SPEi\CER.

fait dans les cellules sexuelles) , à un état d'équilibre stable qu'une nutrition exubérante ne vient plus troubler et sont trop fortement retenues par leurs attractions polaires réciproques pour que les forces incidentes ordinaires puissent les lancer dans une nouvelle voie de réarrangements. Mais, par le fait de la fécondation, les Unités de la cellule mâle pénètrent dans la cellule femelle, et se mêlent aux Unités de celle-ci: et, étant légèrement différentes, forment avec elles un agrégat nouveau qui n'est plus en état d'équilibre moléculaire et réalise de nouveau les conditions nécessaires pour une nutrition rapide et une croissance active pendant une période d'une certaine durée. Voilà pourquoi la reproduction sexuelle est une sorte de rajewihsemcnt, une source de forces nouvelles. La réalisation d'une constitution moléculaire plus hétérogène, la substitution de cet état de non-équilibre actif à l'équilibre inerte précédent, sont la raison d'être et le but de la reproduction sexuelle

11 résulte de là que ce qui est essentiel dans la fécondation, c'est la disparité des éléments qui se conjuguent et, plus cette disparité est grande (dans les limites du possible), plus le produit est vigoureux'-. Cependant l'autofécondation est possible grâce à une légère différence entre les produits sexuels d'un mémo organisme au même moment. Nous expliquerons plus loin (p. 435 etsuiv.) l'origine de cette différence ; contentonsnous pour le moment de démontrer son existence.

Les ovules d'une même Chienne, pris au même moment , de même que les spermatozoïdes contenus en même temps dans les vésicules séminales d'un même Chien, ne sont pas identiques entre eux, car cette Chienne, couverte par ce Chien , donnera une portée de petits qui pourront présenter dès leur naissance des différences très sensibles. On est donc autorisé à croire que les ovules et grains de pollen contenus dans une même fleur hermaphrodite peuvent différer assez sous le rapport de leurs Unités physiologiques pour que ceux-ci créent, par leur union avep xeux-là, une hétérogénéité suffisante pour que la fécondation ait lieu.

* [Tout cela est affirmation gratuite, contraire à un grand nombre de faits et, si on va au fond des choses, dénué de sens précis. Les faits de Partliénogénèse, de Pœdogénèse, de coïncidence d'une multiplication sexuelle active et d'un ac-

croissement vigoureux sont innombrables et en contradiction formelle avec cette pseudo-explication] .

^ [Cela est vrai peut-être, mais ne prouve nullement que ce soit pour la raison invoquée.]

LES THÉORIES GÉNÉRALES

Mais rautofécondation ne saurait continuer indéfiniment dans une même lignée

Cela tient à ce que les différences individuelles entre les Unités d'un même organisme vont en s'atténuant sans cesse à mesure que le nombre des générations agames augmente et qu'à la fin, leur différence n'est plus suffisante pour que leur union soit fertile En effet, si les forces polaires des Unités régissent la forme des organismes, réciproquement les forces générales de l'organisme influent sur la constitution des Unités. Les Unités sont, lentement mais continuellement, remodelées et celles qui étaient quelque peu difî'érentes finissent par se ressembler'^.

La Consanguinité . — Les efl'ets de la consanguinité dans les mariages résultent de la même cause. Mais il faut remarquer que les deux conjoints peuvent avoir hérité de leurs ancêtres communs des constitutions très semblables ou très différentes, selon les hasards de l'élection héréditaire. Cela explique la très grande discordance des résultats de ces mariages.

V Hérédité. — Le fait fondamental de l'Hérédité est que chaque espèce animale ou végétale produit des rejetons appartenant au même type spécifique et portant tous ses caractères. Dans un sens plus étroit, Hérédité signifie reproduction par le rejeton des caractères individuels des parents.

' On rencontre fréquemment chez les êtres hermaphrodites des dispositions anatomiques ou physiologiques qui empêchent rautofécondation. Ici les étamines sont plus courtes que le style, ou plus longues si la fleur est renversée ; ailleurs les produits sexuels ne sont pas mûrs en même temps, et nulle part, ainsi que le fait remarquer Huxley, les conditions ne sont telles que l'intervention, au moins accidentelle, d'un mâle étranger soit impossible.

^ [L'exemple de la Pomme de terre et delà Vigne montre combien cela est faux. Ces plantes, malgré le nombre immense de leurs générations agames restent autofécondables. Cependant, pour ne parler que du cas le moins ancien, les ovules et le pollen d'un pied de Pomme de terre sont soumis depuis plus de cent ans à l'influence unique d un même individu sans cesse reproduit par bouture].

^ [Il y a là contradiction avec l'affirma-

tion de l'auteur que les cellules sexuelles, supposées identiques, d'un même individu deviennent nécessairement différentes par le seul fait qu'étant placées en des points différents de l'organisme elles subissent l'action de forces incidentes différentes, telle qu'une circulation plus ou moins active, une nutrition plus ou moins intense. Ces différences existent toujours et pui.s- ({u'elles ont suffi à créer le degré d'hétérogénéité nécessaire, elles suffiront à le maintenir. Spencer peut échapper à cette difficulté en disant que, dans la production de la différence entre les produits sexuels ilafaitintervenir deux causes : locellcque je mentionne; 2" la dissemblance entre les Unités physiologiques provenant d'ancêtres diff'érents. Cette dissemblance s'atténuerait dans les Unités vivant longtemps côte à côte dans un même organisme.

J'appelle cela jongler avec les causes et les faire intervenir selon les besoins de sa théorie].

THÉORIE DE SPENCER

Ces deux sortes de transmissions héréditaires s'expliquent simultanément par l'hypothèse des Unités physiologiques. Les produits sexuels ne sont au fond que des vésicules portant de petits groupes d'Unités dans un état convenable pour obéir à leur penchant à s'arranger suivant la même disposition que chez le parent. Pour tous les caractères de classe, d'ordre, de genre, d'espèce, cet arrangement était le même chez les deux parents et les deux groupes d'Unités du père et de la mère concourent à le produire. Mais pour les caractères individuels ils travaillent en opposition l'un avec l'autre, et le rejeton présente un mélange des cai'actères des deux parents K Si l'un des deux parents présentait quelqu'une de ces particularités dites spontanées, qui sont une dérogation au type spécifique, c'est qu'il provenait d'Unités quelque peu différentes de celles de l'espèce; il transmettra ses Unités aberrantes au rejeton et celui tendra à reproduire le caractère anormal.

La transmission des particularités acquises et des effets de l'usage et de la désuétude est moins facile à comprendre. De nombreux faits cependant montrent qu'elle existe'.

Ces cas sont difficiles à expliquer car on ne voit pas comment la modification acquise se répercute sur les Unités physiologiques. Cependant le principe de la conservation de l'énergie exige que cette répercussion existe. Un organisme vivant est un ensemble dont toutes les parties vibrent quand une d'elles est ébranlée et la fonction reproductrice ne saurait pas plus rester intacte lorsqu'on a modifié une autre fonction que le système solaire ne saurait conserver les mêmes mouvements si un de ses astres était dérangé de sa trajectoire. Si l'individu A a été modifié

' [Nous trouvons là énoncée clairement l'idée utilisée par Weismann (OSj) sous le nom de lutte des Ides et des Déterminants homologues.]

2 [L'auteur cite ici divers faits que nous avons pour la plupart exposés et discutés au chapitre de l'hérédité des caractères acquis. 11 mentionne en particulier les enfants qui, dans les classes ouvrières, naissent avec des mains plus grosses que dans les classes aisées (Walker) ; la myopie fréquemment héréditaire chez les nations civilisées et surtout chez les peuples les plus adonnés à l'étude; les animaux aveugles des ca-

THÉORIES DE l'hérédité.

vernes qui n'ont pu perdre leurs yeux que par suite d'un long défaut d'usage, la conservation de ces organes n'ayant pu leur nuire; le Canard domestique dont les os de l'aile pèsent moins et ceux de la cuisse plus que chez le Canard sauvage (Darwin) ; les Vaches et les Chèvres qui ont les mamelles beaucoup plus développées dans les pays où on les trait habituellement; les grands musiciens dont la généalogie montre que le sentiment musical est héréditaire bien que la Sélection n'ai joué aucun rôle pour le majorer dans leurs familles ; enfin les Cobayes épileptiques de Brown-Sequard.]

en A', il est impossible que ses rejetons soient les mêmes que s'il était resté A. Si « d'une part les unités physiolog-iques se disposent en vertu de leurs propriétés polaires spéciales pour former un organisme d'une structure spéciale, d'autre part aussi, si la structure de cet organisme est modifiée par la fonction modifiée, elle imprimera une modification correspondante aux structures et aux propriétés polaires de ses unités. Les unités et l'agrégat doivent agir et réagir l'un sur l'autre. Les forces exercées par chaque unité sur l'agrégat doivent toujours tendre vers un état d'équilibre. Si rien ne s'y oppose, les unités modèleront les agrégats sous une forme en équilibre avec leurs propriétés polaires prééxistantes. Au contraire, si des actions incidentes font prendre à l'agrégat une nouvelle forme, ses forces doivent tendre à remodeler les unités d'une façon harmonique à cette nouvelle forme. Mais, dire que les unités physiologiques sont, à quelque degré que ce soit, remodelées de telle sorte qu'elles aient leurs forces polaires en équilibre avec celles de l'agrégat modifié, c'est dire que ces unités, lorsqu'elles seront séparées sous forme de centres de reproduction tendront à s'édifier en un agrégat modifié dans la même direction [vol. L p. 311] ' ». Comment s'étonner de cette influence à distance de chaque unité sur toutes les autres quand on pense que la force qui retient dans son orbite la terre lancée suivant la tangente avec une vitesse vertigineuse, est une attraction s'exerçant réciproquement à 91.000.000 de milles entre chaque molécule du soleil et chaque molécule de la terre

' [J'ai tenu à citer pour être bien sûr de ne pas atténuer la force des arguments ou altérer leur signification. Il est facile de voir qu'ici encore le principe général ne prouve rien pour le cas particulier. La loi de la conservation de la force exige seulement que les forces mises en œuvre par la modification somatique produisent quelque part des effets équivalents, mais ces effets peuvent très bien ne pas s'appliquer aux cellules sexuelles sans que le principe soit violé. Admettons qu'en raison de la solidarité harmonique des fonctions, ces effets se répercutent sur lesorganes reproducteurs. 11 n'y a aucune raison pour qu'ilsproduisent sur leurs Unités destinées à la reproduction lo remodelage précisément nécessaire pour que la

modification initiale se reproduise à la génération suivante. Dire que l'organisme modifié, modifiera les Unités d'une façon harmonique telle que celles-ci reproduiront la modification somatique, c'est avancer ce que l'on ne sait pas et tirer du principe mécanique de la conservation de l'énergie beaucoup plus qu'il ne contient. Un violon est aussi un agrégat dont toutes les parties sont solidaires. On ne peut modifier la tension d'une corde sans faire varier quelque peu la tension de toutes les autres. Cependant si deux cordes se sont détendues vous ne pourrez jamais accorder la seconde en retendant seulement la première. Le principe de la conservation de la force n'est pourtant pas mis en défaut. La tension de la pre-

THÉORIK DE SPKNCER.

La Variation. — Les individus d'une même espèce fussent-ils, à un moment donné, identiques qu'en raison du Principe de rinstabilité de r homogène, il s'établirait peu à peu des différences entre eux, par le seul fait que, occupant des points différents de l'espace, ils sont soumis à des forces incidentes non identiques '. Dire que, malgré cela, ils pourraient ne pas varier serait dire que des causes différentes agissant sur des objets identiques peuvent avoir des effets identiques; ce. serait nier implicitement la persistance de la force.

Mais cela ne nous dit pas comment se produit la variation.

Les changements dans les conditions de vie ont pour conséquence une modification dans certaines fonctions et, comme toutes les fonctions sont solidaires dans cet ensemble harmonique qui constitue un être vivant, la fonction reproductrice est finalement influencée comme les autres. On peut dire encore que le changement dans la fonction modifie l'organe et que la modification de l'organe directement influencé se répercute sur les Unités du reste du corps et en particulier sur celles qui s'emmagasinent dans les cellules sexuelles pour les besoins de la reproduction ^

En vertu du même principe, il doit y avoir une différence entre les produits sexuels d'un même individu, non seulement aux époques successives de sa vie, mais encore au même moment '-.

Cette différence peut s'exprimer entre autres, par une variation dans le nombre des Unités physiologiques qu'elles reçoivent pour les utiliser

miére corde a modifié les tensions de toutes les autres et a quelque peu changé leur son, mais au lieu de tendre la seconde et de lui faire rendre le son juste, elle Ta, au contraire, un peu détendue en rapprochant ses points d'attache et a un peu plus faussé le son. On voit combien est abusive et dangereuse cette application des grandes lois simples à des phénomènes aussi compliqués et où mille autres choses interviennent.]

' [Ici encore la déduction est sans valeur. Le principe de la conservation de l'énergie ne dit nullement que l'énergie doit se dépenser ici plutôt que là, et les organes reproducteurs peuvent rester invariables au milieu des variations du reste. On pourrait appliquer tout le raisonnement de Fauteur presque dans les mêmes termes pour démontrer qu'un

chronomètre à balancier corrigé pour les températures doit marcher plus vite en hiver qu'en été.]

^ D"une part, en effet, la variation subie par l'individu au cours de sa vie doit retentir sur ses produits sexuels. C'est pour cela que deux frères d'âge différent se ressemblent toujours moins que deux jumeaux.

D'autre part, les cellules sexuelles qui mûrissent au même moment dans un même organisme, par le seul fait qu'elles occupent des places différentes dans la glande génitale, ne sont pas soumises à des forces incidentes identiques, (c'est-à-dire, ici, que les courants nerveux qui les influencent, l'intensité du mouvement nutritif autour d'elles, ne sont pas rigoureusement identiques), elles doivent différer entre elles.

LES THÉORIES GÉNÉRALES

dans la reproduction et les conséquences de cette variation ne seront pas nég'ligeables. Les œufs, fécondés au même moment, se trouveront ainsi être des mélanges à proportions varialîles des Unités du père et de la mère, et cette diftérence originelle, en se multipliant pendant l'ontogenèse, pourra arriver à produire des différences importantes dans les rejetons. Les petits d'une môme portée ou les plantes issues des graines d'un même fruit pourront donc, de ce fait, différer entre eux en présentant un mélange où les caractères des deux parents pourront se combiner dans les divers organes de la manière la plus variée.

Ces causes ne suffiraient cependant pas à expliquer les variations dites spontanées, où le caractère nouvellement apparu ne dérive pas d'une combinaison de ceux des parents , comme cela se rencontre souvent cliez les Chiens, par exemple, dans les produits d'une même portée. Ici intervient une cause nouvelle , d'importance capitale , qui influe sur la nature même des Unités renfermées dans les cellules sexuelles.

Le rejeton, avons-nous vu, possède les Unités physiologiques de ses deux parents. Mais ceux-ci provenaient eux-mêmes de deux grands parents qui leur avaient légué à chacun deux sortes d'Unités. C'est donc quatre sortes d'Unités qui se trouveront dans le produit de la génération actuelle, par le seul fait qu'il a quatre grands-parents. On voit immédiatement que le raisonnement peut se continuer de la sorte et qu'en définitive chaque individu, au lieu d'être composé d'une seule sorte d'Unité physiologique comme nous l'avions supposé au début, renferme, au contraire, celles d'un grand nomlire d'ancêtres à forces polaires légèrement différentes, opposées ou concordantes entre eDes et à tous les degrés. Ces Unités s'amasseront en proportion variable dans les diverses cellules sexuelles et on voit qu'il y a là une source inépuisable de variation pour les produits.

Dans la plupart des cas cependant, d'après la loi des probabilités, ces influences multiples se neutraliseront et les différents rejetons, malgré la différence des Unités physiologiques qui ont concouru à les déterminer, seront à peu près semblables entre eux. Mais, de temps en temps, il se formera des combinaisons spéciales qui donneront naissance à un individu présentant un caractère exceptionnel plusou moins marqué. Telle est la cause de la variation dite spontanée. Son existence et son degré de fréquence, ou plutôt de rareté, se trouvent ainsi expliquées du même coup

* [Il s'en faut de peu que Spencer n'ar- trmixûe Weismann. Il donne' à ses Unités rive à la conception des Plasmas ances- héritées la même valeur que Weismann à

THÉORIE DE SPENCER

Si la génération sexuelle est une cause de variation en ce que do deux types individuels elle en fait naître un troisième tenant de l'un et de l'autre en proportions variables, d'autre part, elle est aussi une cause du maintien des caractères spécifiques, car elle dissipe en les fondant les unes dans les autres les variations individuelles qui, sans elle, iraient en s' accentuant et divergeant de plus en plus

Critique.

Cette théorie est hardie et puissante. Elle n'a pu sortir que du cerveau d'un profond penseur. L'idée des Unités physiologiques, essentiellement différentes des particules indestructibles de Buffon, est, dans ce qu'elle a de général, une des plus heureuses et des plus fécondes qui soient, et l'emploi qu'en fait Spencer pour expliquer nombre de faits biologiques généraux est vraiment remarquable. Il ne faut pas oublier que son système est antérieur à la Pangénèse de Darwin et à tous ceux des auteurs modernes les plus ei:? renom. En les étudiant on s'aperçoit que tous, y compris Darwin, ont subi l'influence du philosophe anglais. Spencer a

ses Ahnenplasinen, car il dit (t. I, p. 326 de la trad. franc.) : « tel germe portant le « cachet d'un ancêtre maternel ou pa- « ternel et tel autre celui d'un autre « ancêtre ». Mais il ne suit pas cette idée et semble conclure seulement que toutes ces polarités se fondent en une polarité résultante unique où les caractères spéciaux disparaissent. Il conserve bien l'influence séparée des deux parents immédiats mais ne va pas au delà jusqu'à l'Atavisme auquel d'ailleurs il ne croit pas. Cette manière de voir découle d'ailleurs du fait que Spencer croit que les Unités sont sans cesse remaniées, remodelées par les influences de l'organisme, tandis que, pour Weisman, les Plasmas ancestraux sont immuables, et restent indéfiniment capables d'exprimer le caractère contenu en eux.

[L'idée de la combinaison des Unités ancestrales comme cause de variation est aussi beaucoup moins fertile entre ses mains que celles des plasmas entre celles ■de Weisman, parce qu'il n'a pas connu

les globules polaires et conçu l'idée de la division réductrice. Spencer se trompe d'ailleurs quand il attribue, en somme, à la Réversion toute variation spontanée.

Nous avons montré que de nombreuses variations spontanées introduisaient des caractères vraiment nouveaux.]

^ [On a séparé aujourd'hui sous le nom de Panmixie cette influence que Spencer définit assez nettement et qui est un des effets moins de la Génération sexuelle en elle-même que de l'absence de Sélection dans l'union des procréateurs.

[Spencer traite dans son livre plusieurs autres questions que d'autres théoriciens, Darwin, Weismann résolvent à l'aide d'unités hypothétiques analogues aux siennes. Mais il les résout en elles-mêmes, sans se servir de ses Unités physiologiques, en s'appuyant sur les formules générales de ses Premiers principes et par les procédés de mécanique métaphysique qui lui sont habituels.

[Nous n'avons pas à nous en occuper ici].

LES THÉORIES GÉNÉRALES

ouvert un large sillon et la plupart de ceux qui sont venus après lui n'ont fait que le creuser et le rectifier.

Aussi combien on regrette de voir cette idée géniale viciée à chaque instant, dans son application, par les halîitudes d'esprit du philosophe métaphysicien, de voir s'envoler dans des raisonnements sans valeur une puissance cérébrale qui, maintenue attachée aux faits, eût pu enfanter de si beaux produits.

Nous avons montré plusieurs fois, dans les notes, le vice général du raisonnement habituel. Spencer établit par quelques exemples une formule, vraie pour un certain nombre de faits, et qu'il pose comme tout à fait générale; puis il en tire des conclusions comme d'une proposition géométi'ique, c'est-à-dire s'appliquaut à tous les cas sans exception. Naturellement les conclusions risquent d'être fausses, d'autant plus qu'il conclut souvent des faits du monde inorganique à ceux de la Biologie, quand c'est précisément à la frontière de ces deux catégories de phénomènes que la formule cesse de s'appliquer. Comment un esprit de cette trempe n'a-t-il pas vu qu'un raisonnemewit déductif n'a jamais rien démontré, qu'il n'y a dans les prémisses que ce que l'on y met et que l'on n'a le droit d'y mettre, que ce que l'on sait être vrai.

Jamais la Biologie ne tirera aucun parti de ces grandes formules sonores comme elle de Y Instabilité de l'homogène par exemple. Que signifie un tel principe : qu'un système homogène tend à être dérangé et rendu hétérogène par les forces incidentes. Soit! Mais qu'y a-t-il à tirer de là? Rien!

La variation, dit-il, est inévitable parce que tout système, même homogène, est instable. D'autre part, l'œuf non fécondé ne peut se développer parce que, étant homogène, il n'est pas assez instable : il lui faut le spermatozoïde pour diversifier sa substance, la rendre hétérogène, rompre son équilibre stable et donner le branle à l'évolution. Donc, dans un cas, l'etïèt se produit malgré l'homogénéité, dans un autre il ne peut se produire à cause l'homogénéité. Tout dépend donc de la quantité, du degré d'homogénéité. Quel est le degré compatible avec la production d'un effet donné? Le principe ne le dit pas. C'est cependant la seule chose qui importe. La cause pour laquelle l'être varie ici quoique homogène, et pour laquelle l'œuf reste passif ailleurs, parce que homogène, reste tout entière à trouver.

On pourrait multiplier les exemples de ce genre.

L'idée fondamentale de la théorie est elle-même inadmissible. Spencer demande de trop grands effets à des causes trop minimes. Il admet

THÉORIK DE SPENCER.

que la forme totale de l'organisme, avec tous ses détails, résulte de la polarité des Unités. Qv polarité signifie simplement force attractive dirigée d'une certaine façon. Une telle force ne peut varier qu'en grandeur, en direction et par son point d'application. Ces trois facteurs ne sont pas susceptibles de combinaisons bien variées. La variété des formes cristallines nous montre sans doute tout ce qu'on peut attendre d'eux. Supposons qu'intervienne en outre la forme que revêt l'agrégat à chaque instant de sa complication progressive. L'imagination se refuse à concevoir qu'il y ait là les éléments d'une variété de formes égale à la variété des organismes. Spencer lui-même est-il arrivé à se représenter, même par une image approchée, la différence initiale entre les Unités de deux espèces voisines qui ne se distinguent que par quelques minimes caractères apparaissant à la fin de leur ontogénèse?

Admettons que cela soit infirmité de notre imagination et ne prouve rien contre la possibilité de la chose. Voici une objection plus pressante.

On a vu comment Spencer explique les formes successives que revêt l'être vivant dans son ontogénèse. On comprend, en effet, que l'état d'équilibre de quelques centaines de particules puisse ne pas être le même que celui d'un nombre beaucoup plus grand, que l'œuf donne, en se segmentant, d'abord un morula,puis une gastrula, puis un embryon simple formé de quelques feuillets à peine repliés et non un homunculm microscopique. Mais on ne comprend pas du tout comment ces états d'équilibre successifs réalisent la formation d'organes provisoires parfaitement adaptés comme l'amnios, l'allantoïde, le placenta, les cotylédons, ou des formes larvaires parfois sans ressemblance aucune avec la forme finale comme le Pluteus de la Sacculine ou la Chenille du Papillon. C'est le caractère essentiel des forces de cristallisation de disposer immédiatement dans leurs arrangements définitifs les particules soumises à leur action. On les voit faire des cubes avant de former une trémie , parce qu'il faut plusieurs cubes pour faire une trémie, mais on ne les voit pas, lorsqu'il y a assez de cubes pour faire une trémie, produire d'abord un autre groupement avant d'arriver à celui-là. C'est pourtant ce qu'il faudrait qu'elles fissent pour former une Chenille avant de réaliser un Papillon qui n'est pas plus gros que celle-ci. Vouloir faire admettre que les foi'ces attractives d'agrégats moléculaires aussi compliqués qu'on voudra suffisent à déterminer la réalisation, dans leurs états d'équilibre successif, de formes aussi différentes et aussi adaptées que la Chenille et le Papillon, c'est trop demander.

LES THÉORIES GÉNÉRALES

Des choses aussi compliquées ne sont réductil^les à des éléments aussi simples que lorsqu'on arrive aux atomes et à leurs mouvements. Il y a là d'autres facteurs qui interviennent.

Pour expliquer l'évolution des Unités physiologiques, Spencer invoque l'Adaptation et l'Hérédité des modifications acquises et, pour faire comprendre ces dernières, il a recours au principe de la Conservation de l'énergie. C'est retomber dans le même abus que nous signalions en commençant cette critique. Le principe en question demande que la force incidente produise un effet équivalent, il n'exige pas que la modification porte sur l'élément sexuel, ni qu'elle soit précisément celle qui convient pour que cet élément modifié reproduise le caractère adataptif utile. Or c'est cela seul qui importe dans la question. Mais la variation elle-même n'a que faire de ce principe par lequel il prétend l'expliquer. Nous avons fait remai'quer plus haut qu'un pendule compensateur bat la seconde par tous les temps et reçoit les variations de température sans que son mouvement en soit influencé. Cela ruine-t-il le principe de la conservation de l'énergie ? Les espèces pourraient donc aussi, en dépit de ce principe, être réglées de manière à compenser les variations du milieu ambiant. L'observation montre, qu'elles ne le sont pas, mais c'est se moquer que de prétendre le démontrer par le principe de la conservation de l'énergie ou par toute autre loi de même ordre.

En somme, la théorie de Spencer est belle et suggestive ; elle est pleine d'idées et d'aperçus intéressants, elle résout à la rigueur le problème de l'Hérédité, mais elle est impuissante en face de celui de l'Évolution .

2. Particules devant leurs propriétés a leur forme géométrique et aux forces attractives dont elles sont douées.

HAACKE (1893) Théorie ties diemmaires.

Spencer ne précise pas la ïiature de la polarité dans ses Unités physiologiques. Il la définit comme une force attractive, mais n'explique pas comment une simple attraction peut produire les groupements si variés des particules qu'elles entrament. Haacke a cherché à le faire, en faisant intervenir la forme géométrique des particules. Il est évident

THÉORIE DE HAACKE.

que, si les deux masses qui s'attirent sont sphériques, elles pourront se joindre en n'importe quel point; si elles sont coniques, il n'y aura d'équilibre pour elles que si elles se joignent par la hase ou par une génératrice ; cubiques, elles seraient en équilibre par contact de deux faces quelconques, etc. Si au lieu de deux particules on en considère trois, cent, mille, les conditions d'équilibre deviendront plus multiples et plus compliquées, en sorte que l'on pourrait, à la rigueur, Spencer disait soutenir que, Haacke dit expliquer comment, la forme d'un organisme compliqué peut dériver de celle de son élément constitutif. Voyons s'il y a réussi.

Exposé.

Gemmes et Gemmaires. — Le protoplasma n'est pas amorphe, comme le croyaient les anciens auteurs. 11 n'est pas non plus formé de particules ayant chacune une signification distincte et correspondant, soit à des parties d'organes, soit à des caractères, Gemmules, Pangènes ou Biophores, comme le croient divers auteurs modernes. Il a une structure, mais une structure uniforme. Il est composé de particules élémentaires d'une seule espèce, les Gemmes, sortes de cristaux organiques, ne diflerant guère des cristaux ordinaires, outre la complexité de leur composition chimique, que par la faculté de fixer des quantités d'eau variables. Ces Gemmes ont, chez tous les êtres vivants, une forme fondamentale semblable, celle d'un prisme droit à base rhombe. Mais cette forme est extrêmement, presque infiniment, variable dans le détail, en particulier dans la valeur des angles du losange de base; sauf les légères différences que nous aurons à indiquer plus loin, elle est la même chez tous les représentants d'une même espèce et dans toutes les parties de leur corps. Elle varie d'une espèce à l'autre. Elle est déterminée par la nature chimique du protoplasma qui les constitue.

Les Gemmes sont douées de forces attractives qui les réunissent en groupes définis, les Gemmaires.

Elles s'associent soit par leurs bases en colonnettes de même forme qu'elles mais plus longues, soit par leurs faces latérales formant alors des prismes obliques à bases rectangulaires (fîg. 26), dont

Fig. 26. —Figure schématique, montrant comment les Gemmes peuvent, en s'accollant par leurs laces , se grouper en prismes droits à buse rhombe.

LES THÉORIES GÉNÉRALES

les bases sont formées d'une série de faces latérales de gemmes disposées suivant un plan. Ces deux modes d'union se combinent entre eux de façons extrêmement variées, d'où résulte une variété presque infinie dans la forme des Gemmaires, chacun caractéristique de l'espèce animale ou végétale à laquelle il appartient. Les faces des Gemmes constituant un Gemmaire ne sont pas en contact immédiat, une couche d'eau plus ou moins épaisse les sépare.

Gemmes et Gemmaires sont d'une petitesse extrême, et invisibles au microscope.

Conception de la cellule. — Dans la cellule, c'est le cytoplasma et non le noyau qui est la partie essentielle. Il se compose d'une sorte de plasma amorphe, le sarcode, simple milieu baignant les parties figurées et servant d'intermédiaire nutritif, et du plasma figuré composé de Gemmaires. Ceux-ci forment d'abord un amas localisé, le centrosome, vrai centre morphologique de la cellule, d'où partent des filaments qui rayonnent dans tout le cytoplasme et qui sont formées de files de Gemmaires. Dans le centrosome, ainsi que dans ces files, les Gemmaires ne sont pas engrénés par leurs angles sortants et rentrants en masses compactes. Ils sont associés en groupes déterminées parles attractions multiples qui s'exercent entre eux. Dans les espaces occupés par le sarcode, sont logés les organes secondaires du cytoplasma (granulations, vacuoles, matériaux de réserve, etc.) et le noyau. Chacun se place là où il est le moins gêné. Le noyau est formé, lui aussi, de protoplasma, mais son rôle n'en est pas moins secondaire et relatif simplement aux réactions chimiques dépendant de la nutrition. Il n'a aucune action directe sur la forme de la cellule et. sur ses caractères qui dépendent du cytoplasma seul.

La cellule est un organisme symbiotique formé de l'union d'un noyau réglant les phénomènes chimiques et d'un cytoplasma qui, par les Gemmaires du centrosome, détermine la forme et tous les caractères morphologiques de l'élément.

Accroissement. — De la surface des Gemmaires, quelques Gemmes se désagrègent de temps à autre, et leurs molécules chimiques qui tombent dans le sarcode, se répandent partout, arrivent à l'intérieur des Gemmaires, dans l'eau qui sépare leurs Gemmes constitutives, et là se développent en nouvelles Gemmes qui servent à l'accroissement des Gemmaires. Ceux-ci, quand ils ont atteint une trop grande longueur, se multiplient par division transversale.

Forme du corps et des organes. — Par leur forme et leur constitution,

THÉORIE DK HAACKE.

les Gemmaires déterminent non seulement la forme et les caractères morphologiques de la cellule où il se trouvent, mais aussi les relations de position de cette cellule par rapport aux voisines ^

Les Gemmaires de l'ensemble des cellules de l'organisme forment un tout, en situation d'équilibre mécanique, dans lequel chaque partie est fonction du tout, de même que le tout est fonction des parties; en sorte que, par la seule nature du Gemmaire, la forme entière de l'organisme et les caractères de chacune de ses parties sont entièrement déterminés

' Chez la Gromie on voit nettement que les pseudopodes forment avec le corps des angles constants, l'un de 20" environ, l'autre beaucoup plus grand qui s'expliquent très bien par l'angle du losange. Les angles des pseudopodes sont déterminés par ceux du losange doublés ou par leurs compléments. Cette constance des angles qui est incompréhensible dans toute autre théorie, traduit aux yeux la forme des Gemmaires invisibles directement.

[Outre que cette explication des angles presque droits que font les pseudopodes voisins du corps, n'est pas du tout compréhensible, je ferai remarquer que, pour que l'angle du Gemmaire pût déterminer celui des pseudopodes, il faudrait que cet angle eût exactement sa valeur au point où le pseudopode se rattache au corps. Or il n'en est pas ainsi, le raccordement se fait par une courbe. Donc l'exemple est sans valeur.]

- [C'est absolument l'idée de Spencer.] Les organismes symétriques par rapport à trois plans ont un Gemmaire doué

Fig. 27.

d'un même genre de symétrie tel que celui de la fig. 25. Les trois planssontl'una;?/;.

horizontal longitudinal, l'autre r s t vertical longitudinal, le troisième mn o vertical transversal.

Les organismes à deux plans de symétrie ont un Gemmaire tel ({ue celui de la

Fig. 28.

fig. 28, dans lequel il n'y a plus que les deux plans de symétrie r s t ei m n o.

Le Gemmaire des organismes bilatéraux peut être représenté par une forme telle que celle de la fig. 29 ou le plan mn o, reste seul.

Fig. 29,

Enfin pour concevoir le Gemmaire entièrement asymétrique d'un animal irrégulier tel que la méduse Moiiorhyza Hœckelii, il suffit d'admettre que le plan mn 0 lui-même disparaisse par le fait que les deux bouts du Gemmaire ne sont plus semblables, par exemple grâce à ce

LES THÉORIES GÉNÉRALES

L onto génie. — La conception d'une relation d'équilibre entre les Gemmaires de toutes les cellules de l'organisme, qui nous a servi à expliquer comment la forme entière du corps et de ses organes dépend de la forme des Gemmaires, nous permet de comprendre aussi comment le corps s'est formé pendant l'ontog-énèse et comment les divers organes ont pris leur structure, leur forme et leurs places respectives. Pour une même forme de Gemmaire, l'équilibre du système n'est pas le même lorsqu'il y a deux cellules que lorsqu'il y en a quatre, huit, seize, mille, un million. Au stade 2, l'équilibre est satisfait par une simple juxtaposition des deux cellules, avec les quelques particularités qu'elle présente. A mesure que le nombre augmente, les possibilités d'arrangement deviennent plus variées, mais une seule entre toutes satisfait aux exigences du Gemmaire. Ainsi, à chaque stade, correspond une disposition donnée des éléments cellulaires qui constituent le corps à ce moment,

qu'une des couches de Gemmes, a, 6, c, aura glissé de manière à déborder d'un côté (fig. 30). L'influence de cette asymétrie se manifeste pendant le développement de l'œuf par une différence entre les cellules issues de la segmentation, différence qui n'affecte que la lignée

Fis. 30.

cellulaire de l'organe qui seul n'est pas symétrique, et finalement aboutit à la formation de cet organe asymétrique, tandis que la symétrie bilatérale de tout le reste demeure intacte.

On pourrait être tenté de doutes qu'une chose aussi simple que la forme du Gemmaire pût déterminer toutes les particularités d'une ontogénèse.

Un exemple le fera comprendre en montrant comme quoi, de la seule position de l'accumulation de Gemmaires qui constitue le centrosome dans la cellule.

peut résulter une forme embryogénique aussi remarquable que la gastrula. Admettons que, dans un œuf (1), le centrosome soit tout entier d'un même côté du lècithe et qu'en raison de la forme du Gem-

Kig. 31. — Dans ces figures, le gros point représente, dans (■lia(|ue cellule, le centrosome, et le pointillé indique le lécitlie.

maire les cellules (2, 3, 4) issues de sa division aient aussi toujours leur centrosome situé du même côté par rapport au lécithe. Après le stade blastosphèrc (5) , chaque cellule s'accroîtra plus du côté du centrosome que du côté opposé; chaque moitié de la blastosphère deviendra convexe du même côté de l'espace et la forme gastrula (6) en résultera nécessairement (fig. 31).

THÉORIE DE HAACKE. 445

et de là résulte la succession régulière des stades du développement'.

La Différenciation histologiqtw. — Pour ne pas obscurcir la conception, nous avons supposé jusqu'ici que tous les gemmaires sont identiques entre eux dans tous les points de l'organisme. Mais il n'en est pas tout à fait ainsi. Deux cellules ne sauraient être d'une nature différente, par exemple l'une musculaire, l'autre nerveuse, si les Gemmaires qui les déterminent étaient identiques. Il faut admettre que, dans le cours des générations, les différences des excitations ont produit, dans les divers points des organismes, des modifications diverses des Gemmes et des Gemmaires et qu'il s'est formé, ici des Gemmaires de tissu contractile, là des Gemmaires nerveux. Les Gemmaires sont donc dans un même organisme différents dans les diverses cellules, et ces différences déterminent celles des tissus. Mais jamais la totalité des Gemmaires d'une même cellule n'est ainsi modifiée. A côté de ceux qui sont diflerenciés, il en reste qui conservent la constitution initiale qu'ils avaient dansFoeuf -. Ces Gemmaires non différenciés, répandus partout, sont d'une extrême importance. Tandis que les autres sont les facteurs de la difTérenciation locale, ils sont, eux, les instruments de cet équilibre d'ensemble qui a déterminé la forme du corps, qui sert à la maintenir et, comme nous le verrons, à la régénérer, à la reproduire, à transmettre les adaptations acquises, etc., etc.

L'Hérédité. — Dans la théorie des Gemmaires, l'Hérédité devient si facile à comprendre qu'elle ne constitue pour ainsi dire plus un problème. La cellule germe contient, comme toute autre cellule du corps, le Gemmaire caractéristique , dépositaire de la forme spécifique ; elle n'a donc qu'à se développer pour reproduire l'organisme avec les caractères propres à son espèce.

La Variation. — H y a deux sortes de variations : l'une spontanée, de cause interne et de direction déterminée, l'autre dépendant des conditions ambiantes. Pour concevoir la première, il faut comprendre que l'association des Gemmes ou Gemmaires est nécessairement plus ou moins solide selon les individus. Ceux chez qui les Gemmaires sont plus lâches résistent naturellement moins bien aux influences nocives et sont forcément les victimes dans la lutte pour la vie

' [Cette explication ne diffère non plus ^ [On pourrait tout aussi bien dire l'in-

en rien de celle de Spencer.] verse en invoquant une élasticité plus

^ [Ce sont les Plasmas somatique et ger- grande dans le premier cas. Une balle de

minatif de Weismann gratifiés simple- caoutchouc risque moins d'être brisée

ment d'une constitution invraisemblable.] qu'une bille de verre.]

LES THÉORIES GÉNÉRALES

11 en résulte que la Sélection naturelle va toujours fortifiant Tunion des Gemmes en Gemmaires. Mais cela constitue une modification de la forme du gemmaire, modification qui se traduit par une variation dans les caractères de l'organisme et, comme la modification a une direction constante, il doit en être de même de la variation. Cette variation déterminée joue un grand rôle dans la constitution des organismes. Elle les pousse dans une direction fixe, sans que l'adaptation ait à intervenir. Elle s'oppose, sous le nom à'Orthogénèse, à la variation indéterminée ou Amphigénèse, seule admise par les adeptes de Darwin.

Cette dernière est produite par les conditions amliiantes et peut se concevoir ainsi. Le progrès orthogénélique mis à part, tant que les conditions restent fixes, les Gemmaires restent semblables à eux-mêmes. Mais, dès qu'elles viennent à varier, les cellules sont soumises à des excitations, à des influences d'un genre nouveau, et cela se traduit par une déformation des Gemmaires. Les Gemmes où les files ou couches de Gemmes qui les constituent sont plus ou moins déplacées les unes par rapport aux au très, et une forme nouvelle de Gemmaires se trouve produite. Mais à cette forme nouvelle correspond un équilibre d'ensemble nouveau. Le tout et les parties étant, comme nous l'avons vu, strictement fonction l'un de l'autre, la partie ayant changé, le tout doit changer aussi. Cela se produit par une extension de proche en proche de la forme nouvelle à tous les Gemmaires du reste du corps. Un nouvel état d'équilibre est produit se manifestant, dans les Gemmaires, par une modification de forme aussi petite qu'on voudra et, dans l'organisme, par une modification de caractère aussi localisée que l'on voudra.

L'Hérédité des caractères acquis. — Dans cette extension de la modification locale des Gemmaires à tous ceux de l'organisme, les cellules sexuelles ne font pas exception. Elles aussi se modifient corrélativement à l'état nouveau d'équilibre. Il est donc naturel que, lorsqu'elles se développeront, elles reproduisent l'organisme modifié.

Les modifications d'origine chimique sont héréditaires comme les autres. Car l'organisme est un ensemble en état d'équilibre, non seulement mécanique, mais chimique, et le mode des actions chimiques qui se passent en un point ne peut changer sans retentir sur l'ensemble jusqu'aux cellules sexuelles inclusivement.

La Génération sexuelle. — L'utilité de la génération sexuelle est précisément de fortifier la cohésion des Gemmaires. En fusionnant deux Plasmas germinatifs, elle met en présence un choix plus varié de Gemmes,

THÉORIE DE HAACKE.

de forme quelque peu différente, qui trouvent mieux à s'apparier. En outre, les Gemmes peuvent, en se pressant l'une contre l'autre, adapter leurs angles en effaçant leurs petites différences à la manière de deux parallélogrammes articulés à peu près semblables que l'on fait coïncider par deux de leurs côtés homologues ^

Croisement. Consanguinité . — Du même coup, et sans plus amples développements, se trouvent expliqués les avantages du croisement et les inconvénients de la consanguinité, du moins quand celle-ci marie deux parents très semblables car, pour si proches parents qu'ils soient, l'inconvénient est nul si leurs différences individuelles sont considérables.

L Amphimixie et V Apomixie . — Weismann admet que la division réductrice a pour but de permettre la génération sexuelle et, par elle, l'accumulation d'un plus grand nombre de plasmas différents dans l'œuf fécondé. C'est précisément le contraire qui est vrai. Nous avons vu quel était le but de la génération sexuelle. La division réductrice a pour fonction , elle, de combattre cette accumulaiion de Plasmas ancestraux diflerents dans le Plasma germinatif. Au moment où cette division se prépare, il se fait un triage des Gemmaires dans le cytoplasma et des substances chimiques dans le noyau. Les Gemmaires de même origine se groupent ensemble, les substances de même nature également, et la division élimine un groupe entier de ces Gemmaires ou de ces substances, effectuant ainsi une véritable épuration du cytoplasma et du noyau. C'est cette épuration qui constitue V Apomixie ~.

Caractères du produit. — Cette théorie permet d'expliquer toutes les

' [Si les angles des Gemmes peuvent ainsi se modifier, il n'y a plus besoin d'un choix plus varié d"angles et la génération sexuelle devient inutile.]

^ La cellule étant déterminée dans sa forme et ses caractères morphologi(iues par les Gemmaires du cytoplasma, dans ses fonctions chimiques nutritives par le noyau, peut être représentée par les facteurs P N. Le symbole P N représente la symbiose du plasma et du noyau et, par suite, l'organisme entier contenu dans l'œuf. La fécondation consiste en l'apport d'un nouveau plasma et d'un nouveau noyau P' N' et le produit est déterminé par PP' NN'.

La division réductrice élimine un groupe

entier P ou P' et un groupe entier N ou N' en sorte que le produit sexuel mùr sera P N ou P' N ou P N' ou P' N'. Ce produit sexuel fécondé par un autre ayant pour formule :îv ou r'v ou 7:v' ou r.\\ le produit sera de la forme P N z v, c'est-à-dire n'aura jamais plus de deux sortes de Gemmaires et de deux sortes de substances nucléaires pour le déterminer.

Nous avons supposé que le triage était rigoureux. Or il ne l'est pas et il peut rester dans le Plasma germinatif un peu des Gemmaires des ancêtres des quelques générations précédentes. Jlais cela ne va pas loin, et V Apomixie s'oppose à l'accumulation dans le germe, d'un nombre trop grand de Plasmas ancestraux.

LES THÉORIES GÉNÉRALES

combinaisons de caractère du produit, ce que la théorie de Weismann est impuissante à faire dans certains cas ^ .

La Regénération s'explique d'elle-même dans la théorie, car quand une partie a été coupée l'équilibre des gemmaires est détruit et tend à se rétablir.

Le Bourgeonnement et la Parthénogénèse n'offrent pas non plus de difficulté puisque toute cellule du corps, et par suite les œuts vierges et les cellules initiales des bourgeons, contiennent les Gemmaires caractéristiques, seuls nécessaires pour former un organisme nouveau ayant les caractères spécifiques correspondants ~.

> En croisant des Souris danseuses du Japon à robe tachetée de blanc et de bleu avec des Souris blanches grimpeuses ordinaires, on trouve parmi les produits des individus non danseurs mais ayant du bleu dans le pelage. Si on croise ces produits entre eux, on obtient indéfiniment la même chose. Si cependant ces produits ont du bleu dans leur pelage, c'est qu'ils ont des Ides de Souris japonaise (voyez plus loin la 1''° théorie de Weismann) dès lors pourquoi jamais le caractère danseur ne peut-il reparaître?

La théorie des Gemmaires explique cela ainsi. Le caractère morphologique qui détermine la danse dépend du cytoplasma, le caractère chimique de la couleur du poil dépend du noyau. Soient maintenant P N le plasma et le noyau de la Souris japonaise, P' IS' ceux de la souris d'Europe. La division réductrice a éliminé complètement P et n'a laissé dans le produit que P', N et N', ce qui fait que le caractère représenté par P est définitivement perdu chez ces métis et leurs descendants.

[Weismann répondrait simplement , dans ce cas, que les Déterminants du caractère grimpeur sont moins forts que ceux du caractère danseur et sont régulièrement vaincus par ceux-ci dans la lutte pour la détermination du caractère.]

Autre fait : en croisant ces mêmes Souris, on en trouve, parmi les produits, qui sont danseuses et ont un pelage de couleur uniformément gris-bleuàtre. Weis-

mann est dans l'impossibilité d'expliquer, avec ses Déterminants, comment une partie qui était blanche chez les deux parents peut être colorée chez le produit. La théorie des Gemmaires l'explique en admettant que la distribution tachetée de la couleur est due à un aflaiblissement de la cohésion des Gemmaires. Le croisement en affermissant cette cohésion permet à la couleur de se distribuer uniformément dans tous les poils.

[On croit rêver en lisant ces affirmations extraordinaires. Aussi je tiens à citer le passage : « Scheckung ist sicher auf Loc- « kerung des Plasmagefiiges zuriickzu- « fûgen, und dadurch, dass das ges- « checkte Plasma der Tanzmaus mit « ungeschecktem Plasma einer gewôhn- « lichen Maus in Beriihrung gebracht « wird, gewinnt es einen Theil seiner « Gefûgfestigkeit zuriick und somit die « Fahigkeit Farbstoffe gleichmassig in den « Haaren der Haut zur Ablagerung zu « lassen [p. 239]. »

[Weismann pourrait dire que le blanc n'était pas aux mêmes places chez tous les ancêtres et que chaque point en particulier peut avoir des Déterminants de Tune et de l'autre couleur dans le Plasma germinatif, bien qu'une même couleur ne soit jamais déterminée partout à la fois en l'absence du croisement. Le croisement a pu en outre déterminer une réversion vers uneforme ancestralegrise.]

2 [Mais ce que la théorie n'explicpe nul-

THÉORIE DE HAACKE.

La Pœdogéaèse se conçoit non moins aisément, et son existence se légitime par le fait qu'elle présente un avantage dont la théorie permet de rendre compte. L'œuf d'un organisme jeune est plus apte à se développer en un être normal et bien constitué que celui d'un organisme complètement développé, parce que le premier a moins longtemps été exposé aux influences nocives qui relâchent la fermeté du Gemmaire ^

La Réversion s'explique par le fait que, de manière ou d'autre , la forme de Gemmaire caractéristique d'une espèce ancestrale se trouve reproduite dans un individu-.

lement, c'est pourquoi toute partie ne se régénère pas, pourquoi tout œuf vierge ne se développe pas, pourquoi toute cellule ne donne pas un bourgeon.]

* [Si l'on considère non l'âge du sujet à un moment donné, mais le résultat au bout d'un certain temps, on verra qu'après 100 ans, par exemple, les influences nocives ne s'en seront pas moins exercées pendant 100 années sur le Plasma germinatif , qu'il y ait eu ou non Psedogénèse. Par conséquent, la raison donnée n'explique rien.]

^ Elle se divise en quatre cas dont un s'explique par l'Apomixie, un autre par la consolidation des Gemmaires, un troisième par un obstacle au développement, et le dernier par le relâchement des Gemmaires. Citons-en deux seulement des plus caractéristiques. Soient c(fig. 32). la forme du Gemmaire d'une espèce ances-

Fig. 32.

traie, a et è leur forme dans deux espèces dérivées. On voit que a et 6 dérivent de c chacun par la perte de quelques files de

THÉORIES DE L' HÉRÉDITÉ

Gemmes et que a a précisément ce qui manque à b pour obtenir c et réciproquement. Dans ce cas, on voit que les Gemmaires a et 6, en se fusionnant se compléteront et reproduiront c. — D'autre part, le Cheval reproduit parfois les 5 doigts d'un ancêtre éloigné. Dans son arbre cellulaire ontogénétique, les lignées cellulaires qui aboutissent aux 4 doigts manquants existent bien, mais leurs Gemmaires, réduits par le long défaut d'usage de ces doigts à un état de grande laxité, ne peuvent aboutir à les faire développer.

Dans une espèce naturelle, ils n'y aboutiraient jamais en présence des Gemmaires très solides qui président au développement des autres parties du corps.

Mais ici, la domesticité a, comme toujours, beaucoup affaibli la cohésion de tous les Gemmaires. La différence n'est donc plus si considérable et il n'est pas étonnant que, parfois, les doigts disparus puissent se montrer de nouveau, puisqu'il s'en faut de peu que leurs Gemmaires soient aussi solides que ceux des autres organes. C'est pour cela que ce genre de régression se rencontre exclusivement chez les espèces domestiques.

[Des explications de ce genre ne se discutent pas.

[Haacke cherche aussi à expliquer le polymorphisme et Valternance des générations; mais les Gemmaires n'interviennent plus dans son explication. Pour cette dernière, il prend comme exemple les Polypes et les Méduses. Selon lui, les

450 LKS THÉORIES GÉNÉRALES.

Les Métis et Hybindes présentent des clifFérences bien connues qui s'expliquent d'une manière analogue.

Les Hybrides sont des produits d'espèces naturelles chez lesquelles les Gemmaires ont une cohésion parfaite et égale chez les deux parents. Aussi l'un ne peut supplanter l'autre et les caractères de deux parents se montrent àla fois chez le produit. Par contre, cette solidité même les empêche de se combiner aisément en Gemmaires mixtes, ou du moins ces Gemmaires mixtes sont-ils eux-mêmes peu solides, d'où résulte une faiblesse fonctionnelle qui, dans les cellules sexuelles^ aboutit à l'infécondité

Chez les Métis, au contraire, qui sont des produits de races domestiques chez lesquelles la cohésion du Gemmaire a été affaiblie par la domestication, il arrive que le Gemmaire de l'une des races parentes se trouve plus solide que celui de l'autre, et le supplante ; d'où ce fait, que le Métis peut ressembler à l'un de ses parents presque à l'exclusion de l'autre. D'autre part, les Gemmaires mixtes, parle fait même que leurs parties constituantes sont moins rigides, peuvent former un assemblage plus solide, pour la même raison qu'une pile de sacs de farine est plus solide qu'une pile de sacs de noix ; aussi, dans les cellules sexuelles, rien ne s'oppose à la fécondité^.

La Mort enfin, elle-même, s'explique par une cause de ce genre. Toute influence nocive agit sur les Gemmaires et ébranle leur solidité. Ces coups répétés finissent par rendre leur cohésion très lâche et l'union de leurs Gemmes très précaire. Si bien qu'à un moment donné, sous l'action d'une cause perturbatrice quelconque , il se produit une désagrégation subite qui les anéantit

deux formes ont été produites par les conditions saisonnières et chacune aurait constitué jadis une forme complète, capable de bourgeonner. Le Polype se serait, luiaussi, reproduitpar œuf, mais l'arrivée de la belle saison ne lui en laissait pas le temps. La forme Méduse se produisant avant que les œufs fussent mûrs, celleci se trouvait donc naturellement sexuée, mais, comme elle était incapable de bourgeonner, la dissociation des deux modes de génération s'est trouvée ainsi produite. Des œufs de la Méduse seraient sorties des Méduses si la saison fût restée belle, c'est-à-dire semblable à celle qui avait engendré la forme Méduse. Mais la mauvaise saison arrivant faisait un sim-

ple Polype des larves sorties de ces œufs. Le polymorphisme s'expliquerait d'une manière analogue.]

' [Mais alors pourquoi cette faiblesse fonctionnelle ne se montre-t-elle pas dans les autres organes et tissus. On sait que les produits de croisement sont, au contraire, particulièrement vigoureux.]

^ [Haacke reconnaît bien que les hybrides peuvent aussi provenir de formes domestiques très différentes, mais il ne remarque pas qu'à leur sujet son explication tombe dans l'eau.]

* [Dans un travail plus récent, Haacke (04) donne un nouvel exposé de ses idées, qui ne diffère de l'ancien en rien d'essentiell.

TIIÉORII': DE HAACKE.

Critique.

Haacke ne donne pas sa théorie comme dérivant de celle de Spencer. Peut-être s'il a lu les Principes de Biologie, s'en est-il inspiré inconsciemment; peut-être ne les a-t-il pas lus et s'est-il rencontré par hasard avec le philosophe anglais. Sa bonne foi n'est pas en question. En tous cas, c'est un fait certain que sa théorie procède directement de celle des Unités physiologiques. Mais elle a sur celle-ci un avantage incontestable, c'est qu'en précisant le dessin, elle en rend les défauts plus évidents. Ce qui sauvait un peu les Unités physiologiques, c'est que, leurs forces polaires restant à peine définies, on se laissait entraîner à admettre la variété et la complexité merveilleuses de leurs effets. Mais avec les Gemmaires, on regimbe, car on se rend parfaitement compte que les forces attractives s'exerçant entre de petits prismes droits à base rhombe ne sauraient produire autre chose que des combinaisons g'éométriques relativement simples. Les Gemmes ne sont que les Unités physiologiques dotées d'une forme géométrique spéciale. Sur le terrain de l'hypothèse libre, toutes les propriétés dont Haacke les dote. Spencer a le droit de les attribuer à ses Unités : la laxité plus ou moins grande de leurs associations , leur engrènement plus ou moins facile^ tout cela s'accommode aussi bien d'une tout autre forme. La Gemme ne serait donc en progrès sur l'Unité, que si sa forme cristalline fournissait la raison des propriétés qu'on lui attribue ! — Or ce n'est pas le cas. Le fait d'avoir une forme cristalline orthorhombique n'apporte aucun éclaircissement. Haacke se contente de dire qu'il peut y avoir autant de formes de Gemmaires que de formes d'organismes, mais il ne montre nullement comment la forme de ceux-ci résulte de la forme de ceux-là. Dans un seul cas, celui de la Gromie, il cherche à en donner la raison. Nous avons vu (p. 443, note) ce que vaut son explication. Dans tous les autres cas, il n'essaye même pas d'en fournir une ou s'en tient à des généralités sur la symétrie générale laissant dans l'ombre le détail de la forme qui, seul ici, a de l'intérêt. La seule base solide de sa théorie serait l'établissement d'une relation causale entre la forme spéciale du Gemmaire et celle de l'organisme qu'il caractérise. Or cette relation, il affirme son existence mais ne la montre pas.

L'édifice manquant de base, est-il bien nécessaire d'insister sur les imperfections des étages supérieurs? Rappelons seulement le rôle si commode que l'auteur fait jouer à la laxité ou à la fermeté des associations

LES THÉORIES GÉNÉRALES

des Gemmes en Gemmaires pour expliquer la Variation, les caractères des produits de croisement, pour constater une fois encore que toutes ces hypothèses sont non seulement gratuites mais invraisemblables, que l'on pourrait tout aussi bien admettre l'inverse comme vrai; et concluons que toute la théorie de Haacke, étant donnée sa date d'apparition, est plutôt en recul qu'en progrès sur l'état actuel de la question.

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