PRODUITS DE LA CELLULE
urique, Yurée, Y acide hippurique, la guanine, les matières colorantes de la bile, etc., etc. Je n'ai nullement l'intention de faire ici une énumération complète de ces substances, voulant seulement donner une idée générale des faits.
(2) Les Produits d'excrétion interne sont rares, car la cellule n'a aucun avantage à conserver en elle des substances nuisibles. Cela arrive cependant quelquefois, par exemple dans les cellules rénales des Mollusques acéphales et gastéropodes et de quelques Crustacés et Vers inférieurs; on en trouve aussi dans le corps adipeux péricardiaque des Insectes. La substance excrétée est à l'état solide, sous la forme d'une concrétion, d'une sorte de calcul urinaire contenu dans une vacuole. Là elle peut, ou lentement se dissoudre et finir par être éliminée, ou grossir de plus en plus, comprimer le noyau, amincir la cellule et enfin la détruire et, désormais extracellulaire, rester inerte dans les tissus qui la supportent tant bien que mal.
y) Les Produits de sécrétion interne sont extrêmement nombreux et de nature très diverse. Les uns, comme Vhuile, le glycogène , Yamidon, Yaleurone, le gluten, sont des réserves alimentaires destinées à être reprises au moment du besoin, lorsque l'alimentation ne pourra faire face aux frais de la dépense, soit pendant la vie de l'adulte, soit pendant la reproduction, au moment où l'être devra se nourrir sans avoir encore les organes nécessaires pour recueillir les aliments et les digérer. Au nombre de ces dernières sont les substances alimentaires connues sous le nom de lécithiques que l'on appelle protolécithe ou deutolécithe selon qu'elles sont déposées dans l'œuf non segmenté ou dans les cellules de l'embryon. D'autres jouent un rôle passif dans l'organisme comme la myéline des fibres nerveuses, les squelettes intracellulaires de certains Zoophytes (spicules des Éponges, squelette des Radiolaires, etc.), les pigments inertes destinés simplement à protéger des organes trop sensibles (pigment choroïdien) ou à colorer les téguments. D'autres jouent un rôle chimique, comme le pigment rétinien, l'hémoglobine des globules sanguins nucléés ' ou les ferments divers que contiennent les cellules, indépendamment de ceux qui sont émis au dehors par des cellules glandulaires spéciales.
Peut-être faut-il ranger ici la lécithine et la cholestérine, que nous
^ Je dis les globules nucléés, car la nature cellulaire des hématies des mammifères est discutée, tandis que celle des
globules rouges à noyau des Oiseaux et des Vertébrés à sang froid ne peut pas l'être.
LES FAITS
avons vues toujours unies à la substance albumineuse dans le protoplasma.
D'autres enfin constituent de véritables appareils intracellulaires destinés à accomplir ou perfectionner une fonction mécanique active : tels sont les sarcoblastes, petits prismes qui, par leur alignement en long ueur et en largeur, constituent les fibrilles musculaires striées, et qui sont formés j)rincipalement de musculine. ,
S) Les Produits de sécrétion externe ne sont ni moins variés ni moins intéressants. X\x premier rang' viennent les produits liquides élaborés par les gi^wàe^sécrélrkes ' . salive, suc gastrique, larmes, mucus nasal, etc. , etc. Puis viennent la membrane externe ou secondaire, formée de cellulose chez lesplantes et sans doute de kératine chez les animaux, slmprégnant après coup de substances diverses, subérine, lignine et vanilline, silice, sels calcaires, etc., la cuticule chitineuse des Insectes et des Crustacés, incrustée ou non ultérieurement de calcaire, la coquille des Mollusques, les kystes (les Infusoires , la masse gélatineuse des colonies zoogléennes de Bactéries, etc.
Enfin se place ici une formation que l'on avait envisagée jusqu'à ces dernières années d'une toute autre manière, c'est la substance intercellulaire des tissus de la famille conjonctive, fibre conjonctive et élastique, masse fondamentale du cartilage et de l'os
Cette manière de concevoir les choses élargit et simplifie beaucoup la conception des organismes supérieurs. Elle permet de ne voir en eux que
^ Robin divisait les glandes en glandes vraies ou parenchi/mes glandulaires et fausses glandes ou parenchymes non glanilulaires, les premiers sécrétant des produits utiles destinés à être résorbés, les seconds excrétant des produits nuisibles destinés à être rejetés. Cette distinction, insoutenable au point de vue morphologique où il se plaçait, est utile au point de vue physiologique. C'est dans ce sens que nous distinguons ici l'excrétion et la sécrétion. Cependant il faut bien romprendre que la distinction entre les produits utiles et les nuisibles n'est pas tranchée. Bien que les acides biliaires soient utiles pour la digestion, on sait que leur rétention aboutit à un empoisonnement tout comme celle de l'urée.
Ces produits sont donc à la fois sécrétés et excrétés et il en est sans doute ainsi de beaucoup d'autres dans une mesure plus ou moins grande.
^ On pourrait tout aussi bien ranger un certain nombre de ces produits parmi les excrétions, car ils cessent d'être nuisibles en se précipitant sous une forme insoluble et il est difficile de décider si leur élimination a ou non pour effet de débarrasser en même temps la cellule de substances qui lui seraient nuisibles si elles restaient en solution dans sa substance. C'est Geddes (83, 84), qui, le premier, je crois, a assimilé sous ce rapport la paroi cellulosique à des produits d'excrétion franchement nocifs comme l'acide carbonique.