‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 2 sur 251 · Chapitre I. — CONSTITUTION DE LA CELLULE · texte numérisé non relu

Chapitre I. — CONSTITUTION DE LA CELLULE

L'idée qu'éveille le mot cellule clans l'esprit du naturaliste a varié d'une manière incroyalîle depuis les quelque deux siècles que l'on connaît cet élément*.

' La première découverte des cellules remonte à 1665. C'est le naturaliste anglais Robert Hooke qui , un demi-siècle environ après l'invention du microscope, appliquant cet instrument à l'étude des tissus végétaux, découvrit de petites cavités qu'il nomma cells (cellules), nom qui, après avoir été en lutte pendant longtemps avec celui CCutricules, a fini par triompher tout à fait. Hooke ne voyait dans la cellule que sa cavité. C'est l'anatomiste italien Malpighi qui, une dizaine d'années plus tard, conçut le premier la cellule comme une utricule (c'est lui qui lui donna ce nom), c'est-à-dire un petit corps isolable creux et muni d'une paroi propre. Peu à peu sont découverts le suc cellulaire (confondu alors avec le protoplasme), le noyau et le nucléole par Fon- TANA en 1781. Ces notions, d'abord vagues,

incertaines, isolées, se confirment, se complètent, s'étendent grâce aux travaux de Meyen (1828), de Browx (1831). En 1835, DujARDiN découvre que la substance qui remplit la cellule n'est pas liquide, mais vivante et organisée, et lui donne le nom de sarcode, auquel on a substitué, en violation de toutes les règles de la nomenclature et de la justice, celui de protoplasma, proposé en 1846 par Hugo Mohl. Dès 1826, Turpin avait compris la signification vraie, si importante des cellules et avait reconnu en elles des organismes élémentaires complets formant par leur groupement les organismes (végétaux) d'ordre plus élevé. Mais c'est seulement après les travaux de Du- TROCHET (24 et 37)* et de Schwann (39) que cette notion si féconde se généralise, s'étend à tous les êtres vivants et surtout

LES FAITS

Les personnes qui, sans être étrangères aux sciences naturelles et à l'histologie ne sont pas cependant tout à fait versées dans ces sciences et surtout ne se sont pas tenues au courant des derniers progrès de celle-ci, se représentent la cellule comme un corps microscopique formé d'une petite masse de protoplasma, entourée d'une membrane et contenant un noyau. Ce dernier est lui-même une petite vésicule de nature également protoplasmique et contient souvent une granulation volumineuse que l'on appelle le nucléole. Le protoplasma est une matière gélatineuse, douée de vie, homogène et formée de suhstances all)uminoïdes fort complexes et mal définies. La cellule se reproduit par division en s'étirant, elle et son noyau, de manière à prendre la forme d'un biscuit, puis d'un sahlier dont les deux moitiés finissent par se séparer et s'arrondir de nouveau. Les deux cellules ainsi formées sont désormais entièrement indépendantes l'une de l'autre, soudées peut-être par leurs memliraiies, mais isolées dans leurs protoplasmas.

Cette conception est celle qui a été enseignée dans leur jeunesse aux persoimes arrivées à l'âge moyen de la vie. Elle est fausse dans la plupart de ses points et entièrement insuffisante dans tous. Il est impossible de suivre les progrès de la Biologie générale sans savoir plus à fond et plus exactement ce qu'est la cellule et quelles sont ses fonctions.

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