‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 215 sur 251 · XIV. LA COMPLICATION PROGRESSIVE DES ORGANISMES · texte numérisé non relu

XIV. LA COMPLICATION PROGRESSIVE DES ORGANISMES

Il ne nous reste, pour terminer l'exposé de nos vues, qu'à montrer comment la complication progressive des espèces, dans l'Évolution phylogénétique, a pu se produire, en l'absence d'une Sélection créatrice de formes toujours plus parfaites ou d'une tendance interne au perfectionnement.

La complication de l'adulte repose évidemment sur celle de l'œuf et le problème se ramène à celui-ci : comment s'est produite la complication progressive du Plasma germinatif ?

Dans notre théorie qui ne voit dans le contenu cellulaire que des substances chimiques et une structure dépendant des actions moléculaires des masses formées par ces substances, et dans la variation que des changements dans la nature de ces substances et dans leur arrangement, l'explication ne souffre aucun difficulté. Chaque fois qu'une substance nouvelle est introduite dans l'alimentation , non seulement elle modifie plus ou moins les substances déjà présentes dans la cellule, mais elle s'ajoute à elles et augmente leur nombre.

D'après Danilevsky (94), dont j'accepte entièrement les vues sous ce rapport, la substance nouvelle s'introduit d'abord simplement dans la cellule à titre additionnel, sans faire immédiatement partie de la molécule chimique des substances albumineuses du Protoplasma et, tant qu'il en est ainsi, elle peut être expulsée par un changement de régime. Mais, peu à peu, elle s'incorpore à l'édifice chimique, il vaudrait mieux dire aux divers édifices chimiques du protoplasma cellulaire et, désormais, ne peut plus être expulsée. Bien plus, elle devient dès lors nécessaire, et l'organisme souffre si elle vient à être supprimée de l'alimentation.

Donc, règle générale, toute Variation est complicative. Il peut y avoir des exceptions, mais le sens général du phénomène est celui que nous indiquons.

L'addition de la substance nouvelle rend possible une nouvelle différenciation histologique. Si, comme nous le pensons, la différenciation histologique repose sur la séparation, dans des cellules déterminées, et par le moyen de la division hétérogène, d'un protoplasma où une (ou quelques) substance prédomine sur les autres, il est évident que, grâce à la substance, nouvelle, une nouvelle catégorie de cellules pourra se différencier en même temps que les anciennes cellules seront plus ou moins modifiées

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