‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 214 sur 251 · LA COMPLICATION PROGRESSIVE DES ORGANISMES · texte numérisé non relu

LA COMPLICATION PROGRESSIVE DES ORGANISMES

Nous avons peine à nous rendre compte de ce qu'il donnerait à lui seul s'il pouvait se développer sans leur secours. Sans doute un monstre, un amas informe, et en tout cas un être rudimentaire , incomplet, muni d'organes nullement adaptés à leurs fonctions. Mais l'Excitation fonctionnelle et les autres facteurs du même ordre interviennent, maintiennent quelques parties dans un état rudimentaire, développent le plus grand nombre dans des directions , différentes pour chacune d'elles , et toujours adaptatives, et façonne un être, suffisamment adapté à ses fonctions et à sa place dans la nature pour être apte à vivre.

La Variation phylogénétique, celle qui porte sur le Germen est aveugle, en effet, et rien ne la dirige. Les organes formés par le Germen seul seraient tels que les ferait le plasma cellulaire de l'œuf et le plasma de l'œuf est ce que l'ont fait les variations de hasard engendrées par les conditions alimentaires et climatériques. L'ontogénèse individuelle prend ces outils imparfaits, les utilise pour ses besoins et, en les faisant travailler, les développe, les modifie, les transforme, les adapte, les fait ce que nous les voyons. Elle fait beaucoup, énormément, mais elle ne peut tout faire, car l'organe n'a qu'une plasticité limitée et, selon les cas, elle réussit plus ou moins. Là où elle devient impuissante, l'espèce succombe.

Je ne saurais mieux résumer mon idée que par la proposition suivante :

La Phylogénèse crée des organes sans égard à la fonction; l" Ontogénèse tire parti, comme elle peut, de ces organes et les adapte aux fonctions nécessaires.

Ou, sous une forme plus brève :

Dans la phylogénèse , c'est l'organe qui fait la fonction, dans r Ontogénèse, c'est la fonction qui fait F organe.

OsBORN (94), résumant les tendances d'opinion des Biologistes, fait la remarque que l'adaptation des espèces ne saurait s'expliquer que par une Sélection efficace ou par l'Hérédité des effets de l'usage et de la désuétude ; que la Sélection est impuissante et que la transmission des effetsde l'usage semble ne pas exister. Et il conclut à l'existence de quelque nouveau facteur général de l'évolution qui resterait à découvi'ir.

Je ne sais si quelque facteur de ce genre existe , mais il me semble que l'antinomie disparait si l'on accorde que l'Adaptation n'est qu'imparfaite et relative, qu'elle est nulle ou très faible dans le Germen et que tout ce qu'il y en a dans l'individu est, chez lui, le produit de l'Ontogénèse. <

LA THÉORIE DES CAUSES ACTUELLES

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