GEMMiPARITÉ
Le Bourgeonnement difï'ère de la Scission par plusieurs caractères. Dans celle-ci l'individu engendré s'approprie une partie des organes qui ont fonctionné comme tels chez l'individu primitif; il est formé de deux parties, l'une ancienne ayant appartenu à l'individu primitif, l'autre nouvelle formée plus tard par Accroissement ou Régénération. Le bourgeon, au contraire, est tout entier de formation nouvelle. Il a pour origine une certaine masse de tissus maternels, mais cette masse est petite et ne comprend jamais d'organes différenciés qui puissent persister comme tels; elle est formée d'un petit groupe de cellules d'un caractère embryonnaire qui ont tout à faire pour se différencier en un individu nouveau.
Il est beaucoup plus répandu que la Scission.
Indépendamment des Protozoaires, le Bourgeonnement se rencontre
dale, tandis que dans le Scyphistome c'est l'inverse. Le Scyphistome segmenté porte le nom de Slrobile. Il ne faut pas confondre ce strobile avec celui des vers cestodes. Chez ceux-ci la séparation des anneaux à la partie caudale n"a pas la signification d'une multiplication par division , puisque les parties qui se détachent sont des anneaux arrivés à la sénilité et destinés à mourir pour mettre en liberté les œufs qu'ils contiennent. Chez le Microsloma lineare, qui est une Planaire, il se forme au milieu du corps insegmenté un étranglement et au-dessous de celui-ci se dessine une tête et l'on a bientôt deux individus bout à bout. Puis le phéno-
mène se répète sur chacun d'eux et ainsi de suite jusqu'à ce qu"il en ait huit; alors la séparation se fait au niveau de l'étranglement le plus ancien et la chaîne se divise en deux autres formées chacune de quatre individus; puis de nouveaux étranglements se forment et ainsi de suite. Particulièrement remarquable est ici le fait que les nouvelles bouches et les nouveaux ganglions nerveux se forment aux dépens du parenchyme mésodermique, tandis que dans rontogénèse ces parties provenaient de l'ectoderme ( Fr. Wagner (93)). C'est un nouveau cas de non-parallélisme de l'Ontogénèse et de la Régénération.
très fréquemment chez les Éponges, les Cœlentérés (Hydraires, Polypiers, Gorgones, Corail, Siplionopliores, etc.), chez les Bryozoaires, les Tuniciers et chez certains Versdistomes La question importante au point de vue de la Biologie générale est encore ici celle de la Différenciation histologiquc et anatoniique. Pourquoi certaines cellules^ en apparence toute semhlables à leurs similaires des tissus où elles sont noyées, se mettent-elles à se multiplier énergiquement tandis que leurs voisines ne changent rien à leur évolution tranquille? Comment surtout vont-elles former des tissus nou-
' Des phénomènesàpeuprès semblables se passent chez le Chaetogaster, qui est un Distome. Chez les Protozoaires, le bourgeonnement se rencontre quelquefois.
Ainsi chez les Vorticelles, qui sont des Infusoires, on voit se formera la partie opposée au pédoncule de petits mamelons qui s'étranglent et se séparent, emportant chacun un fragment du noyau qui s'était avancé à leur intérieur. Certaines Éponges donnent naissance à des petits bourgeons ciliés qui se détachent de la mère et vont se fixer ailleurs pour grandir et se développer en un animal nouveau ('Vasseur (79, 80). Les Statoblastes des Sponr/illes d'eau douce ne sont, malgré leur aspect particulier, que des portions de tissu abritées sous des enveloppes particulières et capables de se développer en un individu nouveau. Ce sont donc des bourgeons. Chez l'Hydre, Tremblev (1744) avait fort bien observé de jeunes individus qui bourgeonnent sur la partie moyenne du corps des vieux. La multiplication des Polypiers actiniaires se fait en majeure partie et celles des Alcyonnaires exclusivement par des bourgeons. De même fait celle des Bryozoaires, ici l'individu meurt dans sa logette et, du bout du pédoncule qui reste au fond de la loge, bourgeonne un nouvel habitant.
Chez les Tuniciers, les Clavelines bourgeonnent par un long stolon vasculaire au bout duquel se forme un jeune. Pendant longtemps on n'avait pas su que l'endoderme fût présent dans ce stolon.
Van Beneden et Julin (86) ont montré qu'il y est représenté par un tube partant
du fond de l'estomac de l'individu mère. Il en est de même chez les Salpes et le Doliolum, mais ici le stolon est un petit tubercule ventral d'où se détachent indéfiniment des individus nouveaux. Chez les Ascidies composées, le bourgeonnement peut avoir lieu par l'individu non adulte. Mais cela est surtout frappant chez d'autres Tuniciers , les Pyrrosomes, où l'embryon lui-même commence à bourgeonner et donne naissance à quatre individus qui sont la souche de la colonie.
Parmi les Vers, le Bourgeonnement est surtout remarquable chez certains Trématodes où l'adulte se transforme, à un moment donné, en une sorte de sac qui bourgeonne à son intérieur de nombreux individus (Rédie, Sporocyste) et chez quelques Cestodes où la vésicule du Cysicerque peut bourgeonner à son intérieur de nombreux individus représentés soit par des têtes (Echinocoques du foie de l'homme), soit par les vésicules acéphales (Acephalocystes).
Chez les plantes, la ramification est tout entière due au Bourgeonnement.
Dans le cas le plus simple, chaque bourgeon axillaire a une cellule terminale qui fera tous les frais de son accroissement et qui provient elle-même de la cellule terminale du bourgeon terminal.
La chose est au fond la même quand au lieu d'une cellule terminale unique il y en a trois, une pour chacune des assises principales de la tige (épiderme, écorce, cylindre central) ou même lorsqu'il y a trois groupes de ces cellules.