LE BOURGEONNEMENT
veaux et des organes disposés d'une façon complexe et régulière, tandis que les autres continueront à fournir seulement de nouveaux éléments à leur propre tissu? Pour être en état de la discuter plus tard il faut examiner ce que sont ces cellules qui servent de point de départ au bourgeon.
Cela est très variable.
Dans bien des cas ce sont des éléments appartenant aux trois feuillets primordiaux. Le travail de la ditférenciation est alors moins considérable puisque chaque cellule n'a à former que les éléments du feuillet dont il provient. Tantôt ces éléments se trouvent tout disposés dans les rapports convenables, comme chez beaucoup de Cœlentérésoù un simple diverticule, comprenant les trois couches de la paroi du corps, forme le premier rudiment du bourgeon. Tantôt ils sont au contraire éloignés et un travail préparatoire devient nécessaire pour la réunion de ces trois sortes de cellules dans un organe commun, le stolon. Cela se voit surtout chez les Tuniciers, Clavelines, Salpes, Doliolum.
Chez beaucoup de plantes supérieures, la zone génératrice de l'extrémité de la tig e comprend trois cellules ou couches de cellules initiales, l'une superficielle pour former l'épiderme, l'autre moyenne pour l'écorce, la dernière profonde pour le cylindre central, mais on ne sait au juste si le bourgeon axillaire des feuilles nées au bout de la tig-e procède de toutes ces cellules ou d'une partie seulement.
Dans d'autres cas, tous les éléments sont fournis par deux feuillets (Bryozoaires) ou même par un seul. Chez l'Hydre, d'après Fr. Wagner (93), l'ectoderme seul sert à former le bourgeon; il donne naissance par la face profonde à des cellules qui forment un nouvel endoderme.
Enfin, dans certains cas, une seule cellule sert d'origine au bourgeon et forme par ses divisions successives les éléments de tous ses tissus. Il en serait ainsi pour certains Hydraires, Eudendriiim, Plumularia et pour l'Hydre elle-même, d'après Alb. Lang (92)' . La chose en tout cas parait rare chez les animaux , mais elle est fréquente parmi les végétaux.
' A. Lang (92) avait dit que, chez les Polypes hydraires, le bourgeonnement se faisait par une cellule ectodermique, que la membrane de séparation des deux feuillets se détruisait, que les cellules endodermiques de la région se résorbaient ou étaient repoussées, et étaient remplacées par des cellules ectodermiques ; et
TIIÉORIKS DE l'hérédité.
qu'ainsi le bourgeon provenait seulement de l'ectoderme, ce qui permettait d'attribuer son origine à une seule cellule ectodermique.
Mais Br.em (94) et 0. Seeliger (94,) ont trouvé que cela est faux. La membrane intermédiaire disparait, en effet, mais les couches endodermiques et ectodermiques
LES FAITS
Chez beaucoup de plantes, surtout inférieures, une seule cellule terminale fournit tous les éléments qui prennent naissance à l'extrémité terminale de la tige. Or parmi ces éléments se trouvent les cellules initiales des bourgeons axillaires des feuilles. Ces bourgeons ne se séparent pas, il est vrai, mais ils n'en forment pas moins des individus nouveaux pour%"us de tous les organes essentiels et capables de vivre séparés si on les place dans des conditions où ils puissent former les racines qui leur manquent.
Par les cas de ce genre le Bourgeonnement donne la main à la Reproduction ^Taie par spores ou par œufs puiscjue, ici aussi, doivent se trouver concentrées dans une seule cellule toutes les capacités nécessaires pour former un indiAidu entier.
De même que la régénération des deux segments obtenus par la section de certains Vers constitue une Scis.siparitt^ accidentelle, de même il y a ime Gemmiparité accidentelle. Elle consiste en le développement d'un bourgeon, à la suite d'excitations mécaniques ou autres, piqûre d'insecte, présence d'un parasite, érosion ou meurtrissure quelconque, à une place où il ne s'en serait pas formé sans cela. Ce cas est rare chez les animaux, mais il est tout à fait commun chez les plantes : une cellule camliiale ou un groupe de cellules de ce genre entre en activité et devient l'origine du nouveau bourgeon. Ce phénomène a une importance extrême, car il nous montre que la cellule terminale d'un Ijourgeon ou la cellule unique d'où procède le bourgeon i chez YEudendrium par exemple ne sont peut-être pas d'une essence particulière puisque d'autres cellules que rien ne distinguait de leurs voisines peuvent, dans des conditions particulières, montrer les mêmes capacités. L'afflux de sucs nutritifs plus aljondants favorise le phénomène et les jardiniers tirent parti de ce fait lorsqu'ils font une incision circulaire de l'écorce au-dessus du point où ils veulent faire développer un bourgeon adventif.
Cela montre que la théorie sera en droit de rechercher les causes du Bourgeonnement non seulement dans la composition particulière du protoplasma de cellules prédestinées, mais aussi dans l'action des conditions extérieures sur le protoplasma des cellules ordinaires. En tout cas nous devons faire remarquer dès maintenant qu'on ne saurait attribuer le Bourg eoimement, pas plus d'ailleurs que la Scission ni que tout autre
gardent leurs positions, restent séparées geon; et malgré les récentes dénégation?, par une limite tranchée, et prennent part de A. Lang (94), cela parait bien étal'une et l autre à la formation du bour- bli.
REPRODUCnOX PAR SPORES.
mode de reproduction, exclusivement à une exubérance des tissus trop nourris et arrivés au terme ultime de leur accroissement uldi^iduel. car les faits abondent de reproduction suivant tous les modes possibles paœ des indiA-idus non adultes, ou soumis à un régime d'inanition relative. Elle a lieu, malgré tout, au moment de l'évolution où elle doit se produire.