‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 57 sur 251 · LES CARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

LES CARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES

leurs combats; mais à quoi servent à l'homme sa barbe, au Lion sa crinière, au Triton mâle sa crête dorsale. On a cherché à expliquer ces caractères sexuels secondaires par leur utilité esthétique ou autre, mais c'est là une autre question. Ce qui importe pour le moment c'est de savoir pourquoi, non dans l'espèce, mais dans l'individu en particulier, ces caractères se montrent quand la cellule germinale devient spermatozoïde et restent absents si elle devient œuf. Le goût des femelles et l'avantage dans le combat n'ont rien à voir à cela.

Cette question nous conduit à une des plus importantes de la Biologie générale, celle de la Corrélation. Quand une partie se développe dans un certain sens, une autre se développe corrélativement d'une certaine manière, et si la première se fût développée d'une autre façon, autre aussi eût été le développement de la seconde ; et cependant il n'y a aucun lien direct entre ces deux parties. Et la question se posera ainsi : Par quelle voie et sous quelle forme peut se manifester cette influence à distance des organes les uns sur les autres, sans aucune ressemblance entre la cause etTeflet? Nous reviendrons bientôt sur ce point.

des Abeilles) , ou à ralimentation des jeunes (mamelles), ou à leur protection (poche ventrale des Marsupiaux). Enfin chez un très grand nombre d'animaux, il existe des caractères qui n'ont qu'une relation éloignée ou nulle au moins en apparence avec la reproduction. Ce sont les vrais caractères sexuels secondaires ; mandibules énormes de certains Coléoptères mâles,plumage des Oiseaux mâles (Paon, Coq, Faisan), barbe de l'Homme, etc., etc., etc. Dans certains cas, qui seront étudiés ailleurs à propos du Dimorphisme, le mâle est si différent de la femelle qu'il semble appartenir à une autre espèce, souvent même à un autre genre ou même une autre classe du règne animal. Tels sont les mâles de beaucoup d'animaux parasites {Entoniscus, Sacculina, Scalpellum) ou non parasites [Bonellia, nombreux Rotifères, etc.).

Sans parler de ces cas extrêmes, et si l'on veut aller au fond des choses, on reconnaîtra que dans les cas moyens,

presque tous les caractères sont affectés par le sexe, à un degré si faible que cela n'attire point l'attention mais peut être reconnu à un examen attentif. Si l'on prend l'homme et la femme, par exemple , qui sont les êtres que nous connaissons le mieux, on voit qu'il n'est guère de partie qui ne soit quelque peu différente chez les deux sexes. Cela se remarque surtout si l'on compare, comme le propose Weismann (92), les jumeaux identiques. Si ces jumeaux sont de même sexe, il est très difficile de les distinguer, s'ils sont frère et sœur, tout diffère en eux : la taille, les proportions des membres, la largeur du tronc en ses différents points, la grosseur des articulations, la finesse de la peau, l'abondance et la répartition du tissu adipeux, la voix, le regard, les goûts, instincts, habitudes. Je ne doute pas que si nous connaissions de la même manière les menus caractères des organes internes, nous ne trouvions en eux des différences du même ordre.

LES FAITS

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