Chapitre X. — LA MORT ET LA CONTINUITE DE LA VIE LE PLASMA GERMINATIF
Tous les êtres qui émettent des éléments reproducteurs (spores asexuées ou produits sexuels) meurent tôt ou tard, après s'être perpétués parle moyen de ces éléments. Le fait est si général que la mort est considérée par beaucoup de gens comme la conséquence inévitable de la vie. Cela n'est pas cependant ; il y a des êtres qui ne meurent pas, et il est forcé qu'il en soit ainsi : ce sont ceux qui n'ont pas d'éléments reproducteurs distincts de leur propre corps, qui se reproduisent par la totalité de leur substance, en se divisant en deux parties égales qui se complètent après la séparation. Il n'y a pas de distinction entre partie reproductrice et partie reproduite ; si l'une mourait, l'autre mourrait aussi et l'espèce s'éteindrait. Tous les êtres unicellulaires sont dans ce cas, Protozoaires et Protopbytes. Aussi, l'Infusoire (c'est lui d'ordinaire que l'on prend pour exemple) ne meurt pas ; il est immortel ; mais non de cette immortalité idéale des dieux de la Mythologie, comme dit Weissmann (84), qui sont immortels parce qu'aucune blessure ne peut les détruire. Il est très fragile au contraire et il en meurt à chaque instant des millions, mais il
ce sont souvent des effets concomitants d'une cause plus lointaine, mais cela ne supprime pas le fait d'une dépendance dont la cause est à trouver.
Le suivant observé par Scholtz (92) est peut-être plus curieux encore. On sait que le pavot courbe sa tête en apparence sous le poids du bourgeon ou de la fleur. On serait d'autant plus tenté de le croire que, si on coupe l'un ou l'autre, le pédoncule se redresse. En réalité c'est une rotation active dont la condition déterminante réside dans les ovules. En
effet, si on coupe la fleur et qu'on la rattache au pédoncule, celui-ci se relève, bien que chargé du même poids et peut même relever un poids trois fois plus lourd. Si on enlève successivement toutes les parties de la fleur, le pédoncule reste courbé, malgré l'allégement, mais si on enlève les ovules, il se redresse aussitôt. J'ai vérifié cette expérience avec les Fuchsia ; les résultats ont été concordants mais beaucoup moins accusés.
Les faits de Dichogénic (V. p. 280 et suiv.) pourraient prendre place ici.