‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 65 sur 251 · CONTINUITÉ DU PLASMA GERMINATIF · texte numérisé non relu

CONTINUITÉ DU PLASMA GERMINATIF

division se fait comme d'ordinaire , et chaque blastomère reçoit une anse paternelle et une maternelle complètes. Mais, à la division suivante, l'un des blastomères (1, fig. 15) garde encore ses chromosomes com-

Fig. IG. — États successifs des cellules de segmentation de la lignée somatique , chez l'Ascaris megalocephala bivalens.

(Schématisé d'après Boveri.)

1, est l'état qui succède à 1 de la figure précédente et montre les bouts des chromosomes destinés à tomber. — • 2, montre les chromosomes à un état de division un peu moins avancé que 2 de la figure 15. — Dans 3 et 4 l'élimination est complète. Ces cellules con'espondent à celles marquées B, B], 82,33, dans la figure 17,

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Cellules germinalea.

Cellules somatiques.

Fig. 17.

0. Œuf. — A, B, les deux blastomères du stade 2. — A,, Bj, 6, b, les 4 du stade suivant. — A,, B„ 6,, J,, b, b, b, b, les 8 du stade suivant et ainsi de suite. — Les petits points qui entourent le noyau des cellules B,B,,Bj, B3, représentent les bouts de chromosomes éliminés. Dans leurs cellules filles ils disparaissent.

plets et donne à chacune des deux cellules filles deux anses complètes, tandis que l'autre (2, ûg. 15, 1 et 2, fig. 16) élimine les deux bouts renflés de ses deux chromosomes. Ces bouts tombent dans le cytoplasma (3 et 4, fig. 16) où ils s'arrondissent et finissent par se résorber. Les deux cellules filles

la Continuité du Plasma germinatif, c'est ([ue, d'après Nussbaum, la séparation des éléments germinatifs a toujours lieu sous forme de cellules spéciales, les cellules sexuelles, et avant toute différenciation ontogénétique. Les cellules sexuelles sont en quelque sorte prélevées, avant le début du travail embryogéni(iue, sur la masse segmentée dont le reste sert à former l'embryon. Elles proviennent de divisions homogènes de l'œuf, tandis que le plasma somatique, identique au début au plasma germinatif, détruit dès

l'abord cette identité en se différenciant par des divisions hétérogènes.

Weismann, au contraire, admet qu'il en est ainsi chez quelques animaux (Diptères, Daphnides), mais que, chez la majorité, le Plasma germinatif a pour véhicule des cellules qui peuvent subir une différenciation quelconque. Mais cette différenciation est le fait de leur Plasma somatique, et elles gardent ou livrent intact à leurs cellules filles le Plasma germinatif qu'elles ont reçu de leur mère dans les mêmes conditions.

LES FAITS

ne reçoivent donc que des anses incomplètes et ce qui leur manque, n'étant pas récupéré, manquera à toutes les cellules (3 et 4, fig. 16) qui descendront d'elles jusqu'à la fin; nous n'avons plus à nous "en occuper.

Le schéma précédent [tig. 17) montre les effets de ce phénomène. Les deux cellules Aj et Bi, filles de 0, ont chacune leurs chromosomes complets, mais Al se comportera comme 0 , en sorte que sa lignée pourra avoir encore ses chromosomes entiers, tandis que B éliminera les bouts de ses chromosomes en sorte que toute sa lignée b b b b..., les aura forcément incomplets. De même Ai et Bj tilles de A reçoivent des chromosomes complets; mais tandis que Aj les conserve et les transmet complets à ses deux filles Aj et B^, Bi élimine les bouts de ses chromosomes, en sorte que toute sa descendance, bi b^ b^... en est désormais privée.

La chose continue ainsi, toujours de la même manière, en sorte qu'il n'y a toujours qu'une cellule qui ait des chromosomes entiers. Boveri suppose, avec une certaine apparence de raison, que cette lignée de cellules à chromosomes complets est la lignée de la cellule mère des cellules germinales, et qu'arrivée à un certain moment (A3) de l'ontogenèse, elle se divise par le procédé habituel, sans élimination de chromatine pour donner naissance aux cellules germinales (a, «, a', «'...) toutes complètes comme elle. Les cellules de la lignée germinale directe 0, A, Al, A2, A3... et leurs filles, les cellules germinales a, a, a', a', etc., sont les seules qui aient des chromosomes complets.

Il y a là une part d'hypothèse, mais aussi un fait, et l'on peut résumer la chose ainsi : Chez ï Ascaris megalocephala et peut-être chez les autres animaux, toutes les cellules sont dépouillées, pendant la division, d'une partie de leur chromatine, qui se détache des chromosomes et se résorbe. Une seule lignée conserve la chromatine complète de l'œuf fécondé. Il est permis de supposer que les premières sont les cellules somatiques et les dernières les cellules germinales. S'il en est ainsi, le Plasma germinatif serait le nucleoplasma complet de l'œuf fécondé et le Plasma somatique un nucleoplasma dépouillé d'une partie de sa substance.

La question la plus délicate ici est de savoir si ce curieux phénomène a quelque généralité et si la partie soustraite a une signification spécifique, ou s'il n'y a là qu'une élimination portant sur la quantité et non sur la qualité, d'une substance banale, et par conséquent susceptible d'être remplacée.

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