LA FORCE HÉRÉDITAIRE
La Tératologie offre aussi des exemples de ces transformations. Nous avons déjà vu que souvent c'était plutôt une tendance à la malformation et non une difformité particulière qui se transmettait dans certaines familles. Lucas (47) cite celui d'une femme polymaste ayant engendré une fille polymaste, mais la mamelle supplémentaire était pectorale chez la mère, et inguinale chez la fille, et si développée chez celle-ci, qu'elle servait à rallaitement habituel. Darwix (79) a vu un Irlandais qui avait, du côté droit et parmi les cheveux noirs, une petite mèche blanche. Sa grand'mère et sa mère avaient la même mèche, mais la première à droite comme lui et la mère à gauche.
Ces divers cas sont loin d'avoir la même signification. Dans les maladies nerveuses, on conçoit très bien que des malformations primitivement semblables du système nerveux peuvent, modifiées pendant l'ontogénèse et après la naissance par les conditions ambiantes, se manifester par des symptômes portant des noms cliniques différents. La chose n'est pas plus étonnante que de voir, dans Thérédo-syphilis, le fils avoir des malformations du crâne, des affections des dents, des ganglions mésentériques engorg'és, tandis que le père a eu, au lieu de cela, un chancre, une roséole, des plaques muqueuses et des gommes. Les transformations des caractères anatomiques, au contraire, sont beaucoup plus significatives et d'une interprétation plus délicate, embarrassantes, à mon sens, au plus haut degré, pour les théories qui attribuent l'hérédité à des facteurs spécifiques distincts pour chaque caractère. Ces théories auront à compter avec ce fait que : Les caractères sont parfois transmis sous une forme modifiée.