‹ La structure du protoplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie généraleChapitre 86 sur 251 · BOURGEONNEMENT · texte numérisé non relu

BOURGEONNEMENT

Il en est de même pour le Bourgeonnement avec toutes ses variétés particulières au règne végétal, depuis la formation annuelle des nouvelles branches sur un même arbre jusqu'à la greffe, en passant par le bouturage, le marcottage, etc. Les moindres caractères de race se maintiennent par ces procédés de multiplication avec une précision presque absolue. C'est cela qui a permis à nos jardiniers et horticulteurs de perpétuer indéfiniment leurs innombrables variétés de fleurs et de fruits quand ils les ont obtenues une fois par des croisements habiles, des soins judicieux, ou souvent par la sélection des variations accidentelles. Nous en trouverons de nombreux exemples au chapitre de la Variation. Qu'il nous suffise ici de noter qu'elles sont parfaitement héréditaires.

Ici, on peut parler de caractères individuels, car ils sont nombreux ; mais comme ils se transmettent à toute la descendance, pour peu que l'homme les protège, ils deviennent aisément des caractères de race. Mais peut-on parler vraiment à' Hérédité ? Il est permis d'en douter. En tout cas, cette Hérédité, si c'en est une, est d'une toute autre nature, bien moins complexe et moins difficile à comprendre que dans les modes suivants de reproduction. Il n'y a pas à se demander sous quelle forme les caractères peuvent se loger et se combiner dans la cellule germinale puisqu'il n'y a pas de cellule germinale. Le Bourgeonnement n'est qu'une continuation en quelque sorte de la vie d'un même individu qui croit, se dédouble, s'émiette, mais sans repasser périodiquement par cet état unicellulaire qui fait la difficulté du problème dans la Reproduction sexuelle. Il y a un problème assurément dans la transmission des caractères par cette voie, mais ce problème se confond avec celui de l'Ontogénèse et ne s'ajoute pas à lui. Si une fois on avait bien compris comment une plante forme un bourgeon d'accroissement dont la cellule terminale ou le groupe de cellules terminales contient en puissance tous les caractères de la future branche, on comprendrait sans peine comment ce bourgeon détaché peut donner origine à une plante nouvelle douée de ces caractères.

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