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LES ORGANES ACCIDENTELS DU CVTOPLASMA

Tonoplaste et leucites seraient d'après de Yries (85), comme le centrosome et le noyau, des organes spéciaux de la cellule, charg-és de fonctions déterminées ; comme eux ils se reproduiraient par division et, quand la cellule elle-même se divise, ils se partageraient par moitié entre les deux cellules filles. La seule différence entre eux et le noyau ou le centrosome, c'est que leurs fonctions étant plus spéciales, ils manquent dans les cellules où ces fonctions n'existent pas, tandis que ceux-là, ayant des fonctions indispensables, sont partout présents.

La question a une certaine importance théorique au point de vue de l'hérédité. Si la théorie de de Vries est vraie, les vacuoles, la membrane, les leucites se trouvent avoir une lignée généalogique indépendante à côté de celle du noyau. Toute plante ainsi tiendrait ces organes de sa mère seule par l'ovule, sans participation du noyau pollinique à leur formation. Si, dans un croisement, ils assument quelques caractères paternels, cela prouve que ces caractères sont dus à une influence du noyau sur le cytoplasma '.

' L'opinion de DK Vries sur ce point demande à être exposée et discutée avec quelque détail. D'après cet auteur, à la théorie ancienne tend à se substituer une théorie panméristique d'après laquelle toute partie se forme uniquement par les parties similaires préexistantes. Pour là membrane, on croyait savoir que , lorsqu'elle était partiellement détruite, elle était reformée par une simple exsudation du cytoplasmapériphériqueet que, .dans la division cellulaire, la cloison nouvelle naissait par un disque central .s' accroissant peu à peu vers la périphérie et ne pouvant par suite tirer son origine de la membrane cellulaire. Mais ce n'est pas ainsi que les choses se passeraient.

Lorsqu'une cellule est blessée, qu'une de ses parties est excisée, la plaie se referme, le cytoplasma se soude à luimême, la jnembrane se rapproche, s'accroît et soude ses bords, et les vacuoles se referment aussi par le même procédé.

Deux fragments de cytoplasma isolés peuvent se souder à la manière des pseudopodes des Rhizopodes. Leurs vacuoles se fondent en une seule. Mais il ne se forme pas toujours une membrane. Il

faut pour cela que quelque fragment de la membrane ancienne soit resté adhérent. Du moins n'a-t-on jamais pu démontrer l'absence de tels fragments dans les cas où on a vu cette membrane se reformer.

Dans la division cellulaire, Went a montré qu'il se forme d'abord dans le plan de la future cloison un anneau qui s'accroît jusqu'à atteindre la cloison. Or on n'a pu déceler par les réactifs la présence d'une membrane cellulosique dans l'anneau que lorsque celui-ci a atteint la paroi au moins en un point. Il reste donc possible que cette cloison cellulosique émane de la paroi.

Dans les cas de formation cellulaire endogène, il semblait impossible que les parois nouvelles provinssent de l'ancienne. Mais on sait aujourd'hui que dans le sac embryonnaire, les œufs, les antipodes et les synergides sont immédiatement adossés à la paroi et non libres dans l'intérieur, et les recherches de Proh.iska ont montré que ces trois sortes de cellules sont extérieures et non intérieures au sac embryonnaire et sont les sœurs et non les filles de

LES FAITS

A côté de ces organes, il faut parler des substances nutritives qui sont si abondantes dans quelques cellules qu'elles augmentent leur volume dans des proportions parfois colossales'. Ce sont les substances lécithiques qui se

celui-ci. Rien donc ne s'oppose à ce que leur membrane soit née d'une membrane préexistante.

Dans tous les autres cas de formation endogène (zoospores des Algues, oospores des Saprolégnées , endosperme des Phanérogames) les cellules-filles naissent au contact de la paroi de la mére. C'est seulement dans les Ascospores et dans l'œuf de l'oogone des Péronosporées qu'il semble en être autrement, mais les observations dans ce cas sont toutes anciennes et mériteraient d'être reprises avec les nouvelles méthodes.

Les chromoleucites, granules porteurs de la chlorophylle, qui jouent un rôle si important dans presque toutes les plantes, ont également une existence et une reproduction indépendantes. Chez les plantes supérieures jeunes, ils sont d'abord incolores, puis se chargent de matière colorante; ils se multiplient par scission et dans la division cellulaire ils se partagent entre les deux cellules-filles. Les taches pigmentaires des zoospores ne sont que des chromoleucites d'une nature spéciale et se reproduisent de la même façon que les autres.

Quant aux vacuoles, elles ne sont pas de simples lacunes dans le cytoplasma.

Elles ont une paroi différenciée qui sécrète un suc vacuolaire de composition déterminée. Elles peuvent se diviser, se résoudre en vacuoles plus petites pour se reformer ensuite des mêmes éléments, et dans tous ces changements la paroi conserve intégralement son individualité.

Les poils sensitifs des plantes carnivores en montrent un bel exemple. Ils contiennent une grosse vacuole qui, sous l'influence d'une excitation, se résout en une multitude de petites qui se dispersent, puis peu à peu se rassemblent et reforment la vacuole primitive. Cette paroi

manifeste encore son individualité par la manière dont elle arrête certains réactifs. Ainsi l'écsine colore toute la cellule, sauf le suc des vacuoles qui reste incolore.

Dans les graines les vacuoles disparaissent par dessiccation et se reforment par l'imbibition. Mais cette disparition n'est qu'apparente. Wacker a découvert que les grains d'aleurone sont le contenu desséché de ces vacuoles. Le suc se concentre peu à peu, puis les substances albumineuses se précipitent, les uns sous la forme de cristalloïdes, lesautres enmasse amorphe autour des premières. On peut reproduire le phénomène artificiellement au moyen d'une solution d'une partie d'acide azotique pour quatre d'eau. Par là se trouvent, à la fois, confirmée l'origine panméristi(iue des vacuoles et réfutée l'origine néogénétique des graines d'aleurone.

De Vries (85) montre en outre que l'on peut, par les procédés de Plasinolyse (immersion dans de l'eau chargée de substances dissoutes à un certain degré de concentration) isoler dans la cellule intacte la vacuole avec son enveloppe de protoplasma et il prouve que cette vacuole peut rester vivante, tandis que tout le reste meurt. Went (88, 90) a fait voir aussi après lui que les vacuoles naissent les unes des autres par division, comme fait le noyau dans la cellule ; mais Klebs (90) a prouvé qu'il n'en était pas toujours ainsi et Pfeffer (90) a réussi à produire à volonté des vacuoles artificielles chez les Myxomycètes. Il est possible que chez les plantes supérieures il n'en puisse être de même et que la théorie de De vries soit néanmoins juste pour elles.

' Ainsi un jaune d'œuf d'oiseau n'est qu'une énorme cellule. Celui de l'œuf de VEpiornis devait constituer une cellule grosse comme le poing.

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